Tempête lunaire

[Cape Canaveral, November 7, 2022, rke, English below] – En Floride, la tempête Nicole obstrue l’éclipse de Lune (début à 4h09, mardi 8 novembre 2022) et fige la fusée lunaire Artemis sur son pas de tir. Et le trip-fusée de la NASA sur fond de Lune tombe à l’eau.
[Image du haut : halo lunaire du 5 novembre 2022. Photo prise sur le pont de Titusville avec un téléobjectif de 400 mm]

Pied de nez à nous ! Ce lundi 7 novembre, 13h50, la NASA nous informe que l’opportunité, pour une poignée de reporters, de suivre l’éclipse totale de Lune aux côtés d’Artemis du mardi 8 novembre est annulée. La raison ? La tempête tropicale Nicole qui s’approche. Pourtant, rien ne semble pour le moment, à 12h15 (locale) venir perturber la quiétude. Ciel bleu, température un peu frisquette, 28 degrés C. C’est le calme avant la tempête.

Image prise depuis le pont de Titusville le 5 novembre 2022 avec un téléobjectif de 400 mm
Image prise depuis le pont de Titusville le 5 novembre 2022 avec un téléobjectif de 400 mm.

Des vents à 210 à 250 km/h

Le Kennedy Space Center est en mode Hurcon IV. Les tempêtes de catégorie 4 peuvent causer des « dommages catastrophiques » avec leurs vents de 130 à 156 mph (210 à 250 km/h). Elles peuvent peut causer de graves dommages aux maisons bien construites, notamment en endommageant la majeure partie du toit et des murs extérieurs. « La plupart des arbres seront cassés ou déracinés et les poteaux électriques abattus », explique le National Hurricane Center. Donc pas question de se balader au pied de la fusée. La tempête, qui peut se transformer en ouragan, se dirige vers le sud-est de la Floride et risque de bifurquer à droite pour remonter jusqu’au centre spatial. Vu la tournure que prend cette tempête, il est possible que la fusée Artemis et les alentours subissent des dégâts. Un retour au bercail est un peu tard en ce moment – il faut 10 heures environ pour acheminer Artemis jusqu’au VAB – mais si cela devait être le cas, les dates potentielles de lancement du 14, 16 ou 19 novembre risqueraient d’être compromises.

Photo prise par Philippe Henarejos le 5 novembre 2022 sur le pont de Titusville où on me voit photographier la Lune avec, en bas au fond, Artemis illuminée.
Photo prise par Philippe Henarejos le 5 novembre 2022 sur le pont de Titusville où on me voit photographier la Lune avec, en bas au fond, Artemis illuminée.

Durée : 1 heure et 25 minutes

Cela dit, la Terre va quand même poser son ombre sur la Lune ce mardi 8 novembre, de surcroît le jour des élections des Midterms. Il s’agira de la deuxième éclipse totale de Lune en 2022, après celle du mois du 16 mai. Le phénomène devrait durer une heure et vingt-cinq minutes, selon l’Institut français de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). L’éclipse devrait commencer en Europe à 11h16, pour être maximum à 11h59 et finir à 12h41. Durant cette période, la Lune se trouvera dans le cône d’ombre projetée par la Terre et prendra une teinte rouge cuivrée. 

Visible au mieux au Texas

Aux USA, elle aura lieu tôt le matin du jour du scrutin. La moitié environ des 48 États contigus bénéficieront d’un ciel généralement dégagé, ce qui constituera une toile de fond parfaite pour observer l’éclipse totale de Lune qui aura lieu tôt le matin du jour du scrutin. 

« Une large crête de haute pression canadienne centrée sur le centre de l’Ontario qui s’étendra vers le sud-est dans le nord-est, l’Atlantique moyen, la vallée de l’Ohio et du Tennessee et l’est des États des Grands Lacs, assurant de bonnes conditions d’observation pour le spectacle lunaire de mardi matin. Cette région du pays aura les meilleures chances de voir l’éclipse. Boston, New York, Baltimore, Columbus et Nashville devraient toutes bénéficier de belles vues. Le temps clair pourrait s’étendre jusqu’à la côte du golfe du Mexique et au sud du Texas, ce qui permettrait à des villes comme Shreveport, Houston et Austin de bénéficier également d’une bonne visibilité. Une autre région particulièrement prometteuse est celle de l’Arizona et du Colorado », souligne notre confrère Jo Rao de Space.com.

Moon Storm

[Cape Canaveral, November 7, 2022, rke] – In Florida, storm Nicole obstructs the lunar eclipse (beginning at 4:09 a.m., Tuesday, November 8, 2022) and freezes the Artemis lunar rocket on its launch pad. And NASA’s rocket trip against the backdrop of the Moon falls through.

Photo taken from Titusville bridge.

This Monday, November 7, NASA has just informed us that the opportunity for a handful of reporters to follow the total lunar eclipse on Tuesday, November 8, has been canceled. The reason? Tropical Storm Nicole is approaching. However, at 12:15 p.m. (local time), nothing seems to disturb the quietude. Blue sky, temperature a little chilly, 28 degrees C. It is the calm before the storm. The Kennedy Space Center is in Hurcon IV mode.

Winds at 130-156 Mph

Category 4 storms can cause « catastrophic damage » with their 130-156 mph winds. It can cause severe damage to well-constructed homes, including damaging most of the roof and exterior walls. « Most trees will be snapped or uprooted, and power poles downed,” the National Hurricane Center, said.

So, no way to walk around the foot of the rocket. The storm, which may turn into a hurricane, is heading southeast of Florida and may veer to the right and back up to the space center. With the way this storm is shaping up, damage to the Artemis rocket and the surrounding area is possible. A return home is a bit late at this point – it takes about 10 hours to get Artemis to the VAB – but if that were to be the case, the potential dates of launch for Nov. 14, 16 or 19 could be compromised. 

Best Seen in Texas

This will be the second total lunar eclipse in 2022, after the one in May. The phenomenon should last one hour and twenty-five minutes. About half of the 48 contiguous states will enjoy mainly clear skies, providing a perfect backdrop for viewing the total eclipse of the moon that will take place early on Election Day morning. “A large ridge of Canadian high pressure centered over central Ontario which will ridge southeast into the Northeast, middle Atlantic, Ohio and Tennessee River Valley and eastern Great Lakes states ensuring good viewing conditions for Tuesday morning’s moon show. This region of the country will have the best viewing odds for the eclipse. Boston, New York, Baltimore, Columbus and Nashville all should enjoy fine views. Clear weather could extend all the way down to the Gulf Coast and southern Texas, allowing places like Shreveport, Houston and Austin fine views as well. Another area that looks particularly promising is across much of Arizona as well Colorado”, says Space.com‘s Jo Rao. « The moon begins to dim, but the effect is quite subtle, » NASA wrote (opens in new tab) in an eclipse timeline. More striking will be the partial eclipse phase, which will begin at 4:09 a.m. EST and last just over an hour. This is when the moon enters the Earth’s umbra, or darker portion of the Earth’s shadow. If you didn’t notice the penumbral eclipse, you should be able to see this with your unaided eye.

« To the naked eye, as the moon moves into the umbra, it looks like a bite is being taken out of the lunar disk, » NASA wrote in its guide.

Artemis attend l’éclipse totale de Lune

[Cape Canaveral, November 4, 2022, rke, English below] – Flash-back ! Seul reporter Suisse accrédité aux pieds d’Artemis, je suis sur site depuis le 4 novembre 2022, ayant assisté au roll-out (sortie de garage) de la fusée lunaire, attendant l’éclipse totale de Lune du 8 novembre – non visible en Europe – et le lancement, lundi 14 novembre.

Bonjour à toutes et tous qui me lisent sur ce blog. Depuis mon retour en Suisse le 9 septembre, me revoilà de retour sur le « Pas de tir » 39B, voilà donc déjà près de deux mois.

Buts de ma mission : 1. Voir la sortie d’Artemis de son garage le 4 novembre ­– c’est fait ! 2. Assister à l’éclipse totale de Lune le 8 novembre, sur site, avec la fusée lunaire en fond, j’ai les 2 badges officiels pour y être. 3. Poser mes appareils photo aux pieds de la fusée et assister à son lancement prévu le 14, 16 ou 19 novembre. 4. Booster l’écriture du livre sur la fabrique d’outils de coupe jurassienne Louis Bélet SA, dont je suis mandaté. 5. Être en ligne avec la conférence de presse de la sortie du livre sur mon ancien professeur d’école primaire Michel Girardin, prévue le 9 novembre. Quel boulot !

Dilemme de départ

Ma décision de revenir aux USA a été un peu complexe à prendre. Pour le lancement, étant donné que le 14 novembre est un lundi, je devais être à la NASA, à l’Office des badges (premier passage obligé), au plus tard vendredi 11 novembre à midi, au plus tard. Comme l’éclipse totale de Lune – non visible en Europe – a lieu le 8 novembre, il m’aurait fallu être badgé le 4 novembre au plus tard, jour de la sortie d’Artemis de son hangar. Dilemme : comme j’ai déjà assisté de nuit à ce genre de « roulement » de fusée en mai dernier, je ne savais pas trop si j’allais partir avant ou juste avant le lancement. Finalement après mûre réflexion et après avoir appris que mon collègue rédacteur en chef de Ciel & EspacePhilippe Henarejos serait à la sortie d’Artemis, je me suis décidé à y aller au plus vite.

Tiens, on me reconnaît ici !

Démarche express, car deux jours avant mon départ de Zurich, je n’avais pas encore de vol direct Zurich-Miami dans le collimateur. Ce qui fut vite acté grâce à l’agence Kuoni voyage, j’ai pu embarquer le 2 novembre avec le vol LX64 dont j’ai pris l’habitude et le pli. Après une nuit d’hôtel à Miami Airport, j’ai réceptionné le lendemain ma voiture Ford Fusion hybride, et foncé jeudi 3 novembre à ce fameux premier poste des badges avant qu’il ne ferme à 14h30. J’y suis arrivé à midi pile et on m’a reconnu ! « Ah, vous revenez m’a demandé la réceptionniste ? ». Ben oui, évidemment. Dans ma tête, je me disais : « bigre, j’ai bien fait de m’y prendre à ce moment-là ».

Salle de presse vide : que pour nous !

Du coup, tout s’est accéléré. Il m’a fallu alors m’installer et poser mes bagages à l’hôtel, puis partir au deuxième poste de badges (le PIDS), avant d’être escorté en auto – que pour les étrangers – jusque sur le site de presse. Là, avec Philippe Henarejos, on a pu constater que la salle était totalement vide. On nous a fait savoir que nous étions les deux seuls journalistes étrangers accrédités parmi seulement une trentaine d’Américains, pour cette sortie, dont on ne cache pas une certaine fierté (voir photos).

« roll-out » bien huilée
La fusée aurait dû montrer le bout de son nez le lendemain 4 novembre à minuit une. Elle est finalement sortie plus rapidement. Voici un extrait de la News de Philippe Henarejos sur Ciel & Espace :« La procédure du « roll-out », la 3e, est désormais bien huilée. Si bien que la fusée a fait mouvement dès 23 h 20, ce 3 novembre, avec environ 40 minutes d’avance sur l’heure initialement prévue. Ce ballet devient également habituel : seulement une trentaine de journalistes, dont deux non-Américains (Roland J. Keller, de Suisse, et votre serviteur) avaient fait le déplacement pour y assister. Le crawler, l’énorme tracteur à chenilles qui transporte la fusée, sa table de lancement et sa tour, a d’abord parcouru une cinquantaine de mètres en dehors du VAB avant d’observer un arrêt de plus de 30 minutes, le temps de rétracter la passerelle d’accès à la capsule Orion, tout en haut de la fusée. Puis le convoi s’est élancé à 1,5 km/h en direction du pas de tir 39B distant d’environ 5 km. »

Dans une salle de presse vide. Rien que pour nous !

Artemis awaits the total eclipse of the Moon

[Cape Canaveral, November 4, 2022, rke] – Flashback! As the only Swiss reporter accredited at the feet of Artemis, I have been on site since November 4, 2022, having attended the roll-out of the lunar rocket, waiting for the total lunar eclipse of November 8 – not visible in Europe – and the launch on Monday, November 14.

3rd Roll-Out -Artemis I

Hello to all of you who read this blog. Since my return to Switzerland on September 9, I am back on the « launch pad » 39B, almost two months ago.

My mission’s goals: 1. to see the Artemis coming out of its garage on November 4th – it’s done! 2. To attend the total lunar eclipse on November 8, on site, with the lunar rocket in the background, I have the 2 official badges to be there. 3. Put my cameras at the feet of the rocket and attend its launch on November 14, 16 or 19. 4. Boost the writing of the book on the Jura cutting tool factory Louis Bélet SA, for which I am commissioned. 5. Be in line with the press conference for the release of the book on my former elementary school teacher Michel Girardin, scheduled for November 9. What a job!

Departure dilemma

My decision to return to the US was a bit complex to make. For the launch, since November 14 is a Monday, I had to be at NASA, at the Badge Office (the first obligatory passage), no later than Friday November 11 at noon. As the total lunar eclipse – not visible in Europe – takes place on November 8, I should have been badged on November 4 at the latest, the day Artemis left its hangar. Dilemma: as I already attended at night this kind of rocket « rolling » last May, I was not sure if I would leave before or just before the launch. Finally, after much reflection and after having learned that my colleague editor of Ciel & EspacePhilippe Henarejos, would be at the exit of Artemis, I decided to go as soon as possible.

I am recognized here!

I did it quickly, because two days before my departure from Zurich, I still didn’t have a direct flight from Zurich to Miami in my sights. But thanks to the Kuoni travel agency, I was able to board the flight LX64 on November 2nd. After a night in a hotel at Miami Airport, I received my Ford Fusion hybrid car the next day, and went to the famous first check-in desk before it closed at 2:30 pm on Thursday November 3rd. I arrived there at noon sharp and was recognized! « Ah, you’re coming back, » the receptionist asked me. Well yes, of course. In my head, I was thinking: « Wow, I was right to do it at that time ».

Empty press room: only for us!

Then everything accelerated. I then had to settle in and put my luggage down at the hotel, then go to the second badge station (the PIDS), before being escorted by car – only for foreigners – to the press site. There, with Philippe Henarejos, we could see that the room was completely empty. We were informed that we were the only two foreign journalists accredited among only thirty or so Americans for this outing, of which we do not hide a certain pride (see photos).

« A well-oiled « roll-out
The rocket should have shown its nose the next day, November 4, at midnight one. It finally came out faster. Here is an excerpt from Philippe Henarejos’ News on Ciel & Espace: »The « roll-out » procedure, the 3rd, is now well oiled. So, well that the rocket made its move at 11:20 p.m. on November 3, about 40 minutes ahead of the initially scheduled time. This ballet is also becoming usual: only about thirty journalists, including two non-Americans (Roland J. Keller, from Switzerland, and yours truly) had made the trip to attend. The crawler, the huge, tracked tractor that carries the rocket, its launch table and its tower, first travelled about 50 meters outside the VAB before stopping for more than 30 minutes to retract the access bridge to the Orion capsule at the top of the rocket. Then the convoy took off at 1.5 km/h towards launch pad 39B, about 5 km away (3 miles).

Pas de tir

[Cape Canaveral, September 9, 2022, rke, English below] – Pas de tir ! C’est le titre évocateur de l’article de Dan Steiner, rédacteur en chef adjoint du Journal du Jura, qui me fait beaucoup d’éloges dans son article remarquablement rédigé et dont je remercie vivement. 

Pour mes lecteurs américains et anglophones, ainsi que pour la NASA qui m’accrédite, je l’ai traduit ci-dessous. Dans la langue française, le « Pas de tir », autrement PAD (dans le jargon US), a un double sens : « pas de tir », car il n’y en a pas et « pas de tir », autrement dit un « pas » (socle) pour lancer des fusées.

Le Journal du Jura, c’est un quotidien du Nord de la Suisse qui a une grande audience francophone au-dessus et autour de la ville de Bienne. Ce quotidien fait partie d’un groupe média étendu qui comprend une chaîne TV, TeleBilingue, une radio, Canal 3 et un autre quotidien, Bieler Tagblatt.

Journal du Jura – 10 septembre 2022
Journal du Jura – 10 septembre 2022

Je retourne aux USA pour le lancement le 23 septembre
Ah, au fait. La NASA a annoncé lors d’une télé-conférence viser un test cryogénique de remplissage du réservoir d’hydrogène le 17 septembre 2022, afin de savoir si la réparation du joint défectueux est efficace. Si c’est le cas, elle envisagera de tenter de lancer la fusée SLS du 23 au 27 septembre. Pour cela, elle escompte avoir une extension sur le Flight Termination System (FTS). Mais cela est encore en attente. Le 23 septembre, la fenêtre de lancement de 120 min (dont 80 après le lever du Soleil) commencerait à 6 h 47 du matin (12 h 47 en France). Le 27, cela serait à 11 h 37. (Source : Ciel & Espace)

Je serai au turbin en Suisse lundi 12 septembre, mais je vais revenir au lancement. Naturellement !

TOP-PAD, No START

[Cape Canaveral, September 9, 2022, rke] – No shot! This is the evocative title of the article by Dan Steiner, deputy editor of the Journal du Jura, who praises me in his remarkably well-written article and for which I am very grateful. 

For my American and English-speaking readers, as well as for NASA, which accredits me, I have translated it below. In the French language, « Pas de tir », otherwise PAD (in US jargon), has a double meaning: « pas de tir », because there is none, and « pas de tir », otherwise a « step » (base) for launching rockets.

Dans l’attente de la sortie d’Artemis.

The Journal du Jura is a daily newspaper from the north of Switzerland with a large French-speaking audience above and around the city of Biel. This daily newspaper is part of an extended media group which includes a TV channel, TeleBilingue and a radio, Canal 3.

– Website: www.ajour.ch

I’m going back to the US for the launch on September 23

Oh, by the way. NASA announced during a teleconference to aim for a cryogenic test to fill the hydrogen tank on September 17, 2022, to see if the repair of the faulty seal is effective. If so, it will consider attempting to launch the SLS rocket on September 23-27. For that, it expects to have an extension on the Flight Termination System (FTS). But that is still on hold. On September 23, the launch window of 120 min (including 80 after sunrise) would begin at 6:47 am (12:47 am in France). On September 27, it would be at 11:37 a.m. (Source: Ciel & Espace)

I will be at work in Switzerland on Monday September 12, but I will be back at the launch. Of course I

The 40 Launchers Guy

[By Dan Steiner of the « Journal du Jura »]

Child of Pleigne and photojournalist in the Bernese Jura, Roland J. Keller is part of almost all space launches. Like the one, reported, of Artemis.

Roland J. Keller is a bit of a UFO in space photojournalism. Not that he necessarily believes in little green men. When we ask him what he thinks of those who insist on making their fellow men believe that the Earth is flat or that man has not put his boot on the Moon, he answers that they are dismantlers of history or jealous. « Criticism is easy, art is difficult, » he says, while finding these reflections « stupid ». Yes, or else he doesn’t answer them. Maybe that’s better.

No, the child of Pleigne, whose clichés are sometimes found in Le JdJ, but mostly in « La Semaine« , is sometimes the only person accredited by NASA or SpaceX of Elon Musk who does not have an American passport. Surely, among the 40 launches that make up his record, not all have involved the European Ariane rockets, the Columbia shuttle or other famous American spacecraft. « It’s so complicated to get accredited that I’m often the only Swiss to go there.

Russian Roulette

This was the case in Florida these days for the aborted propulsion of Artemis 1, the eponymous program launched by Donald Trump and supposed to bring a team back to lunar soil by 2025. The return of Roland J. Keller on Swiss soil is scheduled for Monday. But hampered by the failure of cooling an engine to nothing less than -251 ° C, the U.S. Space Agency had to delay several times this first mission, uninhabited. « Two postponements are not a lot, » says the man who has been editor-in-chief of the « Swiss Technical Review » of the Swiss Engineering trade association since 2008. « I don’t mind it too much. I’ll have to come back, » he laughs. Although he finances his trips himself but can work on the site for his monthly technical magazine, he believes that the most important thing is « to be on site and to experience the event. His budget? About 500 dollars per day.

But it’s not enough to be able to access the launch pad at Cape Canaveral or Kourou, in French Guiana, for European spacecraft. It is still necessary that the programmed pictures are conclusive. This is because the journalists and photographers are not at their shooting posts during the launch. For Artemis 1 – whose launch is at best planned for September 23 – we are talking about propelling a 100 m high rocket weighing its small weight: 2600 t. Saturn 5, from the Apollo 11 program that took Neil Armstrong come back to the launching pads like the one in Florida, the reporter from the Jura explains that after leaving the media room, which is about 5 km away, the authorized persons are transported to the nature reserve from where they can adjust their camera. About 100 meters from the rockets. « We put them down about half a day before, then we go back to the media center, wait for the liftoff and, six hours after that one, we go back to goring, Edwin « Buzz » Aldrin and Michael Collins in direction of our natural satellite, in 1969, made, it, 3000 t.

to look for the devices. Then it looks like everything is burned, but no, it’s just acidic water droplets, basically. » And then shooting range photographer is a real job, he explains to us from Florida. Light must obviously be considered, but sometimes the adjustments are made at night for a morning or afternoon launch. A box is also there so that the camera takes the pictures at the right time… sound. « If it’s too sensitive, it triggers when a bird flies by; if it’s not sensitive enough, well, there’s no triggering. » For Artemis 1, and despite the postponement, the over-sensitivity of Roland J. Keller’s setting still allowed him to get some nice shots of lightning streaking around the ship.

Through space projects, we can see the damage Earth
ROLAND J. KELLER, SPACE PHOTOJOURNALIST

At Armstrong’s Funeral

If he started to be interested in the space adventure, it is by watching Armstrong, whose funeral he attended, treading the lunar ground, from the top of his 13 years. « I was absolutely fascinated by the grandeur of the event. At the time, some 400,000 people worked for 10 years on the Apollo program. That’s about 20,000 companies, » he enthuses. « With Apollo, all of humanity embarked. Artemis is a renaissance, but more modern and slower, and with 20 times less budget. It’s a shame to have waited 50 years.

All this remains quite impressive, but shouldn’t we rather take care of the fate of the Earth? « Thanks to space projects, we can see the damage to the Earth, » he answers. Ozone holes, satellite remote sensing. « The higher you go, the more you see cracks in dams, ocean pollution or the migration of aquatic fauna… » A matter of perspective.

THREE OUTSTANDING MEMORIES FROM HIS 40 LAUNCHES

  • April 12, 1981. Roland J. Keller remembers it as if it were yesterday. His first launch was also a revolution in the aerospace world. « Columbia: a rocket plane that went vertical. The Russians had tried it, but it never worked. » The rocket plane explains our interlocutor, was like a truck in which one loaded satellite to send in space. « But it was much too expensive… »
  • Dramatic January 28, 1986. « The most striking event: the Challenger shuttle disaster. We were two Europeans on the spot. It was hard to live with, but not at the time. We didn’t realize it until later. » A little more than a minute after takeoff, the seals of a thruster, weakened by the predictable coolness of the weather, gave way and the explosion occurred. Seven dead. « It is unfortunate, but we were very much in demand by the media.
  • Helvetica December 19, 1999. « The launch of our astronaut, Claude Nicollier. The man from Vaud, already a member of the crew that had saved Hubble in 1993, was on his first and only mission consisting of extravehicular spacewalks, for the maintenance of the telescope. Roland Keller, who knew him well – « It’s a small world » – had then flown with him in a Hunter Trainer (a fighter plane), over the Alps.

🍾 Mon 40ème lancement rugissant 🥂

[Cape Canaveral, September 6, 2022, rke, English below] – Malgré le report d’Artemis, j’assiste à mon 40e lancement de fusée. Celui de Musk avec ses satellites internet et, surtout, avec un module de transfert écologique de covoiturage.

Photo captée avec mon Canon EOS R3 depuis le SLC 40. Objectif : 400 mm.

Les « Quarantièmes rugissants », vous connaissez ? C’est le nom donné par les marins aux latitudes situées entre les 40e et 50e parallèles dans l’hémisphère Sud, appelées ainsi en raison des vents forts établis, venant majoritairement de l’ouest. Cela n’a rien à voir avec Artemis, mais j’adore utiliser cette anaphore pour parler d’un jubilé. Le mien.

Dimanche 4 septembre, en compagnie d’Émilie Martin et de Philippe Henarejos du magazine bimestriel « Ciel & Espace », ainsi que du photographe de l’Agence spatiale européenne (ESA), Andrea Conigli et ses deux collègues, nous avons assisté à un décollage de nuit, à 10h09 locale, 4h09 du matin le lendemain, 5 septembre, suisse, à partir du complex SLC40

J’ai donc emmené tout ce petit monde au port Canaveral en face du Sands Space History Center habituel. Voir carte. C’est sur ce bord de lagune que j’ai pu fêter mon 40e lancement [7 Shuttle, 2 Delta, 7 Atlas, 17 Falcon (dont 2 Heavy), 4 Orbital, 2 Ariane et 1 Artemis ]  pour voir ce décollage où j’ai pu installer tout mon équipement récupéré dupe de tir d’Artemis. Ironie de l’histoire, en congé, Andrea Conigli n’a pas pris son matériel photo. J’avoue que je n’ai pas caché ma fierté d’être le seul à avoir pu capter des images avec le matériel adéquat. Pour ne pas dire de pro, parce que j’ai un équipement de professionnel. À la suite de ce lancement, on a bien fêté le coup !

51 satellites internet Starlink de plus

Ce qu’on a vu dans le ciel ce dimanche 4 septembre.

Il s’agissait du septième vol du premier étage d’appoint de cette mission, qui avait déjà lancé Arabsat-6A, STP-2, COSMO-SkyMed Second Generation FM2, KPLO. Falcon 9 a également emmené 51 satellites internet Starlink supplémentaires ainsi qu’une charge utile de covoiturage qui utilise un véhicule de transfert orbital construit par l’entreprise Spaceflight pour monter sur une orbite plus élevée.

Ce véhicule de transfert orbital Sherpa-LTC de la mission Starlink 4-20 transporte la mission de démonstration technologique Varuna de Boeing, ou Varuna-TDM. Cette mission a pour but de faire la démonstration de technologies et de réaliser des tests de performance en orbite pour un système de communication en bande V, une constellation de 147 satellites destinée à fournir une connectivité à large bande aux utilisateurs commerciaux et au gouvernement américain.

Avec des propergols verts

Pour les puristes, le système de propulsion chimique Sherpa utilise le système de propulsion Polaris de Benchmark Space Systems avec des propergols verts. Le peroxyde à haut test (HTP) est l’oxydant et l’alcool isopropylique (IPA) est le carburant. Ces propergols sont alimentés par pression, en utilisant l’azote gazeux comme pressuriseur. Polaris est un système bipropulseur bimode doté de quatre propulseurs à commande indépendante. Le HTP peut être utilisé comme monopropulseur en mode faible poussée ou combiné à l’IPA en mode forte poussée. Chaque propulseur peut fournir jusqu’à 22 N de poussée individuellement ; lorsqu’ils sont utilisés ensemble, les quatre propulseurs fournissent jusqu’à 88 N de poussée. Grâce à la possibilité de commander les propulseurs indépendamment, Sherpa peut se diriger sans avoir recours à un cardan.

À 1’000 km d’altitude

Ma vidéo captée par un iPhone 13 ProMax. Remarquez, tout à gauche, un gros trait lumineux. C’est : Artemis !

Ce véhicule de transfert orbital de Spaceflight, qui fonctionne à l’énergie solaire, effectuera une série de mises à feu pour atteindre une orbite circulaire à 1’000 kilomètres au-dessus de la Terre. La charge utile de démonstration technique de Varuna a été conçue et construite par Astro Digital, qui a également fourni le système de commande et de contrôle du véhicule de transfert orbital Sherpa-LTC.

Pic taken with my Canon EOS R3 from the SLC 40. Lens: 400 mm.

[Cape Canaveral, September 6, 2022, rke] – Despite the postponement of Artemis, I am attending my 40th rocket launch. Musk’s with his internet satellites and, above all, with an ecological “carpooling” or rideshare module payload.

Do you know the « Quarantièmes rugissants »? This is the name given by sailors to the latitudes located between the 40th and 50th parallels in the Southern Hemisphere, so called because of the strong winds established, mostly coming from the west. It has nothing to do with Artemis, but I love using this anaphora to talk about a jubilee. My own.

On Sunday, September 4, with Émilie Martin and Philippe Henarejos from the bimonthly magazine « Ciel & Espace« , as well as the photographer of the European Space Agency (ESA), Andrea Conigli and his two colleagues, we attended a night take-off, at 10:09 a.m. local time, 4:09 a.m. the next day, September 5, Swiss. From the SLC40 launch PAD.

So, I took all this little world to the Canaveral port in front of the usual Sands Space History Center. See map. It is on this edge of the lagoon that I was able to celebrate my 40th launch [7 Shuttle, 2 Delta, 7 Atlas, 17 Falcon (dont 2 Heavy), 4 Orbital, 2 Ariane and 1 Artemis] to see this liftoff where I was able to install all my equipment recovered from the Artemis launch pad. Ironically, on leave, Andrea Conigli did not take his photo equipment. I admit that I did not hide my pride to be the only one to have been able to capture images with the proper equipment. Not to say professional, because I have professional equipment. After the launch, we celebrated!

51 More Starlink Internet Satellites 

Des ingénieurs de Spaceflight, s’affairent autour de Sherpa. – Spaceflight engineers are busy around Sherpa. Photo : Spaceflight

This was the seventh flight of the mission’s first stage booster, which previously launched Arabsat-6A, STP-2, COSMO-SkyMed Second Generation FM2, KPLO. Falcon 9 also carried 51 additional Starlink internet satellites and a carpool payload that uses an orbital transfer vehicle built by the company Spaceflight to climb to a higher orbit. This Sherpa-LTC orbital transfer vehicle on the Starlink 4-20 missions carries Boeing’s Varuna Technology Demonstration Mission, or Varuna-TDM. The mission is designed to demonstrate technologies and perform in-orbit performance testing for a V-band communications system, a proposed 147-satellite constellation to provide broadband connectivity to commercial and U.S. government users.

With Green Propellants 

Ce n’est pas ma photo, mais celle de SpaceX qui a installé sa caméra proche de la fusée. This is not my pic., but the one of SpaceX which installed its camera close to the rocket.

For the experts, the Sherpa chemical propulsion system utilizes the Polaris propulsion system from Benchmark Space Systems with green propellants. High Test Peroxide (HTP) is the oxidizer and Isopropyl Alcohol (IPA) is the fuel. These propellants are pressure-fed, using gaseous nitrogen as the pressurant. Polaris is a dual-mode bipropellant system with four independently controlled thrusters. HTP can be used as a monopropellant in a low-thrust mode or combined with IPA in high-thrust mode. Each thruster can provide up to 22 N of thrust individually; when operated together, all four thrusters provide up to 88 N of thrust. With the ability to command the thrusters independently, Sherpa can steer without the need of a gimbal. The Sherpa chemical propulsion system utilizes the Polaris propulsion system from Benchmark Space Systems with green propellants. High Test Peroxide (HTP) is the oxidizer and Isopropyl Alcohol (IPA) is the fuel. 

At 621 Miles Altitude

This Spaceflight’s solar-powered orbital transfer vehicle will perform a sequence of burns to reach a circular orbit round 620 miles (1,000 kilometers) above Earth. The Varuna tech demo payload was designed and built by Astro Digital, which also provided the command-and-control system for the Sherpa-LTC orbital transfer vehicle.

Photo taken by Mélanie Martin.

Les incontournables exigences de l’espace 

[Cape Canaveral, September 3, 2022, rke, English below] – Rare, mais pas étonnant. Le joint du tuyau du « jus » de la « pompe à essence » d’Artemis fuite. Le réservoir « coule » quelques micro-gouttes. Ça fume ! Mieux vaut retarder, pas vrai ? 

La fumée blanche qui sort sur le cône provient du réservoir d’oxygène. C’est normal. L’autre fumée blanche du réservoir d’hydrogène, en bas, n’est pas visible sur ma photo. >>Ben, oui. je ne peux pas être de l’autre côté de la fusée ! – The white smoke coming out of the cone is from the oxygen tank. This is normal. The other white smoke from the hydrogen tank at the bottom is not visible in my photo. >>Ben, yes. I can’t be on the other side of the rocket!

Le problème de fuite dans le réservoir d’hydrogène a préoccupé les responsables de la NASA, tout comme nous même, d’ailleurs. À chaque explication du porte-parole, Derrol Nail, la salle de presse restait très attentive. Ça grouillait de monde de toute part, mais j’ai réussi à me frayer une place. Chut… soufflait-on dans les rangs et c’était le silence complet. 

Disons que les ingénieurs n’ont pas essayé de colmater la fuite comme on le ferait sur un pneu en mettant un scotch, mais en jouant sur la pression de connexion de l’hydrogène. Parfois ça marche, parfois non. En fait, ce sont les risques d’un lancement avec une fusée nouvelle.

« Les fuites sont très infimes, mais l’hydrogène, très volatil, s’y engouffre facilement »

À mes côtés, au centre de presse, les explications de mon collègue rédacteur en chef de « Ciel & Espace », Philippe Henarejos, sur ce qu’il s’est passé : « La fuite d’hydrogène s’est déclarée au niveau d’un joint de déconnexion rapide, qui sert d’interface entre le tuyau d’alimentation et la fusée. La NASA a d’abord essayé de réchauffer puis de repressuriser avec de l’hélium pour que cela resserre le joint. Mais cela n’a pas marché. Il était à ce stade impossible d’intervenir directement sur le lanceur pour y effectuer une réparation mécanique. N’ayant pas d’autre solution pour mettre un terme au problème, Charlie Blackwell-Thompson a dû finalement décider l’annulation du lancement.

L’hydrogène liquide, refroidi à -253°C, est très difficile d’utilisation. Les fuites sont en réalité très infimes, mais l’hydrogène, très volatil, s’y engouffre facilement. Ce genre de problème a été fréquent sur les navettes spatiales qui utilisaient exactement la même technologie. Et cela a été la cause de nombreux reports de lancement. »

Comme Endeavour & Discovery 

En témoigne le décollage de la navette Endeavour, en juin 2009. Les ingénieurs avaient alors remplacé un mécanisme de débranchement rapide du tuyau d’hydrogène et deux joints d’étanchéité, un du côté du réservoir et l’autre du tuyau d’alimentation côté sol. Cette réparation avait été couronnée de succès. Mais les ingénieurs n’ont jamais pu déterminer la cause du problème. Rebelote en 2018, à nouveau avec Endeavour. 

En direct sur : www.cieletespace.fr
Merci à mes collègues de Ciel et Espace de m’avoir accordé un petit passage en ligne sur Youtube (en fin de vidéo).

Puis en novembre 2010, avec une fuite apparue lors du remplissage des réservoirs sous la navette Discovery. Par la suite, les techniciens avaient même déjà détecté une craquelure de 51 cm dans la mousse isolante lors de la vidange de l’hydrogène et de l’oxygène liquide. 

Décollage le 19 septembre ?

Toujours est-il que, à l’heure où j’écris ces lignes, la NASA n’a pas décidé de date de nouvelle tentative de lancement. Les lundi 5 ou mardi 6 septembre sont écartés, ne restent que les dates potentielles ci-dessous qui commencent le 19 septembre.

  • 19 septembre – 4 octobre : 14 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement le 29 septembre
  • 17 octobre – 31 octobre : 1 possibilité de lancement. Pas de possibilité de lancement les 24, 25, 26 et 28 octobre 
  • 12 novembre – 27 novembre : 12 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement les 20, 21 et 26 novembre 
  • 9 décembre – 23 décembre : 11 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement les 10, 14, 18 et 23 décembre

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The unavoidable requirements of space

[Cape Canaveral, September 3, 2022, rke] – Rare, but not surprising. Artemis « fuel pump » « juice » pipe seal leaks. The tank « leaks » a few micro-drops. It smokes! Better to delay, right? 

The hydrogen tank leak problem has been on the minds of NASA officials, just as it has been on ours. With each explanation spokesman Derrol Nail, the press room stayed very attentive. It was crowded on all sides, but I managed to squeeze my way into the press center. Hush… » was the murmur in the ranks and it was complete silence. 

Let’s just say that the engineers didn’t try to seal the leak like you would on a tire by putting a tape, but by playing with the hydrogen connection pressure. Sometimes it works, sometimes not. In fact, these are the risks of a launch with a new rocket.

« The leaks are very small, but the hydrogen, which is very volatile, is easily absorbed.« 

In the Press Room at KSC (VAB). Stress… no stress, stress again.

At my side, in the press center, the explanations of my colleague editor of « Ciel & Espace, » Philippe Henarejos, on what happened: « The hydrogen leak occurred at a quick disconnect joint, which serves as an interface between the feed pipe and the rocket. NASA first tried reheating and then repressurizing with helium so that it would tighten the joint. But that didn’t work. It was impossible at this stage to intervene directly on the launcher to make a mechanical repair. Having no other solution to stop the problem, Charlie Blackwell-Thompson finally had to decide to cancel the launch.

Liquid hydrogen, cooled to -253°C, is very difficult to use. The leaks are actually very small, but the hydrogen, very volatile, is easily absorbed. This kind of problem was frequent on the space shuttles which used the same technology. And it has been the cause of many launch postponements. »

Like Endeavour & Discovery 

This is evidenced by the June 2009 liftoff of the Space Shuttle Endeavour. Engineers replaced a quick-disconnect mechanism in the hydrogen fuel line and two seals, one on the tank side and one on the ground-side fuel line. This repair was successful. But engineers could never determine the cause of the problem. It happened again in 2018, again with Endeavour. 

Then in November 2010, with a leak that appeared during the filling of the tanks under the shuttle Discovery. Afterwards, the technicians had even detected a 51 cm crack in the insulating foam during the draining of the hydrogen and liquid oxygen. 

Liftoff on September 19?

Still, as I write this, NASA has not decided on a date for a new launch attempt. Monday, September 5 or Tuesday, September 6 has been ruled out, leaving only the following potential dates starting on September 19.

  • September 19 – October 4: 14 launch opportunities. No launch opportunity on September 29
  • October 17 – October 31: 1 launch opportunity. No launch opportunities on October 24, 25, 26 and 28 
  • November 12 – November 27: 12 release opportunities. No launch opportunities on November 20, 21 and 26 
  • December 9 – December 23: 11 release opportunities. No launch opportunities on December 10, 14, 18 and 23

Défilé d’images pittoresques d’Artemis

[Cape Canaveral, September 2, 2022, rke, English below] – Regardez mon défilé de photos captées sur le pas de tir 39B qui montre la météo au fil de 6 jours.

Les 6 jours d’Artemis. Six jours, c’est le temps qu’il a fallu à nos appareils pour rester posé tout autour de la fusée. Nous sommes quelque deux-cents photographes à avoir fixé nos objectifs en face d’Artemis sur divers points positionnement. Comme convenu, nous avons pu entamer les réglages nécessaires. Après la pluie, les orages passagers, nos appareils ont subi les affres de la météo.
Dans l’attente de ce lancement, voici un panaché d’images successives, retirées de la carte mémoire de mon boîtier. Faites-les défiler et vous remarquerez l’évolution de la météo au fil des déclenchements. Quand je suis arrivé sur place, après ces 6jours, mon boîtier (Canon EOS 5DM3) a surchauffé et ne s’est plus rallumé, même avec des piles de rechanges. Le capteur est est « trigger » Miops qui réagit aux sons.

On attend avec impatience cette nouvelle tentative de décollage prévu ce samedi 3 septembre à 14h17 locale, 20h17 suisse.

Scroll through picturesque images from Artemis

[Cape Canaveral, September 2, 2022, rke] – Watch my scroll of photos captured on launch pad 39B that show the weather over the course of 6 days.

The 6 days of Artemis. Six days, that’s the time it took for our cameras to stay put all around the rocket. We are about two hundred photographers to have fixed our lenses in front of Artemis on various points. As agreed, we were able to start the necessary adjustments. After the rain, the passing storms, our cameras have suffered the torments of the weather.

While waiting for the launch, here is a mix of successive images, taken from the memory card of my camera. Scroll through them and you’ll notice the evolution of the weather as you go along. When I arrived on site, after these 6 days, my camera (Canon EOS 5DM3) overheated and did not turn on anymore, even with spare batteries. The sensor is « trigger » Miops which reacts to sounds.

We are looking forward to this new takeoff attempt scheduled for this Saturday, September 3rd at 2:17 p.m. local.

Entre « Ciel & Espace », la Lune

[Cape Canaveral, August 31, 2022, rke, English below] – En attendant notre retour sur le pas de tir pour réarmer nos objectifs, on piaffe d’impatience pour voir enfin s’envoler Artemis, samedi 3 septembre.

Émilie Martin & Philippe Henarejos.

L’annonce du report du lancement à samedi 3 septembre 2022 à 14h17 locale, 20h 17 suisse, nous a soulagés. D’une part parce qu’on a eu le temps de prendre un sacré coup de repos dont on avait fort besoin, d’autre part parce qu’on a pu se préparer encore mieux pour le lancement. On a aussi reçu de la NASA nos instructions pour aller soit, retirer nos appareils à photos sur le pas de tir pour ceux qui ne peuvent pas rester, soit pour y réaliser les ajustements nécessaires : changement de piles, contrôle de l’optique, stabilisation, etc. Je dois dire que je me réjouis de voir si tout mon équipement a tenu le coup après 6 jours sur place, soleil tapant ou averses en trombe. On doit se rendre sur place ce vendredi matin, un jour avant le lancement. Cela veut dire que je prolonge mon séjour d’une semaine, en raison des vols de retour, soit jusqu’au 9 septembre

Un p’tit tour, pas autour de la tour, mais du VAB

En attendant, on en a profité pour entreprendre une balade en bus depuis le centre des visiteurs du Kennedy Space Center. J’ai profité de cette escapade pour faire un peu le guide du coin. En fait, je n’ai jamais compté, mais cela doit faire une centaine de fois que je me rends sur les lieux. Et là, ma foi, je ne m’en lasse jamais. Il était intéressant de voir, avant un lancement, ce que les visiteurs peuvent voir avec le bus. Il n’y a pas de long trajet comme rarement jusque sur le pas de tir de SpaceX. Le bus contourne le gros bâtiment des véhicules (VAB) et s’arrête un moment pour distinguer très nettement Artemis à travers les vitres. Mais suffisant pour réaliser des photos. Cela vaut quand même le coup de faire le tour qui mène au bâtiment de Saturn 5. Là où est couchée la célèbre fusée lunaire, la vraie.

Une autre est exposée à Houston et la dernière a été modifiée dans les années septante pour lancer le laboratoire Skylab, le 14 mai 1973. En fait, c’est le troisième étage de cette Saturne 5 qui avait été vidé pour y installer un coin d’habitation. De ces trois engins restants (Apollo 18, 19, 20), il fallait bien en utiliser un à bon escient.

Le plein d’énergie sur la Lune

Parmi mes collègues, j’ai la chance de pourvoir partager les moments cruciaux de ce décollage avec Philippe Henarejos, rédacteur en chef et Émilie Martin, éditorialiste de « Ciel & Espace ». Il s’agit d’un magazine bimestriel de l’Association française d’astronomie consacré aux sciences de l’Univers et de son exploration totale, édité par l’Association française d’astronomie. Cette revue va tellement explorer loin qu’elle a décidé de « faire le plein d’énergie sur la Lune », d’où sa présence à la NASA. 

Émilie Martin à l’action pour photographier Atlantis.

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« Ciel & Espace » in a bridge between the Earth and the Universe

[Cape Canaveral, August 31, 2022, rke] – While waiting for our return on the launching pad to reset our camera, we are impatient to see Artemis take off on Saturday, September 3rd.

Regardez, sur l’échelle, sur le réservoir orange. Un employé répare la fusée qui n’as pas décollé. Mais non ! Je plaisante, il s’agit du réservoir de la navette Atlantis qui a subi des dégâts ! Look, on the ladder, on the orange tank. An employee is repairing the rocket that didn’t take off. No, it didn’t! I’m just kidding, it’s the tank from the damaged shuttle Atlantis!

The announcement of the postponement of the launch to Saturday, September 3, 2022, at 2:17 p.m. local time, 8:17 p.m. Swiss time, has relieved us. On the one hand, because we had the time to take a big rest which we needed, on the other hand, because we could prepare ourselves even better for the launch. We also received our instructions from NASA to either take our cameras to the launch pad for those who can’t stay, or to make the necessary adjustments: changing batteries, checking the optics, stabilization, etc. I have to say I’m looking forward to seeing if all my equipment has held up after 6 days on the site, blazing sun or pouring rain. We must get there this Friday morning, one day before the launch. This means that I extend my stay of one week, because of the return flights, until September 9th

A little tour, not around the tower, but around the VAB

In the meantime, we took the opportunity to take a bus ride from the Kennedy Space Center visitor center. I took advantage of this escapade to make a little the guide of the corner. In fact, I never counted, but that must make a hundred times that I go on the places. And there, my goodness, I never get tired of it. It was interesting to see, before a launch, what the visitors can see with the bus. There is no long ride like rarely to the SpaceX launch pad. The bus goes around the big vehicle building (VAB) and stops for a moment to see Artemis very clearly through the windows. But enough to take pictures. It is still worthwhile to take the tour that leads to the Saturn 5 building. Where the famous lunar rocket is lying, the real one.

Another one is exposed in Houston and the last one was modified in the seventies to launch the Skylab laboratory, on May 14, 1973. In fact, it is the third stage of this Saturn 5 that was emptied to install a living area. Of these three remaining spacecrafts (Apollo 18, 19, 20), it was necessary to use one of them well.

Full of Energy on the Moon

Among my colleagues, I have the chance to share the crucial moments of this takeoff with Philippe Henarejos, editor in chief and Émilie Martin, editorialist of « Ciel & Espace« . This is a bimonthly magazine dedicated to the sciences of the universe and its total exploration, published by the French Association of Astronomy. This magazine goes so far to explore that it has decided to « go to the Moon, » hence its presence at NASA.

Blog journalistique de Roland J.Keller – On-Site Reports With Swiss Feeling