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Covoiturage pour un satellite norvégien, capteur de selfies

[Cap Canaveral, May 25, 2022. rke. English below] – En une semaine, du mercredi 18 au mercredi 25 mai, j’assiste à mon 3e lancement de Cap Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk envoie en covoiturage une grappe de 53 mini satellites, dont un, norvégien, créateur de selfies. 

Lancement de Falcon 9 – Transporter-5 le mercredi 25 mai 2022 à 14h35 (locale), 20h35 (suisse) – Photo : rke

Quelle journée ce mercredi 25 mai 2022. Alors que la capsule Starliner s’est amarrée solidement vendredi 20 mai à 20h28 (locale), 02h28 (Suisse) alors que les deux véhicules étaient en orbite à environ 250 miles (402 km) au-dessus de la Terre, le module est attendu sur terre ferme,ce même jour, mercredi, dans le désert de sable blanc du White Sands Missile Range dans le Nouveau-Mexique. Cela me rappelle une escapade avec un collègue, Mauricio Ranzi, que nous avions réalisée à cet endroit, non seulement pour visiter ce désert, mais aussi pour voir les installations du Spaceport America, de Virgin Galactic : cliquez ici

Lancement de Space Falcon 9, Transporter 5 le 25 mai 2022 à 14h35 (locale), 20h35 (suisse). Vidéo prise par mon iPhone 13 Pro Max.

Mais, actuellement à Cap Canaveral, il m’est difficile de rejoindre le Nouveau-Mexique en avion, ou en voiture, le même jour que le décollage d’une autre fusée Falcon 9 de SpaceX -Transporter-5, dont le lancement est prévu à 14h27 (locale), 20h27 (Suisse), dont le décollage est prévu sur le pas de tir SLC-40. Il s’agit de la 165e mission de SpaceX la 22e en 2022. Et c’est le 3e lancement en une semaine réalisé à Cap Canaveral. Transporter-5 offre aux opérateurs de petits satellites des missions de régulières et dédiées de covoiturage – la cinquième du genre – pour des charges de classe réduite en dessous de 1 million de dollars par mission, qui comprend jusqu’à 200 kg de charge utile, soit 53 minisatellites que la mission doit envoyer sur orbite polaire.

Le satellite norvégien à selfies

Parmi ceux-ci, SelfieSat-1 est le premier satellite étudiant opérationnel de Norvège, entièrement construit en interne à partir de pièces prêtes à l’emploi. Son bus (châssis) contient un Raspberry Pi qui sert d’ordinateur de charge utile pour le satellite. Une fois déployé, le satellite de 1,8 kg tend un « bâton de selfie » sur lequel est montée la caméra Raspberry Pi. Pointé vers le satellite, sur lequel est monté un écran LCD, l’appareil photo prendra des images de l’écran, du satellite et de la Terre.

SelfieSat-1 qui permet de prendre des selfies de lui-même. Photo : everydayastronaut.com

Parmi d’autres satellites est embarqué un mini engin italien, soit une structure porte-satellite (ION) qui peut en contenir d’autres. C’est la société D-Orbit, basée à Côme qui en est le fournisseur. De nombreuses autres charges utiles volent également sur le Transporteur 5 et servent une grande variété de services. Ces charges utiles comprennent, entre autres, Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5 et CPOD A/B. Mais pas d’engins suisses…

Belle vue depuis le musée Air Force Space & Missile Museum

Pour ce troisième lancement en une semaine, je n’ai pas d’accréditation officielle, comme la précédente avec OFT-2/Starliner ce qui me motive à assister au décollage d’un endroit très dégagé proche du musée Air Force Space & Missile Museum. Rien à voir avec le centre des visiteurs du KSC, mais l’endroit est idéal pour observer des lancements, quoiqu’un peu loi, 12 km, on a suffisamment de vue pour capturer de bonnes images (voir celle-ci-jointe). Et surtout, c’est un lieu assez approché pour voir revenir le 1er étage, ce qui est le cas pour ce lancement. J’en suis en fait à mon 7e atterrissage, si je puis dire, voir l’exemple de l’un d’entre eux que j’ai vécu : cliquez ici.

« Dites, c’est laquelle la fusée ? »

Regards au loin, l’arrivée du 1er étage de Falcon 9

Ce mercredi 25 mai 2022 est un jour dégagé, quoiqu’un peu voilé. La température est supportable à 95 degrés F (35 degrés C). Depuis le musée, il suffit de traverser la route bien gardée qui longe le port pour arriver sur une place en herbe surplombant une lagune de la Banana River.

Trois quarts d’heure auparavant, j’installe donc mon matériel habituel. Je fixe mon Canon R3 avec un objectif (400m) sur le trépied et garde en bandoulière mon vieux boîtier Canon 5D Mark III – Objectif 28-300 (le nouveau, je l’ai laissé en Suisse), pour pouvoir intervenir lorsque la fusée est haut dans le ciel et comme deuxième appareil de secours. On ne sait jamais.

L’horizon, très plat, n’est pas tellement limpide pour voir distinctement la fusée. Mais, même avec ce ciel voilé, on la reconnaît tout de même. Il faut dire que nous sommes en plein après-midi, le soleil tape sur nos têtes et… ce n’est pas l’idéal :

  • « Dites, c’est laquelle la fusée ? Celle de droite, ou de gauche ? » me demande une dame confortablement assise avec sa fille sur une couverture. Je suis debout, affairé à mes réglages.
  • Il n’y en a qu’une, elle est à droite, au fond un peu plus loin que la tour en béton.

La dame est heureuse d’être enfin venue s’installer au bon endroit. Je remarque que j’impressionne plein de gens à mes côtés avec mon attirail. Un fan avec des jumelles (avec 50x de grossissement) s’approche de moi et me demande si j’arrive à bien distinguer la fusée dans mon objection. Je lui montre et il est surpris :

  • Oh, c’est incroyable ça ! Ce qu’on voit près…

Les geeks me scrutent avec méfiance

Avec le reflet du soleil sur l’écran du boîtier, difficile de s’en rendre compte vraiment. Du coup je me sens fier et me ragaillardis. J’aime bien le fait de venir me poser ici. À mes côtés, de jeunes ados vraiment geeks me scrutent du regard et se méfient de mes mouvements. Mais, après une heure d’attente, le moment tant attendu arrive. Entretemps, j’ai réglé mon smartphone (iPhone 13 Pro Max) en mode vidéo que j’ai fixé au sol avec un trépied et que je télécommande avec ma montre connectée. Hélas, je ne peux plus écouter la radio, vu que, si c’est le cas, je débloque le réglage du mobile qui est en mode vidéo.

Je profite d’écouter la radio des geeks qui se sont mis en ligne sur le site de SpaceX sur leur smartphone pour suivre es derniers instants du décollage. Le lancement est repoussé de huit minutes, d’où l’attente devient interminable. Une minute avant, c’est le moment de se fixer aux appareils. Les premières flammes de la fusée sont à peine perceptibles, mais au bout de seconde, Falcon 9 devient de plus en plus limpide au loin. Mercredi 14h35 (locale), 20h35 (Suisse), Transporter-5 décolle.

Lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser

Ça fonce comme un météore sur nos têtes

Il reste à attendre encore environ huit minutes pour qu’on voie le 1er étage redescendre. Comme je le décrivais précédemment sur ce blog lors de mes interventions sur place – je le rappelle, c’est mon 6eatterrissage (cliquez ici) –, le 1er étage de Falcon fonce comme un météore maîtrisé. C’est d’autant plus impressionnant lorsqu’il y en a deux qui nous tombent sur la tête (cliquez ici).

Ce mercredi 25 mai, je passe sur RFJ.

En dessous on a l’impression que le lanceur va nous tomber sur la tête. Et lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser. Mais ce n’est pas le cas, car il se redresse bien droit aux dix derniers mètres seulement. 

En tous cas, c’est l’impression qu’on en a. Autour de moi, le public s’extasie devant cet exploit devenu banal :

  • « Yeuh… Mais c’est extraordinaire », ça, confie-t-elle, béate d’admiration

Une fois l’étage au sol, on pacte nos affaires. Je regagne ma voiture sur le parc d’à côté et rentre à l’hôtel, comblé de la journée. Il ne reste plus qu’à suivre le retour de la capsule Starliner à la télé, vécu de Cap Canaveral, mais ça, c’est une autre histoire.

Space Rideshare for a Norwegian Satellite, Selfie-Taker

[Cape Canaveral, May 25, 2022. rke] – In one week, from Wednesday, May 18 to Wednesday, May 25, I am witnessing my 3rd launch from Cape Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk is sending a cluster of 53 mini-satellites, including a Norwegian selfie maker, in a carpool.

What a day this Wednesday, May 25, 2022. While the Starliner capsule docked securely on Friday, May 20, at 8:28 p.m. (local), 2:28 a.m. (Swiss) while in orbit about 250 miles (402 km) above the Earth, the module is expected to land that same day, Wednesday, in the white sand desert of the White Sands Missile Range in New Mexico. This reminds me of a trip with a colleague, Mauricio Ranzi, that we made to this place, not only to visit this desert, but also to see the facilities of the Spaceport America, from Virgin Galactic: click here

But, currently in Cape Canaveral, it is difficult for me to reach New Mexico by plane, or by car, on the same day as the liftoff of another SpaceX Falcon 9 rocket -Transporter-5, scheduled to launch at 2:27 p.m. (local), 8:27 p.m. (Swiss), which is scheduled to lift off from launch pad SLC-40 This is SpaceX’s 165th mission and 22nd in 2022. And it is the third launch in a week from Cape Canaveral. Transporter-5 offers small-satellite operators regular and dedicated carpool missions – the fifth of its kind – for small-class payloads under $1 million per mission, which includes up to 200 kg of payload, or 53 minisatellites that the mission must send into polar orbit.

The Norwegian Selfie Satellite

Of those satellites, SelfieSat-1 is the first operational student satellite from Norway, built entirely in-house from off-the-shelf parts. Its bus contains a Raspberry Pi which serves as the payload computer for the satellite. The 1.8 kg satellite will, once deployed, extend a “selfie stick” which has a Raspberry Pi camera mounted on the end. Pointed back at the satellite, which has an LCD screen mounted on it, the camera will image the screen, satellite, and Earth.

Among other satellites, an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. And an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. Numerous other payloads are also flying on Transporter 5 and serve a wide variety of services. These payloads include but are not limited to Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5, and CPOD A/B. But no Swiss satellites…

Nice View From the Air Force Space & Missile Museum

For this third launch in a week, I don’t have an official accreditation, like the previous one with OFT-2/Starliner, which motivates me to attend the takeoff from a very clear place close to the Air Force Space & Missile Museum. Nothing to do with the KSC visitors center, but the place is ideal to observe launches, although a little bit law, 12 km, we have enough view to capture good pictures (see this one attached). And above all, it is a place close enough to see the return of the 1st stage, which is the case for this launch. I’m on my 7th landing, if I may say so, see the example of one I experienced click here.

« Say, which one is the rocket? »

La carte avec les bases de lancement et d’atterrissage. Où il y a l’étoile, c’est où nous sommes. The map with the launch and landing bases. Where the star is, that’s where we are.

This Wednesday, May 25, 2022, is a clear day, albeit a bit hazy. The temperature is bearable at 95 degrees F (35 degrees C). From the museum, just cross the well-guarded road along the harbor to a grassy plaza overlooking a lagoon on the Banana River.

Three quarters of an hour earlier, I set up my usual equipment. I fix my Canon R3 with a lens (400 m) on the tripod and keep my old Canon 5D Mark III – Lens 28-300 (the new one, I left it in Switzerland), to be able to intervene when the rocket is high in the sky and as a second backup camera. One never knows.

The horizon, very flat, is not so clear to see the rocket clearly. But, even with this veiled sky, we recognize it all the same. It is necessary to say that we are in full afternoon, the sun taps on our heads and… it is not the ideal:

–  » Say, it is which the rocket? The one on the right, or the one on the left? » asks a lady sitting comfortably with her daughter on a blanket. I am standing, busy with my adjustments.

– There is only one, it is on the right, at the back a little further than the concrete tower.

The lady is happy to have finally come to the right place. I notice that I am impressing a lot of people beside me with my paraphernalia. A fan with binoculars (with 50x magnification) approaches me and asks if I can distinguish the rocket in my objection. I show him and he is surprised.

– Oh, this is incredible! What you can see close up…

The Geeks Scrutinize Me With Distrust

With the reflection of the sun on the screen of the box, it is difficult to realize it really. So, I feel proud, and I’m rejuvenated. I like the fact that I come to settle here. Beside me, some really geeky young teenagers scrutinize me with their eyes and are suspicious of my movements. But, after an hour of waiting, the long-awaited moment arrives. In the meantime, I set my smartphone (iPhone 13 Pro Max) to video mode, which I fixed to the ground with a tripod and remote control with my connected watch. Alas, I can no longer listen to the radio, since if I do, I unlock the setting of the mobile which is in video mode.

I take the opportunity to listen to the radio of the geeks who are online on the SpaceX website on their smartphone to follow the last moments of the launch. The launch is postponed of eight minutes, from where the waiting becomes interminable. One minute before, it’s time to attach to the devices. The first flames of the rocket are hardly perceptible, but after a second, Falcon 9 becomes more and more limpid in the distance. Wednesday, 2:35 p.m. (local), 8:35 p.m. (Swiss), Transporter-5 blasts off.

When the stage almost reaches the ground, at a hundred meters, it is so tilted that it looks as if it will crash

It files like a meteor on our heads

We still have to wait about eight minutes for the 1st stage to come down. As I described it previously on this blog during my interventions on the spot – I remind it, it is my 6th landing (click here) -, the 1st stage of Falcon rushes like a controlled meteor. It is even more impressive when two of them fall on our heads (click here).

Underneath, it looks like the launcher is about to fall on our heads. And when the stage almost reaches the ground, at about 100 meters, it is so tilted that it looks like it is going to crash. But this is not the case, because it straightens out only in the last ten meters. 

At least, that’s the impression you get. Around me, the audience is ecstatic about this now commonplace feat:

– « Yeuh… But it is extraordinary, » blissful a woman conquered by admiration

Once the floor on the ground, we packed our business. I regain my car on the park of next door and return to the hotel, filled of the day. It does not remain anymore but to follow the return of the capsule Starliner on TV, lived on Cape Canaveral, but that, it is another history.