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Boca Chica : boum ! Dragon-ISS : succès !

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
Le succès total du lancement de Crew Dragon samedi 30 mai 20020, puis son accostage à la Station spatiale internationale (ISS) complètement éclipsé l’échec d’un prototype de Starship qui a explosé lors d’un test d’allumage à Boca Chica (Texas), le jour du décollage de Dragon. Mais SpaceX ne s’en décourage pas tout autant. L’entreprise d’Elon Musk n’en oublie pas les objectifs qu’elle s’est fixée dans le domaine des voyages spatiaux privés. Pour réaliser ses projets ambitieux d’envoyer jusqu’à 100 passagers sur la Lune et sur Mars, l’entreprise privée a beaucoup recours aux prototypes, comme elle l’avait avec ses lanceurs Falcon. Et aujourd’hui, ça vole même avec des astronautes. Qui l’aurait cru ?
Image du haut : Massive explosion of a SpaceX Starship Prototype (SN4) at Boca Chica Texas, USA Youtube

Belle image où l’on devine l’un des 16 petits moteurs Super Draco de Dragon à l’allumage (en bas à gauche). lors de l’arrivée à la Station spatiale internationale (ISS).
L’amarrage a eu lieu à 10h16 EDT (1416 GMT), 16h16 suisse alors que la station spatiale survolait la frontière entre la Chine et la Mongolie sur une distance de 262 miles (421 km).
Photo : NASA TV

« Nous ne comprenons pas vraiment l’hystérie déclenchée par le lancement réussi de la capsule Crew Dragon », a déclaré sur Twitter, le porte-parole de Roscosmos Vladimir Oustimenko, lorsque Crew Dragon Demo-2 a été lancé ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Il répondait à Elon Musk Elon Musk, le fondateur de SpaceX, qui a chambré le chef de l’agence spatiale russe Dmitri Rogozin, qui avait affirmé en 2014 que les astronautes américains pourraient bien avoir besoin d’un « trampoline » pour rejoindre l’ISS. « Le trampoline fonctionne », a plaisanté alors Elon Musk lors d’une conférence de presse au côté de l’administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, après le décollage réussi de la fusée Crew Falcon 9. « C’est une blague entre nous », a ajouté l’entrepreneur de 48 ans alors que les deux hommes s’étaient mis à rire… jaune.

Selon notre confrère média LCI, le lancement réussi de la fusée de SpaceX peut être considéré comme un coup dur pour la Russie qui était jusqu’alors le seul pays à pouvoir envoyer des hommes sur l’ISS depuis le 8 juillet 2011 et l’arrêt du programme de navettes spatiales américaines. Au prix toujours plus élevé de 80 millions de dollars, la place par astronaute, l’agence spatiale russe a profité de cette manne pour peaufiner ses budgets spatiaux humains, bien consciente que le lancement habité de Space est une prouesse technologique des temps modernes.

La NASA, principal client et pourvoyeur 

Le magazine américain Forbes analyse le marché avec circonspection. Au cours du programme Apollo, envoyer Neil Armstrong sur la Lune n’était pas seulement une question de technologie ou de science, il en allait également du triomphe du capitalisme sur le communisme. À l’époque, l’émergence de compagnies spatiales russes, qui construisaient des fusées solides pour des prix raisonnables, a permis de redynamiser le marché. Pendant ce temps, les États-Unis assistent à l’ascension de plusieurs entrepreneurs du secteur spatial, qui ambitionnent de fabriquer des fusées. C’est dans ce contexte qu’Elon Musk fonde SpaceX en 2003. Il est pour cela aidé de l’argent provenant de la vente de Zip2, sa première société, qui lui a rapporté 307 millions de dollars, et de PayPal pour 1,5 milliard de dollars. Le secteur spatial a franchi une autre étape importante en 2004, lorsque SpaceShipOne, un vaisseau spatial créé par l’ingénieur aérospatial Burt Rutan et sa société Scaled Composites, entreprenant avec succès deux vols suborbitaux. SpaceX saute immédiatement sur l’occasion et remporte en 2006 un contrat avec la NASA, qui lui permet d’obtenir 278 millions de dollars pour développer son lanceur Falcon 9 (depuis lancé avec succès en 2010).

L’espace abordable

En 2008, l’entreprise d’Elon Musk signe par ailleurs un contrat distinct de 1,6 milliard de dollars avec la NASA afin d’envoyer des cargaisons à l’ISS, une mission amorcée en 2012 quand la capsule Dragon devient le premier vaisseau spatial privé à s’amarrer à la station spatiale internationale. Par la suite, SpaceX offre de nouveaux services de lancement à d’autres clients commerciaux, comme des entreprises de télécommunications. Les prix sont considérablement plus bas que ceux de ses concurrents, y compris les entreprises russes. Grâce à SpaceX et Nanoracks, l’espace devient plus abordable, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités commerciales. En 2014, la NASA attribue ainsi de nouveaux contrats pour des vols spatiaux avec équipage à deux entreprises : Boeing et SpaceX. Ensemble, ces deux contrats représentent une valeur d’environ 6,8 milliards de dollars. Toutefois, cela ne veut pas dire que la NASA n’intervient pas dans le développement des véhicules spatiaux de l’une ou l’autre société, mais cette collaboration permet d’associer le meilleur de l’expertise gouvernementale avec celle du secteur privé.

Patrick Baudry : « Une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente »

« C’est une ère nouvelle qui commence », s’est enthousiasmé sur la chaîne France Info l’astronaute français Patrick Baudry. On pourra enfin approcher, voire atteindre nos rêves. C’est une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente. La messe est dite, et maintenant nous allons continuer à avancer, et c’est ce dont je rêve depuis 30 ans. » 

La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral.  – Photo : NASA

Patrick Baudry a insisté sur la « grave erreur de l’Europe » de ne pas avoir misé sur les vols habités. « Cela fait 15 ans que je le répète. Cette Europe n’est pas l’Europe dont je rêvais il y a vingt ou trente ans. On a travaillé sur Hermès, qui était un véhicule spatial habité, entre 1986 et 1992. On aurait dû faire ce véhicule spatial habité européen. Tout s’est arrêté, car on a eu affaire à des politiques qui n’ont aucune vision. Où est la vision d’avenir aujourd’hui, quand on parle de l’espace européen ? Je dois avouer, à ma grande honte, que j’ai un peu perdu espoir en l’Europe. C’est bien triste », a conclu l’astronaute français.

Bruno Stanek : « SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe »

Mais l’analyse la plus pertinente est celle du Dr Bruno Stanek, ex-présentateur de la chaîne TV Suisse alémanique SRF, qui avait vu en SpaceX un pionnier, comme il s’était expliqué sur monde blog : « SpaceX a réussi à atteindre le sommet de tous les développeurs de fusées en moins d’une décennie, tandis que les anciens dirigeants, malgré tout le soutien du gouvernement, semblent n’avoir fait aucun progrès technologique au cours de la même décennie. SpaceX a démontré sa capacité à franchir les premières étapes coûteuses et a offert la perspective de lancer des fusées à coût abordable sur une base régulière. Leur technologie, qui démontre qu’un moteur de Methane-LOX sous-congelé peut atteindre l’orbite terrestre en une seule étape, devient possible. Cela rend les percées encore plus faciles : les deuxièmes étages – construits comme des orbiteurs, rendant les carénages de charge utile obsolètes – peuvent être ravitaillés en orbite terrestre et peuvent voler vers la Lune ou vers Mars avec juste plus ou moins de carburant. Choisir du méthane plutôt que du kérosène, c’est produire du CH4 à partir de CO2 et de H2O sur Mars pour le vol de retour. Construire leur propre complexe de lancement à Boca Chica (Sud du Texas) les rend indépendants des installations gouvernementales et militaires – alors que la plupart e ceux-ci lancent des fusées super lourdes. De quoi avez-vous besoin de plus ? Et ils ont d’autres idées exclusives qui ne sont pas faciles à copier. SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe. »

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Boca Chica: BOOM!
Dragon-ISS: SUCCESS!

Visualisation approximative de la taille des installations de construction Starhoppers à Boca Chica. Photo : Teslarati

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
The complete success of Crew Dragon’s launch on Saturday, May 30, 20020, and its subsequent docking with the International Space Station (ISS) completely overshadowed the failure of a prototype Starship that exploded during an ignition test in Boca Chica, Texas, on the day of Dragon’s liftoff. But SpaceX doesn’t get discouraged as much. Elon Musk’s company does not forget the objectives it has set for itself in the field of private space travel. To achieve its ambitious plans to send up to 100 passengers to the Moon and Mars, the private company relies heavily on prototypes, as it did with its Falcon launchers. And today, it even flies with astronauts. Who would have thought?

« We don’t really understand the hysteria triggered by the successful launch of the Crew Dragon capsule, » said Roscosmos spokesman Vladimir Oustimenko on Twitter when Crew Dragon Demo-2 was launched this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 pm (local time), 9:22 pm (Swiss time) from the historic launch pad 39A at Cape Canaveral. He was responding to SpaceX founder Elon Musk, who had been laughed the head of the Russian space agency Dmitri Rogozin, who had said in 2014 that American astronauts may well need a « trampoline » to reach the ISS. « The trampoline works, » Musk joked at a press conference with NASA Administrator Jim Bridenstine after the successful launch of the Crew Falcon 9 rocket, « It’s a joke between us, » the 48-year-old entrepreneur added as the two men laughed… yellow.

Les astronautes dragons Doug Hurley et Bob Behnken ont flotté dans le module Harmony de la station spatiale pour rejoindre le commandant Chris Cassidy et les ingénieurs de vol russes Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner. – Dragon astronauts Doug Hurley and Bob Behnken floated in the Space Station’s Harmony module to join Commander Chris Cassidy and Russian flight engineers Anatoly Ivanishin and Ivan Vagner. – Photo : NASA TV

According to our media colleague LCI, the successful launch of the SpaceX rocket can be seen as a blow to Russia, which until then had been the only country able to send men on the ISS since July 8, 2011 and the end of the U.S. space shuttle program. At the ever-increasing price of 80 million dollars per astronaut, the Russian space agency has taken advantage of this opportunity to fine-tune its human space budgets, well aware that the manned launch of Space is a technological feat of modern times.

NASA, the main customer and provider 

The American magazine Forbes analyzes the market with caution. During the Apollo program, sending Neil Armstrong to the moon was not only a question of technology or science, it was also about the triumph of capitalism over communism. At the time, the emergence of Russian space companies, which built solid rockets at reasonable prices, helped to revitalize the market. Meanwhile, the United States witnessed the rise of several space entrepreneurs with ambitions to build rockets. It is in this context that Elon Musk founded SpaceX in 2003. He was helped by money from the sale of Zip2, his first company, which brought him $307 million, and PayPal for $1.5 billion. Another milestone in the space industry came in 2004, when SpaceShipOne, a spacecraft created by aerospace engineer Burt Rutan and his company Scaled Composites, successfully undertook two suborbital flights. SpaceX immediately jumped at the opportunity and in 2006 won a contract with NASA, which enabled it to obtain $278 million to develop its Falcon 9 launcher (since successfully launched in 2010).

Affordable space

In 2008, Musk’s company also signed a separate $1.6 billion contract with NASA to send cargo to the ISS, a mission that begins in 2012 when the Dragon capsule becomes the first privately owned spacecraft to dock to the international space station. Subsequently, SpaceX offers new launch services to other commercial customers, such as telecommunications companies. Prices are considerably lower than those of its competitors, including Russian companies. Thanks to SpaceX and Nanoracks, space is becoming more affordable, paving the way for new commercial opportunities. In 2014, NASA is awarding new contracts for manned space flights to two companies: Boeing and SpaceX. Together, these two contracts are worth approximately $6.8 billion. However, this does not mean that NASA is not involved in the development of either company’s space vehicles, but this collaboration allows the best of government expertise to be combined with that of the private sector.

Patrick Baudry: « A perfect technical success, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket.

« It’s a new era that is beginning, » French astronaut Patrick Baudry enthused on the France Info channel. We will finally be able to approach, even reach our dreams. It’s a perfect technical achievement, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket. The mass is said, and now we will continue to move forward, and this is what I have been dreaming of for 30 years. » 

Patrick Baudry insisted on Europe’s « serious mistake » for not having opted for manned flights. « I have been saying this for 15 years. This Europe is not the Europe I dreamed of twenty or thirty years ago. We worked on Hermes, which was a manned space vehicle, between 1986 and 1992. We should have made this European manned space vehicle. Everything came to a standstill, because we were dealing with politicians who had no vision. Where is the vision of the future today, when we talk about European space? I must confess, to my great shame, that I have somewhat lost hope in Europe. It is very sad », concluded the French astronaut.

Bruno Stanek : « SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

But the most relevant analysis is that of Dr Bruno Stanek, former presenter of the Swiss German-speaking TV channel SRF, who saw SpaceX as a pioneer, as he explained on his blog
Dr. Bruno Stanek : « SpaceX has succeeded in rising to the top of all rocket developers within less than a decade, while the ancient leaders, despite all government support, seem to have made no technological progress within the same decade. SpaceX has demonstrated the ability to land the expensive first stages and offered the prospect to launch for a fraction of the cost on a regular basis. Their technology of a sub-frozen methane-LOX-engine is progressed to the point, where reaching Earth orbit on a single stage becomes feasible. This makes further breakthroughs much easier: second stages are built like orbiters, make payload fairing’s obsolete, can be refueled in Earth orbit and can fly to either the Moon or Mars with just more or less fuel. Choosing Methane instead of Kerosene let’s them produce CH4 from  CO2 and H2O on Mars for the return flight. Building their own launch complex in Boca Chica (South Texas) makes them independent from government and military facilities – and most limits launching super-heavy rockets. What do you need more? And they have additional proprietary ideas that are not easy to copy. SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

Docking took place at 10:16 a.m. EDT (1416 GMT), 4:16 p.m. Swiss time as the space station crossed the border between China and Mongolia over a distance of 262 miles.

Touch-me ! L’ère des « geeks » astronautes a décollé

[Courrendlin, Switzerland, May 30, 2020, rke]
La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Bob Behnken et Doug Hurley disposent à l’intérieur de leur capsule d’écrans tactiles. L’ère des « geeks » astronautes, autrement dit des férus d’informatique de l’espace, a commencé. Touch go ! – Photo du haut :  NASA TV

Bob Behnken et Doug Hurley, les deux astronautes à bord, sont en effet les premiers à réellement piloter dans l’espace grâce à quatre écrans tactiles (trois alignés et un au-dessus). En face de leur nez, ils peuvent toucher ces affichages qui ressemblent à de grosses tablettes et ce, même avec des gants. Voilà encore une retombée spatiale qui pourra avoir une incidence sur nos propres usages. Je m’imagine déjà entrain de tapoter une telle surface dans la neige ! Bientôt aussi sur nos smartphones ?

A hole (see circle) formed around the clouds on New Smyrna Beach to let the rocket pass 30 miles from Cape Canaveral. Sign of destiny? No, I’m kidding ! – Un trou (voir le cercle) s’est formé autour des nuages sur New Smyrna Beach pour laisser passer la fusée à 30 miles de Cap Canaveral. Signe du destin ? Mais non, je plaisante !
Photo taken by our correspondent- Photo de notre correspondante en Floride : Cindy Lewis

Évidemment, en innovant SpaceX a voulu se démarquer de la concurrence pour valoriser ses atouts. Surtout, ne pas faire comme les autres… et ça marche ! Enfin, ça vole. Il y a cinq ans, les deux astronautes américains se sont déjà accoutumés au pilotage de ce nouveau vaisseau. Norm Knight, directeur adjoint des opérations aériennes du Johnson Space Center de la NASA, a récemment  fait part, lors d’une conférence de presse du 25 mai 2020, de certaines inquiétudes quant à la possibilité de rendre les commandes de la Crew Dragon entièrement tactiles. « Les gens se sont demandé : « comment cela va-t-il fonctionner ? Comment pouvez-vous contrôler le véhicule avec ces choses ? Vont-elles être fiables ? Mais il y a eu beaucoup de tests et d’évaluations qui ont porté sur l’ergonomie du placement de ce qui est sur les écrans la façon dont ceux-ci sont présentés à l’équipage. »

Depuis cinq ans, le système de contrôle a été minutieusement testé au cours des centaines d’heures de formation et de simulations conjointes avec l’équipage dans des situations adaptées. Compatibles au tactile, les gants ont une couche extérieure ignifuge et offrent une pressurisation avec un environnement contrôlé pour l’équipage dans des situations atypiques, telles que la dépressurisation de la cabine.

Mais naturellement, pour les situations d’urgence, l’équipage dispose de boutons manuels classiques, alignés sous les écrans, et d’une poignée centrale permettant d’éjecter la capsule durant le lancement. 

Dragon est capable de transporter jusqu’à 7 passagers – mais d’ordinaire 4 au maximum – vers et depuis l’orbite terrestre, et au-delà. Le vaisseau est équipé de 16 propulseurs Draco utilisés pour s’orienter pendant la mission (ou en cas de pépin au décollage pour s’éjecter de la fusée), y compris les manœuvres d’apogée/périgée, l’ajustement de l’orbite et le contrôle d’attitude. Chaque propulseur est capable de générer une force de 400 N dans le vide. Sachez encore que Dragon est le seul vaisseau actuellement en vol capable de retourner sur Terre avec des quantités importantes de fret. Depuis 2012, SpaceX et a déjà entrepris 21 visites à l’ISS (sur 22 lancements), dont 9 de rapatriement. 

New Smyrna Beach 30 miles from Cape Canaveral. The weather cleared up really well. Wednesday, May 30th, 3 hours before takeoff. Photo of our correspondent in Florida. – New Smyrna Beach à 30 miles de Cap Canaveral. La météo s’est vraiment bien dégagée. Mercredi 30 mai, 3 heures avant le décollage.
Photo taken by our correspondent- Photo de notre correspondante en Floride : Cindy Lewis

Touch-me!
The age of the
astronaut geek took off

[Courrendlin, Switz., May 30, 2020, rke] SpaceX’s Crew Dragon Demo-2 capsule finally lifted off this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 p.m. (local time), 9:22 p.m. (Swiss time) from historic launch pad 39A at Cape Canaveral. Bob Behnken and Doug Hurley have touch screens inside their capsule. The era of astronaut geeks, or space computer geeks, has begun. Touch me! Top photo: NASA

Doug Hurley & Dob Behnken two hours before launch. – Photo: NASA TV

Bob Behnken and Doug Hurley, the two astronauts on board, are indeed the first to really fly in space thanks to four touch screens (three aligned and one above). In front of their noses, they can touch these displays, which look like big shelves, even with gloves on. This is yet another spatial spin-off that may affect our own uses. I can already imagine myself tapping such a surface in the snow! Soon on our smartphones as well?

Photo : NASA TV

Of course, by innovating, SpaceX wanted to stand out from the competition to enhance its assets. Above all, do not do like the others … and it works! Finally, it flies. Five years ago, the two American astronauts have already become accustomed to flying this new ship. Norm Knight, Deputy Director of Flight Operations at NASA’s Johnson Space Center, recently expressed concern at a May 25, 2020, press conference about the possibility of making the Crew Dragon’s controls fully tactile. « People asked, ‘How is this going to work? How can you control the vehicle with these things? Are they going to be reliable? But there has been a lot of testing and evaluation that has focused on the ergonomics of how the things are placed on the screens and how they are presented to the crew. »

Astronaut cat of NASA. – Photo : NASA

Over the past five years, the control system has been thoroughly tested through hundreds of hours of training and joint simulations with the crew in appropriate situations. Tactile compatible, the gloves have a flame-retardant outer layer and provide a controlled environment for crew pressurization in atypical situations, such as cabin depressurization.

But of course, for emergency situations, the crew has conventional manual buttons aligned under the screens and a central handle to eject the capsule during launch. 

Dragon is capable of carrying up to 7 passengers – but usually no more than 4 – to and from Earth orbit and beyond. The spacecraft is equipped with 16 Draco thrusters used to orient the spacecraft during the mission (or if there’s a glitch at takeoff to eject from the rocket), including apogee/perigee maneuvers, orbit adjustment and attitude control. Each Draco thruster is capable of generating 90 pounds of force in the vacuum of space.

It should also be noted that Dragon is the only ship currently in flight capable of returning to Earth with significant amounts of cargo. Since 2012, SpaceX and has already undertaken 21 visits to the ISS (out of 22 launches). 

Ce samedi 30 mai (21h35), Dragon devrait quand même passer sur la Suisse… au crépuscule des dieux

[Courrendlin, Switzerland, May 29, 2020, rke]
Vous avez été nombreux à intervenir sur ma dernière news dont le titre est : « Dragon ne passera plus au-dessus de la Suisse, mais sur les Pyrénées. » En fait, j’aurais dû dire : « Dragon ne sera pas visible au-dessus de la Suisse de nuit, mais le sera sur les Pyrénées. » C’est vrai, je n’étais pas sur la bonne orbite…
Photo ci-dessus : Spot the Station on Friday May 29, 2020.

Claude Nicollier, notre astronaute national 4 étoiles – je veux rappeler par là qu’il a réalisé 4 missions dans l’espace, dont une (un peu comme opticien) pour réparer la myopie du télescope Hubble (décembre 1999) – a laissé un commentaire très précis sur ma précédente News. 

Claude Nicollier :
« En fait, samedi soir, l’ISS et le Crew Dragon (s’il est lancé) passeront au-dessus du nord de la Suisse, exactement comme l’ISS l’a fait le soir du 27 mai (sans Crew Dragon), mais, comme le lancement du Crew Dragon aura lieu environ 1h11min plus tôt (21h22 le 30 mai contre 22h33 le 27 mai), l’ISS se lèvera vers 21h35 en direction du nord-ouest de la Suisse, seulement 17 minutes environ après le coucher du soleil à l’horizon astronomique, suivi de Crew Dragon sur la même trajectoire vers 21h45 (si elle est lancée). Le ciel sera tout simplement trop lumineux pour voir l’ISS ou le Crew Dragon. Le passage au-dessus des Pyrénées mentionnées dans l’article sera une orbite complète plus tard ! »

Souvenirs, souvenirs. En 1992, confiné sur orbite, avec le masque !
Pionnier – August 7, 1992. STS-46 European Space Agency (ESA) Mission Specialist (MS) Claude Nicollier, wearing goggles, face mask, and rubber gloves, reviews inflight maintenance (IFM) checklist procedures before starting waste collection system (WCS) fan separator repair. One of two fan separators used to transfer waste water from the waste management compartment (WMC) to the waste water tank has failed. The suspected accumulation of water in the separator was believed to have occurred during a test dumping of waste water at a lower than normal pressure to evaluate the performance of new nozzles. The WMC is located on the middeck of Atlantis, Orbiter Vehicle (OV) 104. – Photo : NASA

Précurseur ! En 1992, lors de son premier vols dans l’espace, le spécialiste de mission (MS) de l’Agence spatiale européenne (ESA) Claude Nicollier, portant des lunettes de protection, un masque facial et des gants en caoutchouc, passe en revue les procédures de la liste de contrôle de l’entretien en vol (IFM) avant de commencer la réparation du séparateur du ventilateur du système de collecte des déchets (WCS). L’un des deux séparateurs de ventilateur utilisés pour transférer les eaux usées du compartiment de gestion des déchets (WMC) vers le réservoir d’eaux usées est tombé en panne. L’accumulation suspecte d’eau dans le séparateur aurait eu lieu lors d’un essai de déversement d’eaux usées à une pression inférieure à la normale pour évaluer les performances de nouvelles buses. Le WMC est situé sur le pont intermédiaire de la navette spatiale Atlantis (OV) 104. – Photo : NASA

La station en vue
Comme la station spatiale (dont le premier « bout » a été mis sur obite en 1998) gravite autour de la Terre à 420 km à son apogée en 1,5 heure, cet ensemble issu de différents pays (NASA, Roscosmos, ESA, Jaxa et ASC) survole la Terre 16 fois par jour. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un lien du site où il est possible de suivre la trajectoire de la station et… plus tard, de sa capsule Dragon qui y sera accroché.

  • Le site pour suivre l’ISS et Drag (lorsque la capsule y sera accrochée) : cliquez ici – click here
  • Website to follow the ISS and Dragon (when the capsule will be attached to it)

Saturday, Dragon should still pass over Switzerland… at the twilight of the gods

The ISS. – Photo : NASA

[Courrendlin, Switzerland, May 29, 2020, rke]
Many of you have spoken on my last news item, the title of which is: « Dragon will no longer fly over Switzerland, but over the Pyrenees. « In fact, I should have said: « Dragon won’t be visible over Switzerland at night, but will be visible over the Pyrenees.  » That’s right. I was actually in the wrong orbit.

Space Station Facts – the various modules : 240 individuals from 19 countries have visited the International Space Station. In 24 hours, the space station makes 16 orbits of Earth, traveling through 16 sunrises and sunsets

Claude Nicollier, our 4-star national astronaut – I want to remind you that he has carried out 4 missions in space, including one (a bit like an optician) to repair the myopia of the Hubble telescope (December 1999) – left a very precise comment on my previous news.
Claude Nicollier:
« In fact, on Saturday evening, ISS and the Crew Dragon (if launched) will come over northern Switzerland, exactly like ISS did the evening of May 27 (without Crew Dragon following it), but, as the Crew Dragon launch will be about 1h11min earlier (21h22 on May 30 vs. 22h33 May 27), ISS will rise at about 21h35 in the north-west direction from Switzerland, only about 17 minutes after sunset at the astronomical horizon, followed by Crew Dragon on the same track at around 21h45 (if launched). The sky will be simply too bright to see either ISS or the Crew Dragon. The pass over the Pyrenees mentioned in the article will be one full orbit later! »

The station in sight
Since the space station (the first « tip » of which was put on obite in 1998) orbits the Earth at 420 km at its apogee in 1.5 hours, this ensemble from different countries (NASA, Roscosmos, ESA, Jaxa and CSA) flies over the Earth 16 times a day. To help you see more clearly, here is a link to the site where it is possible to follow the trajectory of the station and… later, of its Dragon capsule that will be attached to it.

2020 : l’envol, entre pélicans et fusées habitées

Back to Switzerland from Cape Canaveral.

Retour de la tour de lancement de SLS de son pas de tir SLC-39B à sa halle d’assemblage VAB. Photo prise le 19 décembre 2019 lors de son roll-in avec, en fond, le pas de tir SLC-39A de SpaceX. – Photo : rke

En ce vendredi 27 décembre 2019, me voilà enfin de au bercail. Cette année écoulée, je totalise donc 4 press-trip aux USA où j’ai pu assister à 6 lancements. Voir ma liste : cliquez ici

L’envol de pélicans, photo que j’ai prise sur la plage du Canaveral National Seashore, une aire protégée américaine située sur les bords de l’océan Atlantique, en Floride. Créée le 3 janvier 1975, elle protège 233,35 km² dans les comtés de Brevard et Volusia. Grâce au centre spatial. Sinon, il y aurait des hôtels. – Photo : rke
The Gateway will serve as orbital outpost to support human and scientific exploration of the Moon. As a command and service modulein lunar orbit, the Gateway can be evolved to support longer duration lunar missions, and exploration farther into the solar system. American companies will regularly deliver supplies like oxygen, fuel and food to the Gateway for NASA. La passerelle servira d’avant-poste orbital pour appuyer l’exploration humaine et scientifique de la Lune. En tant que module de commande et de service en orbite lunaire, la passerelle peut être modifiée pour soutenir des missions lunaires de plus longue durée et l’exploration lointaine dans le système solaire. Des entreprises livreront régulièrement à ce Gateway des fournitures telles que de l’oxygène, du carburant et de la nourriture pour le compte de la NASA. – Image de synthèse : NASA

La décennie 20 est à nos portes, une étape importante dans le domaine spatial. D’abord avec le programme Artemis de reconquête de la Lune dont le calendrier de d’y poser un homme – et une femme – fin 2024 (exigé par Trump) est difficilement tenable, mais pas impossible. Dans les coulisses du centre spatial, on y croit. C’est en tous cas l’impression que j’en ai eu ce 19 décembre 2019 lors de la conférence de presse en plein air. Le test de l’étage principal de la fusée (Space Launch System SLS) n’est pas au programme avant 2021. Avec sa hauteur de 65 mètres, la première partie de cette fusée est le plus haut étage de que la NASA ait construit depuis les Saturn V des missions Apollo. Le SLS mesure (pour sa version habitable avec la capsule habitable Orion), 98 m alors que Saturn V mesurait 111 m. Cette grosse fusée reprend les mêmes principes que l’ex. programme lunaire Ares abandonné par la présidence Obama.

Entre Soyouz et Boeing

En revanche, cela devrait bouger davantage cette année du côté des vols habités avec la reprise des lancements de Cap Canaveral. Et non plus du Kazakhstan, après huit ans d’embarquement des astronautes américains dans des Soyouz russes par l’agence Roscosmos. D’une part, Boeing est un peu dans l’expectative pour savoir si sa capsule Starliner CST-100 est à relancer à vide, suite à sa mauvaise mise en orbite pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS). Mais suite à son succès du retour sur terre – sur coussins d’air – il y a de fortes chances que United Launch Alliance (ULA) envisage quand même un lancement habité. Affaire à suivre ces prochaines semaines.
D’autre part, SpaceX doit aussi miser sur une année 2020 prudente, plutôt que trépidante, avant d’envoyer les astronautes de la NASA dans la capsule Dragon. Un autre essai, suite à celui avorté en mars 2019 (explosion), doit d’abord confirmer que l’engin spatial est sûr en cas de pépin pour qu’il puisse revenir sur Terre indépendamment de la fusée… si elle explose.

Conférence de presse en plein air peu avant la lancement de Starliner de Boeing, le 19 décembre 2019. Open-air press conference shortly before the launch of Boeing’s Starliner on 19 December 2019.
– Photo : rke

Starship : patience et rêve

Bref, l’année 2020 sera une année tremplin pour la reprise des vols habités. Mais, question de réalisme technique, stratégique et sécuritaire, je vois les missions humaines plutôt reprendre en 2021. Quoi qu’il en soit, c’est bien la décennie 20 qui promet d’être haletante avec les missions privées. D’abord SpaceX avec sa toute grosse fusée Starship de 118 m (!) de haut (ex. BFR, Big Falcon Rocket) mais qui encore besoin d’importants essais moteurs et structurels de son 1er étage (qui en comprend 2). D’ailleurs, les tests ont lieu depuis Boca Chica, au sud du Texas. Quant aux vols de touristes avec cette big fusée, je les vois plutôt vers la fin de cette décennie. Quant à la colonisation de la planète Mars, les écueils sont tellement grands, que l’objectif reste utopique. Mais, on peut rêver.

Virgin Galactic et Blue Origin

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building. Photograph taken on December 19, 2019 during its roll-in with the SpaceX SLC-39A launch pad in the background. . Photo : rke

Enfin, l’entreprise Virgin Galactic, discrète ses derniers temps, envisage des vols touristiques avec son avion parabolique aéroporté SpaceShipTwo, soit 8 personnes promises à 110 km d’altitude (mais réellement à 80 km) pour 5 minutes d’apesanteur. Donc pas de vol en orbite. Et encore Blue Origin. La société spatiale du patron d’Amazon Jeff Bezos a réalisé le mercredi 11 décembre 2019 son douzième vol d’essai de sa fusée pour touristes (18 m de haut). Le test s’est toutefois déroulé sans passager, repoussant sans doute à fin 2020 les premiers vols commerciaux, eux aussi paraboliques.

2020: take-off, between pelicans and manned rockets

On this Friday, December 27, 2019, I am finally back home in Switzerland. This past year, I’ve had 4 press-trips in the USA where I’ve been able to attend 6 launches. See my list : click here.

The flight of pelicans, a photo I took on the beach of the Canaveral National Seashore, an American protected area located on the shores of the Atlantic Ocean, in Florida. Created on January 3, 1975, it protects 233.35 km² in the counties of Brevard and Volusia. Thanks to the space center. Otherwise, there’d be hotels. – Photo: rke

The twenties are at our doorstep. It represents an important step in the space field. First with the Artemis program of reconquest of the Moon, whose schedule to land a man – and a woman – at the end of 2024 (required by Trump) is difficult to maintain, but not impossible. Behind the scenes at the space centre, people believe in it. At least that’s the impression I got on December 19, 2019 during the press conference in the open air (see photos). The test of the main stage of the rocket (Space Launch System SLS) is not scheduled before 2021. With its height of 213 feet, the first part of this rocket is the highest stage that NASA has built since the Saturn V for the Apollo missions. Let us recall that the SLS will measure (for its inhabitable version with the Orion habitable capsule), 322 feet whereas Saturn V measured 364 feet. This big rocket, which already dates from 2011, is based on the same principles as the former Ares lunar program, abandoned by the Obama presidency.

Between Soyuz and Boeing

La tour du pas de tir SLC-39B transportée par les quatre crawleurs.Regardez la grandeur de la 4×4, au milieu de l’image en bas. The tower of the SLC-39B launch pad carried by the four crawlers.look at the size of the 4×4, in the middle of the picture below. – Photo : rke

On the other hand, it should move more this year on the side of manned flights with the resumption of launches from Cape Canaveral. And no more Kazakhstan, after eight years of boarding American astronauts in Russian Soyuz by the Roscosmos agency. On the one hand, Boeing is a little expectant to know if its Starliner CST-100 capsule is to be re-launched empty, following its poor placing in orbit to reach the International Space Station (ISS). But following its successful return to earth – on air cushions – there is a good chance that the United Launch Alliance (ULA) will still consider a manned launch. To be continued in the coming weeks.
On the other hand, SpaceX must also bet on a cautious, rather than hectic, 2020 before sending NASA astronauts in the Dragon capsule. Another test, following the one aborted in March 2019 (explosion), must first confirm that the spacecraft is safe in case of a glitch so that it can return to Earth independently of the rocket… if it explodes.

Miami Airport : mon retour le 27 décembre 2019.

Starship: between being patient and dreaming

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building.
– Photo : rlke

n short, the year 2020 will be a springboard year for the resumption of human spaceflight. But, a matter of technical, strategic and security realism, I see human missions rather resume in 2021. In any case, the 1920s promise to be a breathtaking decade for private missions. First, SpaceX with its very big Starship rocket, 387 feet (!) high (e.g. BFR, Big Falcon Rocket) but which still needs important engine and structural tests of its first stage (which includes two stages). Moreover, the tests are taking place from Boca Chica, in South Texas. As for tourist flights with this big rocket, I see them rather towards the end of this decade. As for the colonization of the planet Mars, the pitfalls are so great, that the objective remains utopian. But we can dream.

Virgin Galactic & Blue Origin

Miami at night from my seat 34A in the Boeing 777 300-ER of Swiss International Airlines.
– Photo : rke
Landing at Zuriche on 28 December 2019. Duration of the flight: 8h15! From Miami to Zurich. – Photo : rke

Finally, the Virgin Galactic company, discreetly in its last days, is considering tourist flights with its parabolic airborne SpaceShipTwo, that is to say 8 people promised at an altitude of 68 miles (but really 50 miles) for 5 minutes of weightlessness. So no flight in orbit.
And again Blue Origin. The space company of Amazon boss Jeff Bezos realized on Wednesday, December 11, 2019 his twelfth test flight of his rocket for tourists (59 feet high). The test, however, took place without passengers, postponing the first commercial flights, also parabolic, until the end of 2020.

Falcon 9 : colis express japonais de télécommunication sur orbite

[Cape Canaveral, December 17, 2019, rke. English below] – Photo du haut : SpaceX a lancé sa fusée Falcon 9 avec JCSAT-18/Kacific-1 lundi 16 décembre (19h10, locale, pile à l’heure). Le lancement, le 77e pour un Falcon 9, a vu le satellite de communications commerciales s’élever sur une orbite de transfert géostationnaire (GTO). La fenêtre de lancement était d’une heure et 28 minutes.  – Photo : rke

Falcon 9 on takeoff. – Photo : rke

Mission express pour SpaceX. Je dis express, parce que les lancements sont dorénavant tellement bien rodés, que les fusées décollent au pas cadencé. Ce n’est en tous cas pas une affaire banale, même si, apparemment, les lancements se suivent et se ressemblent. D’ailleurs, le premier étage de la fusée Falcon 9 de ce vol, a déjà volé deux fois, et, ce qui extraordinaire, c’est de le voir filer dans les airs après une troisième utilisation. Ça, c’est aussi un exploit… et pas de la routine.

En deux mots, Falcon 9 a donc lancé à l’heure pile 19h10 locale ce 16 décembre (1h10 en Suisse ce 17 décembre), de Cap Canaveral, un gros satellite de télécommunication de 6,9 tonnes (15’335 pounds) qui, comme son nom l’indique, doit couvrir la région Asie-Pacifique à 36’000 km d’altitude à 150 degrés de longitude Est. 

Pour populations isolées de l’Asie Pacifique

The settings. – Photo : rke
The 4 folded feet of falcon 9. – Photo : rke

Propriété des entreprises Kacific et Sky Perfect JSAT Corp, un opérateur satellite établi basé à Tokyo, cet engin relira les populations isolées télécoms (bande Ka et Ku), dont 600 millions de personnes, mais également pour toutes sortes de services gouvernementaux : écoles hôpitaux, bureaux postaux, postes de police et casernes de pompiers. Express, cela a été aussi l’occasion pour nous reporters, en ce lundi 16 décembre. Comme SpaceX s’est complètement occupé de nous (et pas la NASA), on a eu l’occasion de poser nos caméras à distance seulement 5 heures avant le lancement, ce qui est plutôt rare. Au départ du Samuel C. Phillips Park, on a donc posé nos appareils sur le pas de tir SLC-40 de la base aérienne de l’US Air Force. Un endroit privilégié.

Falcon 9, 30 minutes avant le décollage. – Photo : rke

Et, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas été discriminés en tant que journalistes étrangers. Une heure et demie avant le décollage, on a pu se rendre, tous, avec nos voitures, sur le CCAFS ITL Causeway, pour vois le décollage. De nuit, par temps limpide, on avait une vue très limpide de la fusée. Sauf que, un peu distrait, et trop dans la Lune, je me suis laissé à rêvasser lors de la première seconde de décollage et j’ai oublié de faire clic-clac ! Mais, surpris et paniqué, je me suis rattrapé par la suite. Voilà ce que ça donne (ci-contre).

Photos on Flickr

Le pas de tir SLC-40… – Photo : rke
Difficile de régler les appareils,
le soleil en face. – Selfie

Falcon 9: a Japanese express parcel of telecom is on orbit

SpaceX launched its Falcon 9 rocket with JCSAT-18/Kacific-1 on Monday. The launch, the 77th for the Falcon 9, saw the commercial communications satellite lofted to a geostationary transfer orbit (GTO). The 1-hour 28-minute launch window opened at 7:10 PM EST on December 16, with an on-time liftoff. – Photo : rke

Express mission for SpaceX. I say express, because the launches are now so well run in, that the rockets take off at a steady pace. In any case, this is not a trivial matter, even if, apparently, the launches follow one another and are similar. In fact, the first stage of the Falcon 9 rocket on this flight has already flown twice, and what is extraordinary is to see it fly through the air after a third use. That’s also a feat… and not routine.
In short, Falcon 9 therefore launched on time at exactly 19:10 local time on 16 December from Cape Canaveral, a large 6.9-ton (15,335 pounds) telecommunications satellite that, as its name suggests, will cover the Asia-Pacific region at an altitude of 36,000 km at 150 degrees east longitude.

The Launch & Landing of SpaceX. – Photo : rke
Always faithful, my colleague
Don Hladiuk at the adjustment. – Photo : rke

I’m too much in the moonAnd, for once, we were not discriminated against as foreign journalists. An hour and a half before takeoff, we were all able to go, with our cars, to the CCAFS ITL Causeway to see the takeoff. At night, in clear weather, we had a very clear view of the rocket. Except that, a little distracted, and too much in the moon, I let myself daydream during the first second of takeoff and I forgot to click-clack shoot to do ! But, surprised and panicked, I later caught up. This is what it looks like.

For isolated populations in Asia Pacific

Owned by Kacific and Sky Perfect JSAT Corp, a Tokyo-based satellite operator, this device will connect isolated telecom populations (Ka and Ku band), including 600 million people, but also all kinds of government services: hospitals, post offices, police stations and fire stations.Express, this was also an opportunity for us reporters on Monday, December 16. As SpaceX took full care of us (and not NASA), we had the opportunity to install our cameras remotely only 5 hours before the launch, which is quite rare. When we left Samuel C. Phillips Park, we landed our aircraft on the SLC-40 launch pad at US Air Force Base. A privileged place.

Two hours before launch. – Photo : rke

Amérique : 3 lancements cette semaine (Falcon 9, Soyouz et Atlas V)

Les quatre tours de lancement en un coup d'oeil.
[Cape Canaveral, December 15, 2019, rke. English below] – Les quatre tours de lancement en un coup d’oeil. Tout à gauche le pas de tir SLC-41 qui attend la capsule Starliner. Puis le pas de tir 39A (avec la grue). Tout au fond le SLC-40 de SpaceC et en premier plan le pas de tir 39B, avec la tour prête pour le lanceur de la NASA, SLS. – Photo : rke

Eh, oui, me revoilà aux USA pour la quatrième fois cette année (mars, avril, juillet et décembre). Ce seront mes 31es et 32es lancements accrédités sur site. Mon but ? Finir 2019 en beauté pour marquer le 50e anniversaire d’Apollo 11 (21 juillet 1969) que j’ai vécu à Pleigne (JU), ado, à l’âge de 13 ans. 

La tour de lancement SLC-41 vue de la page. – Photo : rke
Je ne suis pas à Kourou,
Mais à Cap Canaveral.

Cette semaine, je pourrai suivre trois lancements. D’abord, deux (accrédités) de Cap Canaveral : (SpaceX / Falcon 9 avec le satellite japonais JCSAT 18/Kacific 1) prévu demain lundi 16 décembre entre 7h10 et 8h38 locale (1h10 et 2h38 du matin en Suisse) et le plus important pour les Américains, Atlas 5 (CST–100 – Starliner) de Boeing prévu vendredi 20 décembre à 6h36 (locale), 12h36 (heure suisse) dont la capsule d’essai « non habitée » s’amarrera à la Station spatiale internationale (ISS), puis retournera sur Terre pour atterrir dans l’ouest des États-Unis après une croisière orbitale avant un vol d’essai en équipage de deux personnes. Un gros programme nous attend d’ailleurs cette semaine.

Et puis, je me sens un peu coupable de ne pas avoir choisir d’être à Kourou, en Guyane française, pour assister au lancement du satellite CHEOPS (Characterizing Exoplanet Satellite). Ce n’est pas une question de préférence de mission, mais d’agenda et de budget. Je ne peux pas, en effet être à la fois à Cap Canaveral et à Kourou en même temps puisque le décollage de la fusée russe Soyouz (la petite, mais la plus leste), décollera le mardi 17 décembre. Ce Soyouz transportera le premier satellite de surveillance radar COSMO-SkyMed de deuxième génération, ou CSG 1, pour l’agence spatiale italienne (ASI). Le satellite CHEOPS de l’Agence spatiale européenne (ESA) volera comme charge utile secondaire lors de la mission.

The Characterising Exoplanet Satellite, CHEOPS,
will make measurements of alien worlds
that will help determine their nature. It will focus
 on Earth-to-Neptunesized planets orbiting
 nearby bright stars, and will measure
the size of the planet as it transits in front of the star.
– Photo : ESA

… par l’Uni de Berne et de Genève
Construit par Airbus Defense and Space en Espagne avec un instrument scientifique développé en Suisse – par l’Uni de Berne et de Genève –  l’engin observera les transits de planètes autour d’autres étoiles pour mesurer leurs rayons. La fusée Soyouz 2–1b (Soyouz ST-B) utilisera un étage supérieur Fregat. Bon, comme la Guyane est en Amérique du Sud (dans le Nord), je suis quand même aux Amériques, d’où ce Blog, Press-Trip America. J’essaierai de vous commenter le lancement depuis ici, en Floride. Je ne suis doncpasaccréditépour Kourou – bien que j’ai déjà assisté à deux lancements (TVSat en 1987 et Smart One en 2003), puisque je ne suis pas sur place. Alors, à bientôt.

America: 3 launches this week (Falcon 9, Soyuz and Atlas V)

[Cape Canaveral, December 15, 2019, rke]  – Cheops will make observations of exoplanet-hosting stars to measure small changes in their brightness due to the transit of a planet across the star’s disc, targeting in particular stars hosting planets in the Earth-to-Neptune size range. The information will enable precise measurements of the sizes of the orbiting planets to be made: combined with measurements of the planet masses, this will provide an estimate of their mean density – a first step to characterising planets outside our Solar System.
– Photo : ESA

 Well, yes, I’m back in the USA for the fourth time this year (March, April, July and December). These will be my 31st and 32nd accredited on-site launches. My goal? Finish 2019 in style to mark the 50th anniversary of Apollo 11 (July 21, 1969) that I lived in Pleigne (Jura, Switzerland), a teenager, at the age of 13. 

Oops! Oops! He’s having
a little trouble, the guy. – Photo : rke
Florida Today, December 15, 2019

This week, I will be able to follow three launches. First, two (accredited for me) from Cape Canaveral: SpaceX / Falcon 9 with the Japanese satellite JCSAT 18/Kacific 1 scheduled for tomorrow Monday, December 16 between 7:10 and 8:38 a.m. local (1:10 and 2:38 a.m. in Switzerland). Then, the most important for Americans, Boeing’s Atlas 5 (CST-100 – Starliner) scheduled for Friday, December 20 at 6:36 a.m. (local), 12:36 p.m. (Swiss time) whose « uninhabited » test capsule will dock with the International Space Station (ISS), then return to Earth to land in the western United States after an orbital cruise and before a crowd test flight of two people. A big program is waiting for us this week.

Florida Today, December 15, 2019
Florida Today, December 15, 2019

CHEOPS: attacking the inhabitable planets….

And then I feel a little guilty for not choosing to be in Kourou, French Guiana, to attend the launch of the CHEOPS (Characterizing Exoplanet Satellite) satellite. It is not a question of mission preference, but of agenda and budget. I cannot, indeed, be both in Cape Canaveral and Kourou at the same time since the takeoff of the Russian Soyuz rocket (the small but the most powerful), will take off on Tuesday 17 December, 2019. This Soyuz will carry the first second-generation COSMO-SkyMed radar surveillance satellite, or CSG 1, for the Italian Space Agency (ASI). The European Space Agency (ESA) CHEOPS satellite will fly as a secondary payload during the mission.

The PAD 39B tower waits for SLS. – Photo : rke

… by the University of Bern and GenevaBuilt by Airbus Defense and Space in Spain with a scientific instrument developed in Switzerland – by the University of Bern and Geneva – the device will observe the transit of planets around other stars to measure their rays. The Soyuz 2-1b (Soyuz ST-B) rocket will use an upper Fregat stage. Well, since Guyana is in South America (in the North), I am still in the Americas, hence this blog, Press-Trip America. I’ll try to comment on the launch from here in Florida. So I am not accredited for Kourou – although I have already attended two launches (TVSat in 1987 and Smart One in 2003), since I am not there. So, see you soon.