Tous les articles par Roland J. Keller

"Grand reporter", Roland Keller focuses the action the look and the write. Qui suis-je ? Je suis un « blogue-trotter » de la technique (spatiale en particulier) qui tente de rendre mes aventures plus lyriques et affriandantes. Reporter de terrain, je privilégie la plume, le coup d'œil et un zeste de mouvement (vidéos). Mon hobby (le reportage mondial et la technique) est devenu ma profession. Mon ambition : mâcher les news et piéger les images le plus haut possible. Mon rêve : raconter le monde spatial… de l’espace. Who am I ? I am a « blog-trotter » of technology (especially the Space Program) trying to make my adventures more lyrical and alluring. Ground reporter (with a touch of sight to the sky), I focus the writing, the look-shoot and a touch of motion (video). My hobby (world reporting and technology) have become my profession. My ambition : chew the news and trap the pictures as high as possible. My dream : talk about space… from space.

Covoiturage pour un satellite norvégien, capteur de selfies

[Cap Canaveral, May 25, 2022. rke. English below] – En une semaine, du mercredi 18 au mercredi 25 mai, j’assiste à mon 3e lancement de Cap Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk envoie en covoiturage une grappe de 53 mini satellites, dont un, norvégien, créateur de selfies. 

Lancement de Falcon 9 – Transporter-5 le mercredi 25 mai 2022 à 14h35 (locale), 20h35 (suisse) – Photo : rke

Quelle journée ce mercredi 25 mai 2022. Alors que la capsule Starliner s’est amarrée solidement vendredi 20 mai à 20h28 (locale), 02h28 (Suisse) alors que les deux véhicules étaient en orbite à environ 250 miles (402 km) au-dessus de la Terre, le module est attendu sur terre ferme,ce même jour, mercredi, dans le désert de sable blanc du White Sands Missile Range dans le Nouveau-Mexique. Cela me rappelle une escapade avec un collègue, Mauricio Ranzi, que nous avions réalisée à cet endroit, non seulement pour visiter ce désert, mais aussi pour voir les installations du Spaceport America, de Virgin Galactic : cliquez ici

Mais, actuellement à Cap Canaveral, il m’est difficile de rejoindre le Nouveau-Mexique en avion, ou en voiture, le même jour que le décollage d’une autre fusée Falcon 9 de SpaceX -Transporter-5, dont le lancement est prévu à 14h27 (locale), 20h27 (Suisse), dont le décollage est prévu sur le pas de tir SLC-40. Il s’agit de la 165e mission de SpaceX la 22e en 2022. Et c’est le 3e lancement en une semaine réalisé à Cap Canaveral. Transporter-5 offre aux opérateurs de petits satellites des missions de régulières et dédiées de covoiturage – la cinquième du genre – pour des charges de classe réduite en dessous de 1 million de dollars par mission, qui comprend jusqu’à 200 kg de charge utile, soit 53 minisatellites que la mission doit envoyer sur orbite polaire.

Le satellite norvégien à selfies

Parmi ceux-ci, SelfieSat-1 est le premier satellite étudiant opérationnel de Norvège, entièrement construit en interne à partir de pièces prêtes à l’emploi. Son bus (châssis) contient un Raspberry Pi qui sert d’ordinateur de charge utile pour le satellite. Une fois déployé, le satellite de 1,8 kg tend un « bâton de selfie » sur lequel est montée la caméra Raspberry Pi. Pointé vers le satellite, sur lequel est monté un écran LCD, l’appareil photo prendra des images de l’écran, du satellite et de la Terre.

SelfieSat-1 qui permet de prendre des selfies de lui-même. Photo : everydayastronaut.com

Parmi d’autres satellites est embarqué un mini engin italien, soit une structure porte-satellite (ION) qui peut en contenir d’autres. C’est la société D-Orbit, basée à Côme qui en est le fournisseur. De nombreuses autres charges utiles volent également sur le Transporteur 5 et servent une grande variété de services. Ces charges utiles comprennent, entre autres, Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5 et CPOD A/B. Mais pas d’engins suisses…

Belle vue depuis le musée Air Force Space & Missile Museum

Pour ce troisième lancement en une semaine, je n’ai pas d’accréditation officielle, comme la précédente avec OFT-2/Starliner ce qui me motive à assister au décollage d’un endroit très dégagé proche du musée Air Force Space & Missile Museum. Rien à voir avec le centre des visiteurs du KSC, mais l’endroit est idéal pour observer des lancements, quoiqu’un peu loi, 12 km, on a suffisamment de vue pour capturer de bonnes images (voir celle-ci-jointe). Et surtout, c’est un lieu assez approché pour voir revenir le 1er étage, ce qui est le cas pour ce lancement. J’en suis en fait à mon 7e atterrissage, si je puis dire, voir l’exemple de l’un d’entre eux que j’ai vécu : cliquez ici.

« Dites, c’est laquelle la fusée ? »

Regards au loin, l’arrivée du 1er étage de Falcon 9

Ce mercredi 25 mai 2022 est un jour dégagé, quoiqu’un peu voilé. La température est supportable à 95 degrés F (35 degrés C). Depuis le musée, il suffit de traverser la route bien gardée qui longe le port pour arriver sur une place en herbe surplombant une lagune de la Banana River.

Trois quarts d’heure auparavant, j’installe donc mon matériel habituel. Je fixe mon Canon R3 avec un objectif (400m) sur le trépied et garde en bandoulière mon vieux boîtier Canon 5D Mark III – Objectif 28-300 (le nouveau, je l’ai laissé en Suisse), pour pouvoir intervenir lorsque la fusée est haut dans le ciel et comme deuxième appareil de secours. On ne sait jamais.

L’horizon, très plat, n’est pas tellement limpide pour voir distinctement la fusée. Mais, même avec ce ciel voilé, on la reconnaît tout de même. Il faut dire que nous sommes en plein après-midi, le soleil tape sur nos têtes et… ce n’est pas l’idéal :

  • « Dites, c’est laquelle la fusée ? Celle de droite, ou de gauche ? » me demande une dame confortablement assise avec sa fille sur une couverture. Je suis debout, affairé à mes réglages.
  • Il n’y en a qu’une, elle est à droite, au fond un peu plus loin que la tour en béton.

La dame est heureuse d’être enfin venue s’installer au bon endroit. Je remarque que j’impressionne plein de gens à mes côtés avec mon attirail. Un fan avec des jumelles (avec 50x de grossissement) s’approche de moi et me demande si j’arrive à bien distinguer la fusée dans mon objection. Je lui montre et il est surpris :

  • Oh, c’est incroyable ça ! Ce qu’on voit près…

Les geeks me scrutent avec méfiance

Avec le reflet du soleil sur l’écran du boîtier, difficile de s’en rendre compte vraiment. Du coup je me sens fier et me ragaillardis. J’aime bien le fait de venir me poser ici. À mes côtés, de jeunes ados vraiment geeks me scrutent du regard et se méfient de mes mouvements. Mais, après une heure d’attente, le moment tant attendu arrive. Entretemps, j’ai réglé mon smartphone (iPhone 13 Pro Max) en mode vidéo que j’ai fixé au sol avec un trépied et que je télécommande avec ma montre connectée. Hélas, je ne peux plus écouter la radio, vu que, si c’est le cas, je débloque le réglage du mobile qui est en mode vidéo.

Je profite d’écouter la radio des geeks qui se sont mis en ligne sur le site de SpaceX sur leur smartphone pour suivre es derniers instants du décollage. Le lancement est repoussé de huit minutes, d’où l’attente devient interminable. Une minute avant, c’est le moment de se fixer aux appareils. Les premières flammes de la fusée sont à peine perceptibles, mais au bout de seconde, Falcon 9 devient de plus en plus limpide au loin. Mercredi 14h35 (locale), 20h35 (Suisse), Transporter-5 décolle.

Lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser

Ça fonce comme un météore sur nos têtes

Il reste à attendre encore environ huit minutes pour qu’on voie le 1er étage redescendre. Comme je le décrivais précédemment sur ce blog lors de mes interventions sur place – je le rappelle, c’est mon 6eatterrissage (cliquez ici) –, le 1er étage de Falcon fonce comme un météore maîtrisé. C’est d’autant plus impressionnant lorsqu’il y en a deux qui nous tombent sur la tête (cliquez ici).

Ce mercredi 25 mai, je passe sur RFJ.

En dessous on a l’impression que le lanceur va nous tomber sur la tête. Et lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser. Mais ce n’est pas le cas, car il se redresse bien droit aux dix derniers mètres seulement. 

En tous cas, c’est l’impression qu’on en a. Autour de moi, le public s’extasie devant cet exploit devenu banal :

  • « Yeuh… Mais c’est extraordinaire », ça, confie-t-elle, béate d’admiration

Une fois l’étage au sol, on pacte nos affaires. Je regagne ma voiture sur le parc d’à côté et rentre à l’hôtel, comblé de la journée. Il ne reste plus qu’à suivre le retour de la capsule Starliner à la télé, vécu de Cap Canaveral, mais ça, c’est une autre histoire.

Space Rideshare for a Norwegian Satellite, Selfie-Taker

[Cape Canaveral, May 25, 2022. rke] – In one week, from Wednesday, May 18 to Wednesday, May 25, I am witnessing my 3rd launch from Cape Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk is sending a cluster of 53 mini-satellites, including a Norwegian selfie maker, in a carpool.

What a day this Wednesday, May 25, 2022. While the Starliner capsule docked securely on Friday, May 20, at 8:28 p.m. (local), 2:28 a.m. (Swiss) while in orbit about 250 miles (402 km) above the Earth, the module is expected to land that same day, Wednesday, in the white sand desert of the White Sands Missile Range in New Mexico. This reminds me of a trip with a colleague, Mauricio Ranzi, that we made to this place, not only to visit this desert, but also to see the facilities of the Spaceport America, from Virgin Galactic: click here

But, currently in Cape Canaveral, it is difficult for me to reach New Mexico by plane, or by car, on the same day as the liftoff of another SpaceX Falcon 9 rocket -Transporter-5, scheduled to launch at 2:27 p.m. (local), 8:27 p.m. (Swiss), which is scheduled to lift off from launch pad SLC-40 This is SpaceX’s 165th mission and 22nd in 2022. And it is the third launch in a week from Cape Canaveral. Transporter-5 offers small-satellite operators regular and dedicated carpool missions – the fifth of its kind – for small-class payloads under $1 million per mission, which includes up to 200 kg of payload, or 53 minisatellites that the mission must send into polar orbit.

The Norwegian Selfie Satellite

Of those satellites, SelfieSat-1 is the first operational student satellite from Norway, built entirely in-house from off-the-shelf parts. Its bus contains a Raspberry Pi which serves as the payload computer for the satellite. The 1.8 kg satellite will, once deployed, extend a “selfie stick” which has a Raspberry Pi camera mounted on the end. Pointed back at the satellite, which has an LCD screen mounted on it, the camera will image the screen, satellite, and Earth.

Among other satellites, an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. And an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. Numerous other payloads are also flying on Transporter 5 and serve a wide variety of services. These payloads include but are not limited to Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5, and CPOD A/B. But no Swiss satellites…

Nice View From the Air Force Space & Missile Museum

For this third launch in a week, I don’t have an official accreditation, like the previous one with OFT-2/Starliner, which motivates me to attend the takeoff from a very clear place close to the Air Force Space & Missile Museum. Nothing to do with the KSC visitors center, but the place is ideal to observe launches, although a little bit law, 12 km, we have enough view to capture good pictures (see this one attached). And above all, it is a place close enough to see the return of the 1st stage, which is the case for this launch. I’m on my 7th landing, if I may say so, see the example of one I experienced click here.

« Say, which one is the rocket? »

La carte avec les bases de lancement et d’atterrissage. Où il y a l’étoile, c’est où nous sommes. The map with the launch and landing bases. Where the star is, that’s where we are.

This Wednesday, May 25, 2022, is a clear day, albeit a bit hazy. The temperature is bearable at 95 degrees F (35 degrees C). From the museum, just cross the well-guarded road along the harbor to a grassy plaza overlooking a lagoon on the Banana River.

Three quarters of an hour earlier, I set up my usual equipment. I fix my Canon R3 with a lens (400 m) on the tripod and keep my old Canon 5D Mark III – Lens 28-300 (the new one, I left it in Switzerland), to be able to intervene when the rocket is high in the sky and as a second backup camera. One never knows.

The horizon, very flat, is not so clear to see the rocket clearly. But, even with this veiled sky, we recognize it all the same. It is necessary to say that we are in full afternoon, the sun taps on our heads and… it is not the ideal:

–  » Say, it is which the rocket? The one on the right, or the one on the left? » asks a lady sitting comfortably with her daughter on a blanket. I am standing, busy with my adjustments.

– There is only one, it is on the right, at the back a little further than the concrete tower.

The lady is happy to have finally come to the right place. I notice that I am impressing a lot of people beside me with my paraphernalia. A fan with binoculars (with 50x magnification) approaches me and asks if I can distinguish the rocket in my objection. I show him and he is surprised.

– Oh, this is incredible! What you can see close up…

The Geeks Scrutinize Me With Distrust

With the reflection of the sun on the screen of the box, it is difficult to realize it really. So, I feel proud, and I’m rejuvenated. I like the fact that I come to settle here. Beside me, some really geeky young teenagers scrutinize me with their eyes and are suspicious of my movements. But, after an hour of waiting, the long-awaited moment arrives. In the meantime, I set my smartphone (iPhone 13 Pro Max) to video mode, which I fixed to the ground with a tripod and remote control with my connected watch. Alas, I can no longer listen to the radio, since if I do, I unlock the setting of the mobile which is in video mode.

I take the opportunity to listen to the radio of the geeks who are online on the SpaceX website on their smartphone to follow the last moments of the launch. The launch is postponed of eight minutes, from where the waiting becomes interminable. One minute before, it’s time to attach to the devices. The first flames of the rocket are hardly perceptible, but after a second, Falcon 9 becomes more and more limpid in the distance. Wednesday, 2:35 p.m. (local), 8:35 p.m. (Swiss), Transporter-5 blasts off.

When the stage almost reaches the ground, at a hundred meters, it is so tilted that it looks as if it will crash

It files like a meteor on our heads

We still have to wait about eight minutes for the 1st stage to come down. As I described it previously on this blog during my interventions on the spot – I remind it, it is my 6th landing (click here) -, the 1st stage of Falcon rushes like a controlled meteor. It is even more impressive when two of them fall on our heads (click here).

Underneath, it looks like the launcher is about to fall on our heads. And when the stage almost reaches the ground, at about 100 meters, it is so tilted that it looks like it is going to crash. But this is not the case, because it straightens out only in the last ten meters. 

At least, that’s the impression you get. Around me, the audience is ecstatic about this now commonplace feat:

– « Yeuh… But it is extraordinary, » blissful a woman conquered by admiration

Once the floor on the ground, we packed our business. I regain my car on the park of next door and return to the hotel, filled of the day. It does not remain anymore but to follow the return of the capsule Starliner on TV, lived on Cape Canaveral, but that, it is another history.

Accompagnement lunaire et sensations tremblotantes

[Cap Canaveral, May 19, 2022. rke. English below] – À côté de la fusée lunaire de la NASA (SLC), j’assite à mon 34e décollage de fusée. Seul reporter étranger officiellement accrédité sur site, Atlas V de United Launch Alliance (ULA) décolle sous mes yeux le 19 mai 2022 à l’heure pile, 18h54 (locale), vendredi 20 mai à 0h54 (Suisse). Mon récit.

Même les reporters américains les plus aguerris n’ont pas forcément obtenu une autorisation pour monter sur le toit du fameux building historique VAB (Vehicle Assembly Building). De là, on a, évidemment, une vue plongeante sur tout l’horizon à 360 degrés, comme ce fut le cas lors de mes précédents trips : cliquez ici

Normal, car à l’intérieur de ce gros édifice de 160,02 mètres (525 pieds) de hauteur somnole la fusée lunaire SLS (Space Launch Système), autrement dit le système de lancement spatial du 98 m de hauteur qui a dû retourner dans son hangar. Après trois essais de compte à rebours simulé dans les conditions réelles sur son pas de tir SLC 39B, l’engin a eu quelques soucis sur les conduites d’hélium du site de lancement : fuite d’hydrogène sur les caissons d’avitaillement au pied de la fusée, vanne de pressurisation défectueuse sur le deuxième étage de SLS. Somme toute des pépins classiques que les tests avaient pour but de révéler – et en cela c’est une réussite – que les équipes vont pouvoir réparer prochainement.

Un deuxième test crucial

Bref, tout cela pour vous dire que je me sens davantage privilégié. D’une part, je suis le seul reporter étranger accrédité sur ce site, d’autre part, parce la SLS est à mes côtés, à quelques centaines de mètres de nous. Mais là, je ne suis pas le seul, puisque les chaînes de télévision et autres reporters sont à l’affût du lancement. À ma gauche, la (ou le) SLS, au bout de mon objectif : la tour de lancement SLC 41. À vol d’oiseau (en vue directe), on est à 3 miles d’Atlas 5, qui doit lancer la capsule Starliner sur orbite et qui doit, pour un deuxième essai, atteindre la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme commercial Commercial Crew Program. Comme je le mentionnais dans une News précédente, plusieurs anomalies techniques ont retardé jusqu’à présent le premier vol habité. Ce second essai sans équipage doit rassurer le fabricant Boeing et la NASA. Ce second décollage est crucial pour Boeing qui joue son va-tout, mais les équipes ont bossé depuis deux ans et demi sur ce semi-raté. Il ne faut pas oublier que la capsule avait réussi son retour en décembre 2019, malgré qu’elle n’ait pas atteint son objectif. Pour ma part, c’est d’autant plus important que j’ai eu l’occasion d’assister sur place, comme reporter, à l’ensemble de la mission et même voir la deuxième capsule en montage : cliquez ici

My video.

De minute en minute

Dans la Starliner, pas d’astronautes pour cette fois. La tension est toujours à son comble avant un décollage, mais pas autant qu’un vol habité. À 5 minutes du décollage, les reporters et le personnel du centre spatial s’activent et se rendent au lieu le plus adéquat pour avoir une meilleure vue. En fait, ce soir, on distingue la fusée très nettement, car on a le soleil dans le dos. Le ciel est légèrement voilé, mais suffisamment limpide pour suivre la trajectoire de l’engin spatial.

« Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ »

  • Heure H-5 minutes : sans même observer l’immense compte à rebours, une console de 10 mètres de large plantée devant, l’adrénaline nous pousse à nous concentrer aux derniers réglages de nos objectifs
  • Heure H-2 minutes : j’ai posé mon smartphone (iPhone 13 ProMax), sur une petite borne trouvée au hasard, proche de moi. Puis j’ai fixé mon Canon EOS R3 tout neuf (dont je fais le crâneur) avec un téléobjectif de 400 mm (200 mm avec un agrandisseur). Puis je tiens en main mon Canon EOS 5D Mark IV et mon objectif 28-300 mm. Je panique un peu, car je dois m’occuper des trois appareils à la fois. Mais ça va !
  • Heure H-1 minute : les derniers fonctionnaires du centre spatial ont encore juste le temps de sortir de leur bureau à l’extérieur pour se poser in extremis sur le terrain. On stresse, un peu, beaucoup, passionnément… c’est le moment !
  • Heure H-1 seconde. Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ.
  • Heure H-0.00 : Atlas V de United Launch Alliance (ULA) transportant l’engin spatial CST-100 Starliner de Boeing pour l’essai en vol orbital 2 (OFT-2) vers la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme d’équipage commercial de la NASA, a décollé le 19 mai à 18 h 54 EDT du complexe de lancement spatial 41 (SLC) de la station spatiale de Cap Canaveral. À ce jour, ULA a effectué 150 lancements avec un taux de réussite de 100 %. Il s’agit du 93e lancement réussi d’une fusée Atlas V et du 104e lancement depuis le SLC-41
  • Heure H+5 secondes : j’ai déjà réalisé une centaine d’images grâce à un réglage sur 36 images secondes (mode vidéo-photo), laissant mon objectif sur trépied faire le boulot, alors que je tiens an mai l’autre appareil. La fusée est vraiment très limpide au loin et je me rends compte que j’aurais dû monter davantage la vitesse d’obturation. Ce que je n’ai pas le temps de faire. Tant pis, je fais confiance aux appareils et puis, je m’en fiche un peu, car, le plus important pour moi est : d’être là ! Je me rends compte de la chance que j’ai et j’aurais voulu emmener toutes mes connaissances sur place pour leur faire plaisir
  • Heure H+10 secondes : les premiers vrombissement et craquement de l’engin spatial nous parviennent, de plus en plus stridents aux tympans. Le sol ne tremble pas forcément, mais les vrombissements de l’engin spatial secouent nos tripes. Ce n’est pas une navette spatiale qui décolle où là le sol tremble quelque peu.
  • Heure H+20 secondes : Atlas V est déjà si haute, qu’on la perçoit si petite et qu’il n’est plus nécessaire de garder la tête au ciel. Néanmoins, on reste prudent, en mémoire de ce qui s’est passé avec la navette Challenger le 28 janvier 1986 où j’étais sur cette même place unique en son genre.

Starliner est partie rejoindre l’ISS qu’elle a atteinte à la perfection. La couverture de mon 34e lancement sur site est aussi réussie.

Lunar Accompaniment and Trembling Sensations

[Cape Canaveral, May 19, 2022. rke] – Near the NASA lunar rocket (SLC), I attend my 34th rocket liftoff. The only foreign reporter officially accredited on site, Atlas V of United Launch Alliance (ULA) lifts off under my eyes on May 19, 2022 at the exact time, 6:54 p.m. (local), Friday May 20 at 0:54 a.m. (Swiss time). My story.

Even the most seasoned American reporters did not necessarily obtain an authorization to go up on the roof of the famous historic VAB building (Vehicle Assembly Building). From there, we have, obviously, a 360-degree view on the whole horizon, as it was the case during my previous trips: click here

Normal, because inside this big building of 160,02 meters (525 feet) of height sleeps the lunar rocket SLS (Space Launch System), in other words, the space launch system of the 98 m of height which had to return in its hangar. After three simulated countdown tests under real conditions on its SLC 39B launch pad, the spacecraft had some problems with the helium lines at the launch site: hydrogen leakage on the refueling tanks at the foot of the rocket, defective pressurization valve on the SLS second stage. All in all, these are classic glitches that the tests were designed to reveal – and in this respect they have been successful – and that the teams will soon be able to repair.

A Second Crucial Test

In short, all this to tell you that I feel more privileged. On the one hand, I am the only foreign reporter accredited on this site, on the other hand, because the SLS is next to me, a few hundred meters away from us. But I’m not the only one, since TV stations and other reporters are on the lookout for the launch. To my left, the SLS (or the), at the end of my lens: the SLC 41 launch tower. As the crow flies (in direct view), we’re 3 miles from Atlas 5, which is scheduled to launch the Starliner capsule into orbit and, for a second attempt, reach the International Space Station (ISS) as part of the Commercial Crew Program. As I mentioned in a previous News, several technical anomalies have delayed the first manned flight until now. This second unmanned test should reassure the manufacturer Boeing and NASA. This second takeoff is crucial for Boeing which plays its go-ahead, but the teams have been working for two and a half years on this semi-matched. We must not forget that the capsule had succeeded in its return in December 2019, despite not having reached its objective. For my part, it is all the more important that I had the opportunity to attend on the spot, as a reporter, to the whole mission and even see the second capsule in assembly: click here

« I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I look through the viewfinder and out of the viewfinder to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field of view.”

From Minute to Minute

In the Starliner, no astronauts this time. The tension is always at its highest before liftoff, but not as high as a manned flight. With 5 minutes to go before liftoff, reporters and space center personnel are busy moving to the most suitable location to get a better view. In fact, this evening, the rocket is clearly visible because the sun is behind us. The sky is slightly veiled, but clear enough to follow the trajectory of the spacecraft.

  • Time T-5 minutes: without even observing the immense countdown, a console of 10 meters broad planted in front of, the adrenalin pushes us to concentrate on the last adjustments of our objectives
  • Time T-2 minutes: I put my smartphone (iPhone 13 ProMax), on a small terminal found at random, near me. Then I fixed my brand-new Canon EOS R3 (which I’m showing off) with a 400 mm telephoto lens (200 mm with an enlarger). Then I hold up my Canon EOS 5D Mark IV and my 28-300mm lens. I panic a bit, as I have to deal with all three cameras at once. But that’s okay!
  • Time T-1 minute: the last civil servants of the space center still have just the time to leave their office outside to land in extremis on the ground. We stress, a little, a lot, passionately… it’s time!
  • Time T-1 second. I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I glance through the viewfinder and out of it to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field
  • Time T-0.00. Liftoff! United Launch Alliance (ULA) Atlas V carrying Boeing’s CST-100 Starliner spacecraft on Orbital Flight Test-2 (OFT-2) to the International Space Station (ISS) as part of NASA’s Commercial Crew Program, lifted off on May 19 at 6:54 p.m. EDT, from Space Launch Complex-41 (SLC) at Cape Canaveral Space Force Station. To date ULA has launched 150 times with 100 percent mission success. This marks the 93rd successful launch of an Atlas V rocket, and the 104th launch from SLC-41
  • Time T+5 seconds: I have already taken a hundred images thanks to a setting of 36 frames per second (video-photo mode), letting my tripod lens do the job, while I may hold the other camera. The rocket is clear in the distance, and I realize that I should have increased the shutter speed. I don’t have the time to do so. Too bad, I trust the cameras and I don’t care a bit, because the most important thing for me is to be there! I realize how lucky I am, and I would have liked to take all my acquaintances there to please them
  • Time T+10 seconds: the first humming and cracking of the spacecraft reach us, more and more strident to the eardrums. The ground does not necessarily shake, but the roars of the spacecraft shake our guts. It is not a space shuttle which takes off or there the ground shakes somewhat.
  • Time T+20 seconds: Atlas V is already so high that we perceive it so small and that it is not necessarily any more to keep the head to the sky. Nevertheless, we remain careful, in memory of what happened with the shuttle Challenger on January 28, 1986, when I was on this same unique place.

Starliner left to join the ISS which it reached perfectly. The coverage of my 34th launch on site is also successful.

Coup de poker pour Boeing : soit ça passe, soit ça casse !

[Cap Canaveral, May 19, 2022. rkeEnglish below] – En voyant ces images, ne croyez pas qu’on passe des vacances. En tant que reporters, nous sommes guidés et dirigés un peu comme des moutons, sécurité oblige. Ce mercredi 18 mai, nous avons eu l’occasion d’assister à la sortie de la fusée ULA-Atlas V / OFT-2.

À l’arrière, le pas de tir SLC 41. la fusée va sortir… Il fait, lourd.

Après deux ans de pandémie, la NASA a encore serré la vis des inscriptions. Une fois que nous sommes sur le Press Site, nous ne pouvons plus nous inscrire pour un transport soit, sur le toit du VAB, aux pieds de la fusée et à ce qu’on appelle le roll-out, qui, comme son nom l’indique consiste à sortir l’engin de son hangar. C’est la sixième fois que j’ai l’occasion de voir cette sortie. Il lui faut ¾ d’heure à la fusée pour parvenir du hangar au pas de tir pour parcourir environ 1 km. Il fait en ce moment 95 degrés F., soit. On assiste à tout le trajet à environ 1 km sur un monticule. De là, on peut voir les autres bases de lancement au loin. On a le soleil et l’Océan Atlantique dans le dos et une brise chaude est à peine ressentie. La fusée a eu ¼ d’heure de retard et elle a montré son nez à 10h15 précises, ce mercredi 18 mai 2022.

Ce lancement est important pour moi car j’ai eu le privilège de couvrir le premier test de cette capsule Starliner (OFT-1) en décembre 2019 : cliquez ici

Essai crucial sans équipage

Petite entrée en matière en ce qui concerne la mission. La Starliner (capsule conique) est le second vaisseau censé amener des astronautes de la NASA à la Station Spatiale Internationale dans le cadre du Commercial Crew Program. Mais plusieurs anomalies techniques ont retardé jusqu’à présent le premier vol habité. En ce mois de mai 2022, un second essai sans équipage doit rassurer le fabricant Boeing et la NASA. C’est un vol crucial. Si ça vole jusqu’au bout, Boeing va redorer son blason, sinon, c’est fichu pour les vols habités. Je leur tiens les pouces, car c’est, en quelque sorte, un peu de la concurrence à SpaceX. Enfin, je n’ose pas trop le dire. Disons que c’est complémentaire. Décollage prévu ce vendredi 20 mai à 0h54 du matin (Suisse), 18h54 (locale). 

  • Pour des infos succinctes, mais très complètes en français, je recommande une petite visite sur le site « Rêves d’Espace » : cliquez ci

Poker game for Boeing: either it passes, or it breaks!

Dorénavant, avant de nous amener à bon port, on appelle nos noms par hauts-parleurs.
From now on, before taking us to our destination, our names are called by loudspeakers
On guette la sortie… Watching for the exit

[Cape Canaveral, May 19, 2022. rke] – When you see these pictures, don’t think we are on vacation. As reporters, we are guided and directed a bit like sheep, security obliges. This Wednesday, we had the opportunity to attend the launch of the ULA-Atlas V / OFT-2 rocket.

La voilà !

After two years of pandemic, NASA has tightened the screw on registration again. Once we are at the Press Site, we can no longer sign up for a transport either, to the roof of the VAB, to the feet of the rocket and to what is called the roll-out, which, as the name implies is to take the craft out of its hangar. This is the sixth time I have had the opportunity to see this exit. It takes ¾ of hours to the rocket to reach the hangar to the launching pad to cover approximately 1 km. It is at this moment 95 degrees F. One attends all the way to approximately 1 km on a mound. From there you can see the other launch pads in the distance. We have the sun and the Atlantic Ocean at our backs and a warm breeze is barely felt. The rocket was ¼ of an hour late and showed its nose at 10:15 a.m. sharp, this Wednesday, May 18, 2022.

It’s an important launch for me because I had the privilege of covering the first test of this Starliner capsule (OFT-1) in December 2019: click here

A short introduction to the mission. The Starliner (conical capsule) is the second spacecraft that is supposed to take NASA astronauts to the International Space Station as part of the Commercial Crew Program. But several technical anomalies have delayed the first manned flight until now. In this month of May 2022, a second unmanned test should reassure the manufacturer Boeing and NASA. It is a crucial flight. If it flies to the end, Boeing will restore its reputation, otherwise, it’s over for manned flights. I’m holding their thumbs, because this is, in a way, a bit of competition to SpaceX. Well, I don’t dare say it. Let’s say it’s complementary. Liftoff scheduled for this Friday, May 20 at 0:54 a.m. (Swiss), 6:54 p.m. (local).

Falcon 9/Starlink – Un décollage express à l’aube

[Cap Canaveral, May 18, 2022. rke. English below] – Deux jours après mon arrivée, le 18 mai 2022, quelle ne fut pas ma surprise. J’ai dû de suite préparer mon équipement photo pour pouvoir prendre mes premiers shoots. Encore épuisé par le voyage, j’ai quand même eu le courage d’assister à un lancement, même à 15 km, en face de la fusée.

Photo du hat. Non, ce n’est pas encore le lancement de Starliner. J’attends celui de SpaceX Stralink.

Mais là, je ne suis pas accrédité, car il s’agit du tir de Falcon9 Starlink de SpaceX. Dans ce cas, j’ai juste eu besoin de me rendre sur un parc de Titusville pour assister au décollage, comme le public. Peu de monde sur place pour une mission qui est devenue une routine. Du complexe 40, la fusée a décollé à l’aurore à 6h59 (locale) après 49 minutes de retard, en emportant 53 satellites internet d’un coup. Du coup, la filme de Musk compte désormais pas moins de 2’500 engins opérationnels en orbite basse. Mes premières images d’ambiance avec celle du haut où j’ai quand même réussi mon coup avec mon tout nouveau boîtier Canon EOS R3 hybride.

Mercredi 18 mai 2022. Lever de soleil sur Titusville. Wednesday, May 18, 2022. Sunrise over Titusville. – Photo : rke

Falcon 9/Starlink – An Express Liftoff at Dawn

La pandémie de la Covid-19 a tué 1 million d’américains. En hommage, des milliers de drapeaux sont entreposés devant instances officielles. – Photo : rke

[Cape Canaveral, May 18, 2022 rke] – Two days after my arrival, on May 18, 2022, what a surprise. I had to get my camera equipment ready to take my first shots. Still exhausted by the trip, I still had the courage to attend a launch, even at 15 km, in front of the rocket.

But there, I am not accredited, because it is the launch of Falcon9 Starlink of SpaceX. In this case, I just needed to go to a park in Titusville to watch the launch, like the public. Few people on hand for a mission that has become routine. From complex 40, the rocket took off at dawn at 6:59 a.m. (local time) after 49 minutes of delay, carrying 53 internet satellites at once. As a result, Musk’s film now counts no less than 2’500 operational devices in low earth orbit. My first pictures of the atmosphere with the one above where I still managed to shoot with my brand new Canon EOS R3 hybrid camera.

Seul reporter étranger accrédité sur site

[Cap Canaveral, May 17, 2022. rke. English below] – Craignant le pire pour obtenir mes badges d’entrée au cœur du pays fusées, en Floride, j’ai eu la bonne surprise d’obtenir le badge No 1 des reporters suisses sur place et même du seul étranger ! Un privilège, mais aussi une gêne. Le deuxième essai de la fusée Atlas V OFT-2 Starliner de Boeing part ce jeudi 19 mai à 6h44 (locale) et vendredi 20 mai à 0h54 (Suisse).

À peine débarqué, ce lundi 16 mai 2022 à l’aéroport de Miami, vers 21h, heure locale, me voilà déjà dans les soucis. Le temps de trouver, je pars de location de voitures, j’embarque dans une Ford Edge puis je prends la direction habituelle de Cap Canaveral (à l’Est d’Orlando). Comme on a eu plus de 3 heures de retard à l’arrivée, je me suis retrouvé dans un bouchon interminable. À partir de cette heure-là, la ville a complètement bloqué la route principale I95 et provoqué une déviation infinie. Du coup, je me rabats sur la Nationale 1 et remonte le long des côtes en passant Palm Beach, Vero Beach et les autres villes entre les feux de circulation souvent rouges.

Après 15h de vol (trois de plus à cause de la panne), et 6 heures de voiture, donc 21h de voyage, j’arrive au petit matin en ayant perdu 1 nuit que l’hôtel m’a quand même facturée.

Le 2e journaliste étranger n’est pas venu : problème d’inscription

Sur place, le temps de décharger mes affaires, je pars chercher mes deux fameux badges. L’un au premier office, la douane de la NASA, en quelque sorte, l’autre au premier bureau de presse, au PIDs, comme ils disent. Enfin une bonne nouvelle. On m’accorde les deux tickets d’entrée au centre de presse principal sur le site avec le badge numéro 1 ! Ouah, je suis le premier arrivé. Ironie de l’histoire, on m’informe que je suis le seul journaliste étranger accrédité sur place.

Eh bien, je ne m’attendais pas à cela. Un autre reporter international aurait dû venir, mais il n’a plus eu l’autorisation en raison d’un problème… de badge. En fait, je ne sais pas lequel.

Je me sens presque gêné, mais, je me dis que c’est un privilège, d’autant plus que ce n’est pas la première que je vienne couvrir une mission en étant le seul étranger.

« Oh, la Suisse ? Quel rêve ! »

Comme d’habitude, la NASA ne fait pas de discrimination en ce qui me concerne. Mais SpaceX, oui, lire mon ancien reportage : cliquez ici.

Parce que je suis helvétique, ça passe bien à la NASA, d’autant plus qu’on a un Bernois comme directeur des missions scientifiques, Thomas Zurbuchen. J’en profite pour lui dire un petit bonjour de la part du p’tit Suisse.

Notre pays fait même rêver la toute jeune présentatrice de la News Room du Kennedy Space Center (KSC) de la préconférence du lancement de la mission OFT-2. « Parmi vos 34 couvertures de décollage, ici au Kennedy Space Centre (KSC), lequel a été le plus marquant ? ». Je dois bien réfléchir… Je lui réponds : « Ce sont le premier et le dernier vol de la navette spatiale ». Sur ce, elle est quand un peu admirative. En fait, j’ai oublié de lui dire que c’est plutôt la navette Challenger, le 28 janvier 1986, que j’ai vue exploser sous mes yeux. La présentatrice n’était probablement pas née. C’est pour cela qu’elle doit avoir été admirative de mes trips. Pas pour mon âge, mais parce que j’ai vécu tout ça, et surtout, que je viens de Suisse !

Only foreign reporter accredited on site

Non, ce n’est pas ma moto. Grande peinture devant le News Center en face du VAB. Avec, au fond, le pas de tir PAD 39B de la future fusée lunaire SLS. – No, that’s not my bike. Large painting in front of the News Center in front of the VAB. With, in the background, the PAD 39B launch pad of the future SLS moon rocket. Photo : rke

[Cape Canaveral, May 17, 2022. rke] – Fearing the worst to get my badges to enter the heart of the rocket country, in Florida, I had the good surprise to get the No. 1 badge of the Swiss reporters on the site and even of the only foreigner! A privilege, but also an embarrassment. The second test of Boeing’s Atlas V OFT-2 Starliner rocket leaves this Thursday, May 19 at 6:44 a.m. (local) and Friday, May 20 at 0:54 a.m. (Swiss).

As soon as I landed, this Monday, May 16, 2022, at the Miami airport, around 9 p.m. local time, I am already in trouble. The time to find, I leave from car rental, I embark in a Ford Edge then I take the usual direction of Cape Canaveral (east of Orlando). As we were more than 3 hours late arriving, I found myself in an endless traffic jam. From that time on, the city completely blocked the main road I95 and caused an endless detour. So, I took the National Highway 1 and drove along the coast passing Palm Beach, Vero Beach and the other cities between the often-red traffic lights.

After 15 hours of flight (three more because of the breakdown), and 6 hours of car, so 21 hours of travel, I arrive in the early morning having lost 1 night that the hotel charged me anyway.

The 2nd foreign journalist didn’t come: registration problem

On the spot, the time to unload my stuff, I go to get my two famous badges. One at the first office, the NASA customs, so to speak, the other at the first press office, the PIDs, as they say. Finally, some good news. I am granted both tickets to the main press center on the site with badge number 1! Wow, I’m the first one there. Ironically, I am informed that I am the only accredited foreign journalist on the site.

Well, I didn’t expect that. Another international reporter was supposed to come, but he didn’t get permission anymore because of a problem with his badge. Actually, I don’t know which one.

I almost feel embarrassed, but I tell myself that it’s a privilege, especially since it’s not the first time I’ve come to cover an assignment as the only foreigner.

« Oh, Switzerland? What a dream! »

As usual, NASA does not discriminate when it comes to me. But SpaceX does, read my old report: click here.

Because I’m Swiss, it goes well at NASA, especially since we have a Bernese as director of scientific missions, Thomas Zurbuchen. I take this opportunity to say hello to him on behalf of the Swiss kid.

Our country even makes the very young presenter of the Newsroom of the Kennedy Space Center (KSC) dream of the pre-launch conference of the OFT-2 mission: « Among your 34 launch covers, here at the Kennedy Space Center (KSC), which one was the most memorable? I have to think hard… I reply, « Those were the first and last space shuttle flights. » With that, she is a bit admiring. In fact, I forgot to tell her that it was the Challenger shuttle, on January 28, 1986, that I saw explode before my eyes. The presenter was probably not born. That’s why she must have admired my trips. Not because of my age, but because I have lived it all, and above all, because I come from Switzerland!

Nuit de Lune américaine à mon arrivée aux USA. – Photo : rke

Zurich – Miami sans masques à l’ère presque post-Covid

Un test antigénique, rapide, très rapide. Photo : rke

[Cap Canaveral, May 16, 2022. rke. English below] – Pour la première fois, j’ai réussi à décrocher un sourire à un douanier suisse en passant dans un portique à rayons X. J’ai apprécié passer un test Covid antigénique et adoré cocher les cases d’un formulaire américain. Cap au pays de l’Oncle Sam pour couvrir mon 34e lancement, celui de la capsule américaine Starliner de Boeing (OFT-2) aux pieds de la fusée Atlas 5.

Retourner aux USA, deux ans et trois mois après la pandémie, quelle angoisse. Petit rappel. Lors de mon premier trip pour le lancement de la sonde européenne Solar Orbiter à Cap Caveral, en février 2019, je suis rentré des USA deux jours avant la fermeture des pays due aux restrictions sanitaires. Quel bol ! Mais l’attente a été longue avant d’y retourner… aux USA. Il a fallu que l’épidémie se résorbe et que les conditions soient moins sévères, comme en ce moment.

C’est une occasion de vous décrire les étapes à franchir pour voyager en avion de nos jours. Les modalités, les avantages et les inconvénients.

Toujours ces vaccins, les trois !

La première démarche consiste à bien se renseigner. Les USA exigent les 3 vaccins Covid. Et toc ! La question est de savoir comment les Américains peuvent-ils contrôler notre PassCovid alors qu’il n’est valable qu’en Suisse. Le fameux QR code helvétique est un labyrinthe inconnu chez l’Oncle Sam. En lieu et place, le Département américain de la santé et des ressources humaines (U.S. Department of Health and Human Ressources) demande de remplir un formulaire de 5 pages baptisé CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Lien du CDC : cliquez ici

Si l’on est positif au Covid, on ne part pas de Suisse, car c’est indiqué comme tel sur le formulaire. Donc à quoi sert-il de le signaler aux douaniers US puisqu’on n’y va pas ? C’est la logique américaine…

Mais ce document n’est pas austère. Il y a deux sections à cocher. L’une si le test de 1 jour avant le départ est négatif, ou positif. L’autre si l’on a les 3 vaccins, ou pas. Si c’est positif, dans les deux cas, il y a la possibilité de répondre à des exceptions. Évidemment, c’est un peu biaisé. Si l’on est positif, on ne part pas, donc pas besoin de montrer le formulaire aux douanes. Disons que c’est la logique américaine.

Une fois parvenu au débarquement, pas celui de Normandie, mais de la douane US, il suffit de présenter le CDC. Et gare à celui qui dit qu’il est négatif au lieu de positif ! Mais de toute façon, peu importe puisqu’au Check-in de l’aéroport de départ, il est demandé le certificat Covid de 3 doses. Pas de boost, pas de décollage !

L’antigénique adoré

Deuxième contrainte : le fameux test avant le départ. Soit l’antigénique (24 heures avant) ou le PCR, 72 heures. Le plus simple est de choisir la première variante. Le test peut être réalisé à l’aéroport de Zurich quelques heures avant le départ, mais ce n’est pas forcément la bonne solution. Pour ma part, j’ai préféré passer une nuit avant à l’hôtel et me faire tester à ce moment-là. En principe, il est possible de passer au centre de diagnostics de l’aéroport sans rendez-vous, mais il est quand même conseillé de s’inscrire au préalable, ce qui facilite les démarches une fois sur place. C’est l’entreprise FlyEnder qui s’occupe de ces tests.

Voici le lien FlyEnder : www.enderdiagnostics.com

Je dois reconnaître que la procédure est parfaitement rodée et que le passage au test rapide est… rapide, sans désagrément grâce à un coton-tige pris dans la bouche et à peine entré dans le nez.

Check-in : fini les bornes

Une fois ces deux formulaires en main, le CDC et le test Covid, vient le Check-in. À Zurich, il n’est plus possible, à la sortie du train du hall de gare de l’aéroport, d’enregistrer personnellement ses bagages sur les diverses consoles munies d’écran pour la simple et bonne raison qu’elles ont disparu. Dommage, car on s’y était accoutumé. Néanmoins, cela est possible de déposer ses bagages au desk du tapis roulant pour ceux qui auraient préalablement réalisé le Check-in, en ligne. De là, on est un peu désemparé, car on ne sait pas où aller s’enregistrer. En tous, ce n’est pas mis en évidence. J’ai donc dû me rendre au 1er étage du Terminal 1 pour enfin repérer les comptoirs (pour ne plus dire Desks) d’enregistrement de la compagnie Swiss.

Au départ de Zurich. Photo : rke

Au scanner, plus de souliers

Vient le passage redouté au contrôle des personnes, à la fouille humaine. Depuis la pandémie, qui je le rappelle n’est pas résorbée, je me suis méfié davantage de ce moment. Mais rien n’a changé : défilement des personnes dans une allée en serpentin, dépose de tous les objets corporels dans des bacs en plastique, puis passage au portail-scanner. « Mais non, pas besoin d’enlever les souliers ! » me lance le douanier de l’autre côté de l’entrée. Ah, chouette ! Je les laisse…

Bip, Bip. On me demande de repasser le portail, et Bip, Bip à nouveau. Quelle angoisse. Je me sens gêné pour les autres passagers et mes affaires qui défilent à l’infini du tapis roulant. Et encore Bip, Bip ! Cette fois, je suis fichu. On va me garder à Zurich. Mais non, je plaisante !

Dès lors, le douanier regarde mes chaussures et ne demande, en Suisse allemand :

  • Vous avez quoi comme souliers ?
  • Ben, des normaux, lui dis-je ?
  • N’avez-vous pas par hasard une paire avec un embout de sécurité en métal ?
  • Heu, ah oui, il me semble. Marchez dessus, vous verrez bien !

Le douanier s’exécute et pose son pied sur le bout du mien et, effectivement, je ne pensais plus que j’avais des chaussures de sécurité. Du coup, j’ai réussi à faire sourire un douanier !

Le tampon bleu américain

Reste encore à passer au contrôle des passeports où, comme de coutume, le service de sécurité américain doit timbrer le billet d’avion d’un tampon bleu. C’est juste avant l’entrée du portique d’embarquement. Et là encore, je réussis à décrocher un sourire de l’hôtesse qui m’a souhaité un agréable voyage. Bizarre, car d’habitude, c’est la méfiance qui prédomine.

Ah, encore une chose. Plus de masques dans l’aéroport ni dans les avions, sauf pour les irréductibles.

Au bout du compte, le début de ce voyage est plus agréable que la période d’avant Covid. Comme quoi, la pandémie a eu du bon. On dirait que tout un chacun est devenu plus conciliant et les contrôleurs plus empathiques. Bigre, ferait-il bon voyager à nouveau ?

À l’arrivée à Miami. Photo : rke

Le comble…

Pour le fin mot de l’histoire, notre vol Swiss LX64 (Boeing 777-300) a atterri à Miami avec trois heures de retard, dû à un problème technique à un moteur au décollage de Zurich. Le comble : le douanier ne m’a même pas demandé ma feuille Covid CDC !

Mais allez, passez ! Me voilà en Amérique.

Zurich – Miami without masks in the almost post-Covid era

From Zurich, a beautiful Emirates A380. Photo : rke

[Cape Canaveral, May 16, 2022] – For the first time, I managed to get a smile out of a Swiss customs officer as I passed through an X-ray portal. I enjoyed taking a Covid antigen test and loved checking off the boxes on an American form. Heading to Uncle Sam’s country to cover my 34th launch, that of Boeing’s American Starliner capsule (OFT-2) at the feet of the Atlas 5 rocket.

Going back to the USA, two years and three months after the pandemic, what anguish. A little reminder. On my first trip to the launch of the European Solar Orbiter probe at Cape Caveral in February 2019, I returned from the US two days before the countries shutdown due to health restrictions. What a stroke of luck! But it was a long wait to get back… to the US. It took the outbreak to subside and the conditions to be less severe, as they are right now.

This is an opportunity to describe to you the steps to take to travel by plane nowadays. The modalities, the advantages and the disadvantages.

Always those vaccines, all three!

The first step is to be well informed. The USA requires the 3 Covid vaccines. And that’s it! The question is how the Americans can control our Covid Pass when it is only valid in Switzerland. The famous Swiss QR code is an unknown labyrinth in Uncle Sam. Instead, the U.S. Department of Health and Human Resources asks you to fill out a 5-page form called CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

But this document is not austere. There are two sections to check off. One if the test of 1 day before departure is negative or positive. The other one if you have the 3 vaccines, or not. If it is positive, in both cases, there is the possibility to answer exceptions. Obviously, it is a bit biased. If you are positive, you don’t leave, so you don’t have to show the form to customs. Let’s say that’s the American logic.

Once you arrive at the landing, not the one in Normandy, but at the US customs, you just have to show the CDC. And beware of the one who says it is negative instead of positive! But anyway, it doesn’t matter because at the check-in of the departure airport, the Covid certificate of 3 doses is required. No boost, no take-off!

The Beloved Antigen

On arrival in Miami with more than 3 hours of delay. Photo : rke

Second constraint: the famous test before departure. Either the antigenic (24 hours before) or the PCR, 72 hours. The easiest way is to choose the first variant. The test can be done at the airport in Zurich a few hours before departure, but this is not necessarily the best solution. For my part, I preferred to spend one night in a hotel before and to be tested at that time. In principle, it is possible to go to the diagnostic center at the airport without an appointment, but it is still advisable to register beforehand, which makes it easier once you are there. The company FlyEnder is in charge of these tests.

I have to admit that the procedure is perfectly worked out and that the passage to the quick test is… fast, without any inconvenience thanks to a cotton swab taken in the mouth and barely entered the nose.

Check-in: no more terminals

Once these two forms in hand, the CDC and the Covid test, comes the check-in. In Zurich, it is no longer possible to personally check in your luggage at the various consoles with screens when you leave the train at the airport station, for the simple reason that they have disappeared. It’s a pity, because we were used to it. Nevertheless, it is possible to drop off your luggage at the conveyor belt desk for those who have previously checked in online. From there, we are a bit confused, because we don’t know where to check in. In all, it is not highlighted. So I had to go to the 1st floor of Terminal 1 to finally find the check-in counters (not to say desks) of the Swiss company.

At the Scanner, No More Shoes

Then came the dreaded human search. Since the pandemic, which I remind you is not over, I have been more wary of this moment. But nothing has changed: people are paraded down a serpentine aisle, all body objects are deposited in plastic bins, and then they pass through the portal scanner. « But no, you don’t have to take off your shoes », says the customs officer on the other side of the entrance. Oh, great! I leave them…

Beep, beep. They ask me to go back through the gate, and Beep, Beep again. What anguish. I feel embarrassed for the other passengers and my things that scroll to the infinity of the conveyor belt. And again Beep, beep! This time, I’m done for. They’re going to keep me in Zurich. But no, I’m kidding!

From then on, the customs officer looks at my shoes and asks, in Swiss German:

⁃ What kind of shoes do you have?

⁃ Well, normal ones, I tell him?

⁃ Do you by any chance have a pair with a metal safety toe cap?

⁃ Uh, ah yes, I think so. Step on it, you’ll see!

The customs officer complies and puts his foot on the toe of mine and indeed, I didn’t think I had safety shoes anymore. As a result, I managed to make a customs officer smile!

The American Blue Stamp

I still have to go through passport control where, as usual, the American security service has to stamp the plane ticket with a blue stamp. It is just before the entrance of the boarding gate. And there again, I managed to get a smile from the stewardess who wished me a pleasant trip. Strange, because usually, it’s mistrust that prevails.

Ah, one more thing. No more masks in the airport or on the planes, except for the diehards.

In the end, the beginning of this trip is more pleasant than the period before Covid. So the pandemic has had its benefits. It seems that everyone has become more accommodating and the controllers more empathetic. Boy, would it be nice to travel again?

The last straw…

To make a long story short, our Swiss flight LX64 (Boeing 777-300) landed in Miami three hours late, due to a technical problem with an engine on takeoff from Zurich. To top it all off, the customs officer didn’t even ask me for my Covid CDC sheet!

But come on, pass! Here I am in America.

Pupilles/papilles dans l’espace et dans le Jura

[Courrendlin, Switzerland, March 26, 2021, rke. English below]  – Savez-vous quelle différence il y a entre un mille-feuille et un feuilleton ? Aucune, car entre chaque tranche il y a de la saveur. Je vous parle de ce sujet parce que les astronautes ont eux aussi droit à du dessert dans l’espace et parce que dans le Jura, à Delémont plus précisément, s’est déroulé le Salon interjurassien de la formation.

Chloé Schweingruber me présente son oeuvre pâtisserie. – Photo © : Jean-Michel Probst.

Du 23 au 27 mars 2022, le public a pu découvrir 200 métiers et formations répartis sur près de 70 stands. Lors de cette rencontre de la jeunesse, qui a connu un vif succès, les meilleurs apprentis micromécanicien·ne CFC et dessinateur·trice en construction microtechnique CFC de toute la Suisse se sont affrontés lors de championnats individuels. Mais pas seulement.
Les 6 meilleurs de chaque métier ont obtenu leur précieux billet pour les SwissSkills.

La fusée de Chloé Schweingruber
Pour la première fois, le métier de bouche s’est tenu à la halle des expositions à Delémont, plutôt qu’à l’École professionnelle artisanale, rue de la jeunesse à Delémont. La Neuchâteloise Chloé Schweingruber de Lignières qui travaille à la boulangerie Donzé, à Tramelan, a remporté le 2e prix des boulangers-pâtissiers, derrière Maxine Bendit de Courchavon de la boulangerie Bernhard de Fontenais.

Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf

Des hublots en gélatine
« L’idée de cette fusée m’est venue suite à un travail professionnel d’approfondissement, un dossier à fournir pour l’école, dont le thème était la nourriture spatiale. J’avais alors imaginé une fusée dans un parc qu’on pouvait déplacer vers plusieurs planètes et qu’on pouvait manger à l’intérieur. Un restaurant gastronomique dans la fusée. Du coup, j’ai eu l’idée de reprendre ce sujet et de l’adapter pour le salon jurassien », explique Chloé.
Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf. Et la consistance des planètes ? : « à l’intérieur, de la framboise et d’un biscuit normal. Comme garniture, il y a aussi les petits biscuits en forme d’astronaute.
Le hublot de la fusée, c’est de la feuille de gélatine qu’on peut acheter. » Et les aliens ? « Ils sont en massepain ! ».
Chloé s’est spécialisée dans la cuisine-boulangerie. Elle aimerait plus tard lancer sa propre entreprise dans le domaine du « service traiteur ».  

Feuilleton spatial sur RFJ/RJB/RTN
5 épisodes, du 21 au 25 mars

Dans mon bureau. Photo © : jean-Michel Probst

Autres articles

Steve Swanson harvests a_crop of red romaine lettuce plants. – Photo : NASA

Taste buds in space and in the Swiss Jura

In Delemont, canton of Jura (Switzerland), bakery students make decorations for pastries. – Photo : rke

Do you know what the difference is between a mille-feuille (a famous Swiss pastry) and an order form? None, because between each slice there is flavor. I’m talking about this topic because astronauts are also entitled to dessert in space and because in the Jura, in Delémont to be precise, the « Salon interjurassien de la formation » took place.

From March 23 to 27, 2022, the public was able to discover 200 professions and training courses spread over nearly 70 stands. During this youth event, which was a great success, the best CFC micromechanics and CFC microtechnology construction draftsmen apprentices from all over Switzerland competed in individual championships. But not only that.
The 6 best in each profession obtained their precious ticket for the SwissSkills.

The rocket of Chloé Schweingruber
For the first time, the food trade was held at the exhibition hall in Delémont, rather than at the Vocational School for Crafts, rue de la jeunesse in Delémont. Chloé Schweingruber from Lignières, Neuchâtel, who works at the Donzé bakery in Tramelan, won the 2nd prize for bakers, behind Maxine Bendit from Courchavon of the Bernhard bakery in Fontenais.

Portholes made of gelatin
« The idea of this rocket came to me after a professional work of deepening, a file to be provided for the school, whose topic was the space food. I imagined a rocket in a park that could be moved to several planets and eaten inside. A gourmet restaurant in the rocket. So I had the idea of taking this subject and adapting it for the Jura exhibition, » explains Chloé.
The body of the spacecraft is made of nougatine and the decoration of royal glaze, powdered sugar with egg white. And the consistency of the planets: « inside, raspberry and a normal cookie. As a filling, there are also small cookies in the shape of an astronaut.
The window of the rocket is gelatin sheet that you can buy. » And the aliens? « They’re made of marzipan! ».
Chloe specializes in cooking and baking. She would later like to start her own business in the « catering » field. 

Will Elon Musk be able to inspire himself from Chloe to launch his Starship rocket? – Photo : rke
Photo © SpaceX