Tous les articles par Roland J. Keller

"Grand reporter", Roland Keller focuses the action the look and the write. Qui suis-je ? Je suis un « blogue-trotter » de la technique (spatiale en particulier) qui tente de rendre mes aventures plus lyriques et affriandantes. Reporter de terrain, je privilégie la plume, le coup d'œil et un zeste de mouvement (vidéos). Mon hobby (le reportage mondial et la technique) est devenu ma profession. Mon ambition : mâcher les news et piéger les images le plus haut possible. Mon rêve : raconter le monde spatial… de l’espace. Who am I ? I am a « blog-trotter » of technology (especially the Space Program) trying to make my adventures more lyrical and alluring. Ground reporter (with a touch of sight to the sky), I focus the writing, the look-shoot and a touch of motion (video). My hobby (world reporting and technology) have become my profession. My ambition : chew the news and trap the pictures as high as possible. My dream : talk about space… from space.

Bons baisers du cosmos

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke. English below]
L’espace, il l’aime Matthias Maurer. L’astronaute allemand de l’Agence spatiale européenne (ESA) est prêt pour sa première mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il s’est présenté à la presse ce jeudi 9 septembre 2021 à Cologne (D) au Centre européen des astronautes, European Astronaut Centre (EAC), du DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt). Exigences sanitaires obligent, j’ai dû le suivre en ligne. Évidemment.

En conférence de presse à Cologne, Matthias Maurer avec, en haut, sur l’écran le nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher. – Photo : ESA / DLR

Âgé de 51 ans, le Sarrois, originaire de Saint-Wendel (Land, Sarre, entre Metz et Luxembourg), ira pour la première fois dans l’espace lors de la mission « Cosmis Kiss ». Celle-ci devrait être lancée avec la capsule Dragon Crew-3 (3e équipage) de SpaceX depuis le pas de tir 39A du Kennedy Space Center (Floride). Spécialiste des matériaux titulaire d’un doctorat, l’Allemand est paré au décollage dont le lancement est prévu le 31 octobre 2021 au plus tôt. Il volera avec les astronautes de la NASA Raja Chari, Thomas H. Marshburn et Kayla Barron.

100 expériences dans l’ISS
Matthias Maurer fait partie du corps des astronautes de l’ESA depuis juillet 2015. Il est aguerri, car il a été formé au Centre des astronautes de l’ESA à Cologne, au Johnson Space Center de la NASA à Houston, dans le cockpit du Crew Dragon de SpaceX en Californie, ainsi qu’avec les autres partenaires de l’ISS en Russie, au Japon et au Canada. « Je suis fasciné par la technologie, la science et la coopération au sein d’équipes internationales, et c’est exactement ce que sera mon travail pendant les six mois passés dans l’espace. Je participerai à plus de 100 expériences et j’espère que les résultats obtenus contribueront à des progrès pour notre vie quotidienne dans l’espace, mais aussi ici sur Terre », a-t-il déclaré lors de la conférence.

Vue de la conférence de presse. – Photo : Bernhard L. von Weyhe / ESA

Sa force mentale
Une mission spatiale n’est pas facile, c’est évident, mais l’Allemand est confiant « Une grande partie de ma force mentale vient de l’excitation de ce qui m’attend maintenant. Pour moi, le rêve de toute une vie va bientôt se réaliser – avec une équipe fantastique sur laquelle je peux compter aveuglément à tout moment. » Beaucoup de choses seront uniques, dit-il : « Cela commence par le voyage fougueux à bord d’une fusée qui m’accélère à plus de 28’000 kilomètres par heure en moins de dix minutes. J’arriverai à la station spatiale et effectuerai ma première orbite dans l’espace en seulement 90 minutes, où je pourrai m’imprégner de la beauté de la Terre depuis notre fenêtre dans l’espace, la Coupole. Une activité extravéhiculaire aura lieu, nous l’espérons, et sera également un moment fort. »

Cosmic Kiss
Cosmic = espace
Kiss = bisou
K(iss) = ISS
pour International Space Station

36 expériences proviennent d’Allemagne
L’Agence spatiale allemande (DLR), basée à Bonn, est chargée de sélectionner et de coordonner les expériences et les contributions des universités et collèges allemands ainsi que de l’industrie. Les scientifiques du DLR mènent également leurs propres expériences. Le centre de contrôle Columbus de l’ESA, basé au centre d’opérations spatiales allemand du DLR à Oberpfaffenhofen, est responsable de la planification et de la réalisation des expériences qui se déroulent dans le module européen Columbus sur l’ISS. De là, les données des expériences sont envoyées aux centres nationaux de contrôle des utilisateurs et, de là, aux scientifiques et aux partenaires industriels participants. 36 expériences de la mission Cosmic Kiss proviennent d’Allemagne. Ils comprennent la recherche fondamentale ainsi que des tests scientifiques et technologiques orientés vers les applications dans les domaines des sciences de la vie et des matériaux, de la physique, de la biologie, de la médecine, de l’intelligence artificielle ou de l’observation de la Terre. En outre, un vaste programme pour les jeunes scientifiques est à l’ordre du jour de Matthias Maurer.

« Cosmic Kiss », le plein d’amour pour l’espace
La mission de Matthias Maurer s’appelle « Cosmic Kiss ». Le nom de la mission est une sorte de déclaration d’amour pour l’espace, pour la station spatiale en tant que lien entre l’humanité et le cosmos, et pour ce que les gens y font et y feront à l’avenir. En même temps, il représente la valeur de l’exploration de l’espace en partenariat et la nécessité de traiter notre planète avec respect et durabilité. Au centre du logo de la mission figure donc également l’ISS, qui est reliée à la Terre et à la Lune par un battement de cœur humain. Le battement de cœur est censé symboliser la passion et la curiosité qui poussent les gens à explorer l’espace, ainsi que les expériences scientifiques que la station spatiale rend possibles. Pour le logo, Matthias Maurer s’est inspiré du disque céleste Nebra (la plus ancienne représentation connue du ciel nocturne) et des supports de données des sondes spatiales Pioneer et Voyager (avec les connaissances recueillies sur l’humanité). Ils représentent la fascination de l’humanité pour l’espace et le désir d’en savoir plus sur l’origine de la vie, l’univers et la place que nous y occupons. L’emblème comprend également divers éléments cosmiques tels que la Terre, la Lune, l’astérisme des Pléiades et Mars.

La Luna de l’ESA
Matthias Maurer est l’un des sept astronautes actifs de l’Agence spatiale européenne (ESA). La Lune et Mars ont une signification particulière pour lui. Avant le début de son entraînement à la mission en avril 2020, il était chef de projet pour le développement de la future installation de simulation lunaire Luna de l’ESA, un projet conjoint de l’ESA et du DLR, à Cologne. Il a également participé à plusieurs exercices géologiques de terrain liés à la future exploration lunaire. En 2016, il a fait partie de l’équipage de la mission analogue NEEMO 21 de la NASA, pour laquelle il a passé un total de 16 jours sous l’eau à tester des stratégies et des outils d’exploration pour les futures missions sur Mars.

« Cosmic Kiss »

Les quatre astronautes de la mission Dragon Crew-3. – Photo : NASA / ESA

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke]
Space, he loves it Matthias Maurer. The German astronaut of the European Space Agency (ESA) is ready for his first mission on board the International Space Station (ISS). He presented himself to the press on Thursday, September 9, 2021, in Cologne (D) at the European Astronaut Centre (EAC) of the German Aerospace Center (DLR). Because corona mode, I had to follow it online. Of course, I did.

The 51-year-old from Saint-Wendel (Saarland, between Metz and Luxembourg) will go into space for the first time on the « Cosmis Kiss » mission. The mission is scheduled to be launched with SpaceX’s Dragon Crew-3 capsule (3rd crew) from launch pad 39A at the Kennedy Space Center (Florida). A materials scientist with a doctorate, the German is ready for takeoff, with launch scheduled for October 31, 2021 at the earliest. He will fly with NASA astronauts Raja Chari, Thomas H. Marshburn and Kayla Barron.

Matthias Maurer. – Photo : ESA /NASA

100 Experiments on the ISS
Matthias Maurer has been a member of the ESA astronaut corps since July 2015. He is seasoned, having trained at the ESA Astronaut Center in Cologne, NASA’s Johnson Space Center in Houston, in the cockpit of SpaceX’s Crew Dragon in California, as well as with the other ISS partners in Russia, Japan and Canada. « I’m fascinated by technology, science and working with international teams, and that’s exactly what my job will be during my six months in space. I will be involved in more than 100 experiments and hope that the results will contribute to advances for our daily lives in space, but also here on Earth, » he said at the conference.

Matthias in training. – Photo : ESA

His Mental Strength
A space mission is not easy, that’s obvious, but the German is confident: « A big part of my mental strength comes from the excitement of what is ahead of me now. For me, the dream of a lifetime is about to come true – with a fantastic team that I can count on blindly at all times. » Many things will be unique, he says: « It starts with the fiery journey aboard a rocket that accelerates me to over 28,000 kilometers per hour in less than ten minutes. I’ll arrive at the space station and complete my first orbit in space in just 90 minutes, where I’ll be able to soak up the beauty of Earth from our window in space, the Cupola. An extravehicular activity will hopefully take place and will also be a highlight. »

36 Experiments Come from Germany
The German Space Agency (DLR), based in Bonn, is responsible for selecting and coordinating experiments and contributions from German universities and colleges as well as industry. DLR scientists also conduct their own experiments. ESA’s Columbus Control Center, based at DLR’s German Space Operations Center in Oberpfaffenhofen, is responsible for the planning and execution of experiments that take place in the European Columbus module on the ISS. From there, the experiment data are sent to the national user control centers and from there to the participating scientists and industrial partners. Thirty-six experiments of the Cosmic Kiss mission come from Germany. They include basic research as well as application-oriented scientific and technological tests in the fields of life and material sciences, physics, biology, medicine, artificial intelligence or Earth observation. In addition, an extensive program for young scientists is on Matthias Maurer’s agenda.

« Cosmic Kiss », the Love of Space
Matthias Maurer’s mission is called « Cosmic Kiss ». The name of the mission is a kind of declaration of love for space, for the space station as a link between mankind and the cosmos, and for what people do and will do there in the future. At the same time, it represents the value of exploring space in partnership and the need to treat our planet with respect and sustainability. At the center of the mission logo, therefore, is also the ISS, which is connected to the Earth and the Moon by a human heartbeat. The heartbeat is meant to symbolize the passion and curiosity that drives people to explore space, as well as the scientific experiments that the space station makes possible. For the logo, Matthias Maurer was inspired by the Nebra celestial disk (the oldest known representation of the night sky) and the data carriers of the Pioneer and Voyager space probes (with the knowledge gathered about humanity). They represent humanity’s fascination with space and the desire to learn more about the origin of life, the universe and our place in it. The emblem also includes various cosmic elements such as the Earth, the Moon, the Pleiades asterism and Mars.

The ESA Luna
Matthias Maurer is one of the seven active astronauts of the European Space Agency (ESA). The Moon and Mars have a special meaning for him. Prior to the start of his mission training in April 2020, he was project manager for the development of the future ESA lunar simulation facility Luna, a joint project of ESA and DLR, in Cologne. He also participated in several geological field exercises related to future lunar exploration. In 2016, he was part of the crew of NASA’s NEEMO 21 analog mission, for which he spent a total of 16 days underwater testing exploration strategies and tools for future Mars missions.

Vers une ère des fusées sans carbone (I)

[Courrendlin, Switz., July 25, 2021, rke. English below]
Épisode 1 | Coup de gueule spatial ! Suite à la polémique suscitée sur les réseaux sociaux et même dans les médias classiques à propos d’un tourisme spatial de milliardaires envahissants et de fusées pollueuses, je m’offusque du complotisme ambiant. Je veux placer les faits dans leur contexte… et pas ailleurs !
Premier épisode : la soi-disant pollution des fusées


Décollage de Blue Origin le 20 juillet 2021. Dans la course à l’espace, Jeff Bezos, accompagné de son frère, de Wally Funk, une aviatrice américaine de 82 ans, et d’un jeune néerlandais de 18 ans, s’est envolé mardi 20 juillet à bord du New Shepard qui a franchi 107 kilomètres d’altitude. À la sortie de la tuyère : de l’eau !
Blue Origin liftoff on July 20, 2021. In the space race, Jeff Bezos, accompanied by his brother, Wally Funk, an 82-year-old American aviatrix, and an 18-year-old Dutchman, took off on Tuesday, July 20, aboard the New Shepard, which reached an altitude of 107 kilometers.
At the exit of the nozzle: water!

Le carbone : infime
Le 95% des fusées décollent avec de l’oxygène et de l’hydrogène liquides. Les tuyères, d’où sort la fumée blanche au contact de l’air, crachent de l’eau (-182 degrés C. à -222 degrés C., LOx LH2). C’est le cas pour les ex-navettes spatiales américaines : 135 vols d’avril 1981 à juillet 2011, les fusées Falcon de SpaceX, Delta IV de la NASA (la grosse américaine), Blue Origin de Jeff Bezos, les célèbres lanceurs lunaires Saturn I à V (1967-1072), les Ariane, etc.
Certes, pour accroître la poussée, certains de ces engins spatiaux précités carburent avec de la poudre grâce des propulseurs d’appoint de la navette (SRB) : 16 % poudre, d’aluminium pulvérulent (carburant) ; 69,6 % perchlorate d’ammonium (comburant) ; 0,4 % poudre d’oxyde de fer (catalyseur) ; 12 % polybutadiène acrylonitrile (liant) et 2 % polyépoxydes. L’avion spatial de Virgin Galactin quant à lui, vole avec un moteur-fusée hybride (également appelé lithergol) qui brûle du protoxyde d’azote (liquide) et un dérivé du polybutadiène hydroxytéléchélique (solide).


Décollage d’une fusée Falcon 9 (Space Force’s GPS 3 SV05 du 17 juin 2021) qui passe le mur du son. À la sortie des 9 tuyères :
de l’eau très légèrement acidulée de méthane.
Liftoff of a Falcon 9 rocket (Space Force’s GPS 3 SV05 of June 17, 2021) which passes the sound barrier. At the exit of the 9 nozzles:
water very slightly acidulated with methane.
– Photo : SpaceX
  • Pour SpaceX, voir le commentaire de mon collègue Bruno Stanek :
    cliquez ici

De l’eau et de la poudre
Tout compte fait, il ne faut pas faire – dans le domaine de la fusée qui embarque un mélange de liquides refroidis et de poudre – d’amalgame avec l’aviation, qui utilise principalement du Kérosène. Les fusées, actuelles sont infiniment peu pollueuses et le seront de moins en moins grâce à de nouveaux propulseurs exempts d’éléments toxiques. Même si, jusque-là, le tourisme de masse se développe. (À lire dans une de mes prochaines News)
Je pourrais davantage m’inquiéter sur les feux d’artifices pyrotechniques (potassium, cuivre, baryum, sodium, calcium et métaux toxiques notamment, etc.) lancés par ci et là, rien que dans une fête nationale comme la nôtre en Suisse. Mais là, personne ne s’en offusque, ni aux Jeux olympiques ni ailleurs.

Mes prochains Posts :

  • Le pognon et les milliardaires
  • Le tourisme de masse dans l’espace
  • L’engorgement sur orbite…

Actuelles ou dans un avenir lointain, les fusées sont infiniment moins polluantes que les feux d’artifices pyrotechniques festifs de par le monde

A carbon-free rocket era (I)


Décollage de Virgin Galactic le 11 juillet 2021 à 8h40 (local), 15h40 (suisse) à 88 km d’altitude.
A la sortie de la tuyère : du liquide d’azote.
Virgin Galactic take-off on July 11, 2021 at 8:40 am (local).
At the exit of the nozzle: nitrogen liquid.

Photo : Virgin Galactic

[Courrendlin, Switzerland, July 25, 2021, rke]
Episode 1 | Space rage! Following the controversy on social networks and even in the mainstream media about space tourism by invading billionaires and polluting rockets, I take offense at the ambient conspiracy. I want to put the facts in their context… and not elsewhere!
First episode: the supposed pollution of rockets

Carbon: Tiny
Ninety-five percent of rockets take off with liquid oxygen and hydrogen. The nozzles, from which the white smoke comes out in contact with the air, spit water (-182 degrees C. to -222 degrees C., LOx LH2). This is the case for the former American space shuttles: 135 flights from April 1981 to July 2011, SpaceX’s Falcon rockets, NASA’s Delta IV (the big American one), Jeff Bezos’s Blue Origin, the famous Saturn I to V lunar launchers (1967-1072), the Ariane, etc.
To increase thrust, some of these spacecrafts are fueled with powdered propellants from the Shuttle Booster Boosters (SRB): 16% powdered aluminum (fuel); 69.6% ammonium perchlorate (oxidizer); 0.4% iron oxide powder (catalyst); 12% polybutadiene acrylonitrile (binder) and 2% polyepoxides. Virgin Galactic’s space plane, on the other hand, flies with a hybrid rocket engine (also called lithergol) that burns nitrous oxide (liquid) and a hydroxytelechelic polybutadiene derivative (solid).

  • For SpaceX, see the commentary of my colleague Bruno Stanek:
    click here

Réglage de mon appareil à photo à distance sur le pas de tir de Solar Orbiter ULA/Atlas V le 10 février 2020.
Setting up my remote camera on the Solar Orbiter ULA/Atlas V launch pad on February 10, 2020.

Water and powder
All in all, we should not confuse rockets – which carry a mixture of cooled liquids and powder – with aviation, which uses mainly kerosene. The current rockets are infinitely little polluting and will be less and less so thanks to new propellants free of toxic elements. Even if, until then, mass tourism is developing. (To be read in one of my next news)
I could be more worried about the pyrotechnic fireworks (potassium, copper, barium, sodium, calcium and toxic metals, etc.) launched here and there, just in a national holiday like ours in Switzerland. But no one takes offense to this, neither at the Olympic Games nor elsewhere.

Now or in the faraway future, rockets are infinitely less polluting than the festive fireworks around the world.

My Next Posts:

  • – Money and billionaires
  • – Mass tourism in space
  • – Congestion in orbit…

Du X-15 à Space-Ship-Two : l’espace des « milliard-nautes »

Photo du haut : NASA X-15 (droite) + Virgin Galactic

[Courrendlin, Switzerland, July 12, 2021, rke]
English below
Richard Branson, 71 ans ce 18 juillet, a bien mérité son envol. À force de persévérance, le Britannique a concrétisé son rêve d’enfant de tutoyer l’espace en tant que personne privée dimanche 11 juillet 2021 à bord du vaisseau de son entreprise Virgin Galactic qu’il a fondée il y a 17 ans sur les fondements d’un exploit étatique qui date de 62 ans déjà ! Mais sans des milliardaires, à l’instar de Jeff Bezos, Elon Musk ou Richard Branson, l’espace ne serait jamais accessible à tout un chacun. Comme l’aviation dans les années vingt.

Je suis sur la piste de Spaceport America en 2013. – Photo by Mauricio Ranzi

Archives :

En mars 2013, j’ai eu l’occasion de visiter le Spaceport America avec mon collègue Mauricio Ranzi, puis en 2016 lors d’un deuxième trip… juste avant mon vol ZéroG avec Novespace 

Le premier vol habité d’une fusée propulsée sous un avion date en effet du 8 juin 1959 avec le X-15. Durant 200 vols d’essai de 1960 à 1968 pour le compte de la NASA et de l’US Air Force, cet avion expérimental a établi des records définitifs de 7’272,68 km/h pour la vitesse (le 3 octobre 1967) et de 107,96 km pour l’altitude (le 23 août 1963). Il a permis aux Américains de récolter de très nombreuses données sur le comportement des flux d’air, le frottement aérodynamique, le contrôle et la stabilité d’un aéronef à grande vitesse et hors de l’atmosphère, ainsi que sur les techniques de rentrée dans l’atmosphère… qui ont aidé à la conquête spatiale avec les vols Mercury, Gemini et Apollo.

Grâce à Burt Rutan
Puis, le 21 juin 2004 le pilote d’essai et astronaute Mike Melvill a atteint l’altitude de 100,124 Km avec SpaceShipOne, premier véhicule privé conçu par Burt Rutan, un ingénieur de Portland de l’entreprise Scaled Composites, lequel, avec a remporté le prix de la Fondation X Prize, grâce au financement du co-fondateur de Microsoft Paul Allen. À travers Virgin Galactic, Richard Branson a racheté les brevets à Scaled Compotites pour exploiter l’avion à des fins commerciales.

Au prix d’une vie
Il aura donc fallu plus de huit après ma première visite à Spaceport America, pour que le premier vol passager puisse avoir lieu avec succès dans le désert du Nouveau-Mexique. Le 13 mars 2013, j’avais interviewé Christine Anderson, alors directrice exécutive (CEO) du port spatial.

Christine Anderson – 13 mars 2013 – Interview by Roland J. Keller

Facteurs humains
C’était alors sans compter l’accident de VSS Enterprise survenu le 31 octobre 2014 désintégré en vol dans le désert de Mojave (Californie) qui a causé la mort du copilote Michael Alsbury et qui a considérablement retardé les opérations. Causes de l’accident :  un déverrouillage du mécanisme de queue utilisé pour freiner l’avion pendant la descente.

Les enquêteurs de la NTSB ont conclu alors « que les concepteurs de l’avion spatial n’ont pas pris de mesure de protection contre les erreurs humaines et que le copilote Michael Alsbury a dû avoir été influencé par des contraintes de temps ainsi que par des vibrations et des accélérations fortes, ce qu’il n’avait pas subi depuis son dernier vol d’essai en avril 2013. Cette combinaison « a dû augmenter le stress du copilote. » 
La NTSB a également « émis des critiques à l’encontre de la FAA qui a autorisé les vols d’essai sans avoir fait suffisamment attention aux facteurs humains et sans avoir apporté l’assistance nécessaire à l’industrie naissante du tourisme spatial. Ils ont également cité des pressions de certains responsables de la FAA afin d’autoriser les vols d’essai, parfois sans comprendre complètement tous les détails ou les problèmes techniques de l’avion spatial. »
Dorénavant, tout fonctionne et tout semble en ordre pour assurer des vols sécurisés.

From X-15 to SpaceShipTwo: The Space of the « Billionaire-Nauts”

[Courrendlin, Switzerland, July 12, 2021, rke]
By dint of perseverance, the Briton made his childhood dream of flying into space as a private person come true on Sunday, July 11, 2021, aboard the ship of his company Virgin Galactic, which he founded 17 years ago on the basis of a state feat that already dates back 62 years! But without billionaires like Jeff Bezos, Elon Musk or Richard Branson, space would never be accessible to everyone. Like aviation in the 1920s.

At 107.96 Km in 1963
The first manned flight of a rocket propelled under an airplane dates from June 8, 1959, with the X-15. During 200 test flights from 1960 to 1968 for NASA and the US Air Force, this experimental aircraft set definitive records of 7,272.68 km/h for speed (on October 3, 1967) and 107.96 km for altitude (on August 23, 1963). It allowed the Americans to collect a lot of data on the behavior of the air flows, the aerodynamic friction, the control and the stability of an aircraft at high speed and out of the atmosphere, as well as on the techniques of re-entry in the atmosphere… which helped the space conquest with the Mercury, Gemini and Apollo flights.

In March 2013, I had the opportunity to visit Spaceport America with my colleague Mauricio Ranzi, and then in 2016 during a second trip…. just before my ZeroG flight.t with Novespace

Burt Rutan – Photo : Scaled Composites

Thanks to Burt Rutan
Then, on June 21, 2004, test pilot and astronaut Mike Melvill reached the altitude of 100,124 km with SpaceShipOne, the first private vehicle designed by Burt Rutan, an engineer from Portland of the company Scaled Composites, which won the X Prize Foundation, thanks to the financing of Microsoft co-founder Paul Allen. Through Virgin Galactic, Richard Branson bought the patents from Scaled Compotites to operate the aircraft commercially.

C’était en 2013. Comme le temps passe. – Photo by Mauricio Ranzi

At the Cost of a Life
So, it took more than eight after my first visit to Spaceport America, for the first passenger flight to successfully take place in the New Mexico desert. On March 13, 2013, I had interviewed Christine Anderson, then executive director (CEO) of the spaceport. Click hereThis was then without counting the VSS Enterprise accident on October 31, 2014, disintegrated in flight in the Mojave Desert, California, which caused the death of copilot Michael Alsbury and significantly delayed operations. Causes of the accident: an unlocking of the tail mechanism used to break the aircraft during descent.

Human Factors
NTSB investigators concluded then « that the designers of the space plane did not take safeguards against human error and that copilot Michael Alsbury must have been influenced by time pressures as well as strong vibrations and accelerations, which he had not experienced since his last test flight in April 2013. This combination « must have increased the first officer’s stress. »The NTSB also « offered criticism of the FAA for allowing the test flights without sufficient attention to human factors and without providing the necessary assistance to the nascent space tourism industry. They also cited pressure from some FAA officials to authorize the test flights, sometimes without fully understanding all the details or technical problems with the spaceplane. »
From now on, everything works and everything seems to be in order to ensure safe flights.

En direct sur ce blog

Lancement de SpaceX Dragon Crew2

En direct (Live) terminé
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[Courrendlin, Switzerland, April 19, 2021. English below]
Si tout va bien, l’astronaute français de l’Agence spatiale européenne (ESA) Thomas Pesquet retourne à la Station spatiale internationale (ISS) pour son deuxième vol sur orbite terrestre. Lors de cette mission, baptisée Alpha, le premier Européen à s’envoler à bord d’un vaisseau spatial américain depuis plus de dix ans est à bord du Crew Dragon – 3e lancement habité de SpaceX, mais 2e opérationnel – aux côtés des astronautes de la NASA Megan McArthur et Shane Kimbrough et de l’astronaute japonais Aki Hoshide.

Flash Back sur SpaceX Dragon Demo-1
Pandémie de Covid-19 oblige, je ne peux une nouvelle fois pas assister au lancement sur site depuis mon dernier décollage de Solar Orbiter en février 2020. Toutefois, comme j’ai eu la chance pouvoir assister au tout premier décollage de SpaceX Dragon Demo-1 (sans astronautes à bord), je suis en mesure de vous faire vivre ce lancement depuis la Suisse comme si vous y étiez. Ayant vécu les procédures de décollage similaires sur place, je pourrai conter, en marge, des anecdotes vécues alors… En plus, c’est le jour de mon anniversaire !

INFORMATIONS PRATIQUES

Les 4 astronautes parés au décollage – Photo : NASA

Live on this blog :
Launch of SpaceX Dragon Crew2

[Courrendlin, Switzerland, April 19, 2021] – If all goes well, European Space Agency (ESA) astronaut Thomas Pesquet will return to the International Space Station (ISS) for his second flight into Earth orbit. On this mission, dubbed Alpha, the first European to fly aboard a U.S. spacecraft in more than a decade is aboard the Crew Dragon – SpaceX’s third manned launch, but second operational – alongside NASA astronauts Megan McArthur and Shane Kimbrough and Japanese astronaut Aki Hoshide.

Flash Back on SpaceX Dragon Demo-1
Due to the Covid-19 pandemic, I am once again unable to attend the on-site launch since my last Solar Orbiter liftoff in February 2020. However, as I was lucky enough to be able to attend the very first SpaceX Dragon Demo-1 launch (without astronauts on board), I am able to make you live this launch from Switzerland as if you were there. Having experienced the similar launch procedures on the site, I will be able to tell, in the margin, anecdotes lived then… Moreover, it’s my birthday!

  • Follow the liftoff with me live on this blog: click here

Jubilé 100 ans dans le cosmos !

Le Jura et le Jura bernois
sur orbite

Hommage à Roger Graber (1925-1978) de Bienne, fan de la cosmonautique soviétique

[Courrendlin, Switzerland, April 11, 2021. English below] – Si, si, c’est vrai. L’espace a bien 100 ans et même plus. Né le 17 septembre 1857, soit 100 ans avant le lancement de Spoutnik 1, premier satellite artificiel autour de la Terre (4 octobre 1957), Constantin Tsiolkovski est l’une des figures centrales de l’astronautique. Il est devenu une icône, car il est considéré comme le père des fusées. Ingénieur en aérospatiale, mathématicien, inventeur, écrivain, écrivain de science-fiction, physicien, philosophe, astronome, scientifique, cosmologiste et enseignant – rien que ça ! – c’est lui qui est l’auteur de la célèbre phrase : « La Terre est le berceau de l’humanité, mais l’homme ne peut pas toujours restes dans un berceau. »

Image exclusive de Youri Gagarine réalisée à l’hôtel Lutetia de Paris le 1er octobre 1963 par mon collègue (†) Jacques Tiziou.

L’inventeur du principe de la fusée
C’est aussi lui qui est l’auteur de « l’équation de Tsiolkovski » reliant l’accroissement de vitesse au cours d’une phase de propulsion d’un astronef doté d’un moteur à réaction au rapport de sa masse initiale à sa masse finale. Non, ce n’est pas du chinois mais du russe. Aussi, pour rendre hommage à ce savant et surtout à Youri Gagarine, premier homme dans le 12 avril 1961, je dédie cette News de mon blog à Roger Grager de Bienne (1925-1978), un ancien ami de la cosmonautique soviétique.

100 ans d’espace
100 ans d’espace = les 60 ans de Youri Gagarine sur orbite le 12 avril 1961 et les 40 ans du lancement de la première navette spatiale Columbia, le 12 avril 1981, où j’ai eu le privilège d’assister aux premières loges au centre de presse du KSC (proche du VAB). Voir ci-dessous :

La « Une » du Démocrate du 13 avril 1981.
Mon badge officiel d’accréditation de la NASA
pour le vol STS 1 de Columbia

[Only in French]

  • Rendez-vous à la « Nuit de Youri » ce lundi 12 avril 2021 organisée par Grégoire Hauser : cliquez ici
  • Propos recueillis par Jean-Michel Probst sur RFJ à propos de
    Grégoire Hauser : cliquez ici
  • Propos recueillis par Jean-Michel Probst sur RFJ sur moi-même 
    à suivre (lundi 12 avril)

Les intervenants de « La Nuit de Youri« 
12 avril 2021, 19h (Suisse)

La Nuit de Youri organisée sur Zoom par Grégoire Hauser. Il tient la pancarte réalisée par Roger Graber avec, à gauche Youri Gagarine et à droite, Sergeï Korolev, le « Von Braun » des fusées soviétiques… puis russes. – Photo réalisée par Jean-Michel Probst de RFJ.
  • Mme Héloïse Boross, diplômée EPFL en ingénierie microtechnique, a consolidé son parcours avec des expériences à la NASA et à l’Agence Spatiale Européenne (Pays-Bas), avant de travailler à RUAG Space. Elle a notamment aussi participé à des compétitions estudiantines de fusées-sondes aux USA et a même pris part à une mission d’astronaute analogue à Hawaii. 
  • M. Valère Girardin, ingénieur aérospatial à l’Agence Spatiale Européenne. Il est un des rares Suisses à posséder un master en aérospatiale et participe actuellement au développement de futures fusées européennes. 
  • M. Roland J. Keller, journaliste et photographe de fusées. Reporter suisse accrédité sur les pas de tir, il a assisté à plus de 30 lancements de fusées, dont STS-1, la catastrophe de Challenger, la mission de Claude Nicollier (Hubble) et les envols-atterrissages de SpaceX-Falcon-9-Heavy. 
  • M. Delio Macchi, artiste, peintre, créateur de mondes futuristes, astronome amateur, et passionné de météorites. Il est aussi animateur du pavillon Hirsch de l’Observatoire de Neuchâtel. 
  • M. Lukas Viglietti, pilote de ligne et commandant de bord long-courrier. Il met à profit ses nombreuses escales aux États-Unis pour tisser un lien étroit avec tous les acteurs du programme Apollo. En 2009, il crée SwissApollo avec son épouse Bettina, afin de faire témoigner les marcheurs lunaires aux quatre coins du monde et inspirer ainsi la prochaine génération. 
  • M. Grégoire Hauser, organisateur de la « Nuit de Youri – Le Jura dans l’espace » et passionné d’astronautique. 

-> Suivez-nous sur Zoom le 12 avril 2021, 19h:

https://www.facebook.com/events/159880472633789/

Jubilee – 100 Years (Gagarine + Columbia)

The Jura & Bernese Jura (North of Switzerland) on Orbit

Constantin Tsiolkovski. – Photo Wikipedia

[Courrendlin, Switzerland, April 11, 2021]  – Yes, it’s true. Space is 100 years old and more. Born on September 17, 1857, 100 years before the launch of Sputnik 1, the first artificial satellite around the Earth (October 4, 1957), Constantin Tsiolkovski is one of the central figures of astronautics. He has become an icon because he is considered the father of rockets. Aerospace engineer, mathematician, inventor, writer, science fiction writer, physicist, philosopher, astronomer, scientists, cosmologist and teacher – nothing less! – he is the author of the famous phrase, « The Earth is the cradle of mankind, but man cannot always stay in a cradle. « 

Inventor of the Rocket Principle
It is also him who is the author of the « Tsiolkovski equation » linking the increase of speed during a phase of propulsion of a spacecraft equipped with a jet engine to the ratio of its initial mass to its final mass. No, it is not Chinese but Russian. Also, to pay tribute to this scientist and especially to Yuri Gagarin, first man in space on April 12, 1961, I dedicate this news of my blog to Roger Grager of Biel (1925-1978), a former friend of the Soviet cosmonautics: click here

100 Years of Space
100 years of space = the 60th anniversary of Yuri Gagarin’s orbiting on April 12, 1961, and the 40th anniversary of the launch of the first space shuttle Columbia, on April 12, 1981, where I had the privilege to attend the front row at the KSC press center (close to the VAB).

9 réussites pour la NASA ! L’URSS « à skis » sur Mars en 1971

Avec Perseverance, la NASA réussit à poser 9 sondes sur la planète rouge. Mais ce sont les Russes qui, en 1971, ont été les premiers sur Mars en posant un robot muni de skis !

[Courrendlin, Switzerland, February 18, 2021. English Below]
Le plus grand et le plus avancé des rovers que la NASA a envoyé vers un autre monde a atterri sur Mars jeudi 18 février 2021, après un voyage de 203 jours et une traversée de 472 millions de kilomètres. La confirmation de l’atterrissage réussi a été annoncée au centre de contrôle de la mission du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, en Californie du Sud, à 21h55 (heure suisse), à l’heure pile !

Photo du haut : le cratère Jezero où s’est posé Perseverance.
C’était une mer il y quelques milliards d’années… Il faudra voir.
Photo : NASA TV

Perseverance. Voilà un mot qui en français est le même qu’en anglais, sauf que dans la langue Shakespeare, il n’y a pas d’accent aigu. Cette géniale idée émane d’un jeune collégien de l’État de Virginie qui a été sélectionné parmi 28’000 autres candidats-idées américaines soumises à la NASA. Endurance, Tenacity, Vision ou encore Courage étaient les autres noms proposés, mais c’est Alexander Mather qui a gagné le concours.

PropM, le premier robot posé sur Mars par l’URSS en 1971. Mais il n’a pas réussi à avancer.
Photo : Roscosmos

Avant : 4 atterrisseurs, 4 robots
De la persévérance il en a fallu aux ingénieurs de la NASA pour arriver à poser cette neuvième mission sur la planète rouge, après les 8 atterrissages réussis, dont 4 sondes fixes (Viking 1 et 2, 1976 ; Phoenix, 2007 ; Insight, 2018) et 4 robots (Pathfinder, 1996 ; Spirit puis Opportunity, 2003 ; Curiosity, 2012).

Mars 3 : Stop après 20 secondes
Seuls les Russes ont réussi pour la première fois en 1971 à se poser sur la planète rouge avec Mars 3. Mais cet atterrisseur – premier engin de fabrication humaine à avoir réussi à se poser en douceur sur Mars – a été victime d’une panne seulement 20 secondes après avoir déployé ses instruments lui donnant juste le temps de transmettre une image sombre et floue de la planète, et l’empêchant ainsi de fournir des informations scientifiques. Mais Mars 3 avait quand même pu transmettre 60 photos qui ont révélé des sommets dépassant les 22 km. Les instruments de la sonde ont indiqué la présence d’atomes d’hydrogène et d’oxygène dans la couche supérieure de l’atmosphère tout en indiquant une température à la surface, oscillant entre −110 °C et + 13 °C. Des résultats surprenants à l’époque.

Les différents sites avec réussites et échecs. – Dessin : NASA

Un robot russe sur la planète rouge
Mars 3 emportait un petit robot-marcheur baptisé PROP-M de 4,5 kg et relié à l’atterrisseur par un câble pour les télécommunications. Il pouvait se déplacer à l’aide d’une paire de « skis » dans la limite fixée par la longueur du câble à savoir 15 mètres. Le rover emportait un foret dynamique et un densimètre à radiation. Le corps du robot avait la forme d’une boîte trapue avec une saillie en son centre. Les deux skis étaient fixés sur le côté et maintenaient le corps légèrement au-dessus du sol. Sur le devant du corps se situaient des barres qui permettaient de détecter des obstacles. Le robot devait être placé sur le sol par un bras, se déplacer dans le champ de la caméra et faire des mesures tous les 1,5 mètre. Les traces laissées dans le sol par le robot auraient permis de déterminer les caractéristiques mécaniques de celui-ci.

Photo ci-dessous : j’étais au lancement de MRL Curiosity en 2011

Succès européens avec Mars Express et ExoMars en orbite
Les atterrisseurs européens Beagle (2003) et Schiaparelli (2016) n’ont pas eu de chances, de même que celui de la NASA avec Mars Polar Lander (1999-2000), tous écrasés.
Les sondes en orbite ont eu plus de chances. Pour l’ESA, Mars Express (2003), ExoMars et Trace Gaz Orbiter (2016) qui continuent d’envoyer de précieuses infos de la surface du la planète rouge. De même que les satellites américains Mars Global Surveyor (1996), Mars Odyssey (2001), Mars Reconnaissance Orbiter (2005) et Maven (2013). Seul, Mars Climate Orbiter (1998-1999) fut un échec.

Écoutez-moi en français sur RFJ – Ben oui, depuis Courrendlin. Photo : Jean-Michel Probst

9 success for NASA – The USSR « skied » on Mars in 1971

With Perseverance, NASA succeeds in landing 9 probes on the Red Planet. But it was the Russians who were the first to succeed in 1971 with the Mars 3 probe carrying a robot on skis!

Members of NASA’s Perseverance Mars rover team watch in mission control as the first images arrive moments after the spacecraft successfully touched down on Mars, Thursday, Feb. 18, 2021, at NASA’s Jet Propulsion Laboratory in Pasadena, California. A key objective for Perseverance’s mission on Mars is astrobiology, including the search for signs of ancient microbial life. The rover will characterize the planet’s geology and past climate, pave the way for human exploration of the Red Planet, and be the first mission to collect and cache Martian rock and regolith. Photo Credit: (NASA/Bill Ingalls)

Les membres de l’équipe du rover Perseverance Mars de la NASA observent au centre de contrôle de mission l’arrivée des premières images quelques instants après l’atterrissage réussi du vaisseau spatial sur Mars, le jeudi 18 février 2021, au Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie. L’astrobiologie est un objectif clé de la mission Perseverance sur Mars, y compris la recherche de signes de vie microbienne ancienne. Le rover caractérisera la géologie de la planète et son climat passé, ouvrira la voie à l’exploration humaine de la planète rouge et sera la première mission à collecter et à mettre en cache de la roche et de la régolite martiennes. Crédit photo : (NASA/Bill Ingalls)

[Courrendlin, Switzerland, February 18, 2021]
The largest, most advanced rover NASA has sent to another world touched down on Mars Thursday, after a 203-day journey traversing 293 million miles (472 million kilometers). Confirmation of the successful touchdown was announced in mission control at NASA’s Jet Propulsion Laboratory in Southern California at 3:55 p.m. EST (12:55 p.m. PST).

Perseverance. This is a word that in French is the same as in English, except that in Molière language there is an acute accent. This genius idea came from a young college student in the State of Virginia who was selected from among 28,000 other American idea candidates submitted to NASA. Endurance, Tenacity, Vision or Courage were the other names proposed, but it was Alexander Mather who won the competition.

Before : 4 landers, 4 robots
It took perseverance on the part of NASA engineers to land this ninth mission to the Red Planet, after eight successful landings, including four fixed probes (Viking 1 and 2, 1976; Phoenix, 2007; Insight, 2018) and four robots (Pathfinder, 1996; Spirit then Opportunity, 2003; Curiosity, 2012).

The URSS Probe

March 3: Stop after 20 seconds
Only the Russians succeeded for the first time in 1971 in landing on the Red Planet with Mars 3. But the lander – the first man-made craft to make a soft landing on Mars – failed just 20 seconds after deploying its instruments, giving it just enough time to transmit a dark and blurred image of the planet, preventing it from providing scientific information. But Mars 3 was still able to transmit 60 photos that revealed peaks of more than 22 km. The probe’s instruments indicated the presence of hydrogen and oxygen atoms in the upper layer of the atmosphere, while also indicating a surface temperature ranging from -110°C to +13°C. Surprising results at the time.

A Russian Robot on the Red Planet
Mars 3 carried a small walking robot called PROP-M weighing 4.5 kg and is connected to the lander by a cable for telecommunications. It could move around with a pair of « skis » within the limit set by the length of the cable, i.e. 15 meters. The rover carried a dynamic drill and a radiation densitometer. The body of the rover was shaped like a stocky box with a protrusion in the center, with the two skis attached to the side and keeping the body slightly above the ground. On the front of the body were bars that allowed the robot to detect obstacles. The robot had to be placed on the ground by an arm, move in the field of the camera and take measurements every 1.5 meters. The traces left in the ground by the robot would have made it possible to determine its mechanical characteristics.

European success with Mars Express and ExoMars in orbit
The European landers Beagle (2003) and Schiaparelli (2016) had no chance, as well as NASA’s Mars Polar Lander (1999-2000), all crashed.
The probes in orbit had more chances. For ESA, Mars Express (2003), ExoMars and Trace Gas Orbiter (2016) continue to send valuable information from the surface of the Red Planet. As well as the American satellites Mars Global Surveyor (1996), Mars Odyssey (2001), Mars Reconnaissance Orbiter (2005) and Maven (2013). Only Mars Climate Orbiter (1998-1999) was a failure.

† Hommage à Michel Girardin, mon guide spatial

[Courrendlin, November 29, 2020, rke, English below]
Triste nouvelle. Michel Girardin de Courfaivre (JU) s’en est allé le 24 novembre 2020. Poète, musicien, homme de théâtre, philosophe et surtout remarquable pédagogue, ce professeur a particulièrement marqué ma jeunesse en éveillant ma passion pour la conquête spatiale.

Michel Girardin (1940-2020) – Photo : rke

Lorsque j’étais adolescent, entre 13 et 16 ans (1969-1972), j’ai eu en effet la chance de pouvoir continuer ma scolarité dans une Classe d’application 5 de Delémont. Nous étions alors 11 élèves, tous des garçons à suivre en enseignement particulier, révolutionnaire à l’époque, de pédagogie institutionnelle. Le concept de formation basé sur les mathématiques modernes et la liberté d’entreprendre des activités en classe, a éveillé ma passion pour l’astronautique.

En pleine conquête lunaire, nous avions à construire une maquette de la fusée Saturn V du programme Apollo, laquelle est d’ailleurs toujours disponible sur le site de Revell. Un moment symbolique, mais aussi constructif qui m’a permis de rêver qu’un jour je verrai l’une de ces fusées décoller. Mon voeu a été exaucé 9 ans plus tard lorsque j’ai pu assister sur site au premier lancement de la navette spatiale américaine Columbia, le 12 avril 1981. Un tremplin qui m’a permis d’assister à 33 lancements accrédités sur site, jusqu’au dernier décollage de « Solar Orbiter » le 10 février 2020, juste avant la fermeture des frontières due à la pandémie du coronavirus.

Mais à l’heure où la conquête lunaire repart avec le programme Artemis de la NASA, je pourrai alors assouvir mon désir de voir décoller la fusée la plus puissante du monde (SLS, lancement prévu fin 2021 si tout va bien) à l’instar de la fameuse Saturne V. Ou encore le très attendu lanceur Starship de SpaceX (120 m de haut).

Là, sur un pas de tir de fusée, j’aurai alors une pensée pour Michel Girardin qui restera mon guide spatial in aeternam.

Revue de presse
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Hommages du Quotidien Jurassien du 29 novembre 2020

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Article paru dans l’Educateur

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Article paru dans Swiss Engineering RTS 9/2018
que j’ai rédigé sur lui

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Tribute to Michel Girardin,
my space guide

Sad news. Michel Girardin left on November 24, 2020.
Poet, musician, man of theater, philosopher and above all a remarkable pedagogue, this professor particularly marked my youth by awakening my passion for the space conquest.

When I was a teenager, between the ages of 13 and 16 (1969-1972), I was indeed fortunate enough to be able to continue my schooling in an Application Class 5 in Delémont (north of Switzerland). We were then 11 students, all boys, to follow a special teaching, revolutionary at the time, of institutional pedagogy. The concept of training based on modern mathematics and the freedom to undertake activities in the classroom, awakened my passion for astronautics.

The Apollo Saturn V Revell

In the midst of the lunar conquest, we had to build a model of the Saturn V rocket of the Apollo program, which is still available on the Revell site. A symbolic, but also constructive moment that allowed me to dream that one day I would see one of these rockets take off. My wish was fulfilled 9 years later when I was able to witness on site the first launch of the American space shuttle Columbia on April 12, 1981. A springboard that allowed me to attend 33 accredited launches on site, until the last launch of « Solar Orbiter » on February 10, 2020, just before the closing of the borders due to the coronavirus pandemic.

RIP. Michel Girardin (1940-2020)

But at a time when the lunar conquest is taking off again with NASA’s Artemis program, I will then be able to satisfy my desire to see the most powerful rocket in the world (SLS, launch planned for the end of 2021 if all goes well) take off, following the example of the famous Saturn V. Or the much-awaited SpaceX’s Starship launcher (393 feet high).

There, on a rocket launch pad, I will have a thought for Michel Girardin who will remain my space guide in aeternam.