LA NASA CHOISIRA SA MISS-LUNE

Courrendlin (Jura-Switzerland), January 4 2020, rke
English below

Je voudrais commencer cette année vingt par vous parler d’une femme que j’ai rencontrée le 19 décembre 2019 à Cap Canaveral, plus précisément lors d’une conférence de presse en plein air devant le célèbre bâtiment d’assemble des véhicules, le fameux VAB dont j’ai conquis le toit pour voir quatre lancements. Rencontré, cela veut dire qu’elle – et sa collègue Nicole Mann – étaient en face de nous pour répondre aux questions des reporters dans une ambiance plutôt bon-enfant, c’est-à-dire sans gêne. Je me sentais dans mon élément.

Suni Williams lors de la conférence de presse du 19 décembre 2019. Photo : rke

Cette super dame s’appelle donc Sunita (dit Suni) Williams. 54 ans le 19 septembre. Cette capitaine retirée de l’US Navy a déjà cumulé 321 jours 17h et 15 minutes dans l’espace, avec la navette spatiale américaine (STS-116) et avec des Soyouz vers la Station spatiale internationale (ISS)… Bref, en tout, 7 missions sur orbite. Rien que ça ! D’ailleurs, elle a été choisie pour voler dans une prochaine mission avec la capsule CST-100 Starliner de Boeing, le troisième lancement commercial opérationnel (USCV-2) qui devrait avoir lieu quand les deux premiers auront réussi… probablement l’année prochaine. Car, après ce qui s’est passé lors du premier vol test du 20 décembre 2019, on ne sait pas encore quand la mission réelle avec astronautes aura lieu.

Les 12 candidates. De haut en bas, de gauche à droite : Stephanie Wilson, Jessica Meir, Kristina Koch, Kathleen Rubins, Sunita Williams, Megan McArthur, Shannon Walker, Tracy Caldwell Dyson, Jeanette Epps, Anne McClain, Nicole Mann, Serena Aunon-Chancellor. Photos : Robert Markowitz & James Blair / NASA

Toutes très jolies… et humbles
Par rapport aux onze autres femmes potentielles, au passage toutes très jolies, à poser le prochain pied sur la Lune, Suni me semble la plus mature. Non pas par son expérience, mais par sa nature. Elle pourrait être la grande sœur de ces candidates, car elle donne l’impression de savoir s’occuper avec soin de son entourage. Le choix de ces super nanas, c’est un peu comme une élection de Miss. Elles sont toutes capables, entreprenantes, et, ce qui me plaît le plus, humbles. Oh, ce n’est pas comme certains politiciens (pas tous, évidemment) qui aiment se montrer et se pavaner. Non, elles, sont censées, toutes empruntes d’un certain humour, intelligentes, évidemment, et respectueuses. Je suis sûr qu’elles donneraient leur vie pour sauver un équipage en cas de détresse, même masculin. Sa collègue, Nicole Mann, une autre diplômée de l’académie navale US, est pilote de F/A18 (wouah !). Elle a dirigé le corps d’astronautes dans le développement de l’engin spatial Orion, du système de lancement spatial (SLS) et des systèmes d’exploration au sol (EGS). Elle s’entraîne actuellement en vue de l’essai en vol de l’équipage du vaisseau spatial Starliner de Boeing, le premier vol avec équipage de ce véhicule. Quelle nana ! Elle aussi est une candidate possible pour poser le prochain pied sur la Lune.

Conférence de presse devant le VAB le 19 décembre 2019. – Photo : rke

La plus longue virée spatiale d’une femme
Et puis, il faut aussi compter sur Christina Koch. Cette astronaute américaine a passé le 29 décembre 2019, son 289e jour dans l’espace samedi, battant ainsi le record mondial de l’astronaute retraitée Peggy Whitson pour la plus longue virée spatiale établie par une femme. Puis, Koch a participé à quatre sorties dans l’espace, se joignant à l’astronaute Jessica Meir pour la première excursion entièrement féminine de l’histoire en octobre. Elle prévoit retourner deux autres fois à l’extérieur en janvier, toujours en compagnie de Jessica Meir, pour terminer l’installation de nouvelles batteries de panneaux solaires de l’ISS. Lorsque Koch reviendra sur Terre le 6 février, son séjour dans l’espace aura duré 328 jours, soit 12 jours de moins que le record américain de vol en solitaire établi par l’astronaute à la retraite Mark Kelly en 2016. Le record de tous les temps – 438 jours – a été établi par le cosmonaute Valery Polyakov en 1995. Whitson détient toujours le record américain du temps total passé dans l’espace – près de 666 jours – en cinq vols.

Artemis 3 : Meir et Koch favorites
La NASA a donc comme plan de renvoyer des humains sur la Lune en 2024, avec la mission Artemis 3. Deux astronautes marcheront sur le sol sélène, pour la première fois depuis 1972, et une femme en fera partie. Qui plus est, cette dame sera l’une des 12 membres actuelles du corps des astronautes. Jessica Meir et Christina Koch, quadragénaires recrutées en même temps en 2013, apparaissent comme parmi les candidates naturelles. Mais la procédure de sélection interne par la NASA pour cette mission historique est pour l’instant tenue secrète. Ces 12 super-dames ont toutes leur chance.

NASA astronaut Christina Koch works with an experiment on the International Space Station in this Dec. 22 photo. Photo : NASA

Pas de bise… pour l’instant
Mon astronaute féminine préférée est Suni. Non pas parce que je l’ai croisée l’autre jour sur site, mais parce qu’elle a baptisé la capsule Starliner de Boeing : Calypso, du nom du célèbre navire océanographique du commandant Cousteau. Je n’ai pas fait de bise à Suni, mais le cœur y était. J’essaierai la prochaine fois que je la rencontre. Avant qu’elle aille sur la Lune ?

Ces douze prétendantes sont toutes censées, empruntes d’un certain humour, intelligentes (évidemment) et respectueuses

NASA Must Choose Its Miss-Moon

I’d like to begin this year’s 20 by telling you about a woman I met on 19 December last year at Cape Canaveral, more precisely at an open-air press conference in front of the famous vehicle assembly building, the famous VAB, whose roof I conquered to see four launches. We met her, which means that she – and her colleague Nicole Mann – was in front of us to answer reporters’ questions in a rather childlike atmosphere, that is to say without embarrassment. I felt in my element.

Open-air press conference on 19 December 2019 in front of the VAB. – Photo : rke

So, this super lady’s name is Sunita (known as Suni) Williams. 54 years old on September 19. This retired captain of the US Navy has already accumulated 321 days 17 hours and 15 minutes in space, with the US Space Shuttle (STS-116) and with Soyuz to the International Space Station (ISS)… In short, 7 missions in all. That’s all there is to it! In fact, it has been chosen to fly on an upcoming mission with Boeing’s CST-100 Starliner capsule, the third operational commercial launch (USCV-2) that should take place when the first two are successful… probably next year. Because, after what happened during the first test flight on December 20, 2019, it is not yet known when the actual astronaut mission will take place.

All very pretty… and modest…
Of the eleven other potential women, by the way all very pretty, to set the next foot on the Moon, Suni seems to me the most advanced. Not by experience, but by character. She could be the big sister of these candidates because she gives the impression that she knows how to take care of those around her. The choice of these super chicks is a bit like a miss election. They’re all talented, enterprising and, what I like most, modest. Oh, it’s not like some politicians (not all of them, obviously) who like to show off and strut around. No, they’re supposed to be, all with a certain sense of humor, intelligent, obviously, and respectful. I’m sure they would give their lives to save a crew in case of distress, even a male one. Her colleague, Nicole Mann, another graduate of the US Naval Academy, is an F/A18 pilot (Wow!). She completed Astronaut Candidate training in July 2015.  She has served as the T-38 Safety and Training Officer and most recently completed a tour as the assistant to the Chief for Exploration. She led the astronaut corps in the development of the Orion spacecraft, Space Launch System (SLS), and Exploration Ground Systems (EGS). She is currently training for the crew flight test of Boeing’s Starliner spacecraft, the first crewed flight for that vehicle.

En bleu, assis, mon collègue photographe Rob van Mackelenbergh.
Sitting in blue is my colleague photographer Rob van Mackelenbergh.
– Photo : rke

A woman’s longest spacewalk
And then there’s Christina Koch. Launched to the International Space Station in March, the astronaut marks her 289th day in space Saturday, breaking retired astronaut Peggy Whitson’s world record for the longest single spaceflight by a female. Along the way, Koch has participated in four spacewalks, joining astronaut Jessica Meir for history’s first all-female excursions in October. She plans to venture back outside twice more in January, again teaming up with Meir, to complete installation of new solar array batteries. When Koch returns to Earth Feb. 6, her time in space will stand at 328 days, just 12 shy of retired astronaut Mark Kelly’s U.S. single-flight record, set in 2016. The all-time record — 438 days — was set by cosmonaut Valery Polyakov in 1995. Whitson still holds the U.S. record for total time in space — nearly 666 days — over five flights.

Artemis 3: Favorite Meir and Koch
NASA’s plan is to send humans back to the Moon in 2024 with the Artemis 3 mission. Two astronauts will walk on the Moon for the first time since 1972, and one woman will be part of the mission. What’s more, this lady will be one of the 12 current members of the astronaut corps. Jessica Meir and Christina Koch, both in their forties and recruited at the same time in 2013, are among the natural candidates. But NASA’s internal selection process for this historic mission is currently being kept secret. These 12 super ladies all have their chance.

These twelve candidates are all sensible, humorous, intelligent
(of course) and respectful.

No hugs… yet.
My favorite female astronaut is Suni. Not because I ran into her the other day on the site, but because she named Boeing’s Starliner capsule Calypso after Commander Cousteau’s famous oceanographic ship. I didn’t give Suni a kiss, but my heart was in it. I’ll try next time I meet her. Before she goes to the moon?

Starliner : rentrée sur Terre avec des airbags… martiens. Révolutionnaire !

Photo du haut – Starliner s’est posée le 22 décembre 2019 dans le sable blanc du désert de White Sands, au Sud du Nouveau-Mexique. Starliner landed on December 22 in the White Sands Desert in southern New Mexico. – Photo : NASA TV

Starliner recouvert d’un capuchon comme protection contre le sable du désert. Hooded starliner as protection against the desert sand. – Photo: NASA TV

Elle est rentrée toute propre, toute belle et toute entière. La capsule Starliner de Boeing a en effet atterri pile-poil à 5h58 (12h58 GMT, 13h58 en Suisse) ce dimanche 22 décembre 2019 sur la base de White Sands dans le Nouveau-Mexique (sur le polygone d’essais de missile de White Sands), une minute après l’horaire prévu.

Au fait, cette opération est-elle banale après les retours des cabines identiques (coniques) Apollo à la fin des années soixante et début septante ? Alors, pas du tout ! Au contraire et je vous explique pourquoi…
Tout d’abord, l’angle d’attaque de rentrée dans l’atmosphère a été judicieusement et savamment calculé en fonction de données générées grâce aux calculs de l’intelligence artificielle. Puis, le déploiement des parachutes (7 en tout) s’est réalisé en 3 phases (voir graphique ci-dessous), ce qui a considérablement freiné la descente.

Heat shield release / Largage du bouclier thermique. – Photo : NASA TV

Une rentrée plus « douce »
Autre nouveauté et exclusivité : le largage du bouclier thermique. Celui-ci est d’ailleurs composé d’un revêtement ablatif de type BLA (Boeing Lightweight Ablator) développé par Boeing. Plus ample que les capsules Apollo, cette protection offre à Starliner moins de frottement sur ses flancs coniques, d’où une rentrée « plus propre » dans l’atmosphère.
Ensuite, autre grande révolution : le déploiement d’airbags, soit de gros coussins amortisseurs gonflés avec un mélange d’air et d’azote deux minutes avant l’atterrissage. Ceux-ci sont fournis par l’entreprise ILC Dover (Kentucky) et utilisent la même technologie que celle utilisée par les missions Mars Pathfinder et Mars Exploration Rover. Ils autorisent une vitesse d’arrivée verticale de 30 km/h et horizontale de 50 km/h. Le véhicule est également capable de se poser en mer.

Les airbags utilisés sur Mars avec la sonde Mars Pathfinder qui a déposé le robot Sejournor sur la planète rouge le 4 juillet 1997. The airbags used on Mars with the Mars Pathfinder probe that dropped the robot Sejournor on the Red Planet on July 4, 1997. Photo : NASA

Prouesse maîtrisée
Boeing a donc judicieusement tiré parti des expériences spatiales antérieures des rentrées dans l’atmosphère (Terre ou Mars) en les adaptant à un nouveau concept qui est, en fait, unique au monde. Les deux autres capsules habitables, Dragon de SpaceX (la concurrente) et Orion de la NASA (celle d’exploration, les deux encore en phases de test), utilisent une technique ordinaire et éprouvée. C’est la raison pour laquelle, même si Boeing et la NASA n’ont pas atteint la station spatiale internationale, cette fois-ci, la mission peut être considérée, à mon avis, comme une prouesse.

Boeing-Starliner: Return to Earth With… Martian Airbags. Revolutionary !

Opening the hatch Opening the hatch with the dummy
at the bottom left. Ouverture de l’écoutille avec le mannequin
en bas à gauche. – Photo : NASA TV

She came home all clean, all beautiful and all in one piece. Boeing’s Starliner capsule landed right on schedule at 5:58 a.m. (12:58 GMT) on Sunday, December 22, 2019, at White Sands Air Force Base in New Mexico (at the White Sands Missile Test Range), one minute after the scheduled time.

By the way, is this operation commonplace after the return of the identical (conical) Apollo cabins in the late sixties and early seventies? Then, not at all! On the contrary, and I’ll tell you why…
First of all, the re-entry angle of attack into the atmosphere has been judiciously and skillfully calculated based on data generated by artificial intelligence calculations. Then, the deployment of the parachutes (7 in all) was carried out in 3 phases (see graph opposite), which considerably slowed down the descent.

La descente en 4 phases. Révolutionnaire ! The descent in 4 steps. Revolutionary!  –  Photo : NASA

A « softer » re-entry
Another novelty and exclusivity: the release of the heat shield. This is composed of a BLA (Boeing Lightweight Ablator) type ablative coating developed by Boeing. Larger than the Apollo capsules, this protection offers Starliner less friction on its conical sides, resulting in a « cleaner » re-entry into the atmosphere.
Another major revolution is the deployment of airbags, which are large shock absorber cushions inflated with a mixture of air and nitrogen two minutes before landing. These are supplied by ILC Dover, Kentucky, and use the same technology as that used by the Mars Pathfinder and Mars Exploration Rover missions. They allow a vertical arrival speed of 30 km/h and a horizontal arrival speed of 50 km/h. The vehicle is also capable of landing at sea.

Le bouclier thermique dans la halle de montage au Kennedy Space Center. – Photo : rke
Mars Pathfinder EDL Sequence of Events. Starliner’s landing was based on the same principle as Mars Pathfinger. – Photo : NASA

Controlled Flight Prowess
Boeing has therefore judiciously taken advantage of previous space re-entry experiments (Earth or Mars) by adapting them to a new concept that is, in fact, unique in the world. The two other habitable capsules, SpaceX’s Dragon (the competitor) and NASA’s Orion (the exploration capsule, both still in the testing phase), use an ordinary and proven technique. That is why, although Boeing and NASA did not reach the International Space Station, this time the mission can be considered, in my opinion, a prowess..

La fusée file majestueusement, mais Starliner déraille

Ça a décollé impeccablement et majestueusement ! C’est en tous cas l’impression qu’on en a eue, à partir du centre de presse du Kennedy Space Center (KSC), proche du VAB. La fusée Atlas V N22 de United Alliance (ULA) s’est en effet soulevée avec une douceur coutumière, mais crépitant moins dans le ciel que les autres vols. Et cela, sans doute dû au faible vent qui nous en renvoie le bruit. Ainsi, tel un chapeau fixé en son sommet, la capsule Starliner de Boeing s’est envolée à l’heure pile à 6h36 (locale), 12h36 (heure suisse) de Cap Canaveral ce vendredi 20 décembre 2019. 

Allumage des moteurs. Photo prise sur le pas de tir avec mon appareil photo à distance.
Ignition. Photo taken on the fine point with my remote camera. – Photo : rke

Pas la bonne orbite
Le jour s’est à peine levé avec un ciel bleu très foncé au moment du lancement, devenant de plus clair au fil des minutes et offrant un spectacle sublime loin à la ronde. Mais, au bout de 15 minutes, les équipes de Boeing et de la Nasa ont rapidement fait savoir que la capsule était sur « une orbite non nominale », c’est-à-dire une mauvaise trajectoire, compromettant son rendez-vous avec la Station spatiale internationale (ISS) qu’elle devait rejoindre samedi, à 400 km d’altitude. En fait, selon Boeing, les moteurs de la capsule ne se seraient pas allumés. Quand le contrôle a été repris, les équipes ont jugé qu’il ne restait plus assez de propulseurs pour poursuivre la mission et tenter l’amarrage.En résumé, l’anomalie constatée concerne le système embarqué de chronométrage qui aurait induit le vaisseau en erreur, le conduisant sur une mauvaise orbite.  

Starliner en bon état et sous contrôle
Mais les responsables ont insisté sur le fait que Starliner était en bon état et sous contrôle, qu’aucun astronaute à bord n’aurait été mis en danger, et qu’un test d’amarrage à l’ISS n’était pas requis pour l’homologation. Dans le contexte de la reprise des vols habités par les Américains sur leur sol (pour rappel, ils envoient leurs astronautes en Russie depuis juillet 2011), ce problème est important, mais pas étonnant. L’accès à l’espace quel que soit la distance (autour de la Terre, de la Lune ou de Mars), reste et restera toujours aussi complexe et imprévu. Que ce soit pour les privés ou les agences. Les ingénieurs auront beaucoup à apprendre de cet « échec » (si on peut l’appeler ainsi) de mission à la station. Cette erreur d’aiguillage n’incombe ni à la NASA, ni à ULA, ni à Boeing. Mais à la fatalité. L’espace se mérite.

The rocket flies majestically, but Starliner derails… 

It took off impeccably and majestically! At least that’s the impression we got from the Kennedy Space Center (KSC) press center, near the VAB. The United Alliance (ULA) Atlas V N22 rocket lifted off with customary smoothness, but crackling less into the sky than other flights. This is no doubt due to the weak wind, which sends the noise back to us. Thus, like a hat on top, Boeing’s Starliner capsule took off on time at 6:36 a.m. (East) from Cape Canaveral on Friday, December 20, 2019. 

The day barely dawned with a very dark blue sky at the time of the launch, becoming clearer as the minutes went by and offering a sublime spectacle from afar. But after 15 minutes, Boeing and NASA teams quickly reported that the capsule was in « non-nominal orbit, » or a wrong trajectory, compromising its rendezvous with the International Space Station (ISS), which it was scheduled to reach on Saturday at an altitude of 400 kilometers.

Wrong orbit
In fact, according to Boeing, the capsule’s engines did not ignite. When control was regained, the teams judged that there were not enough thrusters left to continue the mission and attempt docking. In summary, the anomaly found concerns the on-board timing system that would have misled the spacecraft, leading it into the wrong orbit. 

Starliner in good condition and under control
But officials insisted that Starliner was in good condition and under control, that no astronauts on board would be put at risk, and that a docking test to the ISS was not required for certification. In the context of the resumption of manned flights by the Americans on their soil (as a reminder, they have been sending their astronauts to Russia since July 2011), this problem is important, but not surprising. Access to space, whatever the distance (around the Earth, the Moon or Mars), remains and will always remain as complex and unforeseen. Whether for private individuals or agencies. Engineers will have much to learn from this « failure » (if you can call it that) of a mission to the Station. This misdirection is not the fault of NASA, ULA or Boeing. It’s fate. Space is earned.

CST–100 Starliner : Boeing redore son blason avec sa capsule

[Cape Canaveral, December 18, 2019, rke. English below] – Photo du Haut : Bonjour: je donne des coups de pouce à Boeing pour réussir son lancement, ce vendredi 20 décembre, à 6h36 (locale),
12h36, heure suisse. – Photo of me taken by : Jacques van Oene

Les dédicaces de celles et ceux qui ont oeuvré à la
réalisation de la capsule. – Photo :rke

Elle ne paie pas de mine, à la voir sur des photos, mais de près, elle est plutôt cossue. Elle ? La capsule CST–100 Starliner de Boeing. Oh, je sais, en ce moment, le constructeur américain a un peu mauvaise presse avec ce qui se passe pour les fameux Boeing 737 Max cloués au sol depuis mars dernier. Boeing veut donc un peu redorer son blason du côté spatial, non pas qu’elle en ait besoin dans ce secteur, mais pour faire bonne figure. Aux yeux du monde, ce serait le top de montrer que sa capsule puisse répondre à l’attente de la NASA qui lui a demandé – tout comme SpaceX pour sa capsule Dragon (voir mon reportage : cliquez ici) – d’en développer et d’en construire une pour amener ses astronautes, qui, depuis juillet 2011, montent dans des Soyouz russes. Cette capsule conique Starliner de 11 m3 est un véhicule aux caractéristiques externes proches de celles du module de commande et de service Apollo, mais peut transporter jusqu’à 7 astronautes (au lieu de 3 pour Apollo). En ce mercredi 18 décembre 2019, l’occasion nous a donc été donnée de visiter le Commercial Cargo and Crew Processing Facility (C3PF). Il s’agit d’un bâtiment jouxtant le VAB, mais bien plus petit, qui contenait les installations de traitement des navettes spatiales (OPF–3). C’est là que Boeing abrite dorénavant ses équipements pour mettre au point sa capsule. On a donc eu un charmant accueil, bien moins strict qu’on pense, qui nous a permis de rentrer dans l’une des salles d’assemblage où l’on a pu se rendre compte des travaux sur deux capsules habitables, en test. Boeing a jusqu’à présent été, à notre égard, avare de visites de ses installations, mais au final, nous a laissé une bonne impression. Le constructeur américain n’a, là, pas eu besoin de justifier de la rentabilité. J’irais plus volontiers voler en Starliner qu’en 737… Max.

Photo of me taken by : Jacques van Oene

CST-100 Starliner: Boeing is restoring its image with its capsule

Photo of me taken by : Jacques van Oene

It doesn’t look like much, as you can see in pictures, but up close, it is rather well-to-do. It? The CST-100 Starliner capsule from Boeing. Oh, I know, at the moment, the American company has a little bad press with what’s happening with the famous Boeing 737 Max grounded since last March. Boeing therefore wants to restore its image a little bit on the space side, not that it needs it in this sector, but to make a good impression. In the eyes of the world, it would be the best to show that its capsule could meet NASA’s expectations, which asked it – just like SpaceX for its Dragon capsule (see my report: click here) – to develop and build one to bring its astronauts, who, since July 2011, have been going up in Russian Soyuz. This 11 m3 Starliner conical capsule is a vehicle with external characteristics similar to those of the Apollo control and service module, but can carry up to 7 astronauts (instead of 3 for Apollo).

Photo : rke

On Wednesday, December 18, 2019, we were given the opportunity to visit the Commercial Cargo and Crew Processing Facility (C3PF). It is a building near the VAB, but much smaller, that contained the space shuttle processing facilities (OPF-3). This is where Boeing now houses its capsule development equipment. We therefore had a charming welcome, much less strict than we think, which allowed us to enter one of the assembly rooms where we were able to see the work on two habitable capsules, in tests. Boeing has so far been stingy with visits to its facilities for us, but in the end, it has left us with a good impression. The American company did not need to justify profitability. I’d rather fly in a Starliner than in 737… Max.

Falcon 9 : colis express japonais de télécommunication sur orbite

[Cape Canaveral, December 17, 2019, rke. English below] – Photo du haut : SpaceX a lancé sa fusée Falcon 9 avec JCSAT-18/Kacific-1 lundi 16 décembre (19h10, locale, pile à l’heure). Le lancement, le 77e pour un Falcon 9, a vu le satellite de communications commerciales s’élever sur une orbite de transfert géostationnaire (GTO). La fenêtre de lancement était d’une heure et 28 minutes.  – Photo : rke

Falcon 9 on takeoff. – Photo : rke

Mission express pour SpaceX. Je dis express, parce que les lancements sont dorénavant tellement bien rodés, que les fusées décollent au pas cadencé. Ce n’est en tous cas pas une affaire banale, même si, apparemment, les lancements se suivent et se ressemblent. D’ailleurs, le premier étage de la fusée Falcon 9 de ce vol, a déjà volé deux fois, et, ce qui extraordinaire, c’est de le voir filer dans les airs après une troisième utilisation. Ça, c’est aussi un exploit… et pas de la routine.

En deux mots, Falcon 9 a donc lancé à l’heure pile 19h10 locale ce 16 décembre (1h10 en Suisse ce 17 décembre), de Cap Canaveral, un gros satellite de télécommunication de 6,9 tonnes (15’335 pounds) qui, comme son nom l’indique, doit couvrir la région Asie-Pacifique à 36’000 km d’altitude à 150 degrés de longitude Est. 

Pour populations isolées de l’Asie Pacifique

The settings. – Photo : rke
The 4 folded feet of falcon 9. – Photo : rke

Propriété des entreprises Kacific et Sky Perfect JSAT Corp, un opérateur satellite établi basé à Tokyo, cet engin relira les populations isolées télécoms (bande Ka et Ku), dont 600 millions de personnes, mais également pour toutes sortes de services gouvernementaux : écoles hôpitaux, bureaux postaux, postes de police et casernes de pompiers. Express, cela a été aussi l’occasion pour nous reporters, en ce lundi 16 décembre. Comme SpaceX s’est complètement occupé de nous (et pas la NASA), on a eu l’occasion de poser nos caméras à distance seulement 5 heures avant le lancement, ce qui est plutôt rare. Au départ du Samuel C. Phillips Park, on a donc posé nos appareils sur le pas de tir SLC-40 de la base aérienne de l’US Air Force. Un endroit privilégié.

Falcon 9, 30 minutes avant le décollage. – Photo : rke

Et, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas été discriminés en tant que journalistes étrangers. Une heure et demie avant le décollage, on a pu se rendre, tous, avec nos voitures, sur le CCAFS ITL Causeway, pour vois le décollage. De nuit, par temps limpide, on avait une vue très limpide de la fusée. Sauf que, un peu distrait, et trop dans la Lune, je me suis laissé à rêvasser lors de la première seconde de décollage et j’ai oublié de faire clic-clac ! Mais, surpris et paniqué, je me suis rattrapé par la suite. Voilà ce que ça donne (ci-contre).

Photos on Flickr

Le pas de tir SLC-40… – Photo : rke
Difficile de régler les appareils,
le soleil en face. – Selfie

Falcon 9: a Japanese express parcel of telecom is on orbit

SpaceX launched its Falcon 9 rocket with JCSAT-18/Kacific-1 on Monday. The launch, the 77th for the Falcon 9, saw the commercial communications satellite lofted to a geostationary transfer orbit (GTO). The 1-hour 28-minute launch window opened at 7:10 PM EST on December 16, with an on-time liftoff. – Photo : rke

Express mission for SpaceX. I say express, because the launches are now so well run in, that the rockets take off at a steady pace. In any case, this is not a trivial matter, even if, apparently, the launches follow one another and are similar. In fact, the first stage of the Falcon 9 rocket on this flight has already flown twice, and what is extraordinary is to see it fly through the air after a third use. That’s also a feat… and not routine.
In short, Falcon 9 therefore launched on time at exactly 19:10 local time on 16 December from Cape Canaveral, a large 6.9-ton (15,335 pounds) telecommunications satellite that, as its name suggests, will cover the Asia-Pacific region at an altitude of 36,000 km at 150 degrees east longitude.

The Launch & Landing of SpaceX. – Photo : rke
Always faithful, my colleague
Don Hladiuk at the adjustment. – Photo : rke

I’m too much in the moonAnd, for once, we were not discriminated against as foreign journalists. An hour and a half before takeoff, we were all able to go, with our cars, to the CCAFS ITL Causeway to see the takeoff. At night, in clear weather, we had a very clear view of the rocket. Except that, a little distracted, and too much in the moon, I let myself daydream during the first second of takeoff and I forgot to click-clack shoot to do ! But, surprised and panicked, I later caught up. This is what it looks like.

For isolated populations in Asia Pacific

Owned by Kacific and Sky Perfect JSAT Corp, a Tokyo-based satellite operator, this device will connect isolated telecom populations (Ka and Ku band), including 600 million people, but also all kinds of government services: hospitals, post offices, police stations and fire stations.Express, this was also an opportunity for us reporters on Monday, December 16. As SpaceX took full care of us (and not NASA), we had the opportunity to install our cameras remotely only 5 hours before the launch, which is quite rare. When we left Samuel C. Phillips Park, we landed our aircraft on the SLC-40 launch pad at US Air Force Base. A privileged place.

Two hours before launch. – Photo : rke

Amérique : 3 lancements cette semaine (Falcon 9, Soyouz et Atlas V)

Les quatre tours de lancement en un coup d'oeil.
[Cape Canaveral, December 15, 2019, rke. English below] – Les quatre tours de lancement en un coup d’oeil. Tout à gauche le pas de tir SLC-41 qui attend la capsule Starliner. Puis le pas de tir 39A (avec la grue). Tout au fond le SLC-40 de SpaceC et en premier plan le pas de tir 39B, avec la tour prête pour le lanceur de la NASA, SLS. – Photo : rke

Eh, oui, me revoilà aux USA pour la quatrième fois cette année (mars, avril, juillet et décembre). Ce seront mes 31es et 32es lancements accrédités sur site. Mon but ? Finir 2019 en beauté pour marquer le 50e anniversaire d’Apollo 11 (21 juillet 1969) que j’ai vécu à Pleigne (JU), ado, à l’âge de 13 ans. 

La tour de lancement SLC-41 vue de la page. – Photo : rke
Je ne suis pas à Kourou,
Mais à Cap Canaveral.

Cette semaine, je pourrai suivre trois lancements. D’abord, deux (accrédités) de Cap Canaveral : (SpaceX / Falcon 9 avec le satellite japonais JCSAT 18/Kacific 1) prévu demain lundi 16 décembre entre 7h10 et 8h38 locale (1h10 et 2h38 du matin en Suisse) et le plus important pour les Américains, Atlas 5 (CST–100 – Starliner) de Boeing prévu vendredi 20 décembre à 6h36 (locale), 12h36 (heure suisse) dont la capsule d’essai « non habitée » s’amarrera à la Station spatiale internationale (ISS), puis retournera sur Terre pour atterrir dans l’ouest des États-Unis après une croisière orbitale avant un vol d’essai en équipage de deux personnes. Un gros programme nous attend d’ailleurs cette semaine.

Et puis, je me sens un peu coupable de ne pas avoir choisir d’être à Kourou, en Guyane française, pour assister au lancement du satellite CHEOPS (Characterizing Exoplanet Satellite). Ce n’est pas une question de préférence de mission, mais d’agenda et de budget. Je ne peux pas, en effet être à la fois à Cap Canaveral et à Kourou en même temps puisque le décollage de la fusée russe Soyouz (la petite, mais la plus leste), décollera le mardi 17 décembre. Ce Soyouz transportera le premier satellite de surveillance radar COSMO-SkyMed de deuxième génération, ou CSG 1, pour l’agence spatiale italienne (ASI). Le satellite CHEOPS de l’Agence spatiale européenne (ESA) volera comme charge utile secondaire lors de la mission.

The Characterising Exoplanet Satellite, CHEOPS,
will make measurements of alien worlds
that will help determine their nature. It will focus
 on Earth-to-Neptunesized planets orbiting
 nearby bright stars, and will measure
the size of the planet as it transits in front of the star.
– Photo : ESA

… par l’Uni de Berne et de Genève
Construit par Airbus Defense and Space en Espagne avec un instrument scientifique développé en Suisse – par l’Uni de Berne et de Genève –  l’engin observera les transits de planètes autour d’autres étoiles pour mesurer leurs rayons. La fusée Soyouz 2–1b (Soyouz ST-B) utilisera un étage supérieur Fregat. Bon, comme la Guyane est en Amérique du Sud (dans le Nord), je suis quand même aux Amériques, d’où ce Blog, Press-Trip America. J’essaierai de vous commenter le lancement depuis ici, en Floride. Je ne suis doncpasaccréditépour Kourou – bien que j’ai déjà assisté à deux lancements (TVSat en 1987 et Smart One en 2003), puisque je ne suis pas sur place. Alors, à bientôt.

America: 3 launches this week (Falcon 9, Soyuz and Atlas V)

[Cape Canaveral, December 15, 2019, rke]  – Cheops will make observations of exoplanet-hosting stars to measure small changes in their brightness due to the transit of a planet across the star’s disc, targeting in particular stars hosting planets in the Earth-to-Neptune size range. The information will enable precise measurements of the sizes of the orbiting planets to be made: combined with measurements of the planet masses, this will provide an estimate of their mean density – a first step to characterising planets outside our Solar System.
– Photo : ESA

 Well, yes, I’m back in the USA for the fourth time this year (March, April, July and December). These will be my 31st and 32nd accredited on-site launches. My goal? Finish 2019 in style to mark the 50th anniversary of Apollo 11 (July 21, 1969) that I lived in Pleigne (Jura, Switzerland), a teenager, at the age of 13. 

Oops! Oops! He’s having
a little trouble, the guy. – Photo : rke
Florida Today, December 15, 2019

This week, I will be able to follow three launches. First, two (accredited for me) from Cape Canaveral: SpaceX / Falcon 9 with the Japanese satellite JCSAT 18/Kacific 1 scheduled for tomorrow Monday, December 16 between 7:10 and 8:38 a.m. local (1:10 and 2:38 a.m. in Switzerland). Then, the most important for Americans, Boeing’s Atlas 5 (CST-100 – Starliner) scheduled for Friday, December 20 at 6:36 a.m. (local), 12:36 p.m. (Swiss time) whose « uninhabited » test capsule will dock with the International Space Station (ISS), then return to Earth to land in the western United States after an orbital cruise and before a crowd test flight of two people. A big program is waiting for us this week.

Florida Today, December 15, 2019
Florida Today, December 15, 2019

CHEOPS: attacking the inhabitable planets….

And then I feel a little guilty for not choosing to be in Kourou, French Guiana, to attend the launch of the CHEOPS (Characterizing Exoplanet Satellite) satellite. It is not a question of mission preference, but of agenda and budget. I cannot, indeed, be both in Cape Canaveral and Kourou at the same time since the takeoff of the Russian Soyuz rocket (the small but the most powerful), will take off on Tuesday 17 December, 2019. This Soyuz will carry the first second-generation COSMO-SkyMed radar surveillance satellite, or CSG 1, for the Italian Space Agency (ASI). The European Space Agency (ESA) CHEOPS satellite will fly as a secondary payload during the mission.

The PAD 39B tower waits for SLS. – Photo : rke

… by the University of Bern and GenevaBuilt by Airbus Defense and Space in Spain with a scientific instrument developed in Switzerland – by the University of Bern and Geneva – the device will observe the transit of planets around other stars to measure their rays. The Soyuz 2-1b (Soyuz ST-B) rocket will use an upper Fregat stage. Well, since Guyana is in South America (in the North), I am still in the Americas, hence this blog, Press-Trip America. I’ll try to comment on the launch from here in Florida. So I am not accredited for Kourou – although I have already attended two launches (TVSat in 1987 and Smart One in 2003), since I am not there. So, see you soon.

Blog journalistique de Roland J.Keller – On-Site Reports With Swiss Feeling