Iriez-vous sur Mars avec Elon Musk ?

[Courrendlin, Switzerland, September 20, 2020, rke. English below] – La question n’est pas aussi farfelue qu’elle n’y paraît: Iriez-vous sur Mars avec Elon Musk ? SpaceX, fondé en 2002, veut révolutionner l’accès à l’espace et permettre une société multiplanétaire. Au Texas, après avoir réussi à déplacer un immeuble de 20 étages d’un endroit à l’autre (en l’occurrence un morceau de fusée), l’entreprise privés prépare un gros, gros, gros engin spatial de 2 étages – Starship – pour emmener 100 personnes sur la Lune et Mars. C’est fou ? Pas tant que ça !
Photo du haut : SpaceX

J’irais sur la planète rouge, mais pas avec lui ! Musk est contre l’intelligence artificielle mais il veut implanter des puces dans notre cerveau. En plus, il n’aime pas les journalistes étrangers, comme moi : cliquez ici

À Boca Chica (Texas), assemblage du MK1, un des deux prototypes du futur lanceur Starship de SpaceX. Sur la partie inférieure , on peut voir les ailerons arrière qui contrôleront la stabilité en vol du prototype. In Boca Chica (Texas), assembly of the MK1, one of the two prototypes of SpaceX’s future Starship launcher. On the lower part, one can see the rear ailerons which will control the stability in flight of the prototype. Photo :  SpaceX

1 personne pèse en moyenne
100 kg (avec les bagages).
100 humains en fusée représentent 10’000 kg ou 10 tonnes, soit dix fois moins que ce que la fusée Starship peut embarquer.
Alors, on y va ?

Les enfants auditionnés sur RFJ nous font rêver

« C’est gratuit pour aller sur Mars, mais il faut payer la fusée. Euh, non, ça coûte. » « Pour aller sur Mars, il faut 24H, heu, non trois mois. Non quelques heures. » « Mars ? Elle est brune. Il y a des mini-volcans. » Ces extraits candides de sons recueillis auprès de jeunes élèves par Jean-Michel Probst de la radio suprarégionale RFJ (Nord de la Suisse), laissent songeurs. Effectivement, cela va coûter une fortune pour se rendre sur la planète rouge, mais tout est relatif. Malgré la pandémie et la crise économique que traversent les États-Unis, les plus grosses fortunes américaines ont continué de s’enrichir en 2020 : selon Forbes, leur richesse cumulée est de 3’200 milliards de dollars, soit une hausse de 8% par rapport à l’an dernier. Le prix du programme lunaire Apollo (1967-1972) aura coûté quelque 150 milliards de dollars (majoré à nos jours), soit seulement 5% de ces plus riches personnes. Pourtant toute cette conquête aura créé de l’emploi pour 400’000 personnes et 42’000 entreprises engagées durant 8 ans ! Pour décrocher la Lune d’ici à 2024 avec le programme Artemis, il faudra débourser 34 milliards de dollars. Soit 1% de l’argent des fortunés Américains ! Et pour repartir sur Mars ? Avec dix fois plus de budgets, on est encore loin… très loin de ces richards.

Pour décrocher la Lune d’ici à 2024 avec le programme Artemis, il faudra débourser 34 milliards de dollars. Soit 1% de l’argent des plus fortunés Américains !

Les Tesla à la rescousse

Elon Musk, qui s’est enrichi grâce à son logiciel de paiement en ligne sur Internet (PayPal), n’aurait évidemment pas assez de sa fortune personnelle pour financer une expédition martienne. Raison sur laquelle il peut s’appuyer sur le succès de ses voitures Tesla qui lui rapportent des deniers. De plus, pour pouvoir rentabiliser ses fusées, il a misé sur un système de récupération des étages des fusées Falcon lors des lancements, dont ceux de lanceurs Heavy avec deux propulseurs qui retournent sur Terre. Au début, la communauté spatiale ne croyait pas trop à cette idée de faire revenir des fusées à la « Tintin » – la bande dessinée d’Hergé – car on connaît le domaine astronautique comme pas rentable. Mais, à force d’abnégation, le fantasque milliardaire a réussi pas à pas à convaincre les clients d’emmener leurs satellites à bord de ses fusées Falcon 9 pour de multiples satellites, Falcon Heavy pour les plus lourds et maintenant Starship.

Trois tests réussis, 2 loupés

La base de Boca Chica au sud du Texas, là où pourront décoller les Starship. Une autre base de lacement est prévue au Kennedy Space Center, PAD-39A, en Floride- The Boca Chica base in South Texas, where the Starship will take off. Another launch base is planned at the Kennedy Space Center, PAD-39A, in Florida.
Photo : Google.

Après avoir réalisé des vols d’essai à une altitude très basse avec des prototypes. Jusqu’à présent, les plafonds atteints par SpaceX avec Starship n’ont jamais excédé les 150 mètres d’altitude — trois vols ont pu être bouclés à cette hauteur : le premier en 2019, puis deux autres en août et septembre 2020, avec les numéros d’essais SN5 et SN6. Le prochain prototype SN8 devrait s’élever à 20 km d’altitude avec l’ajout, pour la première fois, d’un « nez », c’est-à-dire un cône positionné sur le dessus de l’appareil afin de lui donner un profil aérodynamique, et des ailerons sur le côté, pour donner de la stabilité à la trajectoire du Starship lorsqu’il est en vol. Suite à l’allumage sur le pas de tir de Boca Chica, l’engin devrait revenir sur Terre. Une prouesse tout à fait envisageable au vu des précédents succès des étages plus petits.

Starship offre des cabines privées, de grands espaces communs, un stockage centralisé, des abris contre les tempêtes solaires et une galerie d’observation

Prochain essai à 20 km d’altitude

On ne sait pas à quelle date le SN8 sera mis à l’épreuve. Ce seuil des 20 km est évoqué depuis des mois (il en était question dès juillet 2020 par exemple, lors d’un premier bond de Starship à 20 m d’altitude), mais n’a pas pu être exécuté jusqu’à présent — aussi parce que la crise du coronavirus qui s’est déclenchée en début d’année s’est propagée partout et n’est toujours pas résolue.

N’empêche. SpaceX veut révolutionner l’accès à l’espace et permettre une société multiplanétaire. La firme de Musk entreprend déjà des missions de routine dans l’espace avec ses lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy pour un ensemble de clients divers, dont la NASA, le ministère de la Défense, des gouvernements internationaux et des sociétés commerciales de premier plan. SpaceX apporte un soutien supplémentaire à la NASA avec le vaisseau spatial Dragon en effectuant des missions de réapprovisionnement en fret et de retour vers et depuis la Station spatiale internationale (ISS).

La plus grosse fusée de tous les temps

Au centre, Starship, plus grande que la fusée Saturn V (gauche) et presque deux fois plus haute que Falcon 9 ! Center : Starship, larger than the Saturn V rocket (left) and almost twice as high as Falcon 9! – Photo : twitter.com/kimitalvitie

Le carénage de la charge utile standard du vaisseau est de 9 m de diamètre extérieur, ce qui en fait le plus grand volume de charge utile utilisable de tous les lanceurs actuels ou en développement. La fusée aura 120 m de haut. Le vaisseau a été conçu dès le départ pour pouvoir transporter plus de 100 tonnes de marchandises vers Mars et la Lune. La version cargo peut également être utilisée pour le transport rapide de point à point vers la Terre. Différentes configurations de la soute sont disponibles et permettent un déploiement entièrement autonome de la cargaison vers la Terre, la Lune ou les surfaces martiennes.

S’inspirant de l’expérience acquise lors du développement de Dragon pour le programme d’équipage commercial, la configuration de l’équipage du vaisseau spatial pourrait transporter jusqu’à 100 personnes de la Terre vers la Lune et Mars. La configuration de l’équipage du Starship comprend des cabines privées, de grands espaces communs, un stockage centralisé, des abris contre les tempêtes solaires et une galerie d’observation. Ça promet !

Peu avant 13 heures jeudi 3 septembre, SpaceX a réussi à faire décoller son prototype de vaisseau spatial SN6 à 150 mètres à Boca Chica, 30 jours après un lancement de 500 pieds et un atterrissage le 4 août par le SN5. L’unique moteur Raptor du SN6 a été allumé à 12h48, 10 minutes après le déclenchement d’une sirène avertissant les habitants du village de Boca Chica qu’un lancement était imminent, et a volé pendant environ 50 secondes avant d’atterrir sur une plateforme adjacente au stand de lancement.

WOULD YOU GO TO MARS WITH ELON MUSK?

[Courrendlin, Switzerland, September 20, 2020, rke] – The question is not as crazy as it appears: Would you go to Mars with Elon Musk? SpaceX, founded in 2002, wants to revolutionize access to space and enable a multiplanetary society. In Texas, after successfully moving a 20-story building from one place to another (in this case a piece of a rocket), the private company is preparing a big, big, big 2-story spacecraft – Starship – to take 100 people to the Moon and Mars. Is that crazy? Oh, no!

I would go to the red planet, but not with him! Musk is against artificial intelligence but he wants to implant chips in our brains. Besides, he doesn’t like foreign journalists, like me : click here

1 person weighs on average 220 lbs (with luggage). 100 humans in a rocket give 22’000 lbs (or 10 tons): ten times less than what the Starship rocket can embark.
So, let’s go?

The children auditioned on RFJ make us dream -> in french

 » Reaching Mars is free, but you must pay for the rocket. Uh, no, it costs. « To go to Mars takes 24 hours, uh, no, three months. Not a few hours.  » « Mars? It’s brown. There are mini volcanoes. « These candid excerpts of audio sounds collected from young students by Jean-Michel Probst of the supra-regional radio station RFJ (Northern Switzerland), leave one wondering. Indeed, it will cost a fortune to get to the Red Planet, but it’s all relative. Despite the pandemic and the economic crisis that the United States is going through, the biggest American fortunes have continued to grow richer in 2020: according to Forbes, their cumulative wealth is 3’200 billion dollars, an increase of 8% compared to last year. The price of the Apollo lunar program (1967-1972) will have cost some 150 billion dollars (increased to the present day), or only 5% of these richest people. Yet all this conquest will have created employment for 400’000 people and 42’000 companies hired for 8 years! To land the Moon by 2024 with the Artemis program, it will cost 34 billion dollars. That is 1% of the money of the wealthy Americans! And to go back to Mars? With ten times the budget, we are still far… very far from these rich people. 

Tesla at the helm

Elon Musk, who got rich thanks to his online payment software on the Internet (PayPal), would obviously not have enough of his personal fortune to finance a Martian expedition. That’s why he can rely on the success of his Tesla cars, which bring him money. In addition, to be able to make his rockets profitable, he bet on a system of recovery of the stages of Falcon rockets during launches, including those of Heavy launchers with two propellants that return to Earth.

At the beginning, the space community did not believe too much in the idea of returning rockets to the « Tintin » – Hergé’s comic strip – because the astronautics field is known to be unprofitable. But, by dint of self-sacrifice, the whimsical billionaire, succeeded step by step in convincing customers to take their satellites aboard his Falcon 9 rockets for multiple satellites, Falcon Heavy for the heavier ones and now Starship.

Three successful tests, 2 failures

Shortly before 1 p.m. Thursday, SpaceX test successfully hopped its SN6 Starship prototype to 500 feet at Boca Chica, 30 days after a 500-foot hop and landing on Aug. 4 by the SN5.
The SN6’s single Raptor engine was ignited at 12:48 p.m., 10 minutes after a siren was sounded warning nearby Boca Chica Village residents that a launch was imminent, and flew for about 50 seconds before landing on a pad adjacent to the launch stand.

After conducting test flights at very low altitudes with prototypes. To date, the ceilings reached by SpaceX with Starship have never exceeded 492 feet high – three flights have been completed at this height: the first in 2019, then two more in August and September 2020, with test numbers SN5 and SN6. The next SN8 prototype is expected to reach an altitude of 12 miles, with the addition, for the first time, of a « nose, » a cone positioned on top of the aircraft to give it an aerodynamic profile, and ailerons on the side to give stability to the Starship’s trajectory when in flight. Following the ignition on the launch pad of Boca Chica, the aircraft should return to Earth. A feat quite conceivable in view of the previous successes of the smaller stages. It is not known when the SN8 will be tested. This 12 miles threshold has been talked about for months (it was mentioned as early as July 2020, for example, during a first Starship leap at 65 feet high), but has not been executed until now – also because the coronavirus crisis that started at the beginning of the year has spread everywhere and is still not solved.

To land the Moon by 2024 with the Artemis program, it will cost 34 billion dollars. That is 1% of the money of the wealthy Americans!

Revolutionize access to space

SpaceX was founded in 2002 to revolutionize access to space and enable a multi-planetary society. Today, SpaceX performs routine missions to space with its Falcon 9 and Falcon Heavy launch vehicles for a diverse set of customers, including the National Aeronautics and Space Administration (NASA), the Department of Defense, international governments, and leading commercial companies. SpaceX provides further support to NASA with the Dragon spacecraft by conducting cargo resupply and return missions to and from the International Space Station (ISS). The standard payload fairing on the spacecraft is 29 feet in outside diameter, making it the largest usable payload volume of any launcher currently in service or under development. The rocket will be 120 m high. The spacecraft has been designed from the outset to be able to carry more than 100 tons of cargo to Mars and the Moon.

The biggest rocket of ever time

The cargo version can also be used for rapid point-to-point transport to Earth. Different cargo bay configurations are available and allow a fully autonomous deployment of the cargo to Earth, the Moon or Martian surfaces. Starship was designed from the onset to be able to carry more than 100 tons of cargo to Mars and the Moon. The cargo version can also be used for rapid point-to-point Earth transport. Various payload bay configurations are available and allow for fully autonomous deployment of cargo to Earth, Lunar, or Martian surfaces. SpaceX was founded with the goal of making life multi-planetary. The Starship program is realizing this goal with the crew configuration of Starship. Drawing on experience from the development of Dragon for the Commercial Crew Program, the Starship crew configuration can transport up to 100 people from Earth into LEO (Low Earth Orbit) and on to the Moon and Mars. The crew configuration of Starship includes private cabins, large common areas, centralized storage, solar storm shelters and a viewing gallery. It seems to be promising!

Starship includes private cabins, large common areas, centralized storage, solar storm shelters and a viewing gallery.

Sorte de couteau suisse scientifique, une pelle mécanique intelligente va se poser SUR Mars

[Courrendlin, Switz., July 30, 2020, rke. English below] –
Et voilà ! Pour la 3e fois, je suis bloqué (mais plus confiné, enfin si, un peu) en Suisse. La première fois, lors du 50e anniversaire d’Apollo 13, le 13 avril 2020 (où je devais me rendre à Houston), puis lors de mission Dragon Demo-2 (la première habitée) le 31 mai 2020 et ce jour du lancement de Perseverance. Bonne nouvelle tout de même : l’astronaute français Thomas Pesquet annonce qu’il volera avec SpaceX Drangon le printemps prochain. Promis, je ferai tout ce qui est possible pour assister à ce lancement (mon 34e accrédité) … sur le pas de tir 39A. Comme autrefois.
Photo du haut : NASA

Le lancement du robot Perseverance le 30 juillet 2020 est un ingrédient de savoir-faire américano-français. Ce véhicule tout terrain à six roues doublement renforcées de carbone (sans air) est une sorte de pelle mécanique intelligente capable de casser des cailloux au laser pour rechercher de la vie sur la planète rouge. Un couteau suisse condensé d’instruments scientifiques.

A United Launch Alliance Atlas V rocket with NASA’s Mars 2020 Perseverance rover onboard launches from Space Launch Complex 41, Thursday, July 30, 2020, at Cape Canaveral Air Force Station in Florida. The Perseverance rover is part of NASA’s Mars Exploration Program, a long-term effort of robotic exploration of the Red Planet. Photo Credit: (NASA/Joel Kowsky)

Déjà 8 engins US (dont 4 robots) sur Mars !

Tout d’abord, ne l’oublions pas ! Seuls les Américains ont réussi à poser des sondes en état de fonctionnement sur la planète rouge. Soit 8 au total, dont 4 atterrisseurs fixes (Viking 1 et 2 en 1976, Phœnix en 2007 et Insight en 2018) et 4 rovers (Mars Pathfinder en 1996, Spirit et Opportunity en 2004 et Curiosity en 2012). Cependant, les Soviétiques étaient les premiers à réussir à s’y poser avec Mars 3 en 1971, mais la mission a été considérée comme un demi-échec, car les instruments n’ont pas fonctionné. Si les Européens ont tenté le coup, ils en ont été pour leurs frais puisque les deux sondes Beagle (2003) et Schiaparelli (2016), se sont écrasées sur Mars. Néanmoins, l’Agence spatiale européenne (ESA) peut se targuer d’avoir réussi une parfaite mise en orbite de sa sonde Mars Express (2003), qui encore de nos jours envoie des images de la surface martienne tout comme l’américaine Mars Reconnaissance Orbiter (2005). Cependant, si les Américains ont réussi 8 tentatives, ils ont néanmoins subi un seul échec avec Mars Polar Lander en 1998.

La course continue donc avec pour la première fois la sonde spatiale chinoise Tianwen I qui a décollé de Wenchang (fusée Long March 5) le 23 juillet 2020 embarquant un atterrisseur et un petit robot. Puis avec les Émirats Arabes Unis qui ont mis au point un orbiteur martien (mesure de l’atmosphère) lancé avec les Japonais (de Tanegashima), le 16 juillet 2020.

Roland J. Keller sur RFJ le 22 juillet 2020 : cliquez ici – Photo prise par Jean-Michel Probst

Astrobiologie : à la découverte de microbes et de bactéries

Perseverance, c’est le plus grand robot envoyé sur Mars, le plus sophistiqué et le plus intelligent. Ce nom a été choisi suite à un concours lancé par la NASA après 28’000 propositions et emporté par le jeune adolescent Alex Mather (13 ans) de Virginie. Perseverance aura du job sur Mars tout comme son cousin Curiosity lancé en 2011 et qui roule encore sur la planète rouge. Son but ? Découvrir des formes de bactéries ou autres microbes et analyser la chimie moléculaire du sol pour savoir si la vie y a évolué il y a trois milliards d’années. Les scientifiques pensent en effet avoir de bonnes preuves que, à cette époque, la planète était plus chaude et couverte de rivières et de lacs, des ingrédients qui ont fait naître, au moins sur Terre, des microbes… Avant que la planète rouge ne devienne froide et sèche, pour une raison qui échappe encore aux planétologues. « C’est la première fois dans l’histoire que la Nasa a consacré une mission à ce qu’on appelle l’astrobiologie : la recherche de la vie, peut-être actuelle, ou de vie ancienne dans un autre monde », a déclaré lors d’une conférence de presse Jim Bridenstine, directeur de la NASA.

De l’eau saumurée et un partenariat NASA-ESA

Le programme FETCH avec retour d’échantillons sur Terre. En collaboration avec l’ESA !

Le cratère Jevezo de 45 km de diamètre où le rover devrait se poser le 18 février 2021, dans sept mois donc, aurait autrefois hébergé un lac. Dans supposément de l’eau, comme celle saumurée de notre bonne vieille planète. Ça donne à boire, mais ce serait un peu trop salé. Ce 4×4 martien, gros comme un SUV, est un concentré de technologie et d’intelligence disais-je, car il est aussi d’une sorte de pelle mécanique, autrement dit un bras robotique de 2 m de long, avec des outils les plus variés, genre de couteau suisse muni d’instruments de forage et d’analyse. Il prélèvera des échantillons de roches qu’il laissera à la surface dans des tubes scellés afin d’être récupérés par une prochaine mission, et rapportés sur Terre en 2031 lors d’un programme conjoint avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Et c’est là tout l’enjeu international de cette mission. Elle comprendra plusieurs éléments réalisés par la NASA et l’ESA, dont le Fetch Rover, un robot construit par Airbus qui sera alors utilisé pour récupérer les échantillons martiens collectés et déposés par Perseverance tout au long de son parcours.

Les autres points forts

  • Perseverance larguera un petit hélicoptère de 1,8 kg avec des hélices de 1,2 m développé par l’agence spatiale américaine qui doit devra être mis en œuvre à titre expérimental. L’engin, fixé au châssis du robot, sera libéré une fois celui-ci arrivé sur le sol martien et devrait essayer de voler à une vitesse de 36 km/h. L’objectif est de tester les capacités d’un tel appareil dans le domaine de la reconnaissance optique du terrain dans cet environnement caractérisé par une atmosphère très ténue limitant la portance (100 fois moins dense que sur la Terre) et les délais de communication qui interdisent tout contrôle direct du vol par un opérateur humain.
  • Perseverance a aussi des yeux… Le robot est muni de sept instruments, dont une caméra française du CNES (Supercam) qui peut analyser à distance la composition chimique des roches, une caméra laser élaborée par l’astrophysicien Sylvestre Maurice. « ChemCam est un grand succès basé sur l’imagerie. Il prend une image de la composition chimique de la roche, de quoi est-elle constituée – fer, titane, sodium, potassium, oxygène, carbone, etc. Pour SuperCam, nous allons réaliser la même chose, mais en mieux. Nous avons choisi deux techniques. La première, c’est l’infrarouge. Je regarde la lumière qui éclaire le sol, la réflectance, et cela va me donner des informations justement sur les molécules. La seconde, c’est le Ramant (méthode de spectroscopie) technologie de laboratoire qu’on connaît très bien. On éclaire avec un laser, on fait vibrer les molécules. Il y a globalement un photon sur un million qui se déplace un petit peu. On regarde comment ils se déplacent et cela nous donne la composition de la roche », révèle le chercheur sur le site www.lci.fr
  • … et des oreilles. Pour la première fois, deux micros vont pouvoir écouter ce qui se passe à la surface de Mars. Le premier, le système EDL (Entry Descent and Landing) doit enregistrer du son lors de la descente du rover vers la surface de la planète pour entendre entendre le frottement de l’atmosphère, les vents et les bruits de poussière déplacés à l’atterrissage du rover. Le deuxième micro, embarqué sur SuperCam, est issu d’un partenariat entre les États-Unis, la France et l’Espagne. Sur cet instrument, dédié à la recherche d’une vie passée, un laser chauffe la roche entre 8’000 et 10’000 °C, ce qui va créer une onde de choc.
L’hélicoptère martien. Photo : NASA

Le but de Perseverance ? Découvrir des formes de bactéries ou autres microbes et analyser la chimie moléculaire du sol pour savoir si la vie y a évolué il y a trois milliards d’années

En 2031, le Fetch Rover, un robot construit par Airbus sera utilisé pour récupérer les échantillons martiens collectés et déposés par Perseverance tout au long de son parcours

J’étais là lors du lancement de Curiosity en 2011 : cliquez ici

As a Scientific Swiss Army Knife, a Smart Digger will Land on Mars

[Courrendlin, Switzerland, July 30, 2020, rke. English below] – Here we go! For the 3rd time, I’m stuck (but more confined, well, a bit) in Switzerland. The first time, on the 50th anniversary of Apollo 13, on April 13, 2020 (where I was supposed to go to Houston), then during the Dragon Demo-2 mission (the first inhabited one) on May 31, 2020 and this day of the launch of Perseverance. Good news all the same: French astronaut Thomas Pesquet announces that he will fly with SpaceX Drangon next spring. I promise I will do everything possible to attend this launch (my 34th accredited) … on launch pad 39A. Just like the old days.

A United Launch Alliance Atlas V rocket with NASA’s Mars 2020 Perseverance rover onboard launches from Space Launch Complex 41, Thursday, July 30, 2020, at Cape Canaveral Air Force Station in Florida. The Perseverance rover is part of NASA’s Mars Exploration Program, a long-term effort of robotic exploration of the Red Planet. Photo Credit: (NASA/Joel Kowsky)

The launch of the Perseverance robot on July 30, 2020 is an ingredient of American French know-how. This all-terrain vehicle with six double carbon-reinforced wheels (without air) is a kind of intelligent mechanical shovel capable of breaking stones with a laser to search for life on the red planet. A Swiss Army knife condensed from scientific instruments.

Already 8 US spacecraft (including 4 robots) on Mars !

First of all, let’s not forget it ! Only the Americans have succeeded in landing functioning probes on the Red Planet. That’s 8 in total, including 4 fixed landers (Viking 1 and 2 in 1976, Phoenix in 2007 and Insight in 2018) and 4 rovers (Mars Pathfinder in 1996, Spirit and Opportunity in 2004 and Curiosity in 2012). However, the Soviets were the first to succeed in landing there with Mars 3 in 1971, but the mission was considered a semi-failure because the instruments did not work. If the Europeans tried it, it was at their expense since the two probes, Beagle (2003) and Schiaparelli (2016), crashed on Mars. Nevertheless, the European Space Agency (ESA) can pride itself on having successfully put its Mars Express (2003) probe into orbit, which still sends images of the Martian surface today, as does the American Mars Reconnaissance Orbiter (2005). However, if the Americans have succeeded in 8 attempts, they have nevertheless suffered only one failure with Mars Polar Lander in 1998.

The race continues with the first Chinese space probe, Tianwen I, which took off from Wenchang (Long March 5 rocket) on July 23, 2020, carrying a lander and a small robot. Then with the United Arab Emirates which developed a Martian orbiter (measurement of the atmosphere) launched with the Japanese (from Tanegashima) on July 16, 2020.

Perseverance. – Photo : NASA JPL Caltech

Astrobiology: Discovering Microbes and Bacteria

Perseverance is the largest robot sent to Mars, the most sophisticated and intelligent. This name was chosen following a contest launched by NASA after 28’000 proposals and won by the young teenager Alex Mather (13 years old) from Virginia. Perseverance will have a job on Mars just like its cousin Curiosity, launched in 2011 and which is still on the Red Planet. His goal? To discover forms of bacteria and other microbes and analyze the molecular chemistry of the soil to find out whether life evolved there three billion years ago. Scientists believe they have good proof that, at that time, the planet was warmer and covered with rivers and lakes, ingredients that gave rise, at least on Earth, to microbes… Before the Red Planet became cold and dry, for a reason that still escapes planetologists. « This is the first time in history that NASA has dedicated a mission to what is called astrobiology: the search for life, perhaps current life, or ancient life in another world, » NASA Director Jim Bridenstine said at a press conference.

Brine Water and a NASA-ESA Partnership

The Jevezo crater, 45 km in diameter, where the rover is expected to land on February 18, 2021, seven months from now, would have once been home to a lake. Supposedly in water, like the briny water of our good old planet. It’s drinkable, but a little too salty. This Martian 4×4, as big as an SUV, is a concentrate of technology and intelligence, I said, because it is also a kind of mechanical digger, in other words, a 2 m long robotic arm, with the most varied tools, like a Swiss Army knife equipped with drilling and analysis instruments. It will take rock samples that it will leave on the surface in sealed tubes to be recovered by a future mission and brought back to Earth in 2031 during a joint program with the European Space Agency (ESA). And that is what is at stake internationally with this mission. It will include several elements made by NASA and ESA, including the Fetch Rover, a robot built by Airbus that will then be used to retrieve the Martian samples collected and deposited by Perseverance throughout its journey.

Other Highlights

  • Perseverance will release a small 1.8 kg helicopter with 1.2 m propellers developed by the US space agency to be used on an experimental basis. The device, attached to the robot’s chassis, will be released once the robot arrives on Martian soil and should try to fly at a speed of 36 km/h. The aim is to test the capabilities of such a device in the field of optical terrain recognition in this environment characterized by a very tenuous atmosphere limiting lift (100 times less dense than on Earth) and communication delays that prohibit any direct control of the flight by a human operator.
  • Perseverance also has eyes… The robot is equipped with seven instruments, including a French CNES camera (Supercam) that can remotely analyze the chemical composition of rocks, and a laser camera developed by astrophysicist Sylvestre Maurice. « ChemCam is a great success based on imagery. It takes an image of the chemical composition of the rock, what is it made of – iron, titanium, sodium, potassium, oxygen, carbon, etc. – and what is it made of? For SuperCam, we’re going to do the same thing, but better. We’ve chosen two techniques. The first is infrared. I look at the light that illuminates the ground, the reflectance, and that will give me information about the molecules. The second is the Ramant (spectroscopy method), a laboratory technology that we know very well. We illuminate with a laser; we make the molecules vibrate. Globally, one photon in a million moves a little bit. We look at how they move and that gives us the composition of the rock, » says the researcher at www.lci.fr
  • … and ears. For the first time, two microphones will be able to listen to what’s happening on the surface of Mars. The first, the Entry Descent and Landing (EDL) system, will record sound as the rover descends to the planet’s surface to hear the rubbing of the atmosphere, the winds and the dust noises that move as the rover lands. The second microphone, onboard SuperCam, is the result of a partnership between the United States, France and Spain. On this instrument, dedicated to the search for a past life, a laser heats the rock to between 8,000 and 10,000°C, which will create a shock wave.
Kennedy Space Center Deputy Director Janet Petro, left, NASA Deputy Administrator Jim Morhard, second from left, NASA astronaut Zena Cardman, center, NASA Administrator Jim Bridenstine, second from right, and NASA Public Affairs Officer Joshua Santora, right, answer social media questions ahead of the launch of NASA’s Mars 2020 Perseverance rover, Wednesday, July 29, 2020, at NASA’s Kennedy Space Center in Florida. The Perseverance rover is part of NASA’s Mars Exploration Program, a long-term effort of robotic exploration of the Red Planet. Launch is scheduled for Thursday, July 30. Photo Credit: (NASA/Joel Kowsky)

The goal of Perseverance? To discover forms of bacteria or other microbes and to analyze the molecular chemistry of the soil to find out whether life evolved there three billion years ago.

In 2031, the Fetch Rover, a robot built by Airbus will be used to recover the Martian samples collected and deposited by Perseverance throughout its journey.

Boca Chica : boum ! Dragon-ISS : succès !

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
Le succès total du lancement de Crew Dragon samedi 30 mai 20020, puis son accostage à la Station spatiale internationale (ISS) complètement éclipsé l’échec d’un prototype de Starship qui a explosé lors d’un test d’allumage à Boca Chica (Texas), le jour du décollage de Dragon. Mais SpaceX ne s’en décourage pas tout autant. L’entreprise d’Elon Musk n’en oublie pas les objectifs qu’elle s’est fixée dans le domaine des voyages spatiaux privés. Pour réaliser ses projets ambitieux d’envoyer jusqu’à 100 passagers sur la Lune et sur Mars, l’entreprise privée a beaucoup recours aux prototypes, comme elle l’avait avec ses lanceurs Falcon. Et aujourd’hui, ça vole même avec des astronautes. Qui l’aurait cru ?
Image du haut : Massive explosion of a SpaceX Starship Prototype (SN4) at Boca Chica Texas, USA Youtube

Belle image où l’on devine l’un des 16 petits moteurs Super Draco de Dragon à l’allumage (en bas à gauche). lors de l’arrivée à la Station spatiale internationale (ISS).
L’amarrage a eu lieu à 10h16 EDT (1416 GMT), 16h16 suisse alors que la station spatiale survolait la frontière entre la Chine et la Mongolie sur une distance de 262 miles (421 km).
Photo : NASA TV

« Nous ne comprenons pas vraiment l’hystérie déclenchée par le lancement réussi de la capsule Crew Dragon », a déclaré sur Twitter, le porte-parole de Roscosmos Vladimir Oustimenko, lorsque Crew Dragon Demo-2 a été lancé ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Il répondait à Elon Musk Elon Musk, le fondateur de SpaceX, qui a chambré le chef de l’agence spatiale russe Dmitri Rogozin, qui avait affirmé en 2014 que les astronautes américains pourraient bien avoir besoin d’un « trampoline » pour rejoindre l’ISS. « Le trampoline fonctionne », a plaisanté alors Elon Musk lors d’une conférence de presse au côté de l’administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, après le décollage réussi de la fusée Crew Falcon 9. « C’est une blague entre nous », a ajouté l’entrepreneur de 48 ans alors que les deux hommes s’étaient mis à rire… jaune.

Selon notre confrère média LCI, le lancement réussi de la fusée de SpaceX peut être considéré comme un coup dur pour la Russie qui était jusqu’alors le seul pays à pouvoir envoyer des hommes sur l’ISS depuis le 8 juillet 2011 et l’arrêt du programme de navettes spatiales américaines. Au prix toujours plus élevé de 80 millions de dollars, la place par astronaute, l’agence spatiale russe a profité de cette manne pour peaufiner ses budgets spatiaux humains, bien consciente que le lancement habité de Space est une prouesse technologique des temps modernes.

La NASA, principal client et pourvoyeur 

Le magazine américain Forbes analyse le marché avec circonspection. Au cours du programme Apollo, envoyer Neil Armstrong sur la Lune n’était pas seulement une question de technologie ou de science, il en allait également du triomphe du capitalisme sur le communisme. À l’époque, l’émergence de compagnies spatiales russes, qui construisaient des fusées solides pour des prix raisonnables, a permis de redynamiser le marché. Pendant ce temps, les États-Unis assistent à l’ascension de plusieurs entrepreneurs du secteur spatial, qui ambitionnent de fabriquer des fusées. C’est dans ce contexte qu’Elon Musk fonde SpaceX en 2003. Il est pour cela aidé de l’argent provenant de la vente de Zip2, sa première société, qui lui a rapporté 307 millions de dollars, et de PayPal pour 1,5 milliard de dollars. Le secteur spatial a franchi une autre étape importante en 2004, lorsque SpaceShipOne, un vaisseau spatial créé par l’ingénieur aérospatial Burt Rutan et sa société Scaled Composites, entreprenant avec succès deux vols suborbitaux. SpaceX saute immédiatement sur l’occasion et remporte en 2006 un contrat avec la NASA, qui lui permet d’obtenir 278 millions de dollars pour développer son lanceur Falcon 9 (depuis lancé avec succès en 2010).

L’espace abordable

En 2008, l’entreprise d’Elon Musk signe par ailleurs un contrat distinct de 1,6 milliard de dollars avec la NASA afin d’envoyer des cargaisons à l’ISS, une mission amorcée en 2012 quand la capsule Dragon devient le premier vaisseau spatial privé à s’amarrer à la station spatiale internationale. Par la suite, SpaceX offre de nouveaux services de lancement à d’autres clients commerciaux, comme des entreprises de télécommunications. Les prix sont considérablement plus bas que ceux de ses concurrents, y compris les entreprises russes. Grâce à SpaceX et Nanoracks, l’espace devient plus abordable, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités commerciales. En 2014, la NASA attribue ainsi de nouveaux contrats pour des vols spatiaux avec équipage à deux entreprises : Boeing et SpaceX. Ensemble, ces deux contrats représentent une valeur d’environ 6,8 milliards de dollars. Toutefois, cela ne veut pas dire que la NASA n’intervient pas dans le développement des véhicules spatiaux de l’une ou l’autre société, mais cette collaboration permet d’associer le meilleur de l’expertise gouvernementale avec celle du secteur privé.

Patrick Baudry : « Une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente »

« C’est une ère nouvelle qui commence », s’est enthousiasmé sur la chaîne France Info l’astronaute français Patrick Baudry. On pourra enfin approcher, voire atteindre nos rêves. C’est une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente. La messe est dite, et maintenant nous allons continuer à avancer, et c’est ce dont je rêve depuis 30 ans. » 

La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral.  – Photo : NASA

Patrick Baudry a insisté sur la « grave erreur de l’Europe » de ne pas avoir misé sur les vols habités. « Cela fait 15 ans que je le répète. Cette Europe n’est pas l’Europe dont je rêvais il y a vingt ou trente ans. On a travaillé sur Hermès, qui était un véhicule spatial habité, entre 1986 et 1992. On aurait dû faire ce véhicule spatial habité européen. Tout s’est arrêté, car on a eu affaire à des politiques qui n’ont aucune vision. Où est la vision d’avenir aujourd’hui, quand on parle de l’espace européen ? Je dois avouer, à ma grande honte, que j’ai un peu perdu espoir en l’Europe. C’est bien triste », a conclu l’astronaute français.

Bruno Stanek : « SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe »

Mais l’analyse la plus pertinente est celle du Dr Bruno Stanek, ex-présentateur de la chaîne TV Suisse alémanique SRF, qui avait vu en SpaceX un pionnier, comme il s’était expliqué sur monde blog : « SpaceX a réussi à atteindre le sommet de tous les développeurs de fusées en moins d’une décennie, tandis que les anciens dirigeants, malgré tout le soutien du gouvernement, semblent n’avoir fait aucun progrès technologique au cours de la même décennie. SpaceX a démontré sa capacité à franchir les premières étapes coûteuses et a offert la perspective de lancer des fusées à coût abordable sur une base régulière. Leur technologie, qui démontre qu’un moteur de Methane-LOX sous-congelé peut atteindre l’orbite terrestre en une seule étape, devient possible. Cela rend les percées encore plus faciles : les deuxièmes étages – construits comme des orbiteurs, rendant les carénages de charge utile obsolètes – peuvent être ravitaillés en orbite terrestre et peuvent voler vers la Lune ou vers Mars avec juste plus ou moins de carburant. Choisir du méthane plutôt que du kérosène, c’est produire du CH4 à partir de CO2 et de H2O sur Mars pour le vol de retour. Construire leur propre complexe de lancement à Boca Chica (Sud du Texas) les rend indépendants des installations gouvernementales et militaires – alors que la plupart e ceux-ci lancent des fusées super lourdes. De quoi avez-vous besoin de plus ? Et ils ont d’autres idées exclusives qui ne sont pas faciles à copier. SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe. »

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Boca Chica: BOOM!
Dragon-ISS: SUCCESS!

Visualisation approximative de la taille des installations de construction Starhoppers à Boca Chica. Photo : Teslarati

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
The complete success of Crew Dragon’s launch on Saturday, May 30, 20020, and its subsequent docking with the International Space Station (ISS) completely overshadowed the failure of a prototype Starship that exploded during an ignition test in Boca Chica, Texas, on the day of Dragon’s liftoff. But SpaceX doesn’t get discouraged as much. Elon Musk’s company does not forget the objectives it has set for itself in the field of private space travel. To achieve its ambitious plans to send up to 100 passengers to the Moon and Mars, the private company relies heavily on prototypes, as it did with its Falcon launchers. And today, it even flies with astronauts. Who would have thought?

« We don’t really understand the hysteria triggered by the successful launch of the Crew Dragon capsule, » said Roscosmos spokesman Vladimir Oustimenko on Twitter when Crew Dragon Demo-2 was launched this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 pm (local time), 9:22 pm (Swiss time) from the historic launch pad 39A at Cape Canaveral. He was responding to SpaceX founder Elon Musk, who had been laughed the head of the Russian space agency Dmitri Rogozin, who had said in 2014 that American astronauts may well need a « trampoline » to reach the ISS. « The trampoline works, » Musk joked at a press conference with NASA Administrator Jim Bridenstine after the successful launch of the Crew Falcon 9 rocket, « It’s a joke between us, » the 48-year-old entrepreneur added as the two men laughed… yellow.

Les astronautes dragons Doug Hurley et Bob Behnken ont flotté dans le module Harmony de la station spatiale pour rejoindre le commandant Chris Cassidy et les ingénieurs de vol russes Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner. – Dragon astronauts Doug Hurley and Bob Behnken floated in the Space Station’s Harmony module to join Commander Chris Cassidy and Russian flight engineers Anatoly Ivanishin and Ivan Vagner. – Photo : NASA TV

According to our media colleague LCI, the successful launch of the SpaceX rocket can be seen as a blow to Russia, which until then had been the only country able to send men on the ISS since July 8, 2011 and the end of the U.S. space shuttle program. At the ever-increasing price of 80 million dollars per astronaut, the Russian space agency has taken advantage of this opportunity to fine-tune its human space budgets, well aware that the manned launch of Space is a technological feat of modern times.

NASA, the main customer and provider 

The American magazine Forbes analyzes the market with caution. During the Apollo program, sending Neil Armstrong to the moon was not only a question of technology or science, it was also about the triumph of capitalism over communism. At the time, the emergence of Russian space companies, which built solid rockets at reasonable prices, helped to revitalize the market. Meanwhile, the United States witnessed the rise of several space entrepreneurs with ambitions to build rockets. It is in this context that Elon Musk founded SpaceX in 2003. He was helped by money from the sale of Zip2, his first company, which brought him $307 million, and PayPal for $1.5 billion. Another milestone in the space industry came in 2004, when SpaceShipOne, a spacecraft created by aerospace engineer Burt Rutan and his company Scaled Composites, successfully undertook two suborbital flights. SpaceX immediately jumped at the opportunity and in 2006 won a contract with NASA, which enabled it to obtain $278 million to develop its Falcon 9 launcher (since successfully launched in 2010).

Affordable space

In 2008, Musk’s company also signed a separate $1.6 billion contract with NASA to send cargo to the ISS, a mission that begins in 2012 when the Dragon capsule becomes the first privately owned spacecraft to dock to the international space station. Subsequently, SpaceX offers new launch services to other commercial customers, such as telecommunications companies. Prices are considerably lower than those of its competitors, including Russian companies. Thanks to SpaceX and Nanoracks, space is becoming more affordable, paving the way for new commercial opportunities. In 2014, NASA is awarding new contracts for manned space flights to two companies: Boeing and SpaceX. Together, these two contracts are worth approximately $6.8 billion. However, this does not mean that NASA is not involved in the development of either company’s space vehicles, but this collaboration allows the best of government expertise to be combined with that of the private sector.

Patrick Baudry: « A perfect technical success, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket.

« It’s a new era that is beginning, » French astronaut Patrick Baudry enthused on the France Info channel. We will finally be able to approach, even reach our dreams. It’s a perfect technical achievement, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket. The mass is said, and now we will continue to move forward, and this is what I have been dreaming of for 30 years. » 

Patrick Baudry insisted on Europe’s « serious mistake » for not having opted for manned flights. « I have been saying this for 15 years. This Europe is not the Europe I dreamed of twenty or thirty years ago. We worked on Hermes, which was a manned space vehicle, between 1986 and 1992. We should have made this European manned space vehicle. Everything came to a standstill, because we were dealing with politicians who had no vision. Where is the vision of the future today, when we talk about European space? I must confess, to my great shame, that I have somewhat lost hope in Europe. It is very sad », concluded the French astronaut.

Bruno Stanek : « SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

But the most relevant analysis is that of Dr Bruno Stanek, former presenter of the Swiss German-speaking TV channel SRF, who saw SpaceX as a pioneer, as he explained on his blog
Dr. Bruno Stanek : « SpaceX has succeeded in rising to the top of all rocket developers within less than a decade, while the ancient leaders, despite all government support, seem to have made no technological progress within the same decade. SpaceX has demonstrated the ability to land the expensive first stages and offered the prospect to launch for a fraction of the cost on a regular basis. Their technology of a sub-frozen methane-LOX-engine is progressed to the point, where reaching Earth orbit on a single stage becomes feasible. This makes further breakthroughs much easier: second stages are built like orbiters, make payload fairing’s obsolete, can be refueled in Earth orbit and can fly to either the Moon or Mars with just more or less fuel. Choosing Methane instead of Kerosene let’s them produce CH4 from  CO2 and H2O on Mars for the return flight. Building their own launch complex in Boca Chica (South Texas) makes them independent from government and military facilities – and most limits launching super-heavy rockets. What do you need more? And they have additional proprietary ideas that are not easy to copy. SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

Docking took place at 10:16 a.m. EDT (1416 GMT), 4:16 p.m. Swiss time as the space station crossed the border between China and Mongolia over a distance of 262 miles.

Touch-me ! L’ère des « geeks » astronautes a décollé

[Courrendlin, Switzerland, May 30, 2020, rke]
La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Bob Behnken et Doug Hurley disposent à l’intérieur de leur capsule d’écrans tactiles. L’ère des « geeks » astronautes, autrement dit des férus d’informatique de l’espace, a commencé. Touch go ! – Photo du haut :  NASA TV

Bob Behnken et Doug Hurley, les deux astronautes à bord, sont en effet les premiers à réellement piloter dans l’espace grâce à quatre écrans tactiles (trois alignés et un au-dessus). En face de leur nez, ils peuvent toucher ces affichages qui ressemblent à de grosses tablettes et ce, même avec des gants. Voilà encore une retombée spatiale qui pourra avoir une incidence sur nos propres usages. Je m’imagine déjà entrain de tapoter une telle surface dans la neige ! Bientôt aussi sur nos smartphones ?

A hole (see circle) formed around the clouds on New Smyrna Beach to let the rocket pass 30 miles from Cape Canaveral. Sign of destiny? No, I’m kidding ! – Un trou (voir le cercle) s’est formé autour des nuages sur New Smyrna Beach pour laisser passer la fusée à 30 miles de Cap Canaveral. Signe du destin ? Mais non, je plaisante !
Photo taken by our correspondent- Photo de notre correspondante en Floride : Cindy Lewis

Évidemment, en innovant SpaceX a voulu se démarquer de la concurrence pour valoriser ses atouts. Surtout, ne pas faire comme les autres… et ça marche ! Enfin, ça vole. Il y a cinq ans, les deux astronautes américains se sont déjà accoutumés au pilotage de ce nouveau vaisseau. Norm Knight, directeur adjoint des opérations aériennes du Johnson Space Center de la NASA, a récemment  fait part, lors d’une conférence de presse du 25 mai 2020, de certaines inquiétudes quant à la possibilité de rendre les commandes de la Crew Dragon entièrement tactiles. « Les gens se sont demandé : « comment cela va-t-il fonctionner ? Comment pouvez-vous contrôler le véhicule avec ces choses ? Vont-elles être fiables ? Mais il y a eu beaucoup de tests et d’évaluations qui ont porté sur l’ergonomie du placement de ce qui est sur les écrans la façon dont ceux-ci sont présentés à l’équipage. »

Depuis cinq ans, le système de contrôle a été minutieusement testé au cours des centaines d’heures de formation et de simulations conjointes avec l’équipage dans des situations adaptées. Compatibles au tactile, les gants ont une couche extérieure ignifuge et offrent une pressurisation avec un environnement contrôlé pour l’équipage dans des situations atypiques, telles que la dépressurisation de la cabine.

Mais naturellement, pour les situations d’urgence, l’équipage dispose de boutons manuels classiques, alignés sous les écrans, et d’une poignée centrale permettant d’éjecter la capsule durant le lancement. 

Dragon est capable de transporter jusqu’à 7 passagers – mais d’ordinaire 4 au maximum – vers et depuis l’orbite terrestre, et au-delà. Le vaisseau est équipé de 16 propulseurs Draco utilisés pour s’orienter pendant la mission (ou en cas de pépin au décollage pour s’éjecter de la fusée), y compris les manœuvres d’apogée/périgée, l’ajustement de l’orbite et le contrôle d’attitude. Chaque propulseur est capable de générer une force de 400 N dans le vide. Sachez encore que Dragon est le seul vaisseau actuellement en vol capable de retourner sur Terre avec des quantités importantes de fret. Depuis 2012, SpaceX et a déjà entrepris 21 visites à l’ISS (sur 22 lancements), dont 9 de rapatriement. 

New Smyrna Beach 30 miles from Cape Canaveral. The weather cleared up really well. Wednesday, May 30th, 3 hours before takeoff. Photo of our correspondent in Florida. – New Smyrna Beach à 30 miles de Cap Canaveral. La météo s’est vraiment bien dégagée. Mercredi 30 mai, 3 heures avant le décollage.
Photo taken by our correspondent- Photo de notre correspondante en Floride : Cindy Lewis

Touch-me!
The age of the
astronaut geek took off

[Courrendlin, Switz., May 30, 2020, rke] SpaceX’s Crew Dragon Demo-2 capsule finally lifted off this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 p.m. (local time), 9:22 p.m. (Swiss time) from historic launch pad 39A at Cape Canaveral. Bob Behnken and Doug Hurley have touch screens inside their capsule. The era of astronaut geeks, or space computer geeks, has begun. Touch me! Top photo: NASA

Doug Hurley & Dob Behnken two hours before launch. – Photo: NASA TV

Bob Behnken and Doug Hurley, the two astronauts on board, are indeed the first to really fly in space thanks to four touch screens (three aligned and one above). In front of their noses, they can touch these displays, which look like big shelves, even with gloves on. This is yet another spatial spin-off that may affect our own uses. I can already imagine myself tapping such a surface in the snow! Soon on our smartphones as well?

Photo : NASA TV

Of course, by innovating, SpaceX wanted to stand out from the competition to enhance its assets. Above all, do not do like the others … and it works! Finally, it flies. Five years ago, the two American astronauts have already become accustomed to flying this new ship. Norm Knight, Deputy Director of Flight Operations at NASA’s Johnson Space Center, recently expressed concern at a May 25, 2020, press conference about the possibility of making the Crew Dragon’s controls fully tactile. « People asked, ‘How is this going to work? How can you control the vehicle with these things? Are they going to be reliable? But there has been a lot of testing and evaluation that has focused on the ergonomics of how the things are placed on the screens and how they are presented to the crew. »

Astronaut cat of NASA. – Photo : NASA

Over the past five years, the control system has been thoroughly tested through hundreds of hours of training and joint simulations with the crew in appropriate situations. Tactile compatible, the gloves have a flame-retardant outer layer and provide a controlled environment for crew pressurization in atypical situations, such as cabin depressurization.

But of course, for emergency situations, the crew has conventional manual buttons aligned under the screens and a central handle to eject the capsule during launch. 

Dragon is capable of carrying up to 7 passengers – but usually no more than 4 – to and from Earth orbit and beyond. The spacecraft is equipped with 16 Draco thrusters used to orient the spacecraft during the mission (or if there’s a glitch at takeoff to eject from the rocket), including apogee/perigee maneuvers, orbit adjustment and attitude control. Each Draco thruster is capable of generating 90 pounds of force in the vacuum of space.

It should also be noted that Dragon is the only ship currently in flight capable of returning to Earth with significant amounts of cargo. Since 2012, SpaceX and has already undertaken 21 visits to the ISS (out of 22 launches). 

Ce samedi 30 mai (21h35), Dragon devrait quand même passer sur la Suisse… au crépuscule des dieux

[Courrendlin, Switzerland, May 29, 2020, rke]
Vous avez été nombreux à intervenir sur ma dernière news dont le titre est : « Dragon ne passera plus au-dessus de la Suisse, mais sur les Pyrénées. » En fait, j’aurais dû dire : « Dragon ne sera pas visible au-dessus de la Suisse de nuit, mais le sera sur les Pyrénées. » C’est vrai, je n’étais pas sur la bonne orbite…
Photo ci-dessus : Spot the Station on Friday May 29, 2020.

Claude Nicollier, notre astronaute national 4 étoiles – je veux rappeler par là qu’il a réalisé 4 missions dans l’espace, dont une (un peu comme opticien) pour réparer la myopie du télescope Hubble (décembre 1999) – a laissé un commentaire très précis sur ma précédente News. 

Claude Nicollier :
« En fait, samedi soir, l’ISS et le Crew Dragon (s’il est lancé) passeront au-dessus du nord de la Suisse, exactement comme l’ISS l’a fait le soir du 27 mai (sans Crew Dragon), mais, comme le lancement du Crew Dragon aura lieu environ 1h11min plus tôt (21h22 le 30 mai contre 22h33 le 27 mai), l’ISS se lèvera vers 21h35 en direction du nord-ouest de la Suisse, seulement 17 minutes environ après le coucher du soleil à l’horizon astronomique, suivi de Crew Dragon sur la même trajectoire vers 21h45 (si elle est lancée). Le ciel sera tout simplement trop lumineux pour voir l’ISS ou le Crew Dragon. Le passage au-dessus des Pyrénées mentionnées dans l’article sera une orbite complète plus tard ! »

Souvenirs, souvenirs. En 1992, confiné sur orbite, avec le masque !
Pionnier – August 7, 1992. STS-46 European Space Agency (ESA) Mission Specialist (MS) Claude Nicollier, wearing goggles, face mask, and rubber gloves, reviews inflight maintenance (IFM) checklist procedures before starting waste collection system (WCS) fan separator repair. One of two fan separators used to transfer waste water from the waste management compartment (WMC) to the waste water tank has failed. The suspected accumulation of water in the separator was believed to have occurred during a test dumping of waste water at a lower than normal pressure to evaluate the performance of new nozzles. The WMC is located on the middeck of Atlantis, Orbiter Vehicle (OV) 104. – Photo : NASA

Précurseur ! En 1992, lors de son premier vols dans l’espace, le spécialiste de mission (MS) de l’Agence spatiale européenne (ESA) Claude Nicollier, portant des lunettes de protection, un masque facial et des gants en caoutchouc, passe en revue les procédures de la liste de contrôle de l’entretien en vol (IFM) avant de commencer la réparation du séparateur du ventilateur du système de collecte des déchets (WCS). L’un des deux séparateurs de ventilateur utilisés pour transférer les eaux usées du compartiment de gestion des déchets (WMC) vers le réservoir d’eaux usées est tombé en panne. L’accumulation suspecte d’eau dans le séparateur aurait eu lieu lors d’un essai de déversement d’eaux usées à une pression inférieure à la normale pour évaluer les performances de nouvelles buses. Le WMC est situé sur le pont intermédiaire de la navette spatiale Atlantis (OV) 104. – Photo : NASA

La station en vue
Comme la station spatiale (dont le premier « bout » a été mis sur obite en 1998) gravite autour de la Terre à 420 km à son apogée en 1,5 heure, cet ensemble issu de différents pays (NASA, Roscosmos, ESA, Jaxa et ASC) survole la Terre 16 fois par jour. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un lien du site où il est possible de suivre la trajectoire de la station et… plus tard, de sa capsule Dragon qui y sera accroché.

  • Le site pour suivre l’ISS et Drag (lorsque la capsule y sera accrochée) : cliquez ici – click here
  • Website to follow the ISS and Dragon (when the capsule will be attached to it)

Saturday, Dragon should still pass over Switzerland… at the twilight of the gods

The ISS. – Photo : NASA

[Courrendlin, Switzerland, May 29, 2020, rke]
Many of you have spoken on my last news item, the title of which is: « Dragon will no longer fly over Switzerland, but over the Pyrenees. « In fact, I should have said: « Dragon won’t be visible over Switzerland at night, but will be visible over the Pyrenees.  » That’s right. I was actually in the wrong orbit.

Space Station Facts – the various modules : 240 individuals from 19 countries have visited the International Space Station. In 24 hours, the space station makes 16 orbits of Earth, traveling through 16 sunrises and sunsets

Claude Nicollier, our 4-star national astronaut – I want to remind you that he has carried out 4 missions in space, including one (a bit like an optician) to repair the myopia of the Hubble telescope (December 1999) – left a very precise comment on my previous news.
Claude Nicollier:
« In fact, on Saturday evening, ISS and the Crew Dragon (if launched) will come over northern Switzerland, exactly like ISS did the evening of May 27 (without Crew Dragon following it), but, as the Crew Dragon launch will be about 1h11min earlier (21h22 on May 30 vs. 22h33 May 27), ISS will rise at about 21h35 in the north-west direction from Switzerland, only about 17 minutes after sunset at the astronomical horizon, followed by Crew Dragon on the same track at around 21h45 (if launched). The sky will be simply too bright to see either ISS or the Crew Dragon. The pass over the Pyrenees mentioned in the article will be one full orbit later! »

The station in sight
Since the space station (the first « tip » of which was put on obite in 1998) orbits the Earth at 420 km at its apogee in 1.5 hours, this ensemble from different countries (NASA, Roscosmos, ESA, Jaxa and CSA) flies over the Earth 16 times a day. To help you see more clearly, here is a link to the site where it is possible to follow the trajectory of the station and… later, of its Dragon capsule that will be attached to it.

Dragon ne passera plus au-dessus de la Suisse, mais sur les Pyrénées !

[Courrendlin, Switz., May 28, 2020, rke. English below] – Le lancement de Crew Dragon NASA/SpaceX Falcon 9 Demo-2 qui a été reporté jeudi 27 en raison de la météo est remis à l’ordre du jour ce samedi 30 mai à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) de Cap Canaveral. Mais les révisionnistes du 45e Weather Squadron ont publié des prévisions un peu plus pessimistes pour ce décollage et celui de dimanche, avec seulement 40% de chances de décollage. C’est déjà ça ! Photo du haut : NASA

Trajectoire de Crew Dragon Demo-2 le 27 mai 2020. – Photo NASA

Ah, zut ! On a loupé le passage de Dragon habité Demo-2 sur le nord de la Suisse, particulièrement au-dessus de la ville de Bâle. Comme le montre le graphique ci-contre, on aurait droit samedi soir vers 23h50 à un beau spectacle de l’avancée de la fusée dans le ciel très limpide ce soir-là. Cette carte illustre la trajectoire au sol de la fusée Crew Dragon et Falcon 9 qui se dirige vers le nord-est du Centre spatial Kennedy en Floride. La zone rouge – appelée zone d’exclusion pour l’interruption de vol – dans l’océan Atlantique Nord est une région où les équipes de contrôle veulent éviter un arrêt de vol en raison de la température de l’eau froide et de la mer agitée.

Hélas pour nous Suisses, question de trajectoire, l’équipage ne passera donc plus au nord de la Suisse, comme vous le voyez sur l’autre graphique au-dessus des Pyrénées, mais entre la France et l’Espagne. Les observateurs situés plus au sud de l’hexagone auront vraisemblablement de meilleures conditions d’observations. À Bordeaux, par exemple, il devrait être possible de voir la capsule culminer plus haut dans le ciel, par rapport à Paris : cliquez ici

Trajectoire de Falcon 9 Dragon Demo-2 le 30 mai. Photo : Heavens-Above

Pour SpaceX, le vol prévu ce samedi s’annonce décisif. Après dix années de préparation aux vols habités, la réussite de cette mission est importante à plusieurs égards. Musk a l’occasion de démontrer sa capacité à transporter des équipages dans l’espace. Si le vol est un succès, il permettra aux États-Unis de retrouver un accès autonome à la Station spatiale internationale (ISS), car, depuis le 8 juillet 2011, le pays s’en remet à la Russie et son vaisseau Soyouz. Ce sera le cas encore un moment, puisqu’il faudra attendre le vol habité de Starliner CST-100 avec que la NASA décide de se passer des Russes. Et ce n’est pas pour de si tôt, car Boeing devra encore réaliser un vol d’essai suite au semi-échec du récent vol : cliquez ici

Dragon will no longer pass over Switzerland, but over the Pyrenees!

The Falcon 9 rocket and Crew Dragon (top) on historic Launch Pad 39A. – Photo : NASA/SpaceX

[Courrendlin, Switzerland, May 27, 2020, rke] – The launch of the Crew Dragon NASA/SpaceX Falcon 9 Demo-2 that was postponed on Thursday 27 due to weather is back on the agenda this Saturday, May 30 at 15:22 (local), 21:22 (Swiss) from Cape Canaveral. But the revisionists of the 45th Weather Squadron have issued a slightly more pessimistic forecast for this take-off and Sunday’s, with only a 40% chance of take-off. That’s something to look forward to!

Ah, damn it! We missed the Dragon inhabited Demo-2 over northern Switzerland, especially over the city of Basel. As shown in the graph opposite, we would have been treated to a beautiful spectacle of the rocket’s advance in the very clear sky that evening around 11:50 p.m. on Saturday evening.
This map illustrates the ground track for the Crew Dragon and Falcon 9 rocket heading northeast from the Kennedy Space Center in Florida. The red zone — called the Downrange Abort Exclusion Zone — in the North Atlantic Ocean is a region where the control teams want to avoid an abort due to cold water temperatures and rough seas.

Unfortunately for us Swiss, it is a question of trajectories, so the crew will no longer be passing north of Switzerland, as you can see on the other graph over the Pyrenees, but between France and Spain. The observers located further south of the hexagon will probably have better observation conditions. In Bordeaux, for example, it should be possible to see the capsule culminating higher in the sky, compared to Paris : click here

For SpaceX, this Saturday’s flight promises to be decisive. After ten years of preparation for manned flights, the success of this mission is important in several respects. Musk has the opportunity to demonstrate its ability to transport crews into space. If the flight is a success, it will allow the United States to regain autonomous access to the International Space Station (ISS), as, as of July 8, 2011, the United States is relying on Russia and its Soyuz spacecraft. This will be the case for a while yet, since it will be necessary to wait for the manned flight of Starliner CST-100 before NASA decides to dispense with the Russians. And it’s not for so soon, because Boeing will still have to make a test flight following the semi-failure of the recent flight: click here.

Confiné en Suisse, je loupe (un peu) le décollage de NASA/SpaceX Dragon demo-2

[Courrendlin, Switzerland, May 26, 2020, rke. English below]
Et voilà ! Pour la 2e fois, je suis confiné spatialement vôtre dans le petit village suisse de Courrendlin, dans le canton du Jura. La première, lors du 50e anniversaire d’Apollo 13, le 13 avril – où je devais me rendre à Houston – puis maintenant pour cette mission Dragon Demo-2, pour la première fois habitée.
Photo du Haut : NASA

C’était le précédent vol de Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo prise le 1er mars 2019 lorsque j’ai posé mon appareil à photo à distance. That was the previous flight of Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo taken on March 1, 2019 when I set my remote camera on PAD 39A. – Photo : rke

Coronavirus oblige, pas de blog des USA. La NASA/SpaceX aurait bien accepté ma demande d’accréditation, mais c’est l’univers Trump qui m’interdit de venir sur place. Toutefois, j’ai eu la chance d’assister au lancement (sur le pas de tir pour poser mes appareils), soit le plus près possible (5 km minimum) du premier Dragon Demo-1, le 2 mars 2019. Naturellement, c’était un vol à vide, mais il y avait du matériel et un mannequin à bord. La mission était exactement la même que celle qui doit avoir lieu ce 27 mai avec Bob Behnken et Dough Herley. Dans un sens, je peux consoler, car le centre spatial Kennedy Space Center KSC des visiteurs est fermé. Il rouvrira ce jeudi 28 mai 2020 sous les conditions des mesures barrières habituelles , après le décollage. 

De plus, les journalistes étrangers ne sont cette fois plus acceptés. Seuls quelques reporters triés sur le volet peuvent se rendre sur le pas de tir pour y déposer leurs appareils à photos à distance. 

My selfie on PAD 39Ataken on March 1, 2019.

En deux mots, ce mercredi 27 mai, ce premier vol habité est réalisé pour la première fois en direction de la Station spatiale internationale (ISS). C’est aussi le premier vol habité américain depuis le retrait de la navette spatiale le 8 juillet 2011. Et cette mission ouverture d’une nouvelle ère du transport spatial qui va faciliter la colonisation de l’orbite basse. Le lancement est prévu ce mercredi 27 mai à 22h33 heure suisse (16h33, locale) du pas historique LC-39A des vols Apollo et des navettes spatiales. Tous les feux sont au vert sauf une petite crainte pour la météo (très changeante), vents, pluies. Si le décollage n’est pas possible ce mercredi, une autre fenêtre est prévue samedi à 21h22 (suisse), puis dimanche à 21h (suisse).

J’en profite pour vous rendre (bulletins infos) sur le site de notre radio supra-régionale RFJ-RTN-RJB pour une interview vivante (et pas virtuelle) me concernant sur cette mission, au micro de Jean-Michel Probst. Les sons seront en ligne un jour après le décollage.

Enclosed in a « space home » in Switzerland, I miss (mildly) the takeoff of NASA/SpaceX Dragon demo-2 at KSC

[Courrendlin, Switzerland, May 26, 2020, rke] – Here we go! For the second time, I am spatially confined to the small Swiss village of Courrendlin, in the canton of Jura. The first, on the 50th anniversary of Apollo 13, April 13 – where I was to fly to Houston – and now for this Dragon Demo-2 mission, for the first time inhabited.

That was the previous flight of Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo taken on March 1, 2019 when I set my remote camera on PAD 39A. – Photo : rke

Coronavirus forces, no blog from the USA. NASA/SpaceX would have accepted my request for accreditation, but it’s the Trump universe that forbids me to come on site. However, I had the chance to attend the launch (on the launch pad to land my devices), as close as possible (3 miles minimum) to the first Dragon Demo-1, on March 2, 2019. Of course, it was a dry flight, but there were equipment and a dummy on board. The mission was exactly the same as the one scheduled for May 27th with Bob Behnken and Dough Herley. 

In a way, I can take comfort in the fact that the KSC Visitor Space Center is closed. It will reopen this Thursday, May 28, 2020, under the usual barrier conditions, after liftoff. Moreover, foreign journalists are no longer accepted this time. Only a few hand-picked reporters are allowed to go to the shooting range to drop off their cameras remotely. 

In a nutshell, this Wednesday, May 27, this first manned flight is being made for the first time towards the International Space Station (ISS). It is also the first U.S. manned flight since the space shuttle was launched on July 8, 2011. And this mission opens a new era of space transportation that will facilitate the colonization of low orbit. The launch is scheduled for Wednesday, May 27 at 22:33 Swiss time (16:33 local time) of the historic LC-39A step of the Apollo flights and space shuttles. All the lights are green except for a small fear for the weather (very variable), winds, rain. If take-off is not possible this Wednesday, another window is scheduled for Saturday at 21:22 (Switzerland), then Sunday at 21:00 (Switzerland).

Souvenirs, souvenirs. My camera Canon 60 D on my tripod on PAD 39 A. Those were the good old days. – Photo : rke

I take this opportunity to go (news updates) to the website of our sub-regional broadcaster RFJ-RTN-RJB for a lively (and not virtual) interview about this mission, at the microphone of Jean-Michel Probst. The sounds will be online one day after take-off.

Blog journalistique de Roland J.Keller – On-Site Reports With Swiss Feeling