Tous les articles par Roland J. Keller

"Grand reporter", Roland Keller focuses the action the look and the write. Qui suis-je ? Je suis un « blogue-trotter » de la technique (spatiale en particulier) qui tente de rendre mes aventures plus lyriques et affriandantes. Reporter de terrain, je privilégie la plume, le coup d'œil et un zeste de mouvement (vidéos). Mon hobby (le reportage mondial et la technique) est devenu ma profession. Mon ambition : mâcher les news et piéger les images le plus haut possible. Mon rêve : raconter le monde spatial… de l’espace. Who am I ? I am a « blog-trotter » of technology (especially the Space Program) trying to make my adventures more lyrical and alluring. Ground reporter (with a touch of sight to the sky), I focus the writing, the look-shoot and a touch of motion (video). My hobby (world reporting and technology) have become my profession. My ambition : chew the news and trap the pictures as high as possible. My dream : talk about space… from space.

LA NASA CHOISIRA SA MISS-LUNE

Courrendlin (Jura-Switzerland), January 4 2020, rke
English below

Je voudrais commencer cette année vingt par vous parler d’une femme que j’ai rencontrée le 19 décembre 2019 à Cap Canaveral, plus précisément lors d’une conférence de presse en plein air devant le célèbre bâtiment d’assemble des véhicules, le fameux VAB dont j’ai conquis le toit pour voir quatre lancements. Rencontré, cela veut dire qu’elle – et sa collègue Nicole Mann – étaient en face de nous pour répondre aux questions des reporters dans une ambiance plutôt bon-enfant, c’est-à-dire sans gêne. Je me sentais dans mon élément.

Suni Williams lors de la conférence de presse du 19 décembre 2019. Photo : rke

Cette super dame s’appelle donc Sunita (dit Suni) Williams. 54 ans le 19 septembre. Cette capitaine retirée de l’US Navy a déjà cumulé 321 jours 17h et 15 minutes dans l’espace, avec la navette spatiale américaine (STS-116) et avec des Soyouz vers la Station spatiale internationale (ISS)… Bref, en tout, 7 missions sur orbite. Rien que ça ! D’ailleurs, elle a été choisie pour voler dans une prochaine mission avec la capsule CST-100 Starliner de Boeing, le troisième lancement commercial opérationnel (USCV-2) qui devrait avoir lieu quand les deux premiers auront réussi… probablement l’année prochaine. Car, après ce qui s’est passé lors du premier vol test du 20 décembre 2019, on ne sait pas encore quand la mission réelle avec astronautes aura lieu.

Les 12 candidates. De haut en bas, de gauche à droite : Stephanie Wilson, Jessica Meir, Kristina Koch, Kathleen Rubins, Sunita Williams, Megan McArthur, Shannon Walker, Tracy Caldwell Dyson, Jeanette Epps, Anne McClain, Nicole Mann, Serena Aunon-Chancellor. Photos : Robert Markowitz & James Blair / NASA

Toutes très jolies… et humbles
Par rapport aux onze autres femmes potentielles, au passage toutes très jolies, à poser le prochain pied sur la Lune, Suni me semble la plus mature. Non pas par son expérience, mais par sa nature. Elle pourrait être la grande sœur de ces candidates, car elle donne l’impression de savoir s’occuper avec soin de son entourage. Le choix de ces super nanas, c’est un peu comme une élection de Miss. Elles sont toutes capables, entreprenantes, et, ce qui me plaît le plus, humbles. Oh, ce n’est pas comme certains politiciens (pas tous, évidemment) qui aiment se montrer et se pavaner. Non, elles, sont censées, toutes empruntes d’un certain humour, intelligentes, évidemment, et respectueuses. Je suis sûr qu’elles donneraient leur vie pour sauver un équipage en cas de détresse, même masculin. Sa collègue, Nicole Mann, une autre diplômée de l’académie navale US, est pilote de F/A18 (wouah !). Elle a dirigé le corps d’astronautes dans le développement de l’engin spatial Orion, du système de lancement spatial (SLS) et des systèmes d’exploration au sol (EGS). Elle s’entraîne actuellement en vue de l’essai en vol de l’équipage du vaisseau spatial Starliner de Boeing, le premier vol avec équipage de ce véhicule. Quelle nana ! Elle aussi est une candidate possible pour poser le prochain pied sur la Lune.

Conférence de presse devant le VAB le 19 décembre 2019. – Photo : rke

La plus longue virée spatiale d’une femme
Et puis, il faut aussi compter sur Christina Koch. Cette astronaute américaine a passé le 29 décembre 2019, son 289e jour dans l’espace samedi, battant ainsi le record mondial de l’astronaute retraitée Peggy Whitson pour la plus longue virée spatiale établie par une femme. Puis, Koch a participé à quatre sorties dans l’espace, se joignant à l’astronaute Jessica Meir pour la première excursion entièrement féminine de l’histoire en octobre. Elle prévoit retourner deux autres fois à l’extérieur en janvier, toujours en compagnie de Jessica Meir, pour terminer l’installation de nouvelles batteries de panneaux solaires de l’ISS. Lorsque Koch reviendra sur Terre le 6 février, son séjour dans l’espace aura duré 328 jours, soit 12 jours de moins que le record américain de vol en solitaire établi par l’astronaute à la retraite Mark Kelly en 2016. Le record de tous les temps – 438 jours – a été établi par le cosmonaute Valery Polyakov en 1995. Whitson détient toujours le record américain du temps total passé dans l’espace – près de 666 jours – en cinq vols.

Artemis 3 : Meir et Koch favorites
La NASA a donc comme plan de renvoyer des humains sur la Lune en 2024, avec la mission Artemis 3. Deux astronautes marcheront sur le sol sélène, pour la première fois depuis 1972, et une femme en fera partie. Qui plus est, cette dame sera l’une des 12 membres actuelles du corps des astronautes. Jessica Meir et Christina Koch, quadragénaires recrutées en même temps en 2013, apparaissent comme parmi les candidates naturelles. Mais la procédure de sélection interne par la NASA pour cette mission historique est pour l’instant tenue secrète. Ces 12 super-dames ont toutes leur chance.

NASA astronaut Christina Koch works with an experiment on the International Space Station in this Dec. 22 photo. Photo : NASA

Pas de bise… pour l’instant
Mon astronaute féminine préférée est Suni. Non pas parce que je l’ai croisée l’autre jour sur site, mais parce qu’elle a baptisé la capsule Starliner de Boeing : Calypso, du nom du célèbre navire océanographique du commandant Cousteau. Je n’ai pas fait de bise à Suni, mais le cœur y était. J’essaierai la prochaine fois que je la rencontre. Avant qu’elle aille sur la Lune ?

Ces douze prétendantes sont toutes censées, empruntes d’un certain humour, intelligentes (évidemment) et respectueuses

NASA Must Choose Its Miss-Moon

I’d like to begin this year’s 20 by telling you about a woman I met on 19 December last year at Cape Canaveral, more precisely at an open-air press conference in front of the famous vehicle assembly building, the famous VAB, whose roof I conquered to see four launches. We met her, which means that she – and her colleague Nicole Mann – was in front of us to answer reporters’ questions in a rather childlike atmosphere, that is to say without embarrassment. I felt in my element.

Open-air press conference on 19 December 2019 in front of the VAB. – Photo : rke

So, this super lady’s name is Sunita (known as Suni) Williams. 54 years old on September 19. This retired captain of the US Navy has already accumulated 321 days 17 hours and 15 minutes in space, with the US Space Shuttle (STS-116) and with Soyuz to the International Space Station (ISS)… In short, 7 missions in all. That’s all there is to it! In fact, it has been chosen to fly on an upcoming mission with Boeing’s CST-100 Starliner capsule, the third operational commercial launch (USCV-2) that should take place when the first two are successful… probably next year. Because, after what happened during the first test flight on December 20, 2019, it is not yet known when the actual astronaut mission will take place.

All very pretty… and modest…
Of the eleven other potential women, by the way all very pretty, to set the next foot on the Moon, Suni seems to me the most advanced. Not by experience, but by character. She could be the big sister of these candidates because she gives the impression that she knows how to take care of those around her. The choice of these super chicks is a bit like a miss election. They’re all talented, enterprising and, what I like most, modest. Oh, it’s not like some politicians (not all of them, obviously) who like to show off and strut around. No, they’re supposed to be, all with a certain sense of humor, intelligent, obviously, and respectful. I’m sure they would give their lives to save a crew in case of distress, even a male one. Her colleague, Nicole Mann, another graduate of the US Naval Academy, is an F/A18 pilot (Wow!). She completed Astronaut Candidate training in July 2015.  She has served as the T-38 Safety and Training Officer and most recently completed a tour as the assistant to the Chief for Exploration. She led the astronaut corps in the development of the Orion spacecraft, Space Launch System (SLS), and Exploration Ground Systems (EGS). She is currently training for the crew flight test of Boeing’s Starliner spacecraft, the first crewed flight for that vehicle.

En bleu, assis, mon collègue photographe Rob van Mackelenbergh.
Sitting in blue is my colleague photographer Rob van Mackelenbergh.
– Photo : rke

A woman’s longest spacewalk
And then there’s Christina Koch. Launched to the International Space Station in March, the astronaut marks her 289th day in space Saturday, breaking retired astronaut Peggy Whitson’s world record for the longest single spaceflight by a female. Along the way, Koch has participated in four spacewalks, joining astronaut Jessica Meir for history’s first all-female excursions in October. She plans to venture back outside twice more in January, again teaming up with Meir, to complete installation of new solar array batteries. When Koch returns to Earth Feb. 6, her time in space will stand at 328 days, just 12 shy of retired astronaut Mark Kelly’s U.S. single-flight record, set in 2016. The all-time record — 438 days — was set by cosmonaut Valery Polyakov in 1995. Whitson still holds the U.S. record for total time in space — nearly 666 days — over five flights.

Artemis 3: Favorite Meir and Koch
NASA’s plan is to send humans back to the Moon in 2024 with the Artemis 3 mission. Two astronauts will walk on the Moon for the first time since 1972, and one woman will be part of the mission. What’s more, this lady will be one of the 12 current members of the astronaut corps. Jessica Meir and Christina Koch, both in their forties and recruited at the same time in 2013, are among the natural candidates. But NASA’s internal selection process for this historic mission is currently being kept secret. These 12 super ladies all have their chance.

These twelve candidates are all sensible, humorous, intelligent
(of course) and respectful.

No hugs… yet.
My favorite female astronaut is Suni. Not because I ran into her the other day on the site, but because she named Boeing’s Starliner capsule Calypso after Commander Cousteau’s famous oceanographic ship. I didn’t give Suni a kiss, but my heart was in it. I’ll try next time I meet her. Before she goes to the moon?

2020 : l’envol, entre pélicans et fusées habitées

Back to Switzerland from Cape Canaveral.

Retour de la tour de lancement de SLS de son pas de tir SLC-39B à sa halle d’assemblage VAB. Photo prise le 19 décembre 2019 lors de son roll-in avec, en fond, le pas de tir SLC-39A de SpaceX. – Photo : rke

En ce vendredi 27 décembre 2019, me voilà enfin de au bercail. Cette année écoulée, je totalise donc 4 press-trip aux USA où j’ai pu assister à 6 lancements. Voir ma liste : cliquez ici

L’envol de pélicans, photo que j’ai prise sur la plage du Canaveral National Seashore, une aire protégée américaine située sur les bords de l’océan Atlantique, en Floride. Créée le 3 janvier 1975, elle protège 233,35 km² dans les comtés de Brevard et Volusia. Grâce au centre spatial. Sinon, il y aurait des hôtels. – Photo : rke
The Gateway will serve as orbital outpost to support human and scientific exploration of the Moon. As a command and service modulein lunar orbit, the Gateway can be evolved to support longer duration lunar missions, and exploration farther into the solar system. American companies will regularly deliver supplies like oxygen, fuel and food to the Gateway for NASA. La passerelle servira d’avant-poste orbital pour appuyer l’exploration humaine et scientifique de la Lune. En tant que module de commande et de service en orbite lunaire, la passerelle peut être modifiée pour soutenir des missions lunaires de plus longue durée et l’exploration lointaine dans le système solaire. Des entreprises livreront régulièrement à ce Gateway des fournitures telles que de l’oxygène, du carburant et de la nourriture pour le compte de la NASA. – Image de synthèse : NASA

La décennie 20 est à nos portes, une étape importante dans le domaine spatial. D’abord avec le programme Artemis de reconquête de la Lune dont le calendrier de d’y poser un homme – et une femme – fin 2024 (exigé par Trump) est difficilement tenable, mais pas impossible. Dans les coulisses du centre spatial, on y croit. C’est en tous cas l’impression que j’en ai eu ce 19 décembre 2019 lors de la conférence de presse en plein air. Le test de l’étage principal de la fusée (Space Launch System SLS) n’est pas au programme avant 2021. Avec sa hauteur de 65 mètres, la première partie de cette fusée est le plus haut étage de que la NASA ait construit depuis les Saturn V des missions Apollo. Le SLS mesure (pour sa version habitable avec la capsule habitable Orion), 98 m alors que Saturn V mesurait 111 m. Cette grosse fusée reprend les mêmes principes que l’ex. programme lunaire Ares abandonné par la présidence Obama.

Entre Soyouz et Boeing

En revanche, cela devrait bouger davantage cette année du côté des vols habités avec la reprise des lancements de Cap Canaveral. Et non plus du Kazakhstan, après huit ans d’embarquement des astronautes américains dans des Soyouz russes par l’agence Roscosmos. D’une part, Boeing est un peu dans l’expectative pour savoir si sa capsule Starliner CST-100 est à relancer à vide, suite à sa mauvaise mise en orbite pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS). Mais suite à son succès du retour sur terre – sur coussins d’air – il y a de fortes chances que United Launch Alliance (ULA) envisage quand même un lancement habité. Affaire à suivre ces prochaines semaines.
D’autre part, SpaceX doit aussi miser sur une année 2020 prudente, plutôt que trépidante, avant d’envoyer les astronautes de la NASA dans la capsule Dragon. Un autre essai, suite à celui avorté en mars 2019 (explosion), doit d’abord confirmer que l’engin spatial est sûr en cas de pépin pour qu’il puisse revenir sur Terre indépendamment de la fusée… si elle explose.

Conférence de presse en plein air peu avant la lancement de Starliner de Boeing, le 19 décembre 2019. Open-air press conference shortly before the launch of Boeing’s Starliner on 19 December 2019.
– Photo : rke

Starship : patience et rêve

Bref, l’année 2020 sera une année tremplin pour la reprise des vols habités. Mais, question de réalisme technique, stratégique et sécuritaire, je vois les missions humaines plutôt reprendre en 2021. Quoi qu’il en soit, c’est bien la décennie 20 qui promet d’être haletante avec les missions privées. D’abord SpaceX avec sa toute grosse fusée Starship de 118 m (!) de haut (ex. BFR, Big Falcon Rocket) mais qui encore besoin d’importants essais moteurs et structurels de son 1er étage (qui en comprend 2). D’ailleurs, les tests ont lieu depuis Boca Chica, au sud du Texas. Quant aux vols de touristes avec cette big fusée, je les vois plutôt vers la fin de cette décennie. Quant à la colonisation de la planète Mars, les écueils sont tellement grands, que l’objectif reste utopique. Mais, on peut rêver.

Virgin Galactic et Blue Origin

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building. Photograph taken on December 19, 2019 during its roll-in with the SpaceX SLC-39A launch pad in the background. . Photo : rke

Enfin, l’entreprise Virgin Galactic, discrète ses derniers temps, envisage des vols touristiques avec son avion parabolique aéroporté SpaceShipTwo, soit 8 personnes promises à 110 km d’altitude (mais réellement à 80 km) pour 5 minutes d’apesanteur. Donc pas de vol en orbite. Et encore Blue Origin. La société spatiale du patron d’Amazon Jeff Bezos a réalisé le mercredi 11 décembre 2019 son douzième vol d’essai de sa fusée pour touristes (18 m de haut). Le test s’est toutefois déroulé sans passager, repoussant sans doute à fin 2020 les premiers vols commerciaux, eux aussi paraboliques.

2020: take-off, between pelicans and manned rockets

On this Friday, December 27, 2019, I am finally back home in Switzerland. This past year, I’ve had 4 press-trips in the USA where I’ve been able to attend 6 launches. See my list : click here.

The flight of pelicans, a photo I took on the beach of the Canaveral National Seashore, an American protected area located on the shores of the Atlantic Ocean, in Florida. Created on January 3, 1975, it protects 233.35 km² in the counties of Brevard and Volusia. Thanks to the space center. Otherwise, there’d be hotels. – Photo: rke

The twenties are at our doorstep. It represents an important step in the space field. First with the Artemis program of reconquest of the Moon, whose schedule to land a man – and a woman – at the end of 2024 (required by Trump) is difficult to maintain, but not impossible. Behind the scenes at the space centre, people believe in it. At least that’s the impression I got on December 19, 2019 during the press conference in the open air (see photos). The test of the main stage of the rocket (Space Launch System SLS) is not scheduled before 2021. With its height of 213 feet, the first part of this rocket is the highest stage that NASA has built since the Saturn V for the Apollo missions. Let us recall that the SLS will measure (for its inhabitable version with the Orion habitable capsule), 322 feet whereas Saturn V measured 364 feet. This big rocket, which already dates from 2011, is based on the same principles as the former Ares lunar program, abandoned by the Obama presidency.

Between Soyuz and Boeing

La tour du pas de tir SLC-39B transportée par les quatre crawleurs.Regardez la grandeur de la 4×4, au milieu de l’image en bas. The tower of the SLC-39B launch pad carried by the four crawlers.look at the size of the 4×4, in the middle of the picture below. – Photo : rke

On the other hand, it should move more this year on the side of manned flights with the resumption of launches from Cape Canaveral. And no more Kazakhstan, after eight years of boarding American astronauts in Russian Soyuz by the Roscosmos agency. On the one hand, Boeing is a little expectant to know if its Starliner CST-100 capsule is to be re-launched empty, following its poor placing in orbit to reach the International Space Station (ISS). But following its successful return to earth – on air cushions – there is a good chance that the United Launch Alliance (ULA) will still consider a manned launch. To be continued in the coming weeks.
On the other hand, SpaceX must also bet on a cautious, rather than hectic, 2020 before sending NASA astronauts in the Dragon capsule. Another test, following the one aborted in March 2019 (explosion), must first confirm that the spacecraft is safe in case of a glitch so that it can return to Earth independently of the rocket… if it explodes.

Miami Airport : mon retour le 27 décembre 2019.

Starship: between being patient and dreaming

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building.
– Photo : rlke

n short, the year 2020 will be a springboard year for the resumption of human spaceflight. But, a matter of technical, strategic and security realism, I see human missions rather resume in 2021. In any case, the 1920s promise to be a breathtaking decade for private missions. First, SpaceX with its very big Starship rocket, 387 feet (!) high (e.g. BFR, Big Falcon Rocket) but which still needs important engine and structural tests of its first stage (which includes two stages). Moreover, the tests are taking place from Boca Chica, in South Texas. As for tourist flights with this big rocket, I see them rather towards the end of this decade. As for the colonization of the planet Mars, the pitfalls are so great, that the objective remains utopian. But we can dream.

Virgin Galactic & Blue Origin

Miami at night from my seat 34A in the Boeing 777 300-ER of Swiss International Airlines.
– Photo : rke
Landing at Zuriche on 28 December 2019. Duration of the flight: 8h15! From Miami to Zurich. – Photo : rke

Finally, the Virgin Galactic company, discreetly in its last days, is considering tourist flights with its parabolic airborne SpaceShipTwo, that is to say 8 people promised at an altitude of 68 miles (but really 50 miles) for 5 minutes of weightlessness. So no flight in orbit.
And again Blue Origin. The space company of Amazon boss Jeff Bezos realized on Wednesday, December 11, 2019 his twelfth test flight of his rocket for tourists (59 feet high). The test, however, took place without passengers, postponing the first commercial flights, also parabolic, until the end of 2020.

Février 2020 : la Suisse met le cap sur le Soleil

Cape Canaveral, December 25, 2019, rke. English below
Eh oui, je suis encore en Floride, mais plus pour longtemps.
J’ai profité de ces derniers moments de calme pour refaire mon blog : www.rkeusa.blospot.com, lequel reste actif en tant qu’archives, et de rafraîchir la mise en page de celui-ci à l’adresse dédiée : www.presstripamerica.com

Le décollage de Solar Orbiter est prévu le 5 février à 23h27 (locale), soit le 6 février à 5h27 (heure suisse) du pas de tir SLC-41. Le même site que mon dernier trip sur place !

C’est sur cette même tour de lancement (derrière moi), que sera lancée la sonde Solar orbiter. J’espère être là pour poser mon appareil à photo. It is on this same launch tower (behind me) that the Solar Orbiter probe will be launched. I hope to be there to put my remote camera. – Photo : Gerard van de Haar

C’est une occasion pour moi de faire un petit bilan de mes News. J’en ai publié 382, la première datant du 30 mai 2011 : la voici. En tout, USA+Amérique du Sud, je totalise 32 lancements accrédités.. de fusées. Au début, je ne publiais qu’en français, mais par la suite j’ai vite compris que je devais traduire mes textes. Le but du blog est de raconter mes aventures, sur place, de façon originale, sans contrefaçons. Du vécu, avec un peu d’humour et des infos. Mes articles sont destinés aussi bien aux profanes qu’aux spécialistes et, bien entendu, surtout aussi pour mes archives. De plus, c’est un moyen essentiel (mais pas le seul) pour justifier mes accréditations.

Solar Orbiter : présence argovienne

Mon appareil photo à distance a
cette fois (vol CST-100 Starliner) subi des dégâts. Mais pas grave. C’est juste de la saleté.

Au passage, je vous signale l’un des prochains décollages de Floride. La fusée Atlas 5 de United Alliance (AV–087), Solar Orbiter lancera l’engin spatial Solar Orbiter pour la NASA et l’Agence spatiale européenne. Construit par Airbus Défense et Espace, Solar Orbiter, ou SolO, voyagera à l’intérieur de l’orbite de Mercure pour étudier comment le soleil crée et contrôle l’héliosphère, la vaste bulle de particules chargées soufflées par le vent solaire dans le milieu interstellaire. La fusée volera dans la configuration du modèle 411 avec un carénage de quatre mètres, un propulseur à poudre et un étage supérieur Centaur monomoteur.

La FHNW dans le coup

C’était mon emplacement.
Photo : rke
Les pays engagés dans Solar Orbiter.

En collaboration avec le professeur Samuel Krucker, la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse (Fachhochschule Nordwestschweiz,  FHNW) de Windisch (Argovie), participe en effet à la réalisation d’un instrument de mesure des rayons X du spectromètre STIX (Spectrometer/Telescope for Imain X-Rays). Pays engagés (matériel) : Suisse, Pologne, Allemagne, République tchèque, France. L’instrument fournira de l’information quantitative sur le moment, l’emplacement, l’intensité et les spectres des électrons accélérés ainsi que des plasmas thermiques à haute température, principalement associés aux éruptions et/ou aux microéruptions.

Joyeuses fête de fin d’année de la part de Carleton Bailie, reporter à Aviation Week. – Photo : rke











Le décollage de Solar Orbiter est prévu le 5 février à 23h27 (locale), soit le 6 février à 5h27 (heure suisse) du pas de tir SLC-41. Le même site que mon dernier trip sur place ! Pour ce lancement, je suis déjà accrédité officiellement. Ce serait alors mon 33e. J’espère pouvoir y être, mais ce n’est pas sûr. Tout dépend de mon budget.

Nouvelle vision cosmique

Solar Orbiter est une mission dédiée à la physique solaire et héliosphérique. Elle a été sélectionnée comme première mission de classe moyenne du programme Vision cosmique 2015-2025 de l’ESA. Ce programme expose les grandes questions scientifiques auxquelles il faut répondre concernant le développement des planètes et l’émergence de la vie, le fonctionnement du système solaire, les origines de l’Univers et la physique fondamentale à l’œuvre dans l’Univers.

https://sci.esa.int/solar-orbiter
http://www.fhnw.ch

Au pied de la tour du site SLC-41. On le voit en haut : la fusée Atlas V est partie. – Photo : rke

FEBRUARY 2020 : SWITZERLAND SETS COURSE FOR THE SUN

Cape Canaveral, December 25, 2019, rke
Yeah, I’m still in Florida, but not for long. I took advantage of these last calm moments to redo my blog: www.rkeusa.blospot.com, which remains active as an archive, and to refresh the layout of this one at the dedicated address : www.presstripamerica.com

Solar Orbiter is scheduled to take off on February 5 at 23:27 (ET) from launch pad SLC-41. The same as my last trip there!

Solar Orbiter en salle d’intégration. Solar Orbiter in the embedding room. – Photo : ESA

It is an opportunity for me to do a little review of my news. I have published 382 of them, the first one dated May 30, 2011. In all, USA+South America, I total 32 accredited launches… of rockets. At the beginning, I published only in French, but afterwards I quickly understood that I had to translate my texts. The purpose of the blog is to tell my adventures, on the spot, in an original way, without forgeries. Real-life experiences, with a bit of humor and information. My articles are intended for laymen as well as specialists and, of course, especially for my archives. Moreover, it is an essential means (but not the only one) to justify my accreditation.

Will I be able to come back at the next launch?
– Photo : Gerard van de Haar

Built by Airbus Defense and Space

I would also like to take this opportunity to inform you of one of the upcoming takeoffs from Florida. A United Launch Alliance Atlas 5 rocket, designated AV-087, will launch the Solar Orbiter spacecraft for NASA and the European Space Agency. Built by Airbus Defense and Space, Solar Orbiter, or SolO, will travel inside the orbit of Mercury to study how the sun creates and controls the heliosphere, the vast bubble of charged particles blown by the solar wind into the interstellar medium. The rocket will fly in the 411-vehicle configuration with a four-meter fairing, one solid rocket booster and a single-engine centaur upper stage.

A highly Swiss school of engineering in the spotlight

Together with Prof. Samuel Krucker, the University of Applied Sciences Northwestern Switzerland (Fachhochschule Nordwestschweiz, FHNW) in Windisch (Aargau) is participating in the development of an X-ray measuring instrument for the STIX spectrometer (Spectrometer/Telescope for Imaging X-Rays).

Switzerland collaborating countries (hardware): Switzerland, Poland, Germany, Czech Republic, France STIX provides imaging spectroscopy of solar thermal and nonthermal X-ray emission. STIX will provide quantitative information on the timing, location, intensity, and spectra of accelerated electrons as well as of high temperature thermal plasma, mostly associated with flares and/or microflares.

Solar Orbiter is scheduled to take off on February 5 at 23:27 (ET) from launch pad SLC-41. The same as my last trip there! For this launch, I am already officially accredited. This would then be my 33rd. I hope to be there, but it’s not safe. It all dépends on my budget.

New Cosmic Vision

Solar Orbiter is a mission dedicated to solar and heliospheric physics. It was selected as the first medium-class mission of ESA’s Cosmic Vision 2015-2025 Program. The program outlines key scientific questions which need to be answered about the development of planets and the emergence of life, how the Solar System works, the origins of the Universe, and the fundamental physics at work in the Universe.

Dans l’attente du prochain lancement d’Atlas V. Awaiting the next launch of Atlas V. Photo : rke

Un « garagiste » retape des camping-cars pour astronautes

[Cape Canaveral, December 24, 2019, rke. English below]
Cette fois, c’est bon. La capsule Starliner, baptisée pour cette mission Calypso – en hommage au commandant Cousteau –, est de retour pour une remise en état. Un service d’entretien complet qui lui permette de revoler pour la deuxième mission pilotée par l’astronaute chevronnée de la NASA Suni Williams. 

Le Van devant le VAB le 19 décembre 2019. – Photos : rke

Ce n’est pas encore pour demain, puisque la NASA devra d’abord envoyer les premiers astronautes du sol américain dans une autre cabine Starliner, première mission habitée depuis le 8 juillet 2011. Or, avec la dernière tentative loupée d’atteindre la Station spatiale internationale, mais la parfaite réussite du guidage dans l’espace et du retour sur Terre de la capsule de Boeing, les dirigeants de la NASA restent encore très prudents qu’à à savoir s’il faut vraiment tout de même faire partir des humaines au prochain vol ou s’il faudra retenter un tir sans âme qui vive à bord. À mon avis, un vol habité (de Boeing ou de SpaceX) ne sera possible pas avant la fin de l’année prochaine.

La navette spatiale américaine escortée par le bus. American space shuttle escorted by bus.
– Photo :NASA

En tous cas, l’optimisme et la confiance sont de rigueurs, à l’instar de ce « garagiste » de voitures pas comme les autres qui, collabore depuis belle lurette avec la NASA, pour modifier des bus de transport afin d’amener les astronautes de leur staff à la tour de lancement, quelques minutes avant leur envol dans l’espace. 

Le MQF d’Apollo 11 transporté sur le porte-avions. Photo : NASA

Des « caravanes » pour la « quarantaine »…
Depuis les missions Apollo vers la lune, la société Airstream (Ohio) a en effet joué un rôle important et essentiel dans le programme spatial américain. « C’est vrai, on a un grand passé historique avec la construction des toutes premières caravanes de transport des astronautes dans les années soixante et nous en sommes fières », m’a confié Samantha Martin, archiviste et historienne chez Airstream. De plus, à l’époque, lorsque les astronautes d’Apollo 11, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Mike Collins sont revenus de la lune  ont passé 3 jours ½ en quarantaine dans une installation de quarantaine mobile (MQF) construite par Airstream. Au total, quatre MQF ont été construites, dont trois ont été utilisées (Apollo 11, Apollo 12 et Apollo 14). Un quatrième était destiné à l’équipage d’Apollo 13. Aujourd’hui, trois des quatre MQF sont exposés dans des musées – un sur le USS Hornet, un aux U.S. Space and Rocket Center à Huntsville (Alabama) et un au Smithsonian Air and Space Museum à Washington.

Un intérieur en cuir véritable. Photo : Airstream

… et un « camping-car » pour Starliner
La participation d’Airstream au programme spatial s’est poursuivie dans les années 1980, lorsque la NASA a chargé Airstream de construire un véhicule de transport d’équipage. De la mission STS–9 de la navette en novembre 1983 à la dernière mission de la navette spatiale en 2011, un camping-car Airstream Excella de 1983 modifié a transporté les équipages d’astronautes du bâtiment des opérations et des caisses de sortie vers le pas de tir pour les lancements de la navette. Ce véhicule a été surnommé l’ASTROVAN et est actuellement exposé au Kennedy Space Center Visitor’s Complex de la NASA, à côté de la navette spatiale Atlantis. Le nouveau « bus », Astrovan, est un Mercedes a été complètement adapté avec, à l’intérieur des sièges en cuir véritable pour le confort des astronautes. Airstream sera à nouveau de la partie pour la première étape de leur voyage de retour dans l’espace.

Bon, j’ai l’air un peu coincé, mais c’est parc c’est parce que je suis intimidé. Photo : Samantha Martin

A « garagist » rebuilds
motor-home for astronauts

Il y a tout juste 20 ans, le 20 décembre 2019, notre astronaute helvétique Claude Nicollier s’envolait avec la navette spatiale Discovery pour une mission de presque 8 jours pour réparer la myopie du télescope Hubble. On le reconnaît au milieu de cette photo avec l’astronaute Jean-François Clervoy. Ils s’apprêtent à monter dans le Van. Just 20 years ago, on December 20, 2019, our Swiss astronaut Claude Nicollier flew with the Space Shuttle Discovery on a mission of almost 8 days to repair the Hubble Telescope’s nearsightedness. He can be seen in the middle of this photo with astronaut Jean-François Clervoy as they prepare to board the Van. – Photo : NASA

OK, now it’s good. The Starliner capsule named for this Calypso mission – in honor of Commander Cousteau – is back for a refit. A complete maintenance service that will allow it to fly again for the second mission piloted by veteran NASA astronaut Suni Williams. It’s not yet for tomorrow, since NASA will first have to send the first astronauts from American soil to another Starliner cabin, the first manned mission since July 8, 2011.

The Assembly inside the Van-. Photo : Airstream

But with the last failed attempt to reach the International Space Station (ISS) – but the perfect success of Boeing’s space guidance and return to Earth of the capsule – NASA officials are still very cautious about whether to still send humans on the next flight or whether to try a soulless shot on board again. In my opinion, a manned flight (of Boeing or SpaceX) will not be possible before the end of next year. In any case, optimism and confidence are required, like this unique car « mechanic » who has been working with NASA for a long time to modify transport buses to bring their staff astronauts to the launch tower a few minutes before their flight into space.

« Caravans » for the « quarantine »…
Since the Apollo missions to the moon, Airstream, Ohio, has played an important and vital role in the U.S. space program. « It’s true, we have a long and proud history of building the very first astronaut transport caravans in the 1960s, » said Samantha Martin, archivist and historian at Airstream. In addition, at the time, when Apollo 11 astronauts Neil Armstrong, Buzz Aldrin and Mike Collins returned from the moon, they spent 3 days ½ in quarantine in a Mobile Quarantine Facility (MQF) built by Airstream. A total of four MQFs was constructed, three of which were used (Apollo 11, Apollo 12 and Apollo 14). A fourth was for the crew of Apollo 13. Today, three of the four MQFs are on display in museums – one on the USS Hornet, one at the U.S. Space and Rocket Center in Huntsville, Alabama, and one at the Smithsonian Air and Space Museum in Washington.

A total of four MQFs was constructed, three of which were used (Apollo 11, Apollo 12 and Apollo 14).

… and an « RV » for Starliner
Airstream’s involvement in the space program continued in the 1980s, when NASA commissioned Airstream to build a crew transport vehicle. From the shuttle’s STS-9 mission in November 1983 to the last space shuttle mission in 2011, a modified 1983 Airstream Excella RV transported astronaut crews from the operations building and checkout bays to the launch pad for shuttle launches. This vehicle was nicknamed the ASTROVAN and is currently on display at NASA’s Kennedy Space Center Visitor’s Complex, next to Space Shuttle Atlantis. The new « bus,” Astrovan, is a Mercedes that has been completely adapted with real leather seats inside for the comfort of the astronauts. Airstream will again be on board for the first leg of their return trip to space.

Non, ce n’est pas la police de Star Wars, mais les vétérans qui veulent qu’on les soutiennent. – Photo : rke

Starliner : rentrée sur Terre avec des airbags… martiens. Révolutionnaire !

Photo du haut – Starliner s’est posée le 22 décembre 2019 dans le sable blanc du désert de White Sands, au Sud du Nouveau-Mexique. Starliner landed on December 22 in the White Sands Desert in southern New Mexico. – Photo : NASA TV

Starliner recouvert d’un capuchon comme protection contre le sable du désert. Hooded starliner as protection against the desert sand. – Photo: NASA TV

Elle est rentrée toute propre, toute belle et toute entière. La capsule Starliner de Boeing a en effet atterri pile-poil à 5h58 (12h58 GMT, 13h58 en Suisse) ce dimanche 22 décembre 2019 sur la base de White Sands dans le Nouveau-Mexique (sur le polygone d’essais de missile de White Sands), une minute après l’horaire prévu.

Au fait, cette opération est-elle banale après les retours des cabines identiques (coniques) Apollo à la fin des années soixante et début septante ? Alors, pas du tout ! Au contraire et je vous explique pourquoi…
Tout d’abord, l’angle d’attaque de rentrée dans l’atmosphère a été judicieusement et savamment calculé en fonction de données générées grâce aux calculs de l’intelligence artificielle. Puis, le déploiement des parachutes (7 en tout) s’est réalisé en 3 phases (voir graphique ci-dessous), ce qui a considérablement freiné la descente.

Heat shield release / Largage du bouclier thermique. – Photo : NASA TV

Une rentrée plus « douce »
Autre nouveauté et exclusivité : le largage du bouclier thermique. Celui-ci est d’ailleurs composé d’un revêtement ablatif de type BLA (Boeing Lightweight Ablator) développé par Boeing. Plus ample que les capsules Apollo, cette protection offre à Starliner moins de frottement sur ses flancs coniques, d’où une rentrée « plus propre » dans l’atmosphère.
Ensuite, autre grande révolution : le déploiement d’airbags, soit de gros coussins amortisseurs gonflés avec un mélange d’air et d’azote deux minutes avant l’atterrissage. Ceux-ci sont fournis par l’entreprise ILC Dover (Kentucky) et utilisent la même technologie que celle utilisée par les missions Mars Pathfinder et Mars Exploration Rover. Ils autorisent une vitesse d’arrivée verticale de 30 km/h et horizontale de 50 km/h. Le véhicule est également capable de se poser en mer.

Les airbags utilisés sur Mars avec la sonde Mars Pathfinder qui a déposé le robot Sejournor sur la planète rouge le 4 juillet 1997. The airbags used on Mars with the Mars Pathfinder probe that dropped the robot Sejournor on the Red Planet on July 4, 1997. Photo : NASA

Prouesse maîtrisée
Boeing a donc judicieusement tiré parti des expériences spatiales antérieures des rentrées dans l’atmosphère (Terre ou Mars) en les adaptant à un nouveau concept qui est, en fait, unique au monde. Les deux autres capsules habitables, Dragon de SpaceX (la concurrente) et Orion de la NASA (celle d’exploration, les deux encore en phases de test), utilisent une technique ordinaire et éprouvée. C’est la raison pour laquelle, même si Boeing et la NASA n’ont pas atteint la station spatiale internationale, cette fois-ci, la mission peut être considérée, à mon avis, comme une prouesse.

Boeing-Starliner: Return to Earth With… Martian Airbags. Revolutionary !

Opening the hatch Opening the hatch with the dummy
at the bottom left. Ouverture de l’écoutille avec le mannequin
en bas à gauche. – Photo : NASA TV

She came home all clean, all beautiful and all in one piece. Boeing’s Starliner capsule landed right on schedule at 5:58 a.m. (12:58 GMT) on Sunday, December 22, 2019, at White Sands Air Force Base in New Mexico (at the White Sands Missile Test Range), one minute after the scheduled time.

By the way, is this operation commonplace after the return of the identical (conical) Apollo cabins in the late sixties and early seventies? Then, not at all! On the contrary, and I’ll tell you why…
First of all, the re-entry angle of attack into the atmosphere has been judiciously and skillfully calculated based on data generated by artificial intelligence calculations. Then, the deployment of the parachutes (7 in all) was carried out in 3 phases (see graph opposite), which considerably slowed down the descent.

La descente en 4 phases. Révolutionnaire ! The descent in 4 steps. Revolutionary!  –  Photo : NASA

A « softer » re-entry
Another novelty and exclusivity: the release of the heat shield. This is composed of a BLA (Boeing Lightweight Ablator) type ablative coating developed by Boeing. Larger than the Apollo capsules, this protection offers Starliner less friction on its conical sides, resulting in a « cleaner » re-entry into the atmosphere.
Another major revolution is the deployment of airbags, which are large shock absorber cushions inflated with a mixture of air and nitrogen two minutes before landing. These are supplied by ILC Dover, Kentucky, and use the same technology as that used by the Mars Pathfinder and Mars Exploration Rover missions. They allow a vertical arrival speed of 30 km/h and a horizontal arrival speed of 50 km/h. The vehicle is also capable of landing at sea.

Le bouclier thermique dans la halle de montage au Kennedy Space Center. – Photo : rke
Mars Pathfinder EDL Sequence of Events. Starliner’s landing was based on the same principle as Mars Pathfinger. – Photo : NASA

Controlled Flight Prowess
Boeing has therefore judiciously taken advantage of previous space re-entry experiments (Earth or Mars) by adapting them to a new concept that is, in fact, unique in the world. The two other habitable capsules, SpaceX’s Dragon (the competitor) and NASA’s Orion (the exploration capsule, both still in the testing phase), use an ordinary and proven technique. That is why, although Boeing and NASA did not reach the International Space Station, this time the mission can be considered, in my opinion, a prowess..

La fusée file majestueusement, mais Starliner déraille

Ça a décollé impeccablement et majestueusement ! C’est en tous cas l’impression qu’on en a eue, à partir du centre de presse du Kennedy Space Center (KSC), proche du VAB. La fusée Atlas V N22 de United Alliance (ULA) s’est en effet soulevée avec une douceur coutumière, mais crépitant moins dans le ciel que les autres vols. Et cela, sans doute dû au faible vent qui nous en renvoie le bruit. Ainsi, tel un chapeau fixé en son sommet, la capsule Starliner de Boeing s’est envolée à l’heure pile à 6h36 (locale), 12h36 (heure suisse) de Cap Canaveral ce vendredi 20 décembre 2019. 

Allumage des moteurs. Photo prise sur le pas de tir avec mon appareil photo à distance.
Ignition. Photo taken on the fine point with my remote camera. – Photo : rke

Pas la bonne orbite
Le jour s’est à peine levé avec un ciel bleu très foncé au moment du lancement, devenant de plus clair au fil des minutes et offrant un spectacle sublime loin à la ronde. Mais, au bout de 15 minutes, les équipes de Boeing et de la Nasa ont rapidement fait savoir que la capsule était sur « une orbite non nominale », c’est-à-dire une mauvaise trajectoire, compromettant son rendez-vous avec la Station spatiale internationale (ISS) qu’elle devait rejoindre samedi, à 400 km d’altitude. En fait, selon Boeing, les moteurs de la capsule ne se seraient pas allumés. Quand le contrôle a été repris, les équipes ont jugé qu’il ne restait plus assez de propulseurs pour poursuivre la mission et tenter l’amarrage.En résumé, l’anomalie constatée concerne le système embarqué de chronométrage qui aurait induit le vaisseau en erreur, le conduisant sur une mauvaise orbite.  

Starliner en bon état et sous contrôle
Mais les responsables ont insisté sur le fait que Starliner était en bon état et sous contrôle, qu’aucun astronaute à bord n’aurait été mis en danger, et qu’un test d’amarrage à l’ISS n’était pas requis pour l’homologation. Dans le contexte de la reprise des vols habités par les Américains sur leur sol (pour rappel, ils envoient leurs astronautes en Russie depuis juillet 2011), ce problème est important, mais pas étonnant. L’accès à l’espace quel que soit la distance (autour de la Terre, de la Lune ou de Mars), reste et restera toujours aussi complexe et imprévu. Que ce soit pour les privés ou les agences. Les ingénieurs auront beaucoup à apprendre de cet « échec » (si on peut l’appeler ainsi) de mission à la station. Cette erreur d’aiguillage n’incombe ni à la NASA, ni à ULA, ni à Boeing. Mais à la fatalité. L’espace se mérite.

The rocket flies majestically, but Starliner derails… 

It took off impeccably and majestically! At least that’s the impression we got from the Kennedy Space Center (KSC) press center, near the VAB. The United Alliance (ULA) Atlas V N22 rocket lifted off with customary smoothness, but crackling less into the sky than other flights. This is no doubt due to the weak wind, which sends the noise back to us. Thus, like a hat on top, Boeing’s Starliner capsule took off on time at 6:36 a.m. (East) from Cape Canaveral on Friday, December 20, 2019. 

The day barely dawned with a very dark blue sky at the time of the launch, becoming clearer as the minutes went by and offering a sublime spectacle from afar. But after 15 minutes, Boeing and NASA teams quickly reported that the capsule was in « non-nominal orbit, » or a wrong trajectory, compromising its rendezvous with the International Space Station (ISS), which it was scheduled to reach on Saturday at an altitude of 400 kilometers.

Wrong orbit
In fact, according to Boeing, the capsule’s engines did not ignite. When control was regained, the teams judged that there were not enough thrusters left to continue the mission and attempt docking. In summary, the anomaly found concerns the on-board timing system that would have misled the spacecraft, leading it into the wrong orbit. 

Starliner in good condition and under control
But officials insisted that Starliner was in good condition and under control, that no astronauts on board would be put at risk, and that a docking test to the ISS was not required for certification. In the context of the resumption of manned flights by the Americans on their soil (as a reminder, they have been sending their astronauts to Russia since July 2011), this problem is important, but not surprising. Access to space, whatever the distance (around the Earth, the Moon or Mars), remains and will always remain as complex and unforeseen. Whether for private individuals or agencies. Engineers will have much to learn from this « failure » (if you can call it that) of a mission to the Station. This misdirection is not the fault of NASA, ULA or Boeing. It’s fate. Space is earned.

CST–100 Starliner : Boeing redore son blason avec sa capsule

[Cape Canaveral, December 18, 2019, rke. English below] – Photo du Haut : Bonjour: je donne des coups de pouce à Boeing pour réussir son lancement, ce vendredi 20 décembre, à 6h36 (locale),
12h36, heure suisse. – Photo of me taken by : Jacques van Oene

Les dédicaces de celles et ceux qui ont oeuvré à la
réalisation de la capsule. – Photo :rke

Elle ne paie pas de mine, à la voir sur des photos, mais de près, elle est plutôt cossue. Elle ? La capsule CST–100 Starliner de Boeing. Oh, je sais, en ce moment, le constructeur américain a un peu mauvaise presse avec ce qui se passe pour les fameux Boeing 737 Max cloués au sol depuis mars dernier. Boeing veut donc un peu redorer son blason du côté spatial, non pas qu’elle en ait besoin dans ce secteur, mais pour faire bonne figure. Aux yeux du monde, ce serait le top de montrer que sa capsule puisse répondre à l’attente de la NASA qui lui a demandé – tout comme SpaceX pour sa capsule Dragon (voir mon reportage : cliquez ici) – d’en développer et d’en construire une pour amener ses astronautes, qui, depuis juillet 2011, montent dans des Soyouz russes. Cette capsule conique Starliner de 11 m3 est un véhicule aux caractéristiques externes proches de celles du module de commande et de service Apollo, mais peut transporter jusqu’à 7 astronautes (au lieu de 3 pour Apollo). En ce mercredi 18 décembre 2019, l’occasion nous a donc été donnée de visiter le Commercial Cargo and Crew Processing Facility (C3PF). Il s’agit d’un bâtiment jouxtant le VAB, mais bien plus petit, qui contenait les installations de traitement des navettes spatiales (OPF–3). C’est là que Boeing abrite dorénavant ses équipements pour mettre au point sa capsule. On a donc eu un charmant accueil, bien moins strict qu’on pense, qui nous a permis de rentrer dans l’une des salles d’assemblage où l’on a pu se rendre compte des travaux sur deux capsules habitables, en test. Boeing a jusqu’à présent été, à notre égard, avare de visites de ses installations, mais au final, nous a laissé une bonne impression. Le constructeur américain n’a, là, pas eu besoin de justifier de la rentabilité. J’irais plus volontiers voler en Starliner qu’en 737… Max.

Photo of me taken by : Jacques van Oene

CST-100 Starliner: Boeing is restoring its image with its capsule

Photo of me taken by : Jacques van Oene

It doesn’t look like much, as you can see in pictures, but up close, it is rather well-to-do. It? The CST-100 Starliner capsule from Boeing. Oh, I know, at the moment, the American company has a little bad press with what’s happening with the famous Boeing 737 Max grounded since last March. Boeing therefore wants to restore its image a little bit on the space side, not that it needs it in this sector, but to make a good impression. In the eyes of the world, it would be the best to show that its capsule could meet NASA’s expectations, which asked it – just like SpaceX for its Dragon capsule (see my report: click here) – to develop and build one to bring its astronauts, who, since July 2011, have been going up in Russian Soyuz. This 11 m3 Starliner conical capsule is a vehicle with external characteristics similar to those of the Apollo control and service module, but can carry up to 7 astronauts (instead of 3 for Apollo).

Photo : rke

On Wednesday, December 18, 2019, we were given the opportunity to visit the Commercial Cargo and Crew Processing Facility (C3PF). It is a building near the VAB, but much smaller, that contained the space shuttle processing facilities (OPF-3). This is where Boeing now houses its capsule development equipment. We therefore had a charming welcome, much less strict than we think, which allowed us to enter one of the assembly rooms where we were able to see the work on two habitable capsules, in tests. Boeing has so far been stingy with visits to its facilities for us, but in the end, it has left us with a good impression. The American company did not need to justify profitability. I’d rather fly in a Starliner than in 737… Max.