Accompagnement lunaire et sensations tremblotantes

[Cap Canaveral, May 19, 2022. rke. English below] – À côté de la fusée lunaire de la NASA (SLC), j’assite à mon 34e décollage de fusée. Seul reporter étranger officiellement accrédité sur site, Atlas V de United Launch Alliance (ULA) décolle sous mes yeux le 19 mai 2022 à l’heure pile, 18h54 (locale), vendredi 20 mai à 0h54 (Suisse). Mon récit.

Même les reporters américains les plus aguerris n’ont pas forcément obtenu une autorisation pour monter sur le toit du fameux building historique VAB (Vehicle Assembly Building). De là, on a, évidemment, une vue plongeante sur tout l’horizon à 360 degrés, comme ce fut le cas lors de mes précédents trips : cliquez ici

Normal, car à l’intérieur de ce gros édifice de 160,02 mètres (525 pieds) de hauteur somnole la fusée lunaire SLS (Space Launch Système), autrement dit le système de lancement spatial du 98 m de hauteur qui a dû retourner dans son hangar. Après trois essais de compte à rebours simulé dans les conditions réelles sur son pas de tir SLC 39B, l’engin a eu quelques soucis sur les conduites d’hélium du site de lancement : fuite d’hydrogène sur les caissons d’avitaillement au pied de la fusée, vanne de pressurisation défectueuse sur le deuxième étage de SLS. Somme toute des pépins classiques que les tests avaient pour but de révéler – et en cela c’est une réussite – que les équipes vont pouvoir réparer prochainement.

Un deuxième test crucial

Bref, tout cela pour vous dire que je me sens davantage privilégié. D’une part, je suis le seul reporter étranger accrédité sur ce site, d’autre part, parce la SLS est à mes côtés, à quelques centaines de mètres de nous. Mais là, je ne suis pas le seul, puisque les chaînes de télévision et autres reporters sont à l’affût du lancement. À ma gauche, la (ou le) SLS, au bout de mon objectif : la tour de lancement SLC 41. À vol d’oiseau (en vue directe), on est à 3 miles d’Atlas 5, qui doit lancer la capsule Starliner sur orbite et qui doit, pour un deuxième essai, atteindre la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme commercial Commercial Crew Program. Comme je le mentionnais dans une News précédente, plusieurs anomalies techniques ont retardé jusqu’à présent le premier vol habité. Ce second essai sans équipage doit rassurer le fabricant Boeing et la NASA. Ce second décollage est crucial pour Boeing qui joue son va-tout, mais les équipes ont bossé depuis deux ans et demi sur ce semi-raté. Il ne faut pas oublier que la capsule avait réussi son retour en décembre 2019, malgré qu’elle n’ait pas atteint son objectif. Pour ma part, c’est d’autant plus important que j’ai eu l’occasion d’assister sur place, comme reporter, à l’ensemble de la mission et même voir la deuxième capsule en montage : cliquez ici

My video.

De minute en minute

Dans la Starliner, pas d’astronautes pour cette fois. La tension est toujours à son comble avant un décollage, mais pas autant qu’un vol habité. À 5 minutes du décollage, les reporters et le personnel du centre spatial s’activent et se rendent au lieu le plus adéquat pour avoir une meilleure vue. En fait, ce soir, on distingue la fusée très nettement, car on a le soleil dans le dos. Le ciel est légèrement voilé, mais suffisamment limpide pour suivre la trajectoire de l’engin spatial.

« Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ »

  • Heure H-5 minutes : sans même observer l’immense compte à rebours, une console de 10 mètres de large plantée devant, l’adrénaline nous pousse à nous concentrer aux derniers réglages de nos objectifs
  • Heure H-2 minutes : j’ai posé mon smartphone (iPhone 13 ProMax), sur une petite borne trouvée au hasard, proche de moi. Puis j’ai fixé mon Canon EOS R3 tout neuf (dont je fais le crâneur) avec un téléobjectif de 400 mm (200 mm avec un agrandisseur). Puis je tiens en main mon Canon EOS 5D Mark IV et mon objectif 28-300 mm. Je panique un peu, car je dois m’occuper des trois appareils à la fois. Mais ça va !
  • Heure H-1 minute : les derniers fonctionnaires du centre spatial ont encore juste le temps de sortir de leur bureau à l’extérieur pour se poser in extremis sur le terrain. On stresse, un peu, beaucoup, passionnément… c’est le moment !
  • Heure H-1 seconde. Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ.
  • Heure H-0.00 : Atlas V de United Launch Alliance (ULA) transportant l’engin spatial CST-100 Starliner de Boeing pour l’essai en vol orbital 2 (OFT-2) vers la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme d’équipage commercial de la NASA, a décollé le 19 mai à 18 h 54 EDT du complexe de lancement spatial 41 (SLC) de la station spatiale de Cap Canaveral. À ce jour, ULA a effectué 150 lancements avec un taux de réussite de 100 %. Il s’agit du 93e lancement réussi d’une fusée Atlas V et du 104e lancement depuis le SLC-41
  • Heure H+5 secondes : j’ai déjà réalisé une centaine d’images grâce à un réglage sur 36 images secondes (mode vidéo-photo), laissant mon objectif sur trépied faire le boulot, alors que je tiens an mai l’autre appareil. La fusée est vraiment très limpide au loin et je me rends compte que j’aurais dû monter davantage la vitesse d’obturation. Ce que je n’ai pas le temps de faire. Tant pis, je fais confiance aux appareils et puis, je m’en fiche un peu, car, le plus important pour moi est : d’être là ! Je me rends compte de la chance que j’ai et j’aurais voulu emmener toutes mes connaissances sur place pour leur faire plaisir
  • Heure H+10 secondes : les premiers vrombissement et craquement de l’engin spatial nous parviennent, de plus en plus stridents aux tympans. Le sol ne tremble pas forcément, mais les vrombissements de l’engin spatial secouent nos tripes. Ce n’est pas une navette spatiale qui décolle où là le sol tremble quelque peu.
  • Heure H+20 secondes : Atlas V est déjà si haute, qu’on la perçoit si petite et qu’il n’est plus nécessaire de garder la tête au ciel. Néanmoins, on reste prudent, en mémoire de ce qui s’est passé avec la navette Challenger le 28 janvier 1986 où j’étais sur cette même place unique en son genre.

Starliner est partie rejoindre l’ISS qu’elle a atteinte à la perfection. La couverture de mon 34e lancement sur site est aussi réussie.

Lunar Accompaniment and Trembling Sensations

[Cape Canaveral, May 19, 2022. rke] – Near the NASA lunar rocket (SLC), I attend my 34th rocket liftoff. The only foreign reporter officially accredited on site, Atlas V of United Launch Alliance (ULA) lifts off under my eyes on May 19, 2022 at the exact time, 6:54 p.m. (local), Friday May 20 at 0:54 a.m. (Swiss time). My story.

Even the most seasoned American reporters did not necessarily obtain an authorization to go up on the roof of the famous historic VAB building (Vehicle Assembly Building). From there, we have, obviously, a 360-degree view on the whole horizon, as it was the case during my previous trips: click here

Normal, because inside this big building of 160,02 meters (525 feet) of height sleeps the lunar rocket SLS (Space Launch System), in other words, the space launch system of the 98 m of height which had to return in its hangar. After three simulated countdown tests under real conditions on its SLC 39B launch pad, the spacecraft had some problems with the helium lines at the launch site: hydrogen leakage on the refueling tanks at the foot of the rocket, defective pressurization valve on the SLS second stage. All in all, these are classic glitches that the tests were designed to reveal – and in this respect they have been successful – and that the teams will soon be able to repair.

A Second Crucial Test

In short, all this to tell you that I feel more privileged. On the one hand, I am the only foreign reporter accredited on this site, on the other hand, because the SLS is next to me, a few hundred meters away from us. But I’m not the only one, since TV stations and other reporters are on the lookout for the launch. To my left, the SLS (or the), at the end of my lens: the SLC 41 launch tower. As the crow flies (in direct view), we’re 3 miles from Atlas 5, which is scheduled to launch the Starliner capsule into orbit and, for a second attempt, reach the International Space Station (ISS) as part of the Commercial Crew Program. As I mentioned in a previous News, several technical anomalies have delayed the first manned flight until now. This second unmanned test should reassure the manufacturer Boeing and NASA. This second takeoff is crucial for Boeing which plays its go-ahead, but the teams have been working for two and a half years on this semi-matched. We must not forget that the capsule had succeeded in its return in December 2019, despite not having reached its objective. For my part, it is all the more important that I had the opportunity to attend on the spot, as a reporter, to the whole mission and even see the second capsule in assembly: click here

« I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I look through the viewfinder and out of the viewfinder to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field of view.”

From Minute to Minute

In the Starliner, no astronauts this time. The tension is always at its highest before liftoff, but not as high as a manned flight. With 5 minutes to go before liftoff, reporters and space center personnel are busy moving to the most suitable location to get a better view. In fact, this evening, the rocket is clearly visible because the sun is behind us. The sky is slightly veiled, but clear enough to follow the trajectory of the spacecraft.

  • Time T-5 minutes: without even observing the immense countdown, a console of 10 meters broad planted in front of, the adrenalin pushes us to concentrate on the last adjustments of our objectives
  • Time T-2 minutes: I put my smartphone (iPhone 13 ProMax), on a small terminal found at random, near me. Then I fixed my brand-new Canon EOS R3 (which I’m showing off) with a 400 mm telephoto lens (200 mm with an enlarger). Then I hold up my Canon EOS 5D Mark IV and my 28-300mm lens. I panic a bit, as I have to deal with all three cameras at once. But that’s okay!
  • Time T-1 minute: the last civil servants of the space center still have just the time to leave their office outside to land in extremis on the ground. We stress, a little, a lot, passionately… it’s time!
  • Time T-1 second. I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I glance through the viewfinder and out of it to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field
  • Time T-0.00. Liftoff! United Launch Alliance (ULA) Atlas V carrying Boeing’s CST-100 Starliner spacecraft on Orbital Flight Test-2 (OFT-2) to the International Space Station (ISS) as part of NASA’s Commercial Crew Program, lifted off on May 19 at 6:54 p.m. EDT, from Space Launch Complex-41 (SLC) at Cape Canaveral Space Force Station. To date ULA has launched 150 times with 100 percent mission success. This marks the 93rd successful launch of an Atlas V rocket, and the 104th launch from SLC-41
  • Time T+5 seconds: I have already taken a hundred images thanks to a setting of 36 frames per second (video-photo mode), letting my tripod lens do the job, while I may hold the other camera. The rocket is clear in the distance, and I realize that I should have increased the shutter speed. I don’t have the time to do so. Too bad, I trust the cameras and I don’t care a bit, because the most important thing for me is to be there! I realize how lucky I am, and I would have liked to take all my acquaintances there to please them
  • Time T+10 seconds: the first humming and cracking of the spacecraft reach us, more and more strident to the eardrums. The ground does not necessarily shake, but the roars of the spacecraft shake our guts. It is not a space shuttle which takes off or there the ground shakes somewhat.
  • Time T+20 seconds: Atlas V is already so high that we perceive it so small and that it is not necessarily any more to keep the head to the sky. Nevertheless, we remain careful, in memory of what happened with the shuttle Challenger on January 28, 1986, when I was on this same unique place.

Starliner left to join the ISS which it reached perfectly. The coverage of my 34th launch on site is also successful.

Coup de poker pour Boeing : soit ça passe, soit ça casse !

[Cap Canaveral, May 19, 2022. rkeEnglish below] – En voyant ces images, ne croyez pas qu’on passe des vacances. En tant que reporters, nous sommes guidés et dirigés un peu comme des moutons, sécurité oblige. Ce mercredi 18 mai, nous avons eu l’occasion d’assister à la sortie de la fusée ULA-Atlas V / OFT-2.

À l’arrière, le pas de tir SLC 41. la fusée va sortir… Il fait, lourd.

Après deux ans de pandémie, la NASA a encore serré la vis des inscriptions. Une fois que nous sommes sur le Press Site, nous ne pouvons plus nous inscrire pour un transport soit, sur le toit du VAB, aux pieds de la fusée et à ce qu’on appelle le roll-out, qui, comme son nom l’indique consiste à sortir l’engin de son hangar. C’est la sixième fois que j’ai l’occasion de voir cette sortie. Il lui faut ¾ d’heure à la fusée pour parvenir du hangar au pas de tir pour parcourir environ 1 km. Il fait en ce moment 95 degrés F., soit. On assiste à tout le trajet à environ 1 km sur un monticule. De là, on peut voir les autres bases de lancement au loin. On a le soleil et l’Océan Atlantique dans le dos et une brise chaude est à peine ressentie. La fusée a eu ¼ d’heure de retard et elle a montré son nez à 10h15 précises, ce mercredi 18 mai 2022.

Ce lancement est important pour moi car j’ai eu le privilège de couvrir le premier test de cette capsule Starliner (OFT-1) en décembre 2019 : cliquez ici

Essai crucial sans équipage

Petite entrée en matière en ce qui concerne la mission. La Starliner (capsule conique) est le second vaisseau censé amener des astronautes de la NASA à la Station Spatiale Internationale dans le cadre du Commercial Crew Program. Mais plusieurs anomalies techniques ont retardé jusqu’à présent le premier vol habité. En ce mois de mai 2022, un second essai sans équipage doit rassurer le fabricant Boeing et la NASA. C’est un vol crucial. Si ça vole jusqu’au bout, Boeing va redorer son blason, sinon, c’est fichu pour les vols habités. Je leur tiens les pouces, car c’est, en quelque sorte, un peu de la concurrence à SpaceX. Enfin, je n’ose pas trop le dire. Disons que c’est complémentaire. Décollage prévu ce vendredi 20 mai à 0h54 du matin (Suisse), 18h54 (locale). 

  • Pour des infos succinctes, mais très complètes en français, je recommande une petite visite sur le site « Rêves d’Espace » : cliquez ci

Poker game for Boeing: either it passes, or it breaks!

Dorénavant, avant de nous amener à bon port, on appelle nos noms par hauts-parleurs.
From now on, before taking us to our destination, our names are called by loudspeakers
On guette la sortie… Watching for the exit

[Cape Canaveral, May 19, 2022. rke] – When you see these pictures, don’t think we are on vacation. As reporters, we are guided and directed a bit like sheep, security obliges. This Wednesday, we had the opportunity to attend the launch of the ULA-Atlas V / OFT-2 rocket.

La voilà !

After two years of pandemic, NASA has tightened the screw on registration again. Once we are at the Press Site, we can no longer sign up for a transport either, to the roof of the VAB, to the feet of the rocket and to what is called the roll-out, which, as the name implies is to take the craft out of its hangar. This is the sixth time I have had the opportunity to see this exit. It takes ¾ of hours to the rocket to reach the hangar to the launching pad to cover approximately 1 km. It is at this moment 95 degrees F. One attends all the way to approximately 1 km on a mound. From there you can see the other launch pads in the distance. We have the sun and the Atlantic Ocean at our backs and a warm breeze is barely felt. The rocket was ¼ of an hour late and showed its nose at 10:15 a.m. sharp, this Wednesday, May 18, 2022.

It’s an important launch for me because I had the privilege of covering the first test of this Starliner capsule (OFT-1) in December 2019: click here

A short introduction to the mission. The Starliner (conical capsule) is the second spacecraft that is supposed to take NASA astronauts to the International Space Station as part of the Commercial Crew Program. But several technical anomalies have delayed the first manned flight until now. In this month of May 2022, a second unmanned test should reassure the manufacturer Boeing and NASA. It is a crucial flight. If it flies to the end, Boeing will restore its reputation, otherwise, it’s over for manned flights. I’m holding their thumbs, because this is, in a way, a bit of competition to SpaceX. Well, I don’t dare say it. Let’s say it’s complementary. Liftoff scheduled for this Friday, May 20 at 0:54 a.m. (Swiss), 6:54 p.m. (local).

Falcon 9/Starlink – Un décollage express à l’aube

[Cap Canaveral, May 18, 2022. rke. English below] – Deux jours après mon arrivée, le 18 mai 2022, quelle ne fut pas ma surprise. J’ai dû de suite préparer mon équipement photo pour pouvoir prendre mes premiers shoots. Encore épuisé par le voyage, j’ai quand même eu le courage d’assister à un lancement, même à 15 km, en face de la fusée.

Photo du hat. Non, ce n’est pas encore le lancement de Starliner. J’attends celui de SpaceX Starlink.

Mais là, je ne suis pas accrédité, car il s’agit du tir de Falcon9 Starlink de SpaceX. Dans ce cas, j’ai juste eu besoin de me rendre sur un parc de Titusville pour assister au décollage, comme le public. Peu de monde sur place pour une mission qui est devenue une routine. Du complexe 40, la fusée a décollé à l’aurore à 6h59 (locale) après 49 minutes de retard, en emportant 53 satellites internet d’un coup. Du coup, la filme de Musk compte désormais pas moins de 2’500 engins opérationnels en orbite basse. Mes premières images d’ambiance avec celle du haut où j’ai quand même réussi mon coup avec mon tout nouveau boîtier Canon EOS R3 hybride.

Mercredi 18 mai 2022. Lever de soleil sur Titusville. Wednesday, May 18, 2022. Sunrise over Titusville. – Photo : rke

Falcon 9/Starlink – An Express Liftoff at Dawn

La pandémie de la Covid-19 a tué 1 million d’américains. En hommage, des milliers de drapeaux sont entreposés devant instances officielles. – Photo : rke

[Cape Canaveral, May 18, 2022 rke] – Two days after my arrival, on May 18, 2022, what a surprise. I had to get my camera equipment ready to take my first shots. Still exhausted by the trip, I still had the courage to attend a launch, even at 15 km, in front of the rocket.

But there, I am not accredited, because it is the launch of Falcon9 Starlink of SpaceX. In this case, I just needed to go to a park in Titusville to watch the launch, like the public. Few people on hand for a mission that has become routine. From complex 40, the rocket took off at dawn at 6:59 a.m. (local time) after 49 minutes of delay, carrying 53 internet satellites at once. As a result, Musk’s film now counts no less than 2’500 operational devices in low earth orbit. My first pictures of the atmosphere with the one above where I still managed to shoot with my brand new Canon EOS R3 hybrid camera.

Zurich – Miami sans masques à l’ère presque post-Covid

Un test antigénique, rapide, très rapide. Photo : rke

[Cap Canaveral, May 16, 2022. rke. English below] – Pour la première fois, j’ai réussi à décrocher un sourire à un douanier suisse en passant dans un portique à rayons X. J’ai apprécié passer un test Covid antigénique et adoré cocher les cases d’un formulaire américain. Cap au pays de l’Oncle Sam pour couvrir mon 34e lancement, celui de la capsule américaine Starliner de Boeing (OFT-2) aux pieds de la fusée Atlas 5.

Retourner aux USA, deux ans et trois mois après la pandémie, quelle angoisse. Petit rappel. Lors de mon premier trip pour le lancement de la sonde européenne Solar Orbiter à Cap Caveral, en février 2019, je suis rentré des USA deux jours avant la fermeture des pays due aux restrictions sanitaires. Quel bol ! Mais l’attente a été longue avant d’y retourner… aux USA. Il a fallu que l’épidémie se résorbe et que les conditions soient moins sévères, comme en ce moment.

C’est une occasion de vous décrire les étapes à franchir pour voyager en avion de nos jours. Les modalités, les avantages et les inconvénients.

Toujours ces vaccins, les trois !

La première démarche consiste à bien se renseigner. Les USA exigent les 3 vaccins Covid. Et toc ! La question est de savoir comment les Américains peuvent-ils contrôler notre PassCovid alors qu’il n’est valable qu’en Suisse. Le fameux QR code helvétique est un labyrinthe inconnu chez l’Oncle Sam. En lieu et place, le Département américain de la santé et des ressources humaines (U.S. Department of Health and Human Ressources) demande de remplir un formulaire de 5 pages baptisé CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Lien du CDC : cliquez ici

Si l’on est positif au Covid, on ne part pas de Suisse, car c’est indiqué comme tel sur le formulaire. Donc à quoi sert-il de le signaler aux douaniers US puisqu’on n’y va pas ? C’est la logique américaine…

Mais ce document n’est pas austère. Il y a deux sections à cocher. L’une si le test de 1 jour avant le départ est négatif, ou positif. L’autre si l’on a les 3 vaccins, ou pas. Si c’est positif, dans les deux cas, il y a la possibilité de répondre à des exceptions. Évidemment, c’est un peu biaisé. Si l’on est positif, on ne part pas, donc pas besoin de montrer le formulaire aux douanes. Disons que c’est la logique américaine.

Une fois parvenu au débarquement, pas celui de Normandie, mais de la douane US, il suffit de présenter le CDC. Et gare à celui qui dit qu’il est négatif au lieu de positif ! Mais de toute façon, peu importe puisqu’au Check-in de l’aéroport de départ, il est demandé le certificat Covid de 3 doses. Pas de boost, pas de décollage !

L’antigénique adoré

Deuxième contrainte : le fameux test avant le départ. Soit l’antigénique (24 heures avant) ou le PCR, 72 heures. Le plus simple est de choisir la première variante. Le test peut être réalisé à l’aéroport de Zurich quelques heures avant le départ, mais ce n’est pas forcément la bonne solution. Pour ma part, j’ai préféré passer une nuit avant à l’hôtel et me faire tester à ce moment-là. En principe, il est possible de passer au centre de diagnostics de l’aéroport sans rendez-vous, mais il est quand même conseillé de s’inscrire au préalable, ce qui facilite les démarches une fois sur place. C’est l’entreprise FlyEnder qui s’occupe de ces tests.

Voici le lien FlyEnder : www.enderdiagnostics.com

Je dois reconnaître que la procédure est parfaitement rodée et que le passage au test rapide est… rapide, sans désagrément grâce à un coton-tige pris dans la bouche et à peine entré dans le nez.

Check-in : fini les bornes

Une fois ces deux formulaires en main, le CDC et le test Covid, vient le Check-in. À Zurich, il n’est plus possible, à la sortie du train du hall de gare de l’aéroport, d’enregistrer personnellement ses bagages sur les diverses consoles munies d’écran pour la simple et bonne raison qu’elles ont disparu. Dommage, car on s’y était accoutumé. Néanmoins, cela est possible de déposer ses bagages au desk du tapis roulant pour ceux qui auraient préalablement réalisé le Check-in, en ligne. De là, on est un peu désemparé, car on ne sait pas où aller s’enregistrer. En tous, ce n’est pas mis en évidence. J’ai donc dû me rendre au 1er étage du Terminal 1 pour enfin repérer les comptoirs (pour ne plus dire Desks) d’enregistrement de la compagnie Swiss.

Au départ de Zurich. Photo : rke

Au scanner, plus de souliers

Vient le passage redouté au contrôle des personnes, à la fouille humaine. Depuis la pandémie, qui je le rappelle n’est pas résorbée, je me suis méfié davantage de ce moment. Mais rien n’a changé : défilement des personnes dans une allée en serpentin, dépose de tous les objets corporels dans des bacs en plastique, puis passage au portail-scanner. « Mais non, pas besoin d’enlever les souliers ! » me lance le douanier de l’autre côté de l’entrée. Ah, chouette ! Je les laisse…

Bip, Bip. On me demande de repasser le portail, et Bip, Bip à nouveau. Quelle angoisse. Je me sens gêné pour les autres passagers et mes affaires qui défilent à l’infini du tapis roulant. Et encore Bip, Bip ! Cette fois, je suis fichu. On va me garder à Zurich. Mais non, je plaisante !

Dès lors, le douanier regarde mes chaussures et ne demande, en Suisse allemand :

  • Vous avez quoi comme souliers ?
  • Ben, des normaux, lui dis-je ?
  • N’avez-vous pas par hasard une paire avec un embout de sécurité en métal ?
  • Heu, ah oui, il me semble. Marchez dessus, vous verrez bien !

Le douanier s’exécute et pose son pied sur le bout du mien et, effectivement, je ne pensais plus que j’avais des chaussures de sécurité. Du coup, j’ai réussi à faire sourire un douanier !

Le tampon bleu américain

Reste encore à passer au contrôle des passeports où, comme de coutume, le service de sécurité américain doit timbrer le billet d’avion d’un tampon bleu. C’est juste avant l’entrée du portique d’embarquement. Et là encore, je réussis à décrocher un sourire de l’hôtesse qui m’a souhaité un agréable voyage. Bizarre, car d’habitude, c’est la méfiance qui prédomine.

Ah, encore une chose. Plus de masques dans l’aéroport ni dans les avions, sauf pour les irréductibles.

Au bout du compte, le début de ce voyage est plus agréable que la période d’avant Covid. Comme quoi, la pandémie a eu du bon. On dirait que tout un chacun est devenu plus conciliant et les contrôleurs plus empathiques. Bigre, ferait-il bon voyager à nouveau ?

À l’arrivée à Miami. Photo : rke

Le comble…

Pour le fin mot de l’histoire, notre vol Swiss LX64 (Boeing 777-300) a atterri à Miami avec trois heures de retard, dû à un problème technique à un moteur au décollage de Zurich. Le comble : le douanier ne m’a même pas demandé ma feuille Covid CDC !

Mais allez, passez ! Me voilà en Amérique.

Zurich – Miami without masks in the almost post-Covid era

From Zurich, a beautiful Emirates A380. Photo : rke

[Cape Canaveral, May 16, 2022] – For the first time, I managed to get a smile out of a Swiss customs officer as I passed through an X-ray portal. I enjoyed taking a Covid antigen test and loved checking off the boxes on an American form. Heading to Uncle Sam’s country to cover my 34th launch, that of Boeing’s American Starliner capsule (OFT-2) at the feet of the Atlas 5 rocket.

Going back to the USA, two years and three months after the pandemic, what anguish. A little reminder. On my first trip to the launch of the European Solar Orbiter probe at Cape Caveral in February 2019, I returned from the US two days before the countries shutdown due to health restrictions. What a stroke of luck! But it was a long wait to get back… to the US. It took the outbreak to subside and the conditions to be less severe, as they are right now.

This is an opportunity to describe to you the steps to take to travel by plane nowadays. The modalities, the advantages and the disadvantages.

Always those vaccines, all three!

The first step is to be well informed. The USA requires the 3 Covid vaccines. And that’s it! The question is how the Americans can control our Covid Pass when it is only valid in Switzerland. The famous Swiss QR code is an unknown labyrinth in Uncle Sam. Instead, the U.S. Department of Health and Human Resources asks you to fill out a 5-page form called CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

But this document is not austere. There are two sections to check off. One if the test of 1 day before departure is negative or positive. The other one if you have the 3 vaccines, or not. If it is positive, in both cases, there is the possibility to answer exceptions. Obviously, it is a bit biased. If you are positive, you don’t leave, so you don’t have to show the form to customs. Let’s say that’s the American logic.

Once you arrive at the landing, not the one in Normandy, but at the US customs, you just have to show the CDC. And beware of the one who says it is negative instead of positive! But anyway, it doesn’t matter because at the check-in of the departure airport, the Covid certificate of 3 doses is required. No boost, no take-off!

The Beloved Antigen

On arrival in Miami with more than 3 hours of delay. Photo : rke

Second constraint: the famous test before departure. Either the antigenic (24 hours before) or the PCR, 72 hours. The easiest way is to choose the first variant. The test can be done at the airport in Zurich a few hours before departure, but this is not necessarily the best solution. For my part, I preferred to spend one night in a hotel before and to be tested at that time. In principle, it is possible to go to the diagnostic center at the airport without an appointment, but it is still advisable to register beforehand, which makes it easier once you are there. The company FlyEnder is in charge of these tests.

I have to admit that the procedure is perfectly worked out and that the passage to the quick test is… fast, without any inconvenience thanks to a cotton swab taken in the mouth and barely entered the nose.

Check-in: no more terminals

Once these two forms in hand, the CDC and the Covid test, comes the check-in. In Zurich, it is no longer possible to personally check in your luggage at the various consoles with screens when you leave the train at the airport station, for the simple reason that they have disappeared. It’s a pity, because we were used to it. Nevertheless, it is possible to drop off your luggage at the conveyor belt desk for those who have previously checked in online. From there, we are a bit confused, because we don’t know where to check in. In all, it is not highlighted. So I had to go to the 1st floor of Terminal 1 to finally find the check-in counters (not to say desks) of the Swiss company.

At the Scanner, No More Shoes

Then came the dreaded human search. Since the pandemic, which I remind you is not over, I have been more wary of this moment. But nothing has changed: people are paraded down a serpentine aisle, all body objects are deposited in plastic bins, and then they pass through the portal scanner. « But no, you don’t have to take off your shoes », says the customs officer on the other side of the entrance. Oh, great! I leave them…

Beep, beep. They ask me to go back through the gate, and Beep, Beep again. What anguish. I feel embarrassed for the other passengers and my things that scroll to the infinity of the conveyor belt. And again Beep, beep! This time, I’m done for. They’re going to keep me in Zurich. But no, I’m kidding!

From then on, the customs officer looks at my shoes and asks, in Swiss German:

⁃ What kind of shoes do you have?

⁃ Well, normal ones, I tell him?

⁃ Do you by any chance have a pair with a metal safety toe cap?

⁃ Uh, ah yes, I think so. Step on it, you’ll see!

The customs officer complies and puts his foot on the toe of mine and indeed, I didn’t think I had safety shoes anymore. As a result, I managed to make a customs officer smile!

The American Blue Stamp

I still have to go through passport control where, as usual, the American security service has to stamp the plane ticket with a blue stamp. It is just before the entrance of the boarding gate. And there again, I managed to get a smile from the stewardess who wished me a pleasant trip. Strange, because usually, it’s mistrust that prevails.

Ah, one more thing. No more masks in the airport or on the planes, except for the diehards.

In the end, the beginning of this trip is more pleasant than the period before Covid. So the pandemic has had its benefits. It seems that everyone has become more accommodating and the controllers more empathetic. Boy, would it be nice to travel again?

The last straw…

To make a long story short, our Swiss flight LX64 (Boeing 777-300) landed in Miami three hours late, due to a technical problem with an engine on takeoff from Zurich. To top it all off, the customs officer didn’t even ask me for my Covid CDC sheet!

But come on, pass! Here I am in America.

Pupilles/papilles dans l’espace et dans le Jura

[Courrendlin, Switzerland, March 26, 2021, rke. English below]  – Savez-vous quelle différence il y a entre un mille-feuille et un feuilleton ? Aucune, car entre chaque tranche il y a de la saveur. Je vous parle de ce sujet parce que les astronautes ont eux aussi droit à du dessert dans l’espace et parce que dans le Jura, à Delémont plus précisément, s’est déroulé le Salon interjurassien de la formation.

Chloé Schweingruber me présente son oeuvre pâtisserie. – Photo © : Jean-Michel Probst.

Du 23 au 27 mars 2022, le public a pu découvrir 200 métiers et formations répartis sur près de 70 stands. Lors de cette rencontre de la jeunesse, qui a connu un vif succès, les meilleurs apprentis micromécanicien·ne CFC et dessinateur·trice en construction microtechnique CFC de toute la Suisse se sont affrontés lors de championnats individuels. Mais pas seulement.
Les 6 meilleurs de chaque métier ont obtenu leur précieux billet pour les SwissSkills.

La fusée de Chloé Schweingruber
Pour la première fois, le métier de bouche s’est tenu à la halle des expositions à Delémont, plutôt qu’à l’École professionnelle artisanale, rue de la jeunesse à Delémont. La Neuchâteloise Chloé Schweingruber de Lignières qui travaille à la boulangerie Donzé, à Tramelan, a remporté le 2e prix des boulangers-pâtissiers, derrière Maxine Bendit de Courchavon de la boulangerie Bernhard de Fontenais.

Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf

Des hublots en gélatine
« L’idée de cette fusée m’est venue suite à un travail professionnel d’approfondissement, un dossier à fournir pour l’école, dont le thème était la nourriture spatiale. J’avais alors imaginé une fusée dans un parc qu’on pouvait déplacer vers plusieurs planètes et qu’on pouvait manger à l’intérieur. Un restaurant gastronomique dans la fusée. Du coup, j’ai eu l’idée de reprendre ce sujet et de l’adapter pour le salon jurassien », explique Chloé.
Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf. Et la consistance des planètes ? : « à l’intérieur, de la framboise et d’un biscuit normal. Comme garniture, il y a aussi les petits biscuits en forme d’astronaute.
Le hublot de la fusée, c’est de la feuille de gélatine qu’on peut acheter. » Et les aliens ? « Ils sont en massepain ! ».
Chloé s’est spécialisée dans la cuisine-boulangerie. Elle aimerait plus tard lancer sa propre entreprise dans le domaine du « service traiteur ».  

Feuilleton spatial sur RFJ/RJB/RTN
5 épisodes, du 21 au 25 mars

Dans mon bureau. Photo © : jean-Michel Probst

Autres articles

Steve Swanson harvests a_crop of red romaine lettuce plants. – Photo : NASA

Taste buds in space and in the Swiss Jura

In Delemont, canton of Jura (Switzerland), bakery students make decorations for pastries. – Photo : rke

Do you know what the difference is between a mille-feuille (a famous Swiss pastry) and an order form? None, because between each slice there is flavor. I’m talking about this topic because astronauts are also entitled to dessert in space and because in the Jura, in Delémont to be precise, the « Salon interjurassien de la formation » took place.

From March 23 to 27, 2022, the public was able to discover 200 professions and training courses spread over nearly 70 stands. During this youth event, which was a great success, the best CFC micromechanics and CFC microtechnology construction draftsmen apprentices from all over Switzerland competed in individual championships. But not only that.
The 6 best in each profession obtained their precious ticket for the SwissSkills.

The rocket of Chloé Schweingruber
For the first time, the food trade was held at the exhibition hall in Delémont, rather than at the Vocational School for Crafts, rue de la jeunesse in Delémont. Chloé Schweingruber from Lignières, Neuchâtel, who works at the Donzé bakery in Tramelan, won the 2nd prize for bakers, behind Maxine Bendit from Courchavon of the Bernhard bakery in Fontenais.

Portholes made of gelatin
« The idea of this rocket came to me after a professional work of deepening, a file to be provided for the school, whose topic was the space food. I imagined a rocket in a park that could be moved to several planets and eaten inside. A gourmet restaurant in the rocket. So I had the idea of taking this subject and adapting it for the Jura exhibition, » explains Chloé.
The body of the spacecraft is made of nougatine and the decoration of royal glaze, powdered sugar with egg white. And the consistency of the planets: « inside, raspberry and a normal cookie. As a filling, there are also small cookies in the shape of an astronaut.
The window of the rocket is gelatin sheet that you can buy. » And the aliens? « They’re made of marzipan! ».
Chloe specializes in cooking and baking. She would later like to start her own business in the « catering » field. 

Will Elon Musk be able to inspire himself from Chloe to launch his Starship rocket? – Photo : rke
Photo © SpaceX

Le cadeau du père Noël est arrivé : Ariane V s’est envolée le 25 décembre 2021

Ariane V (VA 256) s’est envolée à Noël de Kourou, Guyane française, le 25 décembre à 13h20 (Suisse). Photo : ESA / CNES

The James Webb Space Telescope was successfully deployed into the intended orbit approximately 28 minutes after being launched by an Ariane 5 launch vehicle (Ariane Flight VA256) from Ariane Launch Complex No. 3 (ELA 3) at Guiana Space Centre in Kourou, French Guiana, on 25 December 2021, at 12:20 UTC (09:20 local time, 07:20 EST, 13:20 CET).

Some statistics 

  • 256th launch of an Ariane rocket since 1979
  • 338th Arianespace mission
  • 112th launch of an Ariane 5 rocket since 1996
  • 85th satellite for ESA launched by Arianespace
  • 79th launch of an Ariane 5 ECA rocket since 2002
  • 87th flight of a Vulcain 2 engine
  • 111th flight of an HM7B engine
  • 2nd Ariane 5 launch targeting L2 Lagrange point
  • 7th launch from the Guiana Space Center in 2021
  • 3rd Ariane 5 launch in 2021

Sur la radio RFJ
Mon passage à La Matinale du 25 décembre 2021

Coordination scientifique zurichoise pour l’instrument MIRI

Test des instruments scientifiques. Les trois unités du proche infrarouge ont été refroidies à environ -233°C, tandis que l’instrument du moyen infrarouge a atteint une température encore plus basse de -266°C, pour un total de 116 jours. – Photo : NASA/Goddard/C. Gunn

[Courrendlin, December 25, 2021, rke, English below] Dans le cadre du consortium de l’instrument MIRI, l’EPFZ coordonne et chapeaute l’assemblage, les tests et l’intégration de l’appareil infrarouge MIRI. Et ce, grâce aux deux chercheurs suisses Simon Lilly et le Dr Adrian Glauser.

L’Institut de physique et d’astrophysique des particules (IPA) du département de physique de L’École polytechnique fédérale de Zurich (MIRI) fait partie du consortium MIRI (Mid-Infrared Instrument) du télescope spatial James Webb. MIRI est développé conjointement par les États-Unis et un consortium européen (CE) financé par des fonds nationaux, sous l’égide de l’Agence spatiale européenne. Le CE est responsable de l’optique, du banc optique, de l’assemblage, de l’intégration et des tests de l’instrument MIRI.  MIRI sera refroidi à 7 K et sera la partie la plus froide du JWST. Cette gamme de longueurs d’onde, associée à la sensibilité inédite du JWST, ouvrira une nouvelle ère de la recherche en astrophysique.

Transféré à l’EPFZ en 2008
Initialement, la contribution suisse était dirigée par le Dr Alexander Zehnder à l’Institut Paul Scherrer (PSI). En 2008, le projet a été transféré à l’EPFZ. Depuis 2007, le Dr Adrian Glauser est le chef de projet national suisse pour la participation au consortium de l’instrument MIRI pour le JWST et supervise les contributions des partenaires industriels suisses, RUAG Aerospace et SYDERAL. Il est soutenu dans son travail par le professeur Polychronis Patapis. Le professeur Manuel Guedel (Université de Vienne et professeur associé à l’EPFZ) est le co-chercheur principal suisse, le professeur Simon Lilly et le Dr Adrian Glauser sont les co-chercheurs suisses du consortium MIRI, respectivement.

MIRI est un instrument (imageur et spectromètre) de l’extrême puisqu’il collecte les rayonnements les plus longs (entre 5 et 29 microns) donc les moins chauds. Il est refroidi en dessous de la température déjà très froide de l’ensemble du télescope, jusqu’à -266°C par un liquide cryogénique, et il est équipé d’un coronographe (par « masque de phase ») qui permet d’éviter que l’image froide soit inondée par la lumière de la source lumineuse la plus proche (le plus souvent l’étoile de la planète visée). L’objet est cosmologique, recherche de la « première lumière » au sortir des « âges sombres », et astrophysiques, la formation des étoiles et la formation des systèmes planétaires.

Pourquoi le Webb observe-t-il dans l’infrarouge ?
En observant dans l’infrarouge, le Webb révélera tout un univers jusque là caché à nos yeux : des étoiles et des systèmes planétaires se formant dans des nuages de poussière et la première lumière des premières étoiles et galaxies jamais formées.

Pierre Brisson

Merveille technologique
Lire l’excellent article de Bierre Brisson président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l’Association Planète Mars (France), économiste de formation (University of Virginia), ancien banquier d’entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

Les autres contributions suisses

Contributeurs au JWST : 8 Suisses dans le coup !

Au nombre de 306 dans le monde dont 153 américains, 14 canadiens et 173 européens dont 8 suisses :

  • Syderal SA, Neuchâtel
  • Swiss Space Office, Berne
  • RUAG, Zurich
  • Physikalisches Institut, Berne
  • Paul Scherrer Institute, Villigen
  • Observatoire de Genève
  • ETH, Institute for Particle Physics and Astrophysics, Zurich
  • APCO Technologies SA, Aigle

La participation Suisse concerne surtout MIRI, l’instrument le plus délicat du JWST puisque c’est celui qui observera dans l’environnement le plus froid.

ZURICH. Contamination Control Cover. Ce couvercle, développé par RUAG Space, protégera MIRI contre la contamination externe pendant la phase de refroidissement des tests et après le lancement.
En outre, ce cryo-mécanisme fait office d’obturateur optique pour l’instrument afin de permettre l’étalonnage à bord et de protéger les détecteurs contre les objets brillants (photo ci-dessous)

NEUCHÂTEL. Cryo-câbles. Ces câbles, développés par l’entreprise neuchâteloise SYDERAL SA sont constitués de 250 fils électriques qui relient les mécanismes cryogéniques, les sources d’étalonnage et les capteurs de température du banc optique froid avec l’électronique chaude (Photo ci-dessous)

Zurich scientific coordination for the MIRI instrument

Adrian Glauser with a model of the James Webb Space Telescope, which will begin its journey into space in the next few days. (Image: ETH Zurich/D-​Phys/Heidi Hostettler)

As part of the MIRI consortium, ETH Zurich is coordinating and leading the assembly, testing and integration of the MIRI infrared instrument. This is thanks to two Swiss researchers Simon Lilly and Dr Adrian Glauser

The Institute for Particle Physics and Astrophysics (IPA) at the ETH Zürich Department of Physics is part of the James Webb Space telescope Mid-​Infrared Instrument (MIRI)call_made consortium. MIRI is jointly developed by the USA and a nationally funded European Consortium (EC) under the auspices of the European Space Agency. The EC is responsible for the optics, optical bench, and assembly, integration, and test of the MIRI instrument. 

The Mid Infrared Instrument (MIRI) is one of the four science instruments on JWST and the only one which covers the poorly explored wavelength ranges from 5 μm to 28 μm. Therefore, MIRI will be cooled at 7 K and is the coldest part in the JWST. This wavelength range combined with the border breaking sensitivity of JWST will initiate a new age of astrophysical research.

Initially, the Swiss contribution was led by Dr. Alexander Zehnder at the Paul Scherrer Institute (PSI). In 2008, the project was transferred to ETH Zurich. Since 2007, Dr. Adrian Glauser serves at Swiss National Project Lead for participation in the MIRI Instrument Consortium for the JWST and oversees the contributions of the Swiss industry partners, RUAG Aerospacecall_made and SYDERAL SAcall_made. He is supported in his work by Polychronis Patapis. Prof. Manuel Guedel (University of Vienna and Associate Professor at ETH Zurich) serves as the Swiss co-​Principle Investigator, Prof. Simon Lilly and Dr. Adrian Glauser as Swiss co-​Investigators for the MIRI Consortium, respectively.

Swiss industry contribution

Contamination Control Cover on its mechanical support bracket manufactured by RUAG Aerospace (Image: MIRI)
  • Contamination Control Cover. The cover, developed by RUAG Aerospacecall_made, will protect MIRI against external contamination during the cooldown phase of the tests and after the launch. Additionally, this cryo-​mechanism acts as an optical shutter for the instrument to allow on-board calibration and to protect the detectors against bright objects.

  • NEUCHÂTEL. Cryo-​Cables. These cables, developed by SYDERAL SAcall_made consist of 250 electrical wires which connect the cryogenic mechanisms, calibration sources and temperature sensors of the cold optical bench with the warm electronics.
Cryotest facility at PSI equipped with the SYDERAL cables ready for cryogenic performance testing (Image: MIRI)

JWST – un télescope sanglé sur un siège suisse

Les campagnes de tests cryogéniques et sous vide du spectrographe proche infrarouge (NIRSpec) de WST ont été entreprises dans les installations de test de l’IABG en Allemagne. – Cette photo montre des ingénieurs de l’IABG soulevant le couvercle d’une caisse de transport contenant NIRSpec. Les ressorts, dans des sacs avec du ruban adhésif rouge, séparent les deux structures de transport APCO et isolent la caisse NIRSpec des vibrations et des chocs pendant le transport. – Le NIRSpec lui-même peut être vu enveloppé dans une isolation multicouche grise semblable à une feuille d’aluminium.

WST’s Near InfraRed Spectrograph (NIRSpec) cryogenic and vacuum test campaigns were undertaken at the IABG test facility in Germany. This shot shows engineers at IABG lifting the cover off a transport crate containing NIRSpec. The springs, in bags with red tape on them, separate the two APCO transport structures and isolate the NIRSpec box from vibrations and shock during transport. NIRSpec itself can be seen wrapped in grey foil-like multilayer insulation. – Photo : EADS Astrium

[Courrendlin, December 22, 2021, rke. English below.]
Après mes 33 lancements sur site au pied des fusées, je suis toujours bloqué en Suisse en raison de la Covid-19, je dois publier mes news au pays. Le lancement du JWST est toujours prévu ce samedi 25 décembre à 13h20 (heure suisse) de Kourou en Guyane française. Le père Noël fera-t-il un cadeau aux astronomes ?

Photo du haut : déploiement des coiffes suisse de RUAG laissant entrevoir le JWST – © ESA

Claude Nicollier (au centre) et Didier Manzoni à sa droite lors du show JWST le 17 décembre 2021 au Musée des transports de Lucerne. – Photo : rke

Interview exclusive (II)
avec Didier Manzoni
directeur de la division Espace d’APCO Technologies à Aigle

À travers son « Centre d’excellence » innovant, APCO Technologies réalise l’ensemble des moyens transversaux, des conteneurs de transport et des équipements de manutention des modules de propulsion ainsi que du composite d’un lanceur.  Qu’en est-il du JWST ? Interview avec Didier Manzoni, directeur d’APCO Technologies à Aigle.

Monsieur Manzoni, comment votre entreprise a-t-elle réussi à avoir le mandat de l’ESA pour ce projet de JWST ?
Comme on livre aussi bien des systèmes pour les satellites que pour les lanceurs, il allait de soi que nous puissions avoir un mandat pour le JWST. Comme c’est une mission de l’ESA et que notre pays y participe grâce au Swiss Space Office (SSO), on a décroché le contrat après avoir répondu à plusieurs appels d’offres.

APCO a fourni un adaptateur et un collier de serrage à très haute résistance utilisés pour sécuriser le JWST

Quel élément précisément de JWST avez-vous monté à Aigle ?
En ce qui concerne les moyens sols, nous avons livré un adaptateur et un collier de serrage à très haute résistance qui ont été utilisés pour sécuriser JWST durant tous ses essais et ses opérations au sol. Nous avons aussi livré des équipements permettant de monter l’instrument NIRSpec et enfin nous avons livré la structure d’interface de ce même instrument NIRspec. Il y aura de l’APCO Technologies en orbite sur JWST.

À Aigle, vous avez des halles de 16’000 m2, c’est très grand. Comment sont acheminés les éléments de satellite ou de lanceur ?
En camion par la route et l’autoroute. Le matériel est logé dans des conteneurs spécifiques escortés par la police. Par exemple, les conteneurs contenant les coiffes d’Ariane peuvent partir sur le Rhin et aller jusqu’à Brême. D’autres conteneurs partent pour Toulouse ou à Friedrichshafen chez Airbus ou à Cannes chez Thales. Le transport final d’un satellite se fait généralement par avion-transport jusqu’à Kourou.

Quelle difficulté pouvez-vous rencontrer lors du transport de l’un de vos satellites ?
On a des spécifications qui indiquent les efforts qui doivent être appliqués pendant le voyage en avion, dans le bateau et sur les routes. On doit s’assurer qu’il n’y aura aucun problème durant toutes les étapes du transport. Soit entre APCO et le maître d’œuvre (Airbus, Thales,…), soit de l’endroit où le satellite est terminé jusqu’à Kourou.

Après JWST, qu’avez-vous dans le pipeline… quels mandats ?
Le plus gros projet actuel, c’est Ariane 6. On a livré tous les moyens sols importants pour Ariane Group et pour le Centre National d’Études Spatiales (CNES). On livre les parties hautes et basses des moteurs auxiliaires.
Pour garantir des cadences de production élevées, nous avons spécialement développé et déployé des compétences « Industrie 4.0 » en investissant dans un tout nouvel atelier de production pour fabriquer des lots importants de sous-ensembles pour le lanceur Ariane 6.Nous avons aussi livré des équipements permettant de monter l’instrument NIRSpec et enfin nous avons livré la structure d’interface

D’autres projets en vue ?
Nous sommes aussi en charge du sous-système structures de plusieurs missions du programme Copernicus et de missions scientifiques ainsi que de projets commerciaux

JWST’s Near InfraRed Spectrograph (NIRSpec).  © Airbus Defence and Space GmbH

NIRSPEC – LE SPECTROGRAPHE PROCHE INFRAROUGE SUR JWST
L’objectif scientifique principal de NIRSpec est de permettre de grands relevés spectroscopiques d’objets astronomiques, avec un accent particulier sur l’étude des galaxies lointaines. Cet objectif a présidé à la conception de ce spectrographe multi-objets, capable de mesurer simultanément les spectres de 200 objets dans un champ de vision de 3,4 minutes d’arc × 3,6 minutes d’arc. NIRSpec comprend également cinq fentes fixes et une unité de champ intégrale qui fournissent les spectres de sources ponctuelles et d’objets étendus, respectivement. Six grilles fournissent une spectroscopie à haute résolution (λ/Δλ=R=1400-3600) et à moyenne résolution (R=500-1300) sur la gamme de longueurs d’onde de 0,7 µm – 5 µm, tandis qu’un prisme permet une spectroscopie à plus basse résolution (R=30-300) sur la gamme de 0,6 µm – 5 µm.

NIRSpec a été construit par l’industrie européenne selon les spécifications de l’ESA et géré par le projet JWST de l’ESA à l’ESTEC, aux Pays-Bas. Le maître d’œuvre est Airbus Defence and Space à Ottobrunn, en Allemagne. Les sous-systèmes du détecteur NIRSpec et du réseau de micro-obturateurs sont fournis par le Goddard Space Flight Center (GSFC) de la NASA.

  • Prochaine News : coordination zurichoise pour MIRI
Mission accomplished. The final taping of the protective cover is applied and the James Webb Space Telescope NIRSpec instrument is in its final flight configuration and ready to go back into the Integrated Science Instrument Module. – From left to right: Ralf Ehrenwinkler (Airbus DS), Frank Merkle (Airbus DS), Kai Hoffmann (Airbus DS), Robert Eder (Airbus DS), Max Speckmaier (Airbus DS) and Maurice te Plate (ESA). – Photo : NASA / C. Gunn

A Telescope Strapped Over a Swiss Seat

Exclusive interview
with Didier Manzoni
Director of the Space Division of APCO Technologies
in Aigle (near Lausanne), West of Switzerland

Through its innovative « Center of Excellence », APCO Technologies produces all the transverse means, transport containers and handling equipment for the propulsion modules and the composite of a launcher. What about the JWST? Interview with Didier Manzoni, director of APCO Technologies in Aigle.

Mr. Manzoni, how did your company manage to get the mandate from ESA for this JWST project?
Since we deliver systems for satellites as well as for launchers, it was obvious that we could get a mandate for the JWST. Since this is an ESA mission and our country is participating through the Swiss Space Office (SSO), we were awarded the contract after having responded to several calls for tender.

What precisely is the JWST component you have assembled in Aigle?
In terms of ground facilities, we delivered an adapter and a very high strength clamp that were used to secure JWST during all its tests and ground operations. We also delivered equipment to mount the NIRSPEC instrument and finally we delivered the interface structure of the same NIRSPEC instrument. There will be APCO Technologies in orbit on JWST.

In Aigle, you have 16’000 m2 halls, it’s very big. How are the satellite or launcher components transported?
By truck via the road and highway. The equipment is housed in specific containers escorted by the police. For example, the containers containing the Ariane covers can leave on the Rhine and go as far as Bremen. Other containers go to Toulouse or to Friedrichshafen at Airbus or to Cannes at Thales. The final transport of a satellite is usually by airlift to Kourou.

What difficulties might you encounter when transporting one of your satellites?
We have specifications that indicate the forces that must be applied during the trip by plane, in the ship and on the roads. We have to make sure that there will be no problems during all stages of the transport. Either between APCO and the prime contractor (Airbus, Thales,…), or from where the satellite is completed to Kourou.

  • Next News : Zurich coordination for MIRI

NIRSPEC
THE NEAR-INFRARED SPECTROGRAPH ON JWST
The primary science goal for NIRSpec is to enable large spectroscopic surveys of astronomical objects with a particular focus on the study of distant galaxies. It has driven the design of this multi-object spectrograph, which is capable of measuring the spectra of up to 200 objects simultaneously in a 3.4 arcminute × 3.6 arcminute field of view. NIRSpec also includes five fixed slits and an integral field unit that provide spectra of point-like sources and of extended objects, respectively. Six gratings provide high-resolution (λ/Δλ=R=1400-3600) and medium-resolution (R=500-1300) spectroscopy over the wavelength range of  0.7 µm – 5 µm, while a prism yields lower-resolution (R=30-300) spectroscopy over the range 0.6 µm – 5 µm.

NIRSpec has been built by European industry to ESA’s specifications and managed by the ESA JWST Project at ESTEC, the Netherlands. The prime contractor is Airbus Defence and Space in Ottobrunn, Germany. The NIRSpec detector and micro-shutter array subsystems are provided by NASA’s Goddard Space Flight Center (GSFC).

Artist rendering of the James Webb Space Telescope Near-InfraRed Spectrograph (NIRSpec) instrument. This figure shows the path followed by light from an astronomical object as it travels through the NIRSpec components and onto the detector.

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