Confiné en Suisse, je loupe (un peu) le décollage de NASA/SpaceX Dragon demo-2

[Courrendlin, Switzerland, May 26, 2020, rke. English below]
Et voilà ! Pour la 2e fois, je suis confiné spatialement vôtre dans le petit village suisse de Courrendlin, dans le canton du Jura. La première, lors du 50e anniversaire d’Apollo 13, le 13 avril – où je devais me rendre à Houston – puis maintenant pour cette mission Dragon Demo-2, pour la première fois habitée.
Photo du Haut : NASA

C’était le précédent vol de Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo prise le 1er mars 2019 lorsque j’ai posé mon appareil à photo à distance. That was the previous flight of Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo taken on March 1, 2019 when I set my remote camera on PAD 39A. – Photo : rke

Coronavirus oblige, pas de blog des USA. La NASA/SpaceX aurait bien accepté ma demande d’accréditation, mais c’est l’univers Trump qui m’interdit de venir sur place. Toutefois, j’ai eu la chance d’assister au lancement (sur le pas de tir pour poser mes appareils), soit le plus près possible (5 km minimum) du premier Dragon Demo-1, le 2 mars 2019. Naturellement, c’était un vol à vide, mais il y avait du matériel et un mannequin à bord. La mission était exactement la même que celle qui doit avoir lieu ce 27 mai avec Bob Behnken et Dough Herley. Dans un sens, je peux consoler, car le centre spatial Kennedy Space Center KSC des visiteurs est fermé. Il rouvrira ce jeudi 28 mai 2020 sous les conditions des mesures barrières habituelles , après le décollage. 

De plus, les journalistes étrangers ne sont cette fois plus acceptés. Seuls quelques reporters triés sur le volet peuvent se rendre sur le pas de tir pour y déposer leurs appareils à photos à distance. 

My selfie on PAD 39Ataken on March 1, 2019.

En deux mots, ce mercredi 27 mai, ce premier vol habité est réalisé pour la première fois en direction de la Station spatiale internationale (ISS). C’est aussi le premier vol habité américain depuis le retrait de la navette spatiale le 8 juillet 2011. Et cette mission ouverture d’une nouvelle ère du transport spatial qui va faciliter la colonisation de l’orbite basse. Le lancement est prévu ce mercredi 27 mai à 22h33 heure suisse (16h33, locale) du pas historique LC-39A des vols Apollo et des navettes spatiales. Tous les feux sont au vert sauf une petite crainte pour la météo (très changeante), vents, pluies. Si le décollage n’est pas possible ce mercredi, une autre fenêtre est prévue samedi à 21h22 (suisse), puis dimanche à 21h (suisse).

J’en profite pour vous rendre (bulletins infos) sur le site de notre radio supra-régionale RFJ-RTN-RJB pour une interview vivante (et pas virtuelle) me concernant sur cette mission, au micro de Jean-Michel Probst. Les sons seront en ligne un jour après le décollage.

Enclosed in a « space home » in Switzerland, I miss (mildly) the takeoff of NASA/SpaceX Dragon demo-2 at KSC

[Courrendlin, Switzerland, May 26, 2020, rke] – Here we go! For the second time, I am spatially confined to the small Swiss village of Courrendlin, in the canton of Jura. The first, on the 50th anniversary of Apollo 13, April 13 – where I was to fly to Houston – and now for this Dragon Demo-2 mission, for the first time inhabited.

That was the previous flight of Falcon 9 Dragon Demo-1. Photo taken on March 1, 2019 when I set my remote camera on PAD 39A. – Photo : rke

Coronavirus forces, no blog from the USA. NASA/SpaceX would have accepted my request for accreditation, but it’s the Trump universe that forbids me to come on site. However, I had the chance to attend the launch (on the launch pad to land my devices), as close as possible (3 miles minimum) to the first Dragon Demo-1, on March 2, 2019. Of course, it was a dry flight, but there were equipment and a dummy on board. The mission was exactly the same as the one scheduled for May 27th with Bob Behnken and Dough Herley. 

In a way, I can take comfort in the fact that the KSC Visitor Space Center is closed. It will reopen this Thursday, May 28, 2020, under the usual barrier conditions, after liftoff. Moreover, foreign journalists are no longer accepted this time. Only a few hand-picked reporters are allowed to go to the shooting range to drop off their cameras remotely. 

In a nutshell, this Wednesday, May 27, this first manned flight is being made for the first time towards the International Space Station (ISS). It is also the first U.S. manned flight since the space shuttle was launched on July 8, 2011. And this mission opens a new era of space transportation that will facilitate the colonization of low orbit. The launch is scheduled for Wednesday, May 27 at 22:33 Swiss time (16:33 local time) of the historic LC-39A step of the Apollo flights and space shuttles. All the lights are green except for a small fear for the weather (very variable), winds, rain. If take-off is not possible this Wednesday, another window is scheduled for Saturday at 21:22 (Switzerland), then Sunday at 21:00 (Switzerland).

Souvenirs, souvenirs. My camera Canon 60 D on my tripod on PAD 39 A. Those were the good old days. – Photo : rke

I take this opportunity to go (news updates) to the website of our sub-regional broadcaster RFJ-RTN-RJB for a lively (and not virtual) interview about this mission, at the microphone of Jean-Michel Probst. The sounds will be online one day after take-off.

Apollo 13 : « Houston, on a eu un problème » – Covid-19 : « Allô la Terre, on a un virus »

English Below – Confinés 5 jours dans un module lunaire dont le volume de l’habitacle n’est pas plus grand qu’une 2 CV, les astronautes d’Apollo 13 ont vécu il y a 50 ans les mêmes conditions que la moitié de la planète en ce moment avec notre confinement du coronavirus. Eux savaient la date du retour, mais n’avaient que 10% de chances de survivre. Nous ne savons pas quand l’épidémie sera totalement éradiquée, mais pouvons garder le même espoir de retour à une vie meilleure.

Oui, c’est bien moi au pupitre de commande du vrai centre de contrôle des vols Apollo à Houston, mais le 5 juillet 2011. En 1970, je n’avais que 14 ans.

[Delémont, April 13, 1970 / Houston, April 13, 2020, rke] – Coronavirus oblige, me voilà confiné à Courrendlin. J’avais prévu assister au 50e anniversaire d’Apollo 13 (à Houston), puis, du coup, à l’ « Equestrian FEI World Cup Finals 2020 » à Las Vegas (la Coupe du monde de saut et de dressage), mais comme tout est annulé, je réactive ce blog depuis la Suisse.

The panoramic hi-def image of interior of the Apollo 13 Lunar Module. Astronaut Fred Haise (right) is napping, while Jack Swigert can be seen curled up in the storage area. Commander Jim Lovell’s hand can be seen in the left of the picture.  Photo : NASA/Andy Saunders

« Roland, lève-toi, les astronautes d’Apollo 13 sont en danger dans l’espace ! ». Non, ce n’est pas l’ordre d’un dirigeant de la NASA qui m’alerte, mais celui de ma maman Jeannine Keller qui m’avertit, informée du danger par l’émission spéciale de la TSR (avec Georges Kleinmann et Alain Schaerlig). Nous sommes le lundi 13 avril 1970, un lundi comme ce jour 13 avril 2020. Du coup, je me précipite devant la télé cathodique (l’une des premières en couleurs), pour en savoir plus. À 14 ans, je n’ai ni smartphone ni téléphone, que la TV et… les journaux. Passionné depuis près de deux ans du domaine spatial, à l’époque, je file avec ma petite sœur Janique de la rue de la Golatte 31 jusqu’au kiosque de la vieille ville (à environ 1 km). Que dis-je, je file. Je fonce, carrément ! Le temps d’installer ma sœur dans son pousse-pousse – elle a 2 ½ ans à ce moment-là – me voilà arrivé devant pile de journaux scrupuleusement rangés sur les étagères. Janique a un peu tendance à me jouer des petites farces, de sa hauteur, elle aime bien faire mine de tirer les journaux à elle, mais elle est plutôt fan des bonbons ou des chocolats. Je suis tellement obnubilé par ma soif d’informations sur Apollo 13, que je ne me rend pas compte des petites envies de ma sœur. Pas que je sois forcément égoïste. Mais, trop fan d’espace, je m’évade…

🎤 Interview sur RFJ réalisée par Jean-Michel Probst sur moi-même

Apollo 12 à la conquête de Surveyor 3
Jusqu’en ce lundi 13 avril 1970, Apollo 13 fait partie de la banalité. Juste quelques lignes dans les journaux concernant le décollage le 11 avril à 13h13, heure de Houston. Après le premier alunissage d’Apollo 11 et sortie de Neil Armstrong et Buzz Aldrin le 21 juillet 1969 (3h56 heure suisse), la deuxième mission lunaire, Apollo 12, ne fait que confirmer la réussite de la première mission. Et pourtant , elle fut tout autant risquée. Le 14 novembre 1969, Alan Bean, Pete Conrad et Richard Gordon s’envolent de Cap Canaveral. Frappée par la foudre la fusée Saturn V continue sa propulsion, ce qui entraîne la perte temporaire de la puissance électrique et des instruments du module de commande, mais l’équipage réussit à redémarrer ce dernier et à poursuivre la mission. Le module lunaire (LEM), avec Conrad et Bean à son bord, se pose avec précision dans l’océan des Tempêtes à seulement 180 m de la sonde Surveyor 3. Munie de trois pattes, elle s’est posée sur la Lune le 20 avril 1967 et avait transmis un total de 6’326 images. Un exploit en son temps.

Apollo 13 commander Jim Lovell used a scale model during a televised news conference at the Manned Spacecraft Center, Houston, to explain how the crew managed to survive after the explosion that damaged the service module. – Photo : NASA

Brasser l’oxygène pour la mesurer
Pour en revenir à Apollo 13, 55 heures et 55 minutes après le décollage, Jack Swigert, le pilote du module de commande, reçoit l’ordre de Houston de brasser les réservoirs d’oxygène et d’hydrogène liquides, pour en mesurer la teneur exacte. Une opération ordinaire. Quelques secondes plus tard, le vaisseau est soudainement secoué et trois hommes se rendent compte que la situation n’est pas normale. C’est à ce moment-là que Swigert prononce la fameuse phrase : « Houston, nous avons eu un problème », « Houston, we’ve had a problem ». Dans leur cabine conique, les astronautes ne se rendent pas compte de la gravité du fameux problème. Les ordres sont donnés de la part du CapCom, Jack Lousma, à de faire des vérifications d’usage : ouverture et fermeture des vannes, contrôle de la pression, tensions électriques. C’est au moment où le commandant de la mission Jim Lowell a aperçu des nuages de gaz à travers les hublots qu’ils se sont davantage inquiétés, mais pas alarmés. Très occupé, l’équipage n’avait pas intérêt à paniquer ce qui n’aurait d’ailleurs rien arrangé à la situation. Plus tard, à l’heure du bilan, les ingénieurs ont remarqué que l’explosion était due à une étincelle jaillie d’un fil électrique et d’une soudure poreuse.
En fait, ils se sont aperçus que le problème avait commencé 5 ans auparavant lors d’une modification du module de service au niveau du choix du voltage de la tension électrique qui avait été changé pour les futures missions lunaires. Au montage, y avait eu aussi une mauvaise manipulation du réservoir où un technicien l’a lâché sur une hauteur de 5 cm seulement, sans faire de dégâts apparents.

Raccourci loupé
Apollo 13 avait, cette fois-là, pris un raccourci pour aller sur la Lune. Au lieu de la traditionnelle trajectoire en forme de « huit » des quatre missions précédentes (Apollo 8, 10, 11, 12), le vaisseau a entamé une course dite « hybride » ce qui lui aurait permis de gagner un jour de voyage, soit trois exactement, au lieu de quatre. Mais à la condition de donner le « coup de frein » nécessaire (en allumant un moteur) pour contourner notre astre. Or, vu l’explosion du module de service (SM), pas moyen d’utiliser celui-ci. Il ne restait alors plus qu’un seul moteur à activer, celui du LEM, un vaisseau destiné à se poser sur la Lune, et non pas de la contourner. Allait-il de tenir le coup ? Là était la plus grande préoccupation de l’équipage. Une fois le contournement de notre astre réussi, les astronautes ont encore dû faire face à un dilemme. Le purificateur d’air n’était pas suffisamment adapté pour trois astronautes. Aidé par Thomas K. Mattingly, au sol – l’astronaute qui aurait dû voler dans Apollo 13, mais qui a dû laisser sa place à Jack Swigert à cause d’une rubéole (et non d’une rougeole) –, l’équipage a bricolé un « masque » avec les éléments à bord : sac, tuyaux, livre, chaussettes, pile et plastique.

Grâce à l’Omega Speedmaster
Une fois la Lune contournée, fonçant vers la Terre, les soucis n’étaient pas terminés pour autant var les astronautes ont dû la majeure partie du temps couper le courant à bord de la cabine (pour économiser les batteries) faisant descendre la température à 4 degrés C. durant les deux derniers jours du voyage. Les soucis n’étaient pas terminés pour autant puisqu’il n’était pas garanti que la cabine soit en bon était (après l’explosion) pour rentrer dans l’atmosphère. Pour actionner précisément, au centième de seconde, l’allumage des moteurs, les astronautes se sont servis de la montre suisse Omega Speedmaster. Finalement, après une odyssée de 5 jours et 22 heures et 54 minutes, la capsule a amerri le 17 avril 1970 dans le Pacifique Sud.

« L’échec n’est pas une option »
Alors que la plupart des ingénieurs étaient persuadés qu’il aurait été impossible de faire revenir sur la Terre l’équipage d’Apollo 13 vivant (10% de chance), le commandant de la mission, Gene Kranz les a fermement remis à l’ordre en leur déclarant : « L’échec n’est pas une option ». Alors que toute la planète était à l’affût de nouvelles de l’équipage, les responsables de la mission ont utilisé tout leur sang-froid, les ressources techniques et leur imagination pour ramener Apollo 13 au bercail. Pour Philippe Leman, qui a travaillé, notamment comme Excellence Coordinator, au sein du Groupe Unilever durant près de 17 ans, « la mission d’Apollo 13 est une démonstration d’excellence et d’agilité qui a des similitudes avec celui de l’entreprise ». « L’excellence est davantage un voyage qu’une destination. On peut toujours faire mieux », dit-il. L’un de ces chemins étant une communication claire et sans ambiguïté, avec la reconnaissance des erreurs commises et l’application à en tirer des leçons profitables.

Apollo 13: « Hello Houston, we’ve had a problem » – Covid-19: « Hello Earth, we’ve got a virus »

Enclosed for 5 days in a lunar module with a cabin volume no larger than a 2CV, the Apollo 13 astronauts experienced 50 years ago the same conditions as half of the planet at the moment with our coronavirus containment. They knew when to return, but had only a 10% chance of survival. We don’t know when the epidemic will be totally eradicated, but we can still hope for a return to a better life.

[Delémont, April 13, 1970 / Houston, April 13, 2020, rke] – Coronavirus forced me to confine myself to Courrendlin (north of Switzerland). I had planned to attend the 50th anniversary of Apollo 13 (in Houston), and then the « Equestrian FEI World Cup Finals 2020 » in Las Vegas (the Jumping and Dressage World Cup), but as everything is cancelled, I reactivate this blog from Switzerland.

« Roland, get up, the Apollo 13 astronauts are in danger in space! ». No, it’s not the order of a NASA official who alerts me, but that of my mother Jeannine Keller who warns me, informed of the danger by the TSR special broadcast (with Georges Kleinmann and Alain Schaerlig). It is Monday, April 13, 1970, a Monday like today, April 13, 2020. So I rush in front of the cathode-ray television (one of the first in colour), to find out more. At 14, I have no smartphone or phone, only TV and… newspapers. Passionate about space for almost two years, at the time, I run with my little sister Janique from the rue de la Golatte 31 to the kiosk in the old town (about 1 km away). What do I say, I’m off. I’m going straight for it! By the time I got my sister in her rickshaw – she was 2 ½ years old at the time – I arrived in front of a pile of newspapers scrupulously arranged on the shelves. Janique has a bit of a tendency to play little pranks on me, from her height, she likes to pretend to pull the newspapers to herself, but she’s more of a fan of sweets or chocolates. I’m so obsessed with my thirst for information on Apollo 13 that I don’t realize my sister’s little cravings. Not that I’m necessarily selfish. But I’m a big fan of space, so I’m escaping…

Charles Conrad Jr., Apollo 12 Commander, examines the unmanned Surveyor III spacecraft during the second extravehicular activity (EVA-2). The Lunar Module (LM) « Intrepid » is in the right background. This picture was taken by astronaut Alan L. Bean, Lunar Module pilot. The « Intrepid » landed on the Moon’s Ocean of Storms only 600 feet from Surveyor III. The television camera and several other components were taken from Surveyor III and brought back to earth for scientific analysis. Surveyor III soft-landed on the Moon on April 19, 1967.

Apollo 12 to the conquest of Surveyor 3
Until Monday, April 13, 1970, Apollo 13 was part of the commonplace. Just a few lines in the newspapers about the takeoff on April 11th at 1:13 p.m. Houston time. After the first lunar landing of Apollo 11 and the exit of Neil Armstrong and Buzz Aldrin on July 21, 1969 (3:56 a.m. Swiss time), the second lunar mission, Apollo 12, only confirms the success of the first mission. And yet, it was just as risky. On November 14, 1969, Alan Bean, Pete Conrad and Richard Gordon took off from Cape Canaveral. Hit by lightning, the Saturn V rocket continued to propel itself, causing the temporary loss of electrical power and instruments in the control module, but the crew managed to restart the module and continue the mission. The Lunar Module (LEM), with Conrad and Bean on board, landed accurately in the Storm Surge Ocean just 180 m from Surveyor 3. Equipped with three legs, it landed on the Moon on April 20, 1967 and transmitted a total of 6,326 images. A feat in its time.

Schéma du module de service montrant l’emplacement des 2 réservoirs d’oxygène (2), des trois piles à combustibles (1) et des deux réservoirs d’hydrogène (3).

Mixing oxygen to measure it
Returning to Apollo 13, 55 hours and 55 minutes after liftoff, Jack Swigert, the control module pilot, received orders from Houston to stir the liquid oxygen and hydrogen tanks to measure their exact content. A routine operation. A few seconds later, the ship is suddenly shaken and three men realize that the situation is not normal. That’s when Swigert utters the famous phrase: « Houston, we’ve had a problem », « Houston, we’ve had a problem ». In their conical cabin, the astronauts don’t realize how serious the problem is. Orders are given by the CapCom, Jack Lousma, to carry out the usual checks: opening and closing the valves, checking the pressure, electrical voltages. It was when Mission Commander Jim Lowell saw gas clouds through the windows that they became more concerned, but not alarmed. The crew was very busy and had no interest in panicking, which would not have helped the situation. Later, at debriefing time, the engineers noticed that the explosion was caused by a spark from an electrical wire and a porous weld.
In fact, they realized that the problem had started 5 years earlier when the service module was modified in terms of the voltage selection of the electrical voltage that had been changed for future lunar missions. During assembly, there had also been a mishandling of the tank where a technician dropped it from a height of only 5 cm, without doing any apparent damage.

Schéma 1 – Les quatre modules formant le vaisseau spatial lancé vers la Lune . Étage de descente du module lunaire : 0 Jupe inférieure du module de descente – 1 Train d’atterrissage – 2 Échelle – 3 Plateforme. Étage de remontée du module lunaire : 4 Écoutille – 5 Propulseurs contrôle d’attitude – 6 Antenne bande S – 7 Antenne bande S orientable – 8 Antenne du radar de rendez-vous – 9 Hublot utilisé pour le rendez-vous orbital lunaire – 10 Antenne VHF – 11 Cible utilisée pour l’amarrage – 12 Écoutille supérieure. Module de commande : A Compartiment équipage – GBouclier thermique – H Hublots de rendez-vous – I Tunnel de communication. Module de service : B Radiateurs des piles à combustible – CPropulseurs contrôle d’attitude – D Radiateurs du système de contrôle de l’environnement – E Antennes grand gain orientables – F Tuyère du moteur principal.

Missed shortcut
This time, Apollo 13 had taken a shortcut to the Moon. Instead of the traditional « eight » trajectory of the four previous missions (Apollo 8, 10, 11, 12), the spacecraft began a so-called « hybrid » race, which would have allowed it to gain a day’s travel, exactly three days, instead of four. But on the condition that the necessary « brake » is applied (by switching on an engine) to go around our planet. However, given the explosion of the service module (SM), no way to use it. There was then only one engine left to activate, that of the LEM, a spacecraft intended to land on the Moon, and not to go around it. Was it going to hold? That was the crew’s biggest concern. Once they had successfully circumvented the Moon, the astronauts still faced a dilemma. The air purifier was not adequate for three astronauts. Helped by Thomas K. Mattingly, on the ground – the astronaut who should have flown in Apollo 13, but had to give up his seat to Jack Swigert because of rubella (not measles) – the crew cobbled together a « mask » with the items on board: bag, hoses, book, socks, battery and plastic.

Using the Omega Speedmaster
Once the Moon was circling, heading towards the Earth, the worries were not over, but the astronauts had to shut down most of the power in the cabin (to save the batteries), bringing the temperature down to 4 degrees Celsius for the last two days of the trip. The worries were not over yet since there was no guarantee that the cabin was in good condition (after the explosion) to re-enter the atmosphere. The astronauts used the Swiss Omega Speedmaster watch to precisely activate the ignition of the engines to a hundredth of a second. Finally, after an odyssey of 5 days and 22 hours and 54 minutes, the capsule landed on April 17, 1970 in the South Pacific.

« Failure is not an option »
While most of the engineers were convinced that it would have been impossible to get the Apollo 13 crew back to Earth alive (10% chance), mission commander Gene Kranz firmly set them straight by declaring: « Failure is not an option ». As the world watched for news of the crew, the mission used all their composure, technical resources and imagination to bring Apollo 13 home. For Philippe Leman, who worked, notably as Excellence Coordinator, within the Unilever Group for nearly 17 years, « the Apollo 13 mission is a demonstration of excellence and agility that has similarities with the company’s mission. « Excellence is more of a journey than a destination. You can always do better, » he says. One of those paths is clear and unambiguous communication, with recognition of mistakes made and application of the lessons learned.


Luzern, 12. Oktober 2018. Fred Haise im Verkehrshaus neben einem Modell der Saturn V, welche für die Apollo-Missionen entwickelt
worden ist. . Photo : Boris Bürgisser

La sonde Solar Orbiter fonce à 245 000 km/h vers le Soleil

[Cape Canaveral, February 13, 2020, rke. English below] – En route vers l’astre du jour depuis le 10 février 2020, la sonde spatiale européenne – et un peu américaine – Solar Orbiter fonce donc vers le Soleil. Quatre instituts et quatorze entreprises helvétiques sont impliqués dans la réalisation de trois instruments. Un télescope mis au point par la FHNW et deux capteurs d’images de l’Observatoire astronomique PMOD/WRC de Davos.

Epilogue. Le pas de tir SLC 41 deux heures après le départ. Tout est propre. On prend notre attirail et on part. – Photo : rke

Ça y est, elle est partie, par une nuit douce, sous un ciel limpide et un clair de Lune éclatant. La fusée Atlas V 421 (version courte) à un moteur (RD-180) flanqué de deux boosters, s’est élevée lentement et majestueusement de son pas de tir SLC 41, de Cap Canaveral. Un décollage soft et une trajectoire idéale direction sud-est, embarquant un satellite composé de dix instruments. Il faut dire que ce lancement n’a pas suscité un grand intérêt ici à Cap Canaveral, preuve en sont les titres dans les journaux du coin qui ont fait une petite « une » de l’événement.

Le Bernois Thomas Zurbuchen médaillé de leadership de la NASA

Thomas Zurbuchen que j’ai photographié en plein lors d’une lors d’une intervention télévisée
le 9 février 2020. – Photo : rke

En tant que petit Suisse au pays du grand Oncle Sam, je peux dire que j’ai de la chance. D’abord, parce que Thomas Zurbuchen est un Helvète. Depuis quatre ans, il exerce la fonction d’administrateur associé à la « Direction des missions scientifiques » au siège de la NASA à Washington. Au cours de sa carrière, le Bernois a écrit ou co-écrit plus de 200 articles dans des revues sur les phénomènes solaires et héliosphériques. Il a obtenu son doctorat et sa maîtrise en physique à l’Université de Berne et reçu de nombreux prix de la NASA pour ses réalisations au sol. De plus, il a été intronisé membre de l’Académie internationale d’astronautique et a reçu une médaille de leadership de la NASA ainsi que le Prix Heinrich-Greinacher 2018, la plus importante reconnaissance scientifique de l’UNIBE.
Thomas Zurbuchen veille à ce que les missions scientifiques de la NASA établissent des partenariats entre les disciplines et avec l’industrie ou d’autres nations afin de susciter de nouvelles interrogations et de faire progresser les frontières de la connaissance et de l’exploration. Il apporte à l’équipe de scientifiques et d’ingénieurs de classe mondiale de la NASA une grande richesse en matière de recherche scientifique, d’expérience en ingénierie et de connaissances pratiques. Thomas Zurbuchen définit ainsi la stratégie scientifique de la l’administration spatiale américaine et inspire les équipes à la mettre en œuvre.

D’un institut à l’autre
Ensuite, parce que parmi les 10 instruments du satellite, 3 sont de conception suisse. Tout d’abord le télescope STIX (Spectrometer/Telescope for Imaging X-rays) a été conçu et réalisé sous la direction de Säm Krucker de la Haute école spécialisée du Nord-ouest de la Suisse (FHNW) en collaboration avec des partenaires de Pologne, France, République tchèque, Allemagne, Autriche, Irlande et Italie. Sur mandat de la FHNW, l’Institut Paul Scherrer (PSI) a développé les détecteurs à pixels de 10 mm de côté, nécessaires pour mesurer l’énergie des rayons X, et l’Université de Berne (UNIBE) a également joué son rôle dans le partenariat avec la FHNW.
Mais la Suisse a aussi mis au point deux autres instruments : le EUI (Extreme Ultraviolet Image) et le SPICE (Spectral Imaging of the Coronal Environment), sous la houlette de la professeure Louise Harra, directrice de l’Observatoire PMOD/WRC de Davos.

Les pays engagés. – Graphique : ESA

Entreprises suisses impliquées sur le télescope STIX
Almatech SA, Lausanne – Art of Technology AG, Zurich – Syderal Swiss SA, Neuchâtel – maxon Motor SA, Sachseln – SWSTech AG, Frauenfeld –  Createch AG, Langenthal – CNC Dynamix AG, Büron – Ernst Hänni AG, Volketswil – Heinz Baumgartner AG, Urdorf – Hasler AG, Vogelsang – Niklaus SA, Meyrin – REMOTEC GmbH, Wädenswil – Ateleris GmbH AG, Brugg – KOEGL Space, Dielsdorf

Quelques liens / A few links

Solar Orbiter Probe Speeds at 245,000 km/h Towards the Sun

[Cape Canaveral, February 13, 2020, rke.] – On its way to the star of the day since February 9, 2020, the European – and somewhat American – space probe Solar Orbiter is heading towards the Sun. Four institutes and fourteen Swiss companies are involved in the realization of three instruments. A telescope developed by the FHNW and two image sensors from the PMOD/WRC Astronomical Observatory in Davos.

Epilogue. SLC 41 PAD two hours after launch. All clear. Let’s grab our gear and get out of here. – Photo: rke

It’s done, it’s gone on a mild night, under a clear sky and bright moonlight. The single-engine Atlas V 421 (short version) rocket (RD-180), flanked by two boosters, slowly and majestically rose from its launch pad SLC 41 at Cape Canaveral. A soft take-off and an ideal trajectory in a south-eastern direction, carrying a satellite composed of ten instruments. It must be said that this launch did not generate much interest here at Cape Canaveral, as evidenced by the headlines in the local newspapers that made a small « front page » of the event.

Thomas Zurbuchen from Berne, Switzerland,
NASA Leadership Medalist
As a little Swiss boy in the land of the great Uncle Sam, I can say I’m lucky. First of all, because Thomas Zurbuchen is a Swiss. For the past four years, he has been an Associate Administrator in the « Science Mission Directorate » at NASA headquarters in Washington. In the course of his career, the Berner has written or co-authored more than 200 articles in journals on solar and heliospheric phenomena. He received his PhD and MSc in Physics from the University of Bern and has received numerous NASA awards for his achievements on the ground. In addition, he was inducted as a Fellow of the International Academy of Astronautics and received a NASA Leadership Medal and the Heinrich Greinacher Prize 2018, UNIBE’s highest scientific recognition.
Dr. Zurbuchen ensures that NASA science missions build partnerships across disciplines and with industry and other nations to generate new questions and advance the frontiers of knowledge and exploration. He brings a wealth of scientific research, engineering experience, and practical knowledge to NASA’s world-class team of scientists and engineers. Zurbuchen defines the U.S. Space Administration’s science strategy and inspires teams to implement it.

From Institute to Institute
Secondly, because of the 10 instruments on the satellite, 3 are of Swiss design. Firstly, the STIX (Spectrometer/Telescope for Imaging X-rays) telescope was designed and built under the direction of Säm Krucker of the University of Applied Sciences Northwestern Switzerland (FHNW) in collaboration with partners from Poland, France, Czech Republic, Germany, Austria, Ireland and Italy. On behalf of the FHNW, the Paul Scherrer Institute (PSI) developed the 10 mm-sided pixel detectors needed to measure X-ray energy, and the University of Bern (UNIBE) also played its part in the partnership with the FHNW.
But Switzerland has also developed two other instruments: the EUI (Extreme Ultraviolet Image) and the SPICE (Spectral Imaging of the Coronal Environment), under the leadership of Professor Louise Harra, Director of the PMOD/WRC Observatory in Davos.

Little coverage for the launch of the Solar Orbiter in the Florida Today of February 11, 2020.

Décollage de Solar Orbiter : Mon Canon est resté sourd, mais pas la radio « RFJ-RJB-RTN »

[Cape Canaveral, February 10, 2020, rke. English below] Avec une précision tout helvétique, la fusée Atlas V a envoyé la sonde européenne (et un peu américaine) en direction de notre astre du jour à l’heure pile, dimanche 9 février 2020 à 23h03 (10 février 2020 à 5h03, Suisse). Grande « première spatiale » une interview quasi directe avec un œil rivé sur l’objectif.

Photo du haut : 3,2,1…
Allumage ! Ma seule et unique photo, tout proche d’Atlas.

Juste à côté de mon appareil à photo, celui de mon collègue Don Hladiuk. – Photo : Don Hladiuk.

Feu ! Une étincelle, un clic, et… stop. Non, ce n’est pas la fusée qui s’est arrêtée de décoller, mais mon Canon 40D, illustre dinosaure comme moi, puisqu’il a 15 ans ! Le boîtier, évidemment, pas moi, dans le début de ma soixantaine. Du coup, j’ai obtenu une belle image de l’allumage des deux moteurs, puis plus rien. Pourquoi ? Parce que le capteur de mon appareil, trop ancien, n’a pas réussi à digérer les images qu’il recevait des déclenchements que j’avais programmés. Cet escargot électronique a préféré ne pas enregistrer les images plutôt que de s’enrayer. Le vilain. Donc, lorsque nous sommes retournés sur le pas de tir, une heure et demie après le décollage, pour repérer notre matériel, j’ai pu constater qu’il n’y avait pas d’image. Donc, juste une, celle de l’allumage. De coup, je me suis retourné vers mes collègues pour voir ce qu’ils avaient pu capter et là, j’ai été époustouflé. Cela me rend jaloux de ne pas pouvoir faire des images autant belles qu’eux. Mais, dans le fond, cela n’est pas grave, car cela confirme que mon boîtier doit être changé par un plus moderne qui tient le coup des rafales… Cette déconvenue ne m’a pas dérangé pour autant, car j’avais la possibilité de photographier la fusée du centre de presse à 5 miles (3 km), là où j’ai l’habitude, ce qui m’a mieux réussi.

Tout en bas, la fusée, tout en haut la Lune sous les nuages. – Photo : rke

Jean-Michel Probst au casque, moi-même au front
Avant de partir in extremis de Suisse pour Cap Canaveral, notre radio supra-régionale (RFJ, RJB, RTN), m’a contacté pour donner mes impressions, ce que je n’ai évidemment pas refusé. Dès lors, avec et grâce à mon collègue journaliste Jean-Michel Probst, animateur de cette chaîne de radios, s’est mis au turbin pour m’interviewer sur les ondes en quasi direct. Or, comme le lancement a eu lieu à 5h03 (heure suisse), l’antenne n’était pas encore ouverte pour l’actualité, ce qui nous a obligé à réaliser du semi-direct. Du coup, grâce à mon tout récent smartphone (dont je ne citerai pas la marque, parce qu’on donne déjà trop de sous, mais pas de soucis, au constructeur de ce matériel), on a réalisé un tournage en 4K, diffusé sur le site internet de RFJ. L’opération s’est bien déroulée : j’avais installé mon Natel sur un trépied solide et Jean-Michel, en studio, me donnait les consignes par téléphone dans mes écouteurs.

La Lune, côté américain, que j’ai prise au téléobjectif. – Photo : rke

Un œil au loin, une oreille en ligne
Une demi-heure avant le lancement, on a procédé au même genre d’interview, mais cette fois seulement avec le son, par FaceTime. Puis en dernière minute je me suis installé sur un léger monticule à côté du centre de presse, en face de la fusée. Alors que j’ai à peine eu le temps de procéder aux réglages, j’ai commenté le lancement en direct (enfin presque), l’œil en même temps fixé sur le viseur de mon objectif. Une petite prouesse qui a nécessité, à la fois, de se concentrer sur le sujet et de bien réfléchir à ce que je dis.

Sur FaceBook… peu avant le lancement…

Être là
Vu les circonstances, mes photos ne sont pas trop vilaines. Je profite de l’occasion dans cette news présenter celles de mes collègues, qui, finalement étaient présents comme moi sur site. Et c’est ça l’important.

… et sur RFJ lors de La Matinale du 10 février 2020.

SOlAR ORBITER TAKEOFF: MY CANON WENT DEAF, BUT THE RADIO « RFJ-RJB-RTN » DIDN’t

Photo at the top: 3,2,1… Ignition! My one and only photo, very close to Atlas. Photo : rke

[Cape Canaveral, February 10, 2020, rke. English below] With Swiss precision, the Atlas V rocket sent the European (and somewhat American) probe towards our star of the day at exactly the right time, Sunday, February 9, 2020, at 23:03 (February 10, 2020, at 5:03, Switzerland). A great « space premiere » – an almost direct interview with an eye on the objective.

Fire! A spark, a click, and… stop. No, it’s not the rocket that stopped taking off, but my Canon 40D, an illustrious dinosaur like me, since it’s 15 years old! The case, obviously, not me, in my early sixties. As a result, I got a nice picture of the ignition of both engines, then nothing. Why is that? Because the sensor of my camera, too old, couldn’t digest the images it received from the triggers I had programmed. This electronic snail preferred not to record the images rather than stop. The naughty one. So, when we went back to the launch pad, an hour and a half after takeoff, to check our equipment, I could see that there was no image. So, just one, the one of the ignitions. Suddenly, I turned to my colleagues to see what they had captured and I was amazed. It makes me jealous that I can’t make images as beautiful as they are. But, basically, it doesn’t matter, because it confirms that my camera body needs to be replaced by a more modern one that can withstand the gusts of wind… This disappointment didn’t bother me though, because I had the opportunity to photograph the rocket from the press center 5 miles (3 km) away, where I’m used to, which worked out better for me.

La photo que j’ai réalisée en même temps que je donnait l’interview. – Photo : rke

Jean-Michel Probst at the helmet, myself at the front
Before leaving Switzerland in extremis for Cape Canaveral, our supra-regional broadcasting station (RFJ, RJB, RTN) contacted me to give my impressions, which I obviously did not refuse. From then on, with and thanks to my journalist colleague Jean-Michel Probst, host of this radio station, set to work to interview me on the airwaves almost live. However, as the launch took place at 5.03 a.m. (Swiss time), the airwaves were not yet open for news, so we had to go semi-direct. As a result, thanks to my brand-new smartphone (which I won’t mention, because we already give too much money, but no worries, to the manufacturer of this equipment), we made a 4K shoot, broadcast on RFJ’s website. I’d set up my handy on a sturdy tripod and Jean-Michel was in the studio giving me instructions over the phone in my headphones.

Et l’image de mon collègue Jacques van Oene.

One Eye in the Distance, One Ear in Line
Half an hour before the launch, we did the same kind of interview, but this time only with sound, by FaceTime. Then at the last minute I sat on a light mound next to the press center, in front of the rocket. While I barely had time to adjust, I commented the launch live (well, almost), my eye fixed on the viewfinder of my lens at the same time. A small feat that required both concentration on the subject and careful thought about what I was saying.

Being There
Under the circumstances, my pictures aren’t too bad. I take the opportunity in this news to present those of my colleagues, who, finally, were present like me on site. And that’s the important thing.

About  » RFJ-RJB-RTN « 
Since 2008, BNJ FM has been granted a radio license for the Jura Arc and brings together the programs RJB, RTN and RFJ with a mandate to offer a regional public service in the three regions concerned. BNJ FM therefore gives priority to local information and reflects the concerns and interests of the inhabitants of the Jura Arc. It offers generalist pop-rock music programming and its radio stations can be received in FM, DAB+, on the web and via mobile applications.

www.rfj.ch

K-9 Inspection – l’odeur de ma banane n’a pas échappé au nez du toutou du policier

J’ai posé mon Canon à côté du gros support-photo de la NASA (à gauche en blanc). C’est un peu en pente, mais on verra. – Photo : rke

[Cape Canaveral, February 9, 2020, rke. English below] – C’est dorénavant devenu un classique du genre, pour ne pas dire une routine : le Remote Camera. Comme je l’ai déjà expliqué lors de mes précédentes News, le pose des appareils photo à distance est un véritable parcours du combattant où l’on doit s’armer de patience.

Après les 2 badges nécessaires pour accéder au centre de presse (proche du VAB), celui de l’état et de la mission (le vert pour les étranges), les cars nous attendent à une heure fixée préalablement par email, uniquement aux heureux accrédités. Donc, après la fouille traditionnelle de la « K-9 Inspection », on a droit à la traditionnelle tournée du toutou qui renifle la moindre odeur suspecte. J’avais oublié par mégarde de sortir un fruit (une banane un peu ratatinée) de mon sac à dos et le chien s’est arrêté quelques secondes à cet endroit. Son maître a bien vu qu’il ne doit pas s’attarder, car je pense que l’animal doit éviter ce genre de victuaille. Mais je me suis quand même senti un embarrassé. Pourtant, j’avais laissé le chocolat à l’hôtel. Il faut dire qu’on se méfie de nous, même après avoir passé les étapes administratives précédentes. Comme d’habitude, les reporters et journalistes étrangers sont souvent mis de côté, mais pas toujours, du moins à la NASA. Mais cette fois-ci, les « verts » (Canadiens et Européens), seulement eux, ont dû monter dans le premier car.

The official photographer of the European Space Agency was there. – Photo: rke

Trois quarts d’heure de réglages
À 10h ce matin du dimanche 9 février 2020, le ciel est limpide, parsemé de quelques cumulus et d’un aigle qui survole les alentours. On part donc sur le fameux pas de tir SLC 41, à 5km de là, celui-là même qui a lancé la capsule privée Starliner de Boeing, en décembre dernier. On nous donne ¾ d’heure pour déposer et régler notre matériel. Je transpire, car je dois me concentrer sur les réglages de mon appareil à photo, lequel est posé sur mon tripode légèrement incliné sur un monticule, directement en face de la fusée, à une cinquantaine de mètres. Les deux fois précédentes, j’ai quasiment loupé toutes mes images. Je suis donc sur l’expectative. Mais, après tout, comme je suis le seul Helvète sur site, même des photos floues me conviendront. Je me tiens les pouces.

Un selfie pour les réglages…

La pose : 13 heures avant le décollage
Il nous a donc fallu deux heures et demie aller-retour pour installer notre matériel, de jour, soit 13 heures avant le lancement qui aura lieu encore fois de nuit avec une fusée Atlas. Retour rechercher nos images très tôt lundi matin, environ une heure et demie après le décollage.

K-9 INSPECTION – MY BANANA’s SMELL DIDN’t ESCAPE THE DOGGIE’s NOSE

[Cape Canaveral, February 9, 2020, rke] – It has now become a classic of its kind, if not a routine: the Remote Camera. As I’ve already explained in my previous news, remote camera installation is a real obstacle course where you have to be patient.

I didn’t dare take the policeman with his dog. Forbidden! Photo: rke

After the 2 badges needed to access the press center (close to the VAB), the one for the state and the mission (the green one for the strange ones), the buses are waiting for us at a time previously fixed by email, only to the lucky ones accredited. So, after the traditional search of the « K-9 Inspection », we are entitled to the traditional tour of the doggie sniffing the slightest suspicious smell. I had inadvertently forgotten to take a fruit (a slightly shriveled banana) out of my backpack and the dog stopped for a few seconds at that spot. His master saw that he shouldn’t linger, because I think the animal should avoid this kind of food. But I still felt embarrassed. Yet I had left the chocolate at the hotel. It has to be said that people are suspicious of us, even after having gone through the previous administrative steps. As usual, foreign reporters and journalists are often put aside, but not always, at least at NASA. But this time, only the « greens » (Canadians and Europeans) had to get on the first bus.

Three Quarters of an Hour of Adjustment
At 10 a.m. this morning of Sunday, February 9, 2020, the sky is clear, dotted with a few cumulus clouds and an eagle flying over the surrounding area. We leave on the famous SLC 41 launch pad, 3 miles away, the same one that launched Boeing’s private Starliner capsule last December. We are given ¾ time to drop off and pay for our equipment. I’m sweating because I have to concentrate on adjusting my camera, which is on my tripod, slightly tilted on a mound directly in front of the rocket, about 50 meters away. The two previous times, I almost missed all my pictures. So I’m on the waiting list. But, after all, as I’m the only Swiss on site, even blurry pictures will suit me. I’m holding my thumbs.

Atlas V with its exit from the flames. Photo : rke

The Exposure: 13 Hours Before Takeoff
So it took us two and a half hours round trip to set up our equipment, during the day, 13 hours before the launch, which will take place again at night with an Atlas rocket. Return to get our images very early Monday morning, about an hour and a half after liftoff.

Solar Orbiter parée au décollage

[Cape Canaveral, February 8, 2020, rke. English below] – La sonde spatiale Solar Orbiter est parée au lancement ce lundi 10 février 2020 à 23h03 (locale), 5h03 heure suisse, de Cap Canaveral. Parmi une dizaine de journalistes étrangers (dont 3 Européens et 4 Canadiens), je suis le seul reporter suisse accrédité officiellement par la NASA sur le site de l’US Air Force… et de la tour de lancement pour y poser mon appareil photo.

À gauche : la tour ULA de laquelle est sortie la fusée Atlas V (58,3 m de haut) au milieu et derrière moi le pas de tir SLC 41.
On the left: the ULA tower from which the Atlas V rocket (58.3 m high) came out in the middle and behind me the SLC 41 launch pad.
Photo taken by : Jacques van Oene

Le Soleil, on l’aime, mais il est un peu fou. A 150 millions de km de nous terriens (93 millions de miles), cette grosse marmite née il y a 5 milliards d’années crache des flammes qui forment une couronne aussi chaude que son centre. Je précise. Au cœur du Soleil, il règne une température de 15 millions de degrés C. (27 millions de degrés F.). On ne s’en serait pas douté. À sa surface : 5’982 degrés C. (10’800 degrés F.). Quoi, (seulement) ? Le pire : les crachats que notre astre nous envoie et qui forment une couronne (protubérances) dégagent une température de 45 millions de degrés C. (80 millions de degrés F.). Eh oui, aussi chaud qu’au milieu de l’astre. C’est pourquoi les astronomes (et les autres) veulent en savoir plus et y envoyer des sondes spatiales. Mais pas seulement à cause de ça.

Du « vent » à la « tempête »
Pour eux, il faut « ouvrir une fenêtre » sur l’intérieur de la couronne du Soleil, source du vent solaire, qui baigne l’ensemble du Système solaire et dont l’interaction avec notre planète gouverne la météorologie de l’espace. Car ce fameux « vent solaire » évolue alors en une « tempête solaire » qui, outre les aurores boréales, peut également provoquer des perturbations au niveau des satellites de communication, du GPS, des avions ou des réseaux électriques.

Au sommet, la sonde Solar Orbiter. – Photo : rke

Circuits électriques coupés
La plus grande tempête solaire connue de l’humanité, dite « événement de Carrington », a eu lieu en 1859. Le réseau des télégraphes aux États-Unis a alors été détruit, des agents ont reçu des décharges, du papier a brûlé dans les stations, et la lumière boréale a été visible à des latitudes inédites (jusqu’en Amérique centrale). En 1989 au Québec, la modification du champ magnétique de la Terre a créé un courant électrique à très grande échelle qui, par effet domino, fit disjoncter les circuits électriques, provoquant un gigantesque black-out. Les éruptions peuvent également perturber les radars dans l’espace aérien (comme en 2015 dans le ciel scandinave), les fréquences radio, et endommager des satellites.

Élaborer des modèles pour affiner les prédictions
Donc, allons-y voir sur place. Solar Orbiter va s’approcher à 42 millions de kilomètres du Soleil, soit moins d’un tiers de la distance Soleil-Terre. C’est à la fois loin et proche.

En observant ces régions directement liées aux sources des vents, les mesures du satellite européen et américain vont permettre d’élaborer des modèles pour affiner les prédictions. Car une ne tempête solaire peut nous arriver dessus en un jour ou deux !!!

SOlAR ORBITER READY FOR TAKE-OFF

[Cape Canaveral, February 8, 2020, rke] – The Solar Orbiter spacecraft is ready for launch on Monday, February 10, 2020 at 11:03 p.m. (local), 5:03 a.m. Swiss time, from Cape Canaveral. Among a dozen foreign journalists (including 3 Europeans and 4 Canadians), I am the only Swiss reporter officially accredited by NASA on the site of the US Air Force… and of the launch tower to put my camera there.

Rollout of Atlas V on US Air Force Base SLC 41. – Photo : rle

We love the Sun, but it’s a bit crazy. At 150 million km from us earthlings (93 million miles), this big cauldron born 5 billion years ago spits out flames that form a crown as hot as its center. Let me be more specific. At the heart of the Sun, the temperature is 15 million degrees C. (27 million degrees F.). We wouldn’t have guessed it. At its surface: 5,982 degrees C. (10,800 degrees F.). What, (only)? Worst of all: the spit that our star sends us, which forms a crown (protrusions), gives off a temperature of 45 million degrees C (45 million degrees F.). (80 million degrees F.). Yes, as hot as in the middle of the star. That’s why astronomers (and others) want to know more and send space probes there. But not only because of that.

From « wind » to « storm »…
For them, it is necessary to « open a window » on the interior of the Sun’s corona, the source of the solar wind, which bathes the entire Solar System and whose interaction with our planet governs space weather. This famous « solar wind » then evolves into a « solar storm » which, in addition to the aurora borealis, can also cause disruptions to communication satellites, GPS, aircraft or power grids.

Electrical Circuits Cut Off
The largest solar storm known to mankind, known as the « Carrington Event », occurred in 1859. The telegraph network in the United States was destroyed, agents received discharges, paper was burned at stations, and boreal light was visible at unprecedented latitudes (as far away as Central America). In 1989 in Quebec, the modification of the Earth’s magnetic field created a very large-scale electric current which, through a domino effect, caused the electrical circuits to break, resulting in a gigantic blackout. Flares can also disrupt radar in airspace (as in 2015 in Scandinavian skies), radio frequencies, and damage satellites.

Developing Models to Refine Predictions
So, let’s go there. Solar Orbiter will be approaching 42 million kilometers from the Sun, less than a third of the distance between the Sun and Earth. That’s both far and near.

By observing these regions directly linked to wind sources, measurements from the European and American satellites will enable us to develop models to refine the predictions. Because a solar storm can hit us in a day or two!!!

Tout à droite au fond la tour de lancement et Atlas V. On se prépare. At the far right is the launch tower and Atlas V. Let’s get ready.
– Photo : rke

Pourquoi Solar Orbiter n’est pas lancé de Kourou ?

[Cape Canaveral, February 7, 2020, rke. English below] – Après un mois et demi, me voilà de retour à Cap Canaveral pour mon 33e trip accrédité. Pour le lancement de la sonde européenne (et un peu américaine), Solar Orbiter prévu ce dimanche 9 février 2020 à 23h03 (locale) ou lundi 10 février à 05h03 en Suisse.

NASA/ESA, main dans la main. Me revoici au site de presse du KSC. Photo taken by : Rob v. Mackelenbergh

Good deal ! Il y a déjà vingt ans, alors qu’elle s’intéressait à notre Soleil pour mieux connaître sa couronne, l’administration américaine s’est demandé comment concevoir un satellite qui puisse tourner autour des pôles de cette fournaise à 42 millions de km, soit 1/3 de la distance qui nous sépare du Soleil. Dès lors, construire un engin rien que pour une expérience (SoloHI de l’US Naval Research), cela aurait coûté un saladier. Du coup, la NASA s’est tournée vers l’Agence spatiale européenne (ESA) pour lui proposer une collaboration scientifique. L’affaire a été conclue en réalisant une bonne opération : l’ESA se débrouille de trouver 9 autres expériences scientifiques et de récolter leurs données transmises, à condition que la NASA s’occupe du lancement.

Mon départ de Zurich le 6 février 2020. – Photo : rke

ULA, société privée obtient le contrat
Encore fallait-il trouver une fusée adéquate. Suite à un concours, c’est l’entreprise United Launch Alliance (ULA), qui a obtenu le contrat et pas SpaceX, qui, à l’époque n’était pas aussi avancé, ni Arianespace puisque les lancements on lieu de Kourou en Guyane française. Voilà pourquoi, une fusée américaine (privée) envoie ce satellite à 90% européen depuis Cap Canaveral. Finalement, avec les retards, Solar Orbiter s’en va rejoindre la sonde américaine Parker Solar Probe qui elle est partie le 12 août 2018 s’approche à 5,9 millions de km de notre astre.

La météo de l’espace
Objectif de la mission : comprendre comment le soleil contrôle son milieu magnétique (héliosphère) afin mieux appréhender ses perturbations sur notre environnement. Faire la connexion avec ce qui est ressenti sur Terre et affiner ce qu’on appelle la météorologie de l’espace. Et bien d’autres choses dont je vous parlerai tout au long de ce trip.

J’ai mon accréditation,.

Airbus & participation suisse
Le maître d’œuvre de la mission est Airbus Defence and Space à Stevenage, au Royaume-Uni. Elle s’inscrit dans la lignée de missions telles que Ulysses (1990-2009) et SOHO (1995-présent) et fournira également des ensembles de données complémentaires à la sonde solaire Parker de la NASA, qui permettront de tirer des deux missions plus de données scientifiques que chacune d’entre elles ne pourrait le faire seule.

Trois instituts suisses et 14 firmes industrielles (Romandie 3, Suisse alémanique 11) sont impliqués dans la réalisation de 3 instruments.

Why Solar Orbiter will not be launched from kourou?

 [Cape Canaveral, February 7, 2020, rke] – After a month and a half, I am back in Cape Canaveral for my 33rd accredited trip. For the launch of the European (and slightly American probe), Solar Orbiter is scheduled for this Sunday, February 9, 2020, at 23:03 (local time) or Monday, February 10 at 05:03 in Switzerland.

Avant mon départ pour la Floride, en Valais, Sion. Before I left for Florida, in Valais, Sion (Swiss Alpes)

Good deal! Twenty years ago, when NASA was already interested in us to learn more about its crown, it wondered how to design a satellite that could rotate around the poles of this 42 million km furnace, or 1/3 of the distance separating us from the Sun. From then on, building a device just for an experiment (SoloHI from US Naval Research) would have cost a fortune. So, NASA turned to the European Space Agency (ESA) to offer scientific collaboration. The deal was concluded with a good operation: ESA manages to find 9 other scientific experiments and collect their transmitted data, provided that NASA takes care of the launch.

It’s a model of the Solar Orbiter.

ULA, a Private Company, Obtains the Contract
We still had to find a suitable rocket. Following a competition, it was the United Launch Alliance (ULA), which won the contract, not SpaceX, which at the time was not as advanced, nor Arianespace, since launches take place from Kourou in French Guiana. That is why an American rocket (private) sends this satellite 90% European from Cape Canaveral. Finally, with the delays, Solar Orbiter is going to join the American probe Parker Solar Probe which it is, left on August 12, 2018, approaches 5.9 million km from our star.

Space Weather
Mission objectives: to understand how the sun controls its magnetic environment (heliosphere) in order to better apprehend its disturbances on our environment. Make the connection with what is felt on Earth and refine what is called space weather. And many other things that I will tell you about throughout this trip.

Airbus & Swiss Participation
Solar Orbiter is an ESA mission with strong NASA participation. The prime contractor is Airbus Defence and Space in Stevenage, UK. It follows in the legacy of missions such as Ulysses (1990-2009) and SOHO (1995-present) and will also provide complementary dataset

3 Swiss institutes and 14 industrial firms (French-speaking Switzerland 3, German-speaking Switzerland 11) are involved in the realization of 3 instruments.

Blog journalistique de Roland J.Keller – On-Site Reports With Swiss Feeling