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Accompagnement lunaire et sensations tremblotantes

[Cap Canaveral, May 19, 2022. rke. English below] – À côté de la fusée lunaire de la NASA (SLC), j’assite à mon 34e décollage de fusée. Seul reporter étranger officiellement accrédité sur site, Atlas V de United Launch Alliance (ULA) décolle sous mes yeux le 19 mai 2022 à l’heure pile, 18h54 (locale), vendredi 20 mai à 0h54 (Suisse). Mon récit.

Même les reporters américains les plus aguerris n’ont pas forcément obtenu une autorisation pour monter sur le toit du fameux building historique VAB (Vehicle Assembly Building). De là, on a, évidemment, une vue plongeante sur tout l’horizon à 360 degrés, comme ce fut le cas lors de mes précédents trips : cliquez ici

Normal, car à l’intérieur de ce gros édifice de 160,02 mètres (525 pieds) de hauteur somnole la fusée lunaire SLS (Space Launch Système), autrement dit le système de lancement spatial du 98 m de hauteur qui a dû retourner dans son hangar. Après trois essais de compte à rebours simulé dans les conditions réelles sur son pas de tir SLC 39B, l’engin a eu quelques soucis sur les conduites d’hélium du site de lancement : fuite d’hydrogène sur les caissons d’avitaillement au pied de la fusée, vanne de pressurisation défectueuse sur le deuxième étage de SLS. Somme toute des pépins classiques que les tests avaient pour but de révéler – et en cela c’est une réussite – que les équipes vont pouvoir réparer prochainement.

Un deuxième test crucial

Bref, tout cela pour vous dire que je me sens davantage privilégié. D’une part, je suis le seul reporter étranger accrédité sur ce site, d’autre part, parce la SLS est à mes côtés, à quelques centaines de mètres de nous. Mais là, je ne suis pas le seul, puisque les chaînes de télévision et autres reporters sont à l’affût du lancement. À ma gauche, la (ou le) SLS, au bout de mon objectif : la tour de lancement SLC 41. À vol d’oiseau (en vue directe), on est à 3 miles d’Atlas 5, qui doit lancer la capsule Starliner sur orbite et qui doit, pour un deuxième essai, atteindre la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme commercial Commercial Crew Program. Comme je le mentionnais dans une News précédente, plusieurs anomalies techniques ont retardé jusqu’à présent le premier vol habité. Ce second essai sans équipage doit rassurer le fabricant Boeing et la NASA. Ce second décollage est crucial pour Boeing qui joue son va-tout, mais les équipes ont bossé depuis deux ans et demi sur ce semi-raté. Il ne faut pas oublier que la capsule avait réussi son retour en décembre 2019, malgré qu’elle n’ait pas atteint son objectif. Pour ma part, c’est d’autant plus important que j’ai eu l’occasion d’assister sur place, comme reporter, à l’ensemble de la mission et même voir la deuxième capsule en montage : cliquez ici

My video.

De minute en minute

Dans la Starliner, pas d’astronautes pour cette fois. La tension est toujours à son comble avant un décollage, mais pas autant qu’un vol habité. À 5 minutes du décollage, les reporters et le personnel du centre spatial s’activent et se rendent au lieu le plus adéquat pour avoir une meilleure vue. En fait, ce soir, on distingue la fusée très nettement, car on a le soleil dans le dos. Le ciel est légèrement voilé, mais suffisamment limpide pour suivre la trajectoire de l’engin spatial.

« Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ »

  • Heure H-5 minutes : sans même observer l’immense compte à rebours, une console de 10 mètres de large plantée devant, l’adrénaline nous pousse à nous concentrer aux derniers réglages de nos objectifs
  • Heure H-2 minutes : j’ai posé mon smartphone (iPhone 13 ProMax), sur une petite borne trouvée au hasard, proche de moi. Puis j’ai fixé mon Canon EOS R3 tout neuf (dont je fais le crâneur) avec un téléobjectif de 400 mm (200 mm avec un agrandisseur). Puis je tiens en main mon Canon EOS 5D Mark IV et mon objectif 28-300 mm. Je panique un peu, car je dois m’occuper des trois appareils à la fois. Mais ça va !
  • Heure H-1 minute : les derniers fonctionnaires du centre spatial ont encore juste le temps de sortir de leur bureau à l’extérieur pour se poser in extremis sur le terrain. On stresse, un peu, beaucoup, passionnément… c’est le moment !
  • Heure H-1 seconde. Je perçois les premières flammes. Elles sont brillantes, quasi étincelantes. Je jette à la fois un coup d’œil dans le viseur, à la fois hors du viseur pour mieux m’imprégner de l’événement, car, avec le téléobjectif, j’ai l’impression de ne pas avoir assez de champ.
  • Heure H-0.00 : Atlas V de United Launch Alliance (ULA) transportant l’engin spatial CST-100 Starliner de Boeing pour l’essai en vol orbital 2 (OFT-2) vers la Station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme d’équipage commercial de la NASA, a décollé le 19 mai à 18 h 54 EDT du complexe de lancement spatial 41 (SLC) de la station spatiale de Cap Canaveral. À ce jour, ULA a effectué 150 lancements avec un taux de réussite de 100 %. Il s’agit du 93e lancement réussi d’une fusée Atlas V et du 104e lancement depuis le SLC-41
  • Heure H+5 secondes : j’ai déjà réalisé une centaine d’images grâce à un réglage sur 36 images secondes (mode vidéo-photo), laissant mon objectif sur trépied faire le boulot, alors que je tiens an mai l’autre appareil. La fusée est vraiment très limpide au loin et je me rends compte que j’aurais dû monter davantage la vitesse d’obturation. Ce que je n’ai pas le temps de faire. Tant pis, je fais confiance aux appareils et puis, je m’en fiche un peu, car, le plus important pour moi est : d’être là ! Je me rends compte de la chance que j’ai et j’aurais voulu emmener toutes mes connaissances sur place pour leur faire plaisir
  • Heure H+10 secondes : les premiers vrombissement et craquement de l’engin spatial nous parviennent, de plus en plus stridents aux tympans. Le sol ne tremble pas forcément, mais les vrombissements de l’engin spatial secouent nos tripes. Ce n’est pas une navette spatiale qui décolle où là le sol tremble quelque peu.
  • Heure H+20 secondes : Atlas V est déjà si haute, qu’on la perçoit si petite et qu’il n’est plus nécessaire de garder la tête au ciel. Néanmoins, on reste prudent, en mémoire de ce qui s’est passé avec la navette Challenger le 28 janvier 1986 où j’étais sur cette même place unique en son genre.

Starliner est partie rejoindre l’ISS qu’elle a atteinte à la perfection. La couverture de mon 34e lancement sur site est aussi réussie.

Lunar Accompaniment and Trembling Sensations

[Cape Canaveral, May 19, 2022. rke] – Near the NASA lunar rocket (SLC), I attend my 34th rocket liftoff. The only foreign reporter officially accredited on site, Atlas V of United Launch Alliance (ULA) lifts off under my eyes on May 19, 2022 at the exact time, 6:54 p.m. (local), Friday May 20 at 0:54 a.m. (Swiss time). My story.

Even the most seasoned American reporters did not necessarily obtain an authorization to go up on the roof of the famous historic VAB building (Vehicle Assembly Building). From there, we have, obviously, a 360-degree view on the whole horizon, as it was the case during my previous trips: click here

Normal, because inside this big building of 160,02 meters (525 feet) of height sleeps the lunar rocket SLS (Space Launch System), in other words, the space launch system of the 98 m of height which had to return in its hangar. After three simulated countdown tests under real conditions on its SLC 39B launch pad, the spacecraft had some problems with the helium lines at the launch site: hydrogen leakage on the refueling tanks at the foot of the rocket, defective pressurization valve on the SLS second stage. All in all, these are classic glitches that the tests were designed to reveal – and in this respect they have been successful – and that the teams will soon be able to repair.

A Second Crucial Test

In short, all this to tell you that I feel more privileged. On the one hand, I am the only foreign reporter accredited on this site, on the other hand, because the SLS is next to me, a few hundred meters away from us. But I’m not the only one, since TV stations and other reporters are on the lookout for the launch. To my left, the SLS (or the), at the end of my lens: the SLC 41 launch tower. As the crow flies (in direct view), we’re 3 miles from Atlas 5, which is scheduled to launch the Starliner capsule into orbit and, for a second attempt, reach the International Space Station (ISS) as part of the Commercial Crew Program. As I mentioned in a previous News, several technical anomalies have delayed the first manned flight until now. This second unmanned test should reassure the manufacturer Boeing and NASA. This second takeoff is crucial for Boeing which plays its go-ahead, but the teams have been working for two and a half years on this semi-matched. We must not forget that the capsule had succeeded in its return in December 2019, despite not having reached its objective. For my part, it is all the more important that I had the opportunity to attend on the spot, as a reporter, to the whole mission and even see the second capsule in assembly: click here

« I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I look through the viewfinder and out of the viewfinder to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field of view.”

From Minute to Minute

In the Starliner, no astronauts this time. The tension is always at its highest before liftoff, but not as high as a manned flight. With 5 minutes to go before liftoff, reporters and space center personnel are busy moving to the most suitable location to get a better view. In fact, this evening, the rocket is clearly visible because the sun is behind us. The sky is slightly veiled, but clear enough to follow the trajectory of the spacecraft.

  • Time T-5 minutes: without even observing the immense countdown, a console of 10 meters broad planted in front of, the adrenalin pushes us to concentrate on the last adjustments of our objectives
  • Time T-2 minutes: I put my smartphone (iPhone 13 ProMax), on a small terminal found at random, near me. Then I fixed my brand-new Canon EOS R3 (which I’m showing off) with a 400 mm telephoto lens (200 mm with an enlarger). Then I hold up my Canon EOS 5D Mark IV and my 28-300mm lens. I panic a bit, as I have to deal with all three cameras at once. But that’s okay!
  • Time T-1 minute: the last civil servants of the space center still have just the time to leave their office outside to land in extremis on the ground. We stress, a little, a lot, passionately… it’s time!
  • Time T-1 second. I perceive the first flames. They are brilliant, almost sparkling. I glance through the viewfinder and out of it to get a better idea of the event, because with the telephoto lens, I don’t feel I have enough field
  • Time T-0.00. Liftoff! United Launch Alliance (ULA) Atlas V carrying Boeing’s CST-100 Starliner spacecraft on Orbital Flight Test-2 (OFT-2) to the International Space Station (ISS) as part of NASA’s Commercial Crew Program, lifted off on May 19 at 6:54 p.m. EDT, from Space Launch Complex-41 (SLC) at Cape Canaveral Space Force Station. To date ULA has launched 150 times with 100 percent mission success. This marks the 93rd successful launch of an Atlas V rocket, and the 104th launch from SLC-41
  • Time T+5 seconds: I have already taken a hundred images thanks to a setting of 36 frames per second (video-photo mode), letting my tripod lens do the job, while I may hold the other camera. The rocket is clear in the distance, and I realize that I should have increased the shutter speed. I don’t have the time to do so. Too bad, I trust the cameras and I don’t care a bit, because the most important thing for me is to be there! I realize how lucky I am, and I would have liked to take all my acquaintances there to please them
  • Time T+10 seconds: the first humming and cracking of the spacecraft reach us, more and more strident to the eardrums. The ground does not necessarily shake, but the roars of the spacecraft shake our guts. It is not a space shuttle which takes off or there the ground shakes somewhat.
  • Time T+20 seconds: Atlas V is already so high that we perceive it so small and that it is not necessarily any more to keep the head to the sky. Nevertheless, we remain careful, in memory of what happened with the shuttle Challenger on January 28, 1986, when I was on this same unique place.

Starliner left to join the ISS which it reached perfectly. The coverage of my 34th launch on site is also successful.