Archives par mot-clé : SPACEX

De la Lune à la Terre pour un béton écologique

[Cape Canaveral, June 12, 2022. rke. English below] – Le camion de l’espace de SpaceX/NASA CRS-25 doit amener des expériences scientifiques sur orbite à 450 km d’altitude en vue d’obtenir une cartographie de poussières minérales et fournir une alternative de béton écologique pour la fabrication de structures sur Terre, comme sur la Lune avec le projet Artemis.

Photo du haut : ma photo d’un lever de soleil sur le pas de tir 39B avec la fusée Artemis I.

Le 14 janvier 2022, de forts vents saisonniers ont transporté de la poussière du nord-ouest de l’Afrique au-dessus des îles Canaries, entraînant une baisse de la visibilité et de la qualité de l’air. EMIT mesure la composition minérale de la poussière dans les régions arides de la Terre, créant ainsi une carte qui pourrait permettre de mieux comprendre comment la poussière affecte les personnes et les communautés.
On Jan. 14, 2022, strong seasonal winds carried dust from northwest Africa over the Canary Islands, causing visibility to drop and air quality to decline. EMIT measures the mineral composition of dust in Earth’s arid regions, creating a map that could improve understanding of how dust affects people and communities. © : NASA

Une capsule Dragon devait décoller de Cap Canaveral (SLC-40) vers la Station internationale (ISS) ce vendredi 10 juin, mais cette mission CRS-25 (ou SpX-25) est reportée dès le 28 juin. Je dis « dès » car la date dépend de la réparation du cargo qui transporte le matériel, autrement dit la capsule Dragon de SpaceX chapeautée par la NASA. Je ne peux évidemment pas rester aussi longtemps pour assister au décollage, bien que je sois dûment accrédité. Toutefois, c’est grâce à cette accréditation que j’ai pu assister au rollout (à la sortie) d’Artemis et à son lever de soleil sur son pas de tir.

Pourquoi ce retard ? Le problème concerne le carburant, de l’hydrazine, utilisé pour les petits propulseurs Draco de la capsule. Un sujet qui préoccupe les ingénieurs puisque, le 26 décembre 2019, le même problème est survenu lors d’un essai au sol avec la version habitée. Face aux niveaux anormalement élevés de vapeur d’hydrazine, la NASA et SpaceX ont décidé de décharger le carburant et l’oxydant de la zone affectée pour pouvoir passer à des inspections et des tests approfondis. Donc, nous attendons…

Cicatrisation des plaies…


This image shows skin samples cultured in the Suture in Space hardware prior to flight. This European Space Agency (ESA) investigation examines the behavior of sutures and wound healing in microgravity. Cette image montre des échantillons de peau cultivés dans le matériel Suture in Space avant le vol. Cette initiative de l’Agence spatiale européenne (ESA) examine le comportement des sutures et la cicatrisation des plaies en microgravité. © : University of Florence

Cette 25e mission de services de réapprovisionnement en fret transporte des recherches scientifiques et des démonstrations technologiques. Elles comprennent des études sur le système immunitaire, la cicatrisation des plaies, des biomarqueurs sans cellules, ainsi que la cartographie de la composition de la poussière terrestre et l’essai d’une alternative au béton.

Cartographier la poussière de la Terre

Le projet EMIT (Earth Surface Mineral Dust Source Investigation), développé par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie, utilise la technologie de spectroscopie d’imagerie de la NASA pour mesurer la composition minérale de la poussière dans les régions arides de la Terre. La poussière minérale soufflée dans l’air peut parcourir d’importantes distances et avoir un impact sur le climat de la Terre, la météo, la végétation, etc. Par exemple, la poussière contenant des minéraux sombres qui absorbent la lumière du soleil peut réchauffer une région, tandis que la poussière minérale de couleur claire peut la refroidir. La poussière soufflée affecte également la qualité de l’air, les conditions de surface telles que le taux de fonte des neiges, et la santé du phytoplancton dans l’océan. L’enquête recueille des images pendant un an afin de générer des cartes de la composition minérale des régions de la Terre qui produisent de la poussière. Ces cartes pourraient nous aider à mieux comprendre les effets de la poussière minérale sur les populations humaines actuelles et futures.

Mélange d’eau et de protéine appelée albumine de sérum bovin 

La recherche sur les biopolymères pour les capacités in situ examine comment la microgravité affecte le processus de création d’un béton alternatif fabriqué à partir d’un matériau organique et de matériaux sur place telle que la poussière lunaire ou martienne, appelé composite biopolymère-sol (BPC). L’utilisation des ressources disponibles sur le lieu de la construction permet d’augmenter la masse du matériau de construction et, par conséquent, la quantité de blindage. « Les astronautes sur la Lune et sur Mars auront besoin d’habitats offrant une protection contre les rayonnements, mais le transport de grandes quantités de matériaux de construction conventionnels depuis la Terre est impossible d’un point de vue logistique et financier », a déclaré Laywood Fayne, membre de l’équipe. « Notre équipe d’étudiants, dirigée par Michael Lepech du Blume Earthquake Engineering Center de l’université de Stanford, étudie un moyen de convertir le régolithe de ces environnements en un matériau ressemblant à du béton en y mélangeant de l’eau et une protéine appelée albumine de sérum bovin. »

Moins de carbone pour le béton

Ce matériau durcit à mesure que l’eau s’évapore, un processus affecté par la gravité, explique James Wall, codirecteur de l’équipe. « Notre projet consiste à fabriquer six briques en microgravité pour les comparer aux briques fabriquées sur Terre à 1G et à moins de 1G », explique Wall. « Nous étudierons le nombre et les orientations des ponts protéiques, la résistance à la compression et la porosité. Nos conclusions pourraient aider à déterminer comment ces briques pourraient se former sur la Lune et sur Mars. »

Les BPC pourraient également offrir une alternative de béton écologique pour la fabrication de structures sur Terre. En 2018, la production de béton représentait 8% des émissions mondiales de carbone. Le matériau BPC n’a aucune émission de carbone et peut être fabriqué à partir de ressources locales et facilement disponibles, ce qui simplifie également les chaînes d’approvisionnement. Cette expérience s’inscrit dans le cadre du programme SPOCS (Student Payload Opportunity With Citizen Science) de la NASA, qui offre aux étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur la possibilité de concevoir et de construire une expérience à destination et en provenance de la Station spatiale internationale.

Moon to Earth for green concrete

[Cape Canaveral, June 12, 2022] – The SpaceX/NASA CRS-25 space truck is set to take scientific experiments into orbit at an altitude of 450 km, to obtain maps of the effects of mineral dust on people and to provide an environmentally friendly concrete alternative for making structures on Earth, such as on the Moon with the Artemis project.

Top photo: Sunrise on launch pad 39B.

Flight hardware for the Biopolymer Research for In-Situ Capabilities, an investigation of how microgravity affects the process of creating a concrete alternative made with an organic material and on-site materials such as lunar or Martian dust. Each module makes two bricks, for a total of six bricks made in space. Matériel de vol pour la recherche sur les biopolymères pour les capacités in situ, une étude sur la façon dont la microgravité affecte le processus de création d’une alternative en béton faite avec un matériau organique et des matériaux sur place tels que la poussière lunaire ou martienne. Chaque module fabrique deux briques, soit un total de six briques fabriquées dans l’espace.© : James Wall

A Dragon capsule was supposed to lift off from Cape Canaveral (SLC-40) to the International Space Station (ISS) this Friday, June 10, but this CRS-25 (or SpX-25) mission has been postponed until June 28. I say « as early as » because the date depends on the repair of the cargo ship carrying the hardware, otherwise the SpaceX Dragon capsule chartered by NASA. I obviously cannot stay that long to witness the liftoff, although I am duly accredited. However, it is thanks to this accreditation that I was able to attend the rollout of Artemis and its sunrise on its launch pad.

Why this delay? The problem concerns the fuel, hydrazine, used for the small Draco thrusters of the capsule. A subject that worries the engineers since, on December 26, 2019, the same problem occurred during a ground test with the manned version. Faced with abnormally high levels of hydrazine vapor, NASA and SpaceX decided to unload the fuel and oxidizer from the affected area so that they could move on to thorough inspections and testing. So, we’re waiting…

Wound healing…

This 25th cargo resupply service mission carries scientific research and technology demonstrations. They include studies of the immune system, wound healing, cell-free biomarkers, as well as mapping the composition of earth dust and testing an alternative to concrete.

Mapping Earth’s Dust

The Earth Surface Mineral Dust Source Investigation (EMIT), developed by NASA’s Jet Propulsion Laboratory in California, employs NASA imaging spectroscopy technology to measure the mineral composition of dust in Earth’s arid regions. Mineral dust blown into the air can travel significant distances and have impact Earth’s climate, weather, vegetation, and more. For example, dust containing dark minerals that absorb sunlight can warm an area, while light-colored mineral dust can cool it. Blowing dust also affects air quality, surface conditions such as the rate of snow melt, and phytoplankton health in the ocean. The investigation collects images for one year to generate maps of the mineral composition in the regions on Earth that produce dust. Such mapping could advance our understanding of the effects of mineral dust on human populations now and in the future.

A Mixture of Water and a Protein Called Bovine Serum Albumin

Biopolymer Research for In-Situ Capabilities looks at how microgravity affects the process of creating a concrete alternative made with an organic material and on-site materials such as lunar or Martian dust, known as a biopolymer soil composite (BPC). Using resources available where construction takes place makes it possible to increase the mass of the construction material and, therefore, the amount of shielding. »

Astronauts on the Moon and Mars will need habitats that provide radiation shielding but transporting large amounts of conventional construction materials from Earth is logistically and financially infeasible,” said team member Laywood Fayne. “Our student team, led by Michael Lepech from the Blume Earthquake Engineering Center at Stanford University, is studying a way to convert regolith in these environments into a concrete-like material by mixing in water and a protein known as bovine serum albumin.”

Less Carbon for Concrete

This material hardens as the water evaporates, a process affected by gravity, explains team co-lead James Wall. “Our project consists of making six bricks in microgravity to compare to bricks made on Earth at 1 g and less than 1 g,” Wall says. “We will investigate the number and orientations of protein bridges, compressive strength, and porosity. Our conclusions could help determine how these bricks might form on the Moon and Mars.”

BPCs also could offer an environmentally friendly concrete alternative for making structures on Earth. In 2018, concrete production represented 8% of global carbon emissions. BPC material has zero carbon emissions and can be made from local, readily available resources, which also simplifies supply chains. This experiment is a part of NASA’s Student Payload Opportunity with Citizen Science (SPOCS) program, which provides students enrolled in institutions of higher learning the opportunity to design and build an experiment to fly to and return from the International Space Station.

Quelques unes de mes images d’Artemis sur son pas de tir PAD 39B prises du Canaveral National Seashore.

  • Mes photos de mon trip de juin 2022 / NASA-SpaceX-Artemis sur Flickr:
    cliquez ici

Le Nil, d’en haut à bout portant

[Cape Canaveral, June 8, 2022. rke. English below] – Elon Musk envoie le satellite de TV et d’Internet Nilesat 301 qui arrose en permanence la même zone terrestre de diffusion. Celle de l’Afrique australe et des pays du bassin du Nil. Émotions lors du décollage à Cap Canaveral.

Photo du haut : NASA / Visible Earth

Liftoff: June 8, 2022, at 5:04 p.m.

La Patrick Space Force Base, vous connaissez ? C’est le nouveau nom donné en décembre 2019 à cette base de l’US Air Force Space Command (AFSPC), au nord de Cocoa Beach. Autrement dit une base aérienne qui tire dorénavant son nom du domaine spatial de l’United States Space Force. Que de sigles !

Enfin, tout cela pour vous dire que vous pouvez vous y rendre en longeant la route 401 du port Cruise Terminal et à un moment donné, stop ! Premier poste de police, en général assez conciliante, qui vous demande où vous allez. De coutume, cela passe assez facilement. Un peu plus loin, à droite, vous pouvez parquer au musée Sands Space History Center, dont je vous ai parlé dans ma précédente News. L’endroit s’appelle Rocket Launch View Point et vous pouvez y rester, c’est un endroit officiel (voir carte). 

Si l’idée vous vient quand même de continuer la route jusqu’au deuxième poste de contrôle, vous ne passez plus, sauf, dûment accrédité. Et encore… C’est l’entrée de la Space Force. Tiens, ce nom me plaît bien. On ne passe plus là, mais, juste avant cette entrée, il est possible pour tout un chacun, à gauche de la route, de pouvoir assister, comme je l’ai expliqué précédemment, à un lancement, meilleur endroit pour voir partir une fusée du pas de tir SLC-40, propriété de SpaceX. Mais attention, que de ce pas de tir là. Les autres sites PAD 39A (Falcon) et PAD 39B (Artemis) sont plus visibles depuis Titusville.

La TV égyptienne couvre le lacement sur un littoral public

Je me suis donc réinstallé là, au même endroit que lors du lancement de SpaceX Transporter 5, en y plantant mon trépied une heure auparavant, le temps de tout sortir et d’entreprendre les réglages de mes appareils. Première chose qui m’a étonné : la présence de la TV égyptienne, laquelle était à cet endroit précis et non pas, comme de coutume, sur le site un peu plus loin réservé à la presse où l’on s’y rend, escorté. C’est quand même dommage que SpaceX n’ait pas envisagé ou autorisé une accréditation pour ces reporters qui se sont déplacés exprès depuis leur pays voir assister et retransmettre le décollage d’un de leur satellite. J’ose penser qu’il s’agit encore d’un coup de Musk, car j’imagine que cette TV égyptienne n’était pas en règle dans ses attributions d’accréditation. Hélas, je n’ai pas pu interroger les reporters égyptiens, car je m’étais installé trop loin d’eux, au bord de ce mini littoral, pour être sûr de pouvoir surveiller mon matériel.

Un ado venu de New York :

« Dites, les flammes qui sortent de la fusée, ce n’est quand même pas dangereux pour nous ? »

On est loin, mais on est bien

Je commence à m’accoutumer à ces événements et je me fais moins de soucis quant aux ajustements nécessaires pour obtenir de bonnes images, je dis bonnes, étant entendu nettes et claires. Le reste, question cadrage n’est pas important. Si loin, à 15 km à vue d’aigle, le but est de pointer la fusée en mode horizontal pour avoir, lors du décollage un champ large afin mieux capter la sortie des flammes de la fusée. Je me sens fier, car au moins 5 personnes sont venues vers moi pour avoir des renseignements :

  • Elle est où la fusée ? 
  • Là au fond, derrière les arbres au milieu de la lagune. On y voit la pointe…
  • Et le premier étage où il revient ? Ah, pour cette fois, ce ne sera pas sur terre, mais sur une barge en mer, en raison de la trajectoire.
  • Merci, vous êtes citoyen de la Floride ?
  • Non, non, je viens spécialement de Suisse…
  • Oh, la Suisse !

Du coup, deux jeunes ados s’approchent de moi et me demandent :

  • Au départ de la fusée, on doit faire attention à cause des flammes ?
  • Oh, que non, on est trop, trop loin, et même sur place, sur le pas de tir, ce sont des gouttelettes d’eau acidulée qui retombent au décollage.

L’heure du décollage arrive. J’ai l’air d’un pro avec ma casquette vissée sur la tête de travers (pas la tête, mais la casquette) et tout mon matériel. La plupart des personnes agglutinées sur cette sorte de plage sont encore inattentives au moment où Falcon 9 s’arrache du sol. J’ai déjà l’œil fixé sur mes objectifs et ce n’est que lorsque la fusée monte d’une dizaine de mètres que nous la repérons. Cette fois, ça y est, elle part !

Ambiance dans ma vidéo tournée avec mon smartphone :

Décollage : 8 juin 2022 à 17h04

La fusée Falcon 9 décolle à l’heure prévue ce mercredi 8 juin 2022, à 17h04 locale (23h04 suisse) avec à son bord Nilesat 301, un satellite égyptien de 4,1 tonnes. Il fournira des services de diffusion de télévision ultra HD et une connectivité Internet sur l’Égypte et d’autres parties de l’Afrique et du Moyen-Orient. 

Pour une meilleure communication avec les peuples africains
Propriété de l’opérateur égyptien Nilesat, largement contrôlé par le gouvernement de ce pays, ce nouveau satellite à une position d’exploitation sur une orbite géostationnaire circulaire, ou GEO, à plus de 22’000 miles (près de 36’000 kilomètres) au-dessus de l’équateur à 7 degrés de longitude ouest, où il fournira des services de télédiffusion et d’Internet. Les satellites géostationnaires sont généralement de grande taille et offrent une plus grande capacité de communication qu’un seul engin en orbite basse. En orbite géostationnaire, ils suivent le rythme de rotation de la Terre, ce qui permet à une antenne au sol de pointer au même endroit dans le ciel pour assurer une liaison continue avec le satellite.
Le processus de fabrication de Nilesat 301 a duré près de deux ans et demi. Le nouveau satellite sera l’alternative au Nilesat 201, qui expire en 2028, car il possède de nombreux avantages technologiques modernes qui lui permettent de continuer à être compétitif dans la zone de diffusion. Le Nilesat 301 comprend 38 chaînes, contre 26 chaînes pour le Nilesat 201. Le satellite étend sa couverture aux pays de l’Afrique australe et aux pays du bassin du Nil, dans le but de parvenir à une meilleure communication avec les peuples du continent africain.Il peut donc fournir des services Internet à large bande pour couvrir l’Égypte, de nouveaux projets d’infrastructure, des projets de nouvelles communautés urbaines et des champs pétroliers de la Méditerranée orientale, notamment le champ de Zohr.
Nilesat 301 est fabriqué à l’aide d’une technologie avancée qui lui permet d’identifier et de traiter lui-même toute source d’interférence, afin d’assurer une sécurité totale aux chaînes de télévision qui y opèrent.

The Nile, seen from the top at close range

[Cape Canaveral, June 8, 2022. rke] – Elon Musk is sending the Nilesat 301 TV and Internet satellite to continuously scan the same terrestrial broadcasting area. That of southern Africa and the countries of the Nile Basin. Emotions during the takeoff at Cape Canaveral.

Top Main Photo : NASA / Visible Earth

Waiting for take-off.

Do you know the Patrick Space Force Base? This is the new name given in December 2019 to this base of the US Air Force Space Command (AFSPC), north of Cocoa Beach. In other words, an air base that now takes its name from the space domain of the United States Space Force. So many acronyms!

Well, all this to tell you that you can get there by following the 401 road from the port Cruise Terminal and at a certain point, stop! The first police station, usually quite conciliatory, who ask you where you are going. Usually, it is quite easy to pass. A little further, on the right, you can park at the Sands Space History Center Museum, which I mentioned in my previous news. The place is called Rocket Launch Viewpoint and you can stay there, it is an official place (see map). 

If the idea comes to you to continue the road until the second checkpoint, you will not pass anymore, except if you are duly accredited. And again… This is the entrance of the Space Force. I like this name. You don’t pass there anymore, but, just before this entrance, it is possible for everyone, on the left side of the road, to attend, as I explained before, a launch, the best place to see a rocket leaving from the SLC-40 launch pad, property of SpaceX. But be careful, only from this launch pad. The other sites PAD 39A (Falcon) and PAD 39B (Artemis) are more visible from Titusville.

The Egyptian TV Covers the Launch on a Public Shoreline

I set up my tripod there, in the same place as during the SpaceX Transporter 5 launch, an hour before, just enough time to get everything out and start adjusting my cameras. The first thing that surprised me was the presence of the Egyptian TV, which was there and not, as usual, on the site a little further away reserved for the press, where one goes, escorted. It is a pity that SpaceX did not consider or authorize accreditation for these reporters who came on purpose from their country to see and broadcast the launch of one of their satellites. I dare to think that it is still a Musk’s trick, because I imagine that this Egyptian TV was not in order in its accreditation attributions. Alas, I was unable to interview the Egyptian reporters, as I had set myself up too far away from them, on the edge of this mini coastline, to be sure I could monitor my equipment.

A teenager from New York:

 » Hey, the flames coming out of the rocket, isn’t it still dangerous for us? »

We are far, but we are well

I’m getting used to these events and I’m less worried about the adjustments needed to get good images, I say well, being understood sharp and clear. The rest, in terms of framing, is not important. So far away, at 15 km from the eagle’s eye view, the goal is to point the rocket in horizontal mode to have at the time of the takeoff, a wide field to better capture the exit of the rocket’s flames. I feel proud, because at least 5 people came to me to have information:

  • Where is the rocket? 
  • There in the background, behind the trees in the middle of the lagoon. You can see the tip…
  • And the second floor where it returns? Ah, for this time, it will not be on land, but on a barge at sea, because of the trajectory.
  • Thank you, are you a citizen of Florida?
  • No, no, I’m from Switzerland especially…
  • Oh, Switzerland!

    So, two young teenagers come up to me and ask:
  • When the rocket leaves, should we be careful because of the flames?
  • Oh, no, we are too, too far away, and even on the launch pad, it is droplets of acidulous water which fall at the takeoff.

The hour of the takeoff arrives. I look like a pro with my cap screwed on the head (not the head, but the cap) and all my equipment. Most of the people on this sort of beach are still inattentive as Falcon 9 lifts off. I already have my eye on my lenses, and it is only when the rocket rises about ten meters that we spot it. This time, it is there, it leaves!

Atmosphere in my video shot with my smartphone: see above

Liftoff: June 8, 2022, at 5:04 p.m.

The Falcon 9 rocket lifts off on time this Wednesday, June 8, 2022, at 5:04 p.m. local time with Nilesat 301, an Egyptian satellite of 4.1 tons. It will provide ultra-HD television broadcasting services and Internet connectivity over Egypt and other parts of Africa and the Middle East.

For a Better Communication With the African People
Owned by the Egyptian operator Nilesat, largely controlled by Egypt’s government, the new satellite is destined for an operating position in a circular geostationary orbit, or GEO, more than 22’000 miles over the equator at 7 degrees west longitude, where it will provide TV broadcast and internet services. Geostationary satellites are typically large and carry more communications capacity than a single LEO telecom spacecraft. In geostationary orbit, they orbit in lockstep with Earth’s rotation, allowing an antenna on the ground to point at the same place in the sky for a continuous link with the satellite. The manufacturing process of Nilesat 301 took nearly two and a half years. And the new satellite will be the alternative to the “Nilesat 201,” which expires in 2028, as it has many modern technological advantages that enable it to continue competing in the broadcasting area.
The Nilesat 301 includes 38 channels, compared to 26 channels in “Nilesat 201.” The satellite expands its coverage to include the countries of southern Africa and the Nile Basin countries, with the aim of achieving greater communication with the peoples of the African continent.
The new satellite can provide broadband internet services to cover Egypt, new infrastructure projects, new urban community projects, and oil fields in the eastern Mediterranean, especially the Zohr Field. Nilesat 301 is manufactured using advanced technology that enables it to identify and treat any source of interference on its own, to provide complete security for the television channels operating on it.

Florida Today, June 9, 2022.

Covoiturage pour un satellite norvégien, capteur de selfies

[Cap Canaveral, May 25, 2022. rke. English below] – En une semaine, du mercredi 18 au mercredi 25 mai, j’assiste à mon 3e lancement de Cap Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk envoie en covoiturage une grappe de 53 mini satellites, dont un, norvégien, créateur de selfies. 

Lancement de Falcon 9 – Transporter-5 le mercredi 25 mai 2022 à 14h35 (locale), 20h35 (suisse) – Photo : rke

Quelle journée ce mercredi 25 mai 2022. Alors que la capsule Starliner s’est amarrée solidement vendredi 20 mai à 20h28 (locale), 02h28 (Suisse) alors que les deux véhicules étaient en orbite à environ 250 miles (402 km) au-dessus de la Terre, le module est attendu sur terre ferme,ce même jour, mercredi, dans le désert de sable blanc du White Sands Missile Range dans le Nouveau-Mexique. Cela me rappelle une escapade avec un collègue, Mauricio Ranzi, que nous avions réalisée à cet endroit, non seulement pour visiter ce désert, mais aussi pour voir les installations du Spaceport America, de Virgin Galactic : cliquez ici

Lancement de Space Falcon 9, Transporter 5 le 25 mai 2022 à 14h35 (locale), 20h35 (suisse). Vidéo prise par mon iPhone 13 Pro Max.

Mais, actuellement à Cap Canaveral, il m’est difficile de rejoindre le Nouveau-Mexique en avion, ou en voiture, le même jour que le décollage d’une autre fusée Falcon 9 de SpaceX -Transporter-5, dont le lancement est prévu à 14h27 (locale), 20h27 (Suisse), dont le décollage est prévu sur le pas de tir SLC-40. Il s’agit de la 165e mission de SpaceX la 22e en 2022. Et c’est le 3e lancement en une semaine réalisé à Cap Canaveral. Transporter-5 offre aux opérateurs de petits satellites des missions de régulières et dédiées de covoiturage – la cinquième du genre – pour des charges de classe réduite en dessous de 1 million de dollars par mission, qui comprend jusqu’à 200 kg de charge utile, soit 53 minisatellites que la mission doit envoyer sur orbite polaire.

Le satellite norvégien à selfies

Parmi ceux-ci, SelfieSat-1 est le premier satellite étudiant opérationnel de Norvège, entièrement construit en interne à partir de pièces prêtes à l’emploi. Son bus (châssis) contient un Raspberry Pi qui sert d’ordinateur de charge utile pour le satellite. Une fois déployé, le satellite de 1,8 kg tend un « bâton de selfie » sur lequel est montée la caméra Raspberry Pi. Pointé vers le satellite, sur lequel est monté un écran LCD, l’appareil photo prendra des images de l’écran, du satellite et de la Terre.

SelfieSat-1 qui permet de prendre des selfies de lui-même. Photo : everydayastronaut.com

Parmi d’autres satellites est embarqué un mini engin italien, soit une structure porte-satellite (ION) qui peut en contenir d’autres. C’est la société D-Orbit, basée à Côme qui en est le fournisseur. De nombreuses autres charges utiles volent également sur le Transporteur 5 et servent une grande variété de services. Ces charges utiles comprennent, entre autres, Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5 et CPOD A/B. Mais pas d’engins suisses…

Belle vue depuis le musée Air Force Space & Missile Museum

Pour ce troisième lancement en une semaine, je n’ai pas d’accréditation officielle, comme la précédente avec OFT-2/Starliner ce qui me motive à assister au décollage d’un endroit très dégagé proche du musée Air Force Space & Missile Museum. Rien à voir avec le centre des visiteurs du KSC, mais l’endroit est idéal pour observer des lancements, quoiqu’un peu loi, 12 km, on a suffisamment de vue pour capturer de bonnes images (voir celle-ci-jointe). Et surtout, c’est un lieu assez approché pour voir revenir le 1er étage, ce qui est le cas pour ce lancement. J’en suis en fait à mon 7e atterrissage, si je puis dire, voir l’exemple de l’un d’entre eux que j’ai vécu : cliquez ici.

« Dites, c’est laquelle la fusée ? »

Regards au loin, l’arrivée du 1er étage de Falcon 9

Ce mercredi 25 mai 2022 est un jour dégagé, quoiqu’un peu voilé. La température est supportable à 95 degrés F (35 degrés C). Depuis le musée, il suffit de traverser la route bien gardée qui longe le port pour arriver sur une place en herbe surplombant une lagune de la Banana River.

Trois quarts d’heure auparavant, j’installe donc mon matériel habituel. Je fixe mon Canon R3 avec un objectif (400m) sur le trépied et garde en bandoulière mon vieux boîtier Canon 5D Mark III – Objectif 28-300 (le nouveau, je l’ai laissé en Suisse), pour pouvoir intervenir lorsque la fusée est haut dans le ciel et comme deuxième appareil de secours. On ne sait jamais.

L’horizon, très plat, n’est pas tellement limpide pour voir distinctement la fusée. Mais, même avec ce ciel voilé, on la reconnaît tout de même. Il faut dire que nous sommes en plein après-midi, le soleil tape sur nos têtes et… ce n’est pas l’idéal :

  • « Dites, c’est laquelle la fusée ? Celle de droite, ou de gauche ? » me demande une dame confortablement assise avec sa fille sur une couverture. Je suis debout, affairé à mes réglages.
  • Il n’y en a qu’une, elle est à droite, au fond un peu plus loin que la tour en béton.

La dame est heureuse d’être enfin venue s’installer au bon endroit. Je remarque que j’impressionne plein de gens à mes côtés avec mon attirail. Un fan avec des jumelles (avec 50x de grossissement) s’approche de moi et me demande si j’arrive à bien distinguer la fusée dans mon objection. Je lui montre et il est surpris :

  • Oh, c’est incroyable ça ! Ce qu’on voit près…

Les geeks me scrutent avec méfiance

Avec le reflet du soleil sur l’écran du boîtier, difficile de s’en rendre compte vraiment. Du coup je me sens fier et me ragaillardis. J’aime bien le fait de venir me poser ici. À mes côtés, de jeunes ados vraiment geeks me scrutent du regard et se méfient de mes mouvements. Mais, après une heure d’attente, le moment tant attendu arrive. Entretemps, j’ai réglé mon smartphone (iPhone 13 Pro Max) en mode vidéo que j’ai fixé au sol avec un trépied et que je télécommande avec ma montre connectée. Hélas, je ne peux plus écouter la radio, vu que, si c’est le cas, je débloque le réglage du mobile qui est en mode vidéo.

Je profite d’écouter la radio des geeks qui se sont mis en ligne sur le site de SpaceX sur leur smartphone pour suivre es derniers instants du décollage. Le lancement est repoussé de huit minutes, d’où l’attente devient interminable. Une minute avant, c’est le moment de se fixer aux appareils. Les premières flammes de la fusée sont à peine perceptibles, mais au bout de seconde, Falcon 9 devient de plus en plus limpide au loin. Mercredi 14h35 (locale), 20h35 (Suisse), Transporter-5 décolle.

Lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser

Ça fonce comme un météore sur nos têtes

Il reste à attendre encore environ huit minutes pour qu’on voie le 1er étage redescendre. Comme je le décrivais précédemment sur ce blog lors de mes interventions sur place – je le rappelle, c’est mon 6eatterrissage (cliquez ici) –, le 1er étage de Falcon fonce comme un météore maîtrisé. C’est d’autant plus impressionnant lorsqu’il y en a deux qui nous tombent sur la tête (cliquez ici).

Ce mercredi 25 mai, je passe sur RFJ.

En dessous on a l’impression que le lanceur va nous tomber sur la tête. Et lorsque l’étage arrive presque au sol, à une centaine de mètres, il est si penché qu’on a l’impression qu’il va s’écraser. Mais ce n’est pas le cas, car il se redresse bien droit aux dix derniers mètres seulement. 

En tous cas, c’est l’impression qu’on en a. Autour de moi, le public s’extasie devant cet exploit devenu banal :

  • « Yeuh… Mais c’est extraordinaire », ça, confie-t-elle, béate d’admiration

Une fois l’étage au sol, on pacte nos affaires. Je regagne ma voiture sur le parc d’à côté et rentre à l’hôtel, comblé de la journée. Il ne reste plus qu’à suivre le retour de la capsule Starliner à la télé, vécu de Cap Canaveral, mais ça, c’est une autre histoire.

Space Rideshare for a Norwegian Satellite, Selfie-Taker

[Cape Canaveral, May 25, 2022. rke] – In one week, from Wednesday, May 18 to Wednesday, May 25, I am witnessing my 3rd launch from Cape Canaveral (Starlink-Starliner-Transporter). Musk is sending a cluster of 53 mini-satellites, including a Norwegian selfie maker, in a carpool.

What a day this Wednesday, May 25, 2022. While the Starliner capsule docked securely on Friday, May 20, at 8:28 p.m. (local), 2:28 a.m. (Swiss) while in orbit about 250 miles (402 km) above the Earth, the module is expected to land that same day, Wednesday, in the white sand desert of the White Sands Missile Range in New Mexico. This reminds me of a trip with a colleague, Mauricio Ranzi, that we made to this place, not only to visit this desert, but also to see the facilities of the Spaceport America, from Virgin Galactic: click here

But, currently in Cape Canaveral, it is difficult for me to reach New Mexico by plane, or by car, on the same day as the liftoff of another SpaceX Falcon 9 rocket -Transporter-5, scheduled to launch at 2:27 p.m. (local), 8:27 p.m. (Swiss), which is scheduled to lift off from launch pad SLC-40 This is SpaceX’s 165th mission and 22nd in 2022. And it is the third launch in a week from Cape Canaveral. Transporter-5 offers small-satellite operators regular and dedicated carpool missions – the fifth of its kind – for small-class payloads under $1 million per mission, which includes up to 200 kg of payload, or 53 minisatellites that the mission must send into polar orbit.

The Norwegian Selfie Satellite

Of those satellites, SelfieSat-1 is the first operational student satellite from Norway, built entirely in-house from off-the-shelf parts. Its bus contains a Raspberry Pi which serves as the payload computer for the satellite. The 1.8 kg satellite will, once deployed, extend a “selfie stick” which has a Raspberry Pi camera mounted on the end. Pointed back at the satellite, which has an LCD screen mounted on it, the camera will image the screen, satellite, and Earth.

Among other satellites, an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. And an Italian mini-satellite (ION) is on board, which can contain other satellites. The company D-Orbit, based in Como, is the supplier. Numerous other payloads are also flying on Transporter 5 and serve a wide variety of services. These payloads include but are not limited to Vigoride VR-3, FOSSASAT-2E, Veery FS-1, Shared Sat 3, Planetum-1, Foresail-1, Spaceflight Sherpa-AC1, XONA Alpha, TROOP-3, GHGSat-C3,-C4,-C5, GHOSt-01,-02, STAR VIBE, KUbeSat, VariSat-1, PTD-3/Tyvak-0125, ICEYE US, Centauri 5, and CPOD A/B. But no Swiss satellites…

Nice View From the Air Force Space & Missile Museum

For this third launch in a week, I don’t have an official accreditation, like the previous one with OFT-2/Starliner, which motivates me to attend the takeoff from a very clear place close to the Air Force Space & Missile Museum. Nothing to do with the KSC visitors center, but the place is ideal to observe launches, although a little bit law, 12 km, we have enough view to capture good pictures (see this one attached). And above all, it is a place close enough to see the return of the 1st stage, which is the case for this launch. I’m on my 7th landing, if I may say so, see the example of one I experienced click here.

« Say, which one is the rocket? »

La carte avec les bases de lancement et d’atterrissage. Où il y a l’étoile, c’est où nous sommes. The map with the launch and landing bases. Where the star is, that’s where we are.

This Wednesday, May 25, 2022, is a clear day, albeit a bit hazy. The temperature is bearable at 95 degrees F (35 degrees C). From the museum, just cross the well-guarded road along the harbor to a grassy plaza overlooking a lagoon on the Banana River.

Three quarters of an hour earlier, I set up my usual equipment. I fix my Canon R3 with a lens (400 m) on the tripod and keep my old Canon 5D Mark III – Lens 28-300 (the new one, I left it in Switzerland), to be able to intervene when the rocket is high in the sky and as a second backup camera. One never knows.

The horizon, very flat, is not so clear to see the rocket clearly. But, even with this veiled sky, we recognize it all the same. It is necessary to say that we are in full afternoon, the sun taps on our heads and… it is not the ideal:

–  » Say, it is which the rocket? The one on the right, or the one on the left? » asks a lady sitting comfortably with her daughter on a blanket. I am standing, busy with my adjustments.

– There is only one, it is on the right, at the back a little further than the concrete tower.

The lady is happy to have finally come to the right place. I notice that I am impressing a lot of people beside me with my paraphernalia. A fan with binoculars (with 50x magnification) approaches me and asks if I can distinguish the rocket in my objection. I show him and he is surprised.

– Oh, this is incredible! What you can see close up…

The Geeks Scrutinize Me With Distrust

With the reflection of the sun on the screen of the box, it is difficult to realize it really. So, I feel proud, and I’m rejuvenated. I like the fact that I come to settle here. Beside me, some really geeky young teenagers scrutinize me with their eyes and are suspicious of my movements. But, after an hour of waiting, the long-awaited moment arrives. In the meantime, I set my smartphone (iPhone 13 Pro Max) to video mode, which I fixed to the ground with a tripod and remote control with my connected watch. Alas, I can no longer listen to the radio, since if I do, I unlock the setting of the mobile which is in video mode.

I take the opportunity to listen to the radio of the geeks who are online on the SpaceX website on their smartphone to follow the last moments of the launch. The launch is postponed of eight minutes, from where the waiting becomes interminable. One minute before, it’s time to attach to the devices. The first flames of the rocket are hardly perceptible, but after a second, Falcon 9 becomes more and more limpid in the distance. Wednesday, 2:35 p.m. (local), 8:35 p.m. (Swiss), Transporter-5 blasts off.

When the stage almost reaches the ground, at a hundred meters, it is so tilted that it looks as if it will crash

It files like a meteor on our heads

We still have to wait about eight minutes for the 1st stage to come down. As I described it previously on this blog during my interventions on the spot – I remind it, it is my 6th landing (click here) -, the 1st stage of Falcon rushes like a controlled meteor. It is even more impressive when two of them fall on our heads (click here).

Underneath, it looks like the launcher is about to fall on our heads. And when the stage almost reaches the ground, at about 100 meters, it is so tilted that it looks like it is going to crash. But this is not the case, because it straightens out only in the last ten meters. 

At least, that’s the impression you get. Around me, the audience is ecstatic about this now commonplace feat:

– « Yeuh… But it is extraordinary, » blissful a woman conquered by admiration

Once the floor on the ground, we packed our business. I regain my car on the park of next door and return to the hotel, filled of the day. It does not remain anymore but to follow the return of the capsule Starliner on TV, lived on Cape Canaveral, but that, it is another history.

Pupilles/papilles dans l’espace et dans le Jura

[Courrendlin, Switzerland, March 26, 2021, rke. English below]  – Savez-vous quelle différence il y a entre un mille-feuille et un feuilleton ? Aucune, car entre chaque tranche il y a de la saveur. Je vous parle de ce sujet parce que les astronautes ont eux aussi droit à du dessert dans l’espace et parce que dans le Jura, à Delémont plus précisément, s’est déroulé le Salon interjurassien de la formation.

Chloé Schweingruber me présente son oeuvre pâtisserie. – Photo © : Jean-Michel Probst.

Du 23 au 27 mars 2022, le public a pu découvrir 200 métiers et formations répartis sur près de 70 stands. Lors de cette rencontre de la jeunesse, qui a connu un vif succès, les meilleurs apprentis micromécanicien·ne CFC et dessinateur·trice en construction microtechnique CFC de toute la Suisse se sont affrontés lors de championnats individuels. Mais pas seulement.
Les 6 meilleurs de chaque métier ont obtenu leur précieux billet pour les SwissSkills.

La fusée de Chloé Schweingruber
Pour la première fois, le métier de bouche s’est tenu à la halle des expositions à Delémont, plutôt qu’à l’École professionnelle artisanale, rue de la jeunesse à Delémont. La Neuchâteloise Chloé Schweingruber de Lignières qui travaille à la boulangerie Donzé, à Tramelan, a remporté le 2e prix des boulangers-pâtissiers, derrière Maxine Bendit de Courchavon de la boulangerie Bernhard de Fontenais.

Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf

Des hublots en gélatine
« L’idée de cette fusée m’est venue suite à un travail professionnel d’approfondissement, un dossier à fournir pour l’école, dont le thème était la nourriture spatiale. J’avais alors imaginé une fusée dans un parc qu’on pouvait déplacer vers plusieurs planètes et qu’on pouvait manger à l’intérieur. Un restaurant gastronomique dans la fusée. Du coup, j’ai eu l’idée de reprendre ce sujet et de l’adapter pour le salon jurassien », explique Chloé.
Le corps de l’engin spatial est en nougatine et la décoration en glaçure royale, du sucre de glace avec du blanc d’œuf. Et la consistance des planètes ? : « à l’intérieur, de la framboise et d’un biscuit normal. Comme garniture, il y a aussi les petits biscuits en forme d’astronaute.
Le hublot de la fusée, c’est de la feuille de gélatine qu’on peut acheter. » Et les aliens ? « Ils sont en massepain ! ».
Chloé s’est spécialisée dans la cuisine-boulangerie. Elle aimerait plus tard lancer sa propre entreprise dans le domaine du « service traiteur ».  

Feuilleton spatial sur RFJ/RJB/RTN
5 épisodes, du 21 au 25 mars

Dans mon bureau. Photo © : jean-Michel Probst

Autres articles

Steve Swanson harvests a_crop of red romaine lettuce plants. – Photo : NASA

Taste buds in space and in the Swiss Jura

In Delemont, canton of Jura (Switzerland), bakery students make decorations for pastries. – Photo : rke

Do you know what the difference is between a mille-feuille (a famous Swiss pastry) and an order form? None, because between each slice there is flavor. I’m talking about this topic because astronauts are also entitled to dessert in space and because in the Jura, in Delémont to be precise, the « Salon interjurassien de la formation » took place.

From March 23 to 27, 2022, the public was able to discover 200 professions and training courses spread over nearly 70 stands. During this youth event, which was a great success, the best CFC micromechanics and CFC microtechnology construction draftsmen apprentices from all over Switzerland competed in individual championships. But not only that.
The 6 best in each profession obtained their precious ticket for the SwissSkills.

The rocket of Chloé Schweingruber
For the first time, the food trade was held at the exhibition hall in Delémont, rather than at the Vocational School for Crafts, rue de la jeunesse in Delémont. Chloé Schweingruber from Lignières, Neuchâtel, who works at the Donzé bakery in Tramelan, won the 2nd prize for bakers, behind Maxine Bendit from Courchavon of the Bernhard bakery in Fontenais.

Portholes made of gelatin
« The idea of this rocket came to me after a professional work of deepening, a file to be provided for the school, whose topic was the space food. I imagined a rocket in a park that could be moved to several planets and eaten inside. A gourmet restaurant in the rocket. So I had the idea of taking this subject and adapting it for the Jura exhibition, » explains Chloé.
The body of the spacecraft is made of nougatine and the decoration of royal glaze, powdered sugar with egg white. And the consistency of the planets: « inside, raspberry and a normal cookie. As a filling, there are also small cookies in the shape of an astronaut.
The window of the rocket is gelatin sheet that you can buy. » And the aliens? « They’re made of marzipan! ».
Chloe specializes in cooking and baking. She would later like to start her own business in the « catering » field. 

Will Elon Musk be able to inspire himself from Chloe to launch his Starship rocket? – Photo : rke
Photo © SpaceX

Bons baisers du cosmos

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke. English below]
L’espace, il l’aime Matthias Maurer. L’astronaute allemand de l’Agence spatiale européenne (ESA) est prêt pour sa première mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il s’est présenté à la presse ce jeudi 9 septembre 2021 à Cologne (D) au Centre européen des astronautes, European Astronaut Centre (EAC), du DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt). Exigences sanitaires obligent, j’ai dû le suivre en ligne. Évidemment.

En conférence de presse à Cologne, Matthias Maurer avec, en haut, sur l’écran le nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher. – Photo : ESA / DLR

Âgé de 51 ans, le Sarrois, originaire de Saint-Wendel (Land, Sarre, entre Metz et Luxembourg), ira pour la première fois dans l’espace lors de la mission « Cosmis Kiss ». Celle-ci devrait être lancée avec la capsule Dragon Crew-3 (3e équipage) de SpaceX depuis le pas de tir 39A du Kennedy Space Center (Floride). Spécialiste des matériaux titulaire d’un doctorat, l’Allemand est paré au décollage dont le lancement est prévu le 31 octobre 2021 au plus tôt. Il volera avec les astronautes de la NASA Raja Chari, Thomas H. Marshburn et Kayla Barron.

100 expériences dans l’ISS
Matthias Maurer fait partie du corps des astronautes de l’ESA depuis juillet 2015. Il est aguerri, car il a été formé au Centre des astronautes de l’ESA à Cologne, au Johnson Space Center de la NASA à Houston, dans le cockpit du Crew Dragon de SpaceX en Californie, ainsi qu’avec les autres partenaires de l’ISS en Russie, au Japon et au Canada. « Je suis fasciné par la technologie, la science et la coopération au sein d’équipes internationales, et c’est exactement ce que sera mon travail pendant les six mois passés dans l’espace. Je participerai à plus de 100 expériences et j’espère que les résultats obtenus contribueront à des progrès pour notre vie quotidienne dans l’espace, mais aussi ici sur Terre », a-t-il déclaré lors de la conférence.

Vue de la conférence de presse. – Photo : Bernhard L. von Weyhe / ESA

Sa force mentale
Une mission spatiale n’est pas facile, c’est évident, mais l’Allemand est confiant « Une grande partie de ma force mentale vient de l’excitation de ce qui m’attend maintenant. Pour moi, le rêve de toute une vie va bientôt se réaliser – avec une équipe fantastique sur laquelle je peux compter aveuglément à tout moment. » Beaucoup de choses seront uniques, dit-il : « Cela commence par le voyage fougueux à bord d’une fusée qui m’accélère à plus de 28’000 kilomètres par heure en moins de dix minutes. J’arriverai à la station spatiale et effectuerai ma première orbite dans l’espace en seulement 90 minutes, où je pourrai m’imprégner de la beauté de la Terre depuis notre fenêtre dans l’espace, la Coupole. Une activité extravéhiculaire aura lieu, nous l’espérons, et sera également un moment fort. »

Cosmic Kiss
Cosmic = espace
Kiss = bisou
K(iss) = ISS
pour International Space Station

36 expériences proviennent d’Allemagne
L’Agence spatiale allemande (DLR), basée à Bonn, est chargée de sélectionner et de coordonner les expériences et les contributions des universités et collèges allemands ainsi que de l’industrie. Les scientifiques du DLR mènent également leurs propres expériences. Le centre de contrôle Columbus de l’ESA, basé au centre d’opérations spatiales allemand du DLR à Oberpfaffenhofen, est responsable de la planification et de la réalisation des expériences qui se déroulent dans le module européen Columbus sur l’ISS. De là, les données des expériences sont envoyées aux centres nationaux de contrôle des utilisateurs et, de là, aux scientifiques et aux partenaires industriels participants. 36 expériences de la mission Cosmic Kiss proviennent d’Allemagne. Ils comprennent la recherche fondamentale ainsi que des tests scientifiques et technologiques orientés vers les applications dans les domaines des sciences de la vie et des matériaux, de la physique, de la biologie, de la médecine, de l’intelligence artificielle ou de l’observation de la Terre. En outre, un vaste programme pour les jeunes scientifiques est à l’ordre du jour de Matthias Maurer.

« Cosmic Kiss », le plein d’amour pour l’espace
La mission de Matthias Maurer s’appelle « Cosmic Kiss ». Le nom de la mission est une sorte de déclaration d’amour pour l’espace, pour la station spatiale en tant que lien entre l’humanité et le cosmos, et pour ce que les gens y font et y feront à l’avenir. En même temps, il représente la valeur de l’exploration de l’espace en partenariat et la nécessité de traiter notre planète avec respect et durabilité. Au centre du logo de la mission figure donc également l’ISS, qui est reliée à la Terre et à la Lune par un battement de cœur humain. Le battement de cœur est censé symboliser la passion et la curiosité qui poussent les gens à explorer l’espace, ainsi que les expériences scientifiques que la station spatiale rend possibles. Pour le logo, Matthias Maurer s’est inspiré du disque céleste Nebra (la plus ancienne représentation connue du ciel nocturne) et des supports de données des sondes spatiales Pioneer et Voyager (avec les connaissances recueillies sur l’humanité). Ils représentent la fascination de l’humanité pour l’espace et le désir d’en savoir plus sur l’origine de la vie, l’univers et la place que nous y occupons. L’emblème comprend également divers éléments cosmiques tels que la Terre, la Lune, l’astérisme des Pléiades et Mars.

La Luna de l’ESA
Matthias Maurer est l’un des sept astronautes actifs de l’Agence spatiale européenne (ESA). La Lune et Mars ont une signification particulière pour lui. Avant le début de son entraînement à la mission en avril 2020, il était chef de projet pour le développement de la future installation de simulation lunaire Luna de l’ESA, un projet conjoint de l’ESA et du DLR, à Cologne. Il a également participé à plusieurs exercices géologiques de terrain liés à la future exploration lunaire. En 2016, il a fait partie de l’équipage de la mission analogue NEEMO 21 de la NASA, pour laquelle il a passé un total de 16 jours sous l’eau à tester des stratégies et des outils d’exploration pour les futures missions sur Mars.

« Cosmic Kiss »

Les quatre astronautes de la mission Dragon Crew-3. – Photo : NASA / ESA

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke]
Space, he loves it Matthias Maurer. The German astronaut of the European Space Agency (ESA) is ready for his first mission on board the International Space Station (ISS). He presented himself to the press on Thursday, September 9, 2021, in Cologne (D) at the European Astronaut Centre (EAC) of the German Aerospace Center (DLR). Because corona mode, I had to follow it online. Of course, I did.

The 51-year-old from Saint-Wendel (Saarland, between Metz and Luxembourg) will go into space for the first time on the « Cosmis Kiss » mission. The mission is scheduled to be launched with SpaceX’s Dragon Crew-3 capsule (3rd crew) from launch pad 39A at the Kennedy Space Center (Florida). A materials scientist with a doctorate, the German is ready for takeoff, with launch scheduled for October 31, 2021 at the earliest. He will fly with NASA astronauts Raja Chari, Thomas H. Marshburn and Kayla Barron.

Matthias Maurer. – Photo : ESA /NASA

100 Experiments on the ISS
Matthias Maurer has been a member of the ESA astronaut corps since July 2015. He is seasoned, having trained at the ESA Astronaut Center in Cologne, NASA’s Johnson Space Center in Houston, in the cockpit of SpaceX’s Crew Dragon in California, as well as with the other ISS partners in Russia, Japan and Canada. « I’m fascinated by technology, science and working with international teams, and that’s exactly what my job will be during my six months in space. I will be involved in more than 100 experiments and hope that the results will contribute to advances for our daily lives in space, but also here on Earth, » he said at the conference.

Matthias in training. – Photo : ESA

His Mental Strength
A space mission is not easy, that’s obvious, but the German is confident: « A big part of my mental strength comes from the excitement of what is ahead of me now. For me, the dream of a lifetime is about to come true – with a fantastic team that I can count on blindly at all times. » Many things will be unique, he says: « It starts with the fiery journey aboard a rocket that accelerates me to over 28,000 kilometers per hour in less than ten minutes. I’ll arrive at the space station and complete my first orbit in space in just 90 minutes, where I’ll be able to soak up the beauty of Earth from our window in space, the Cupola. An extravehicular activity will hopefully take place and will also be a highlight. »

36 Experiments Come from Germany
The German Space Agency (DLR), based in Bonn, is responsible for selecting and coordinating experiments and contributions from German universities and colleges as well as industry. DLR scientists also conduct their own experiments. ESA’s Columbus Control Center, based at DLR’s German Space Operations Center in Oberpfaffenhofen, is responsible for the planning and execution of experiments that take place in the European Columbus module on the ISS. From there, the experiment data are sent to the national user control centers and from there to the participating scientists and industrial partners. Thirty-six experiments of the Cosmic Kiss mission come from Germany. They include basic research as well as application-oriented scientific and technological tests in the fields of life and material sciences, physics, biology, medicine, artificial intelligence or Earth observation. In addition, an extensive program for young scientists is on Matthias Maurer’s agenda.

« Cosmic Kiss », the Love of Space
Matthias Maurer’s mission is called « Cosmic Kiss ». The name of the mission is a kind of declaration of love for space, for the space station as a link between mankind and the cosmos, and for what people do and will do there in the future. At the same time, it represents the value of exploring space in partnership and the need to treat our planet with respect and sustainability. At the center of the mission logo, therefore, is also the ISS, which is connected to the Earth and the Moon by a human heartbeat. The heartbeat is meant to symbolize the passion and curiosity that drives people to explore space, as well as the scientific experiments that the space station makes possible. For the logo, Matthias Maurer was inspired by the Nebra celestial disk (the oldest known representation of the night sky) and the data carriers of the Pioneer and Voyager space probes (with the knowledge gathered about humanity). They represent humanity’s fascination with space and the desire to learn more about the origin of life, the universe and our place in it. The emblem also includes various cosmic elements such as the Earth, the Moon, the Pleiades asterism and Mars.

The ESA Luna
Matthias Maurer is one of the seven active astronauts of the European Space Agency (ESA). The Moon and Mars have a special meaning for him. Prior to the start of his mission training in April 2020, he was project manager for the development of the future ESA lunar simulation facility Luna, a joint project of ESA and DLR, in Cologne. He also participated in several geological field exercises related to future lunar exploration. In 2016, he was part of the crew of NASA’s NEEMO 21 analog mission, for which he spent a total of 16 days underwater testing exploration strategies and tools for future Mars missions.

† Hommage à Michel Girardin, mon guide spatial

[Courrendlin, November 29, 2020, rke, English below]
Triste nouvelle. Michel Girardin de Courfaivre (JU) s’en est allé le 24 novembre 2020. Poète, musicien, homme de théâtre, philosophe et surtout remarquable pédagogue, ce professeur a particulièrement marqué ma jeunesse en éveillant ma passion pour la conquête spatiale.

Michel Girardin (1940-2020) – Photo : rke

Lorsque j’étais adolescent, entre 13 et 16 ans (1969-1972), j’ai eu en effet la chance de pouvoir continuer ma scolarité dans une Classe d’application 5 de Delémont. Nous étions alors 11 élèves, tous des garçons à suivre en enseignement particulier, révolutionnaire à l’époque, de pédagogie institutionnelle. Le concept de formation basé sur les mathématiques modernes et la liberté d’entreprendre des activités en classe, a éveillé ma passion pour l’astronautique.

En pleine conquête lunaire, nous avions à construire une maquette de la fusée Saturn V du programme Apollo, laquelle est d’ailleurs toujours disponible sur le site de Revell. Un moment symbolique, mais aussi constructif qui m’a permis de rêver qu’un jour je verrai l’une de ces fusées décoller. Mon voeu a été exaucé 9 ans plus tard lorsque j’ai pu assister sur site au premier lancement de la navette spatiale américaine Columbia, le 12 avril 1981. Un tremplin qui m’a permis d’assister à 33 lancements accrédités sur site, jusqu’au dernier décollage de « Solar Orbiter » le 10 février 2020, juste avant la fermeture des frontières due à la pandémie du coronavirus.

Mais à l’heure où la conquête lunaire repart avec le programme Artemis de la NASA, je pourrai alors assouvir mon désir de voir décoller la fusée la plus puissante du monde (SLS, lancement prévu fin 2021 si tout va bien) à l’instar de la fameuse Saturne V. Ou encore le très attendu lanceur Starship de SpaceX (120 m de haut).

Là, sur un pas de tir de fusée, j’aurai alors une pensée pour Michel Girardin qui restera mon guide spatial in aeternam.

Revue de presse
_________________________________________________________________

Hommages du Quotidien Jurassien du 29 novembre 2020

_________________________________________________________________

Article paru dans l’Educateur

_________________________________________________________________

Article paru dans Swiss Engineering RTS 9/2018
que j’ai rédigé sur lui

__________________________________________________________________

Tribute to Michel Girardin,
my space guide

Sad news. Michel Girardin left on November 24, 2020.
Poet, musician, man of theater, philosopher and above all a remarkable pedagogue, this professor particularly marked my youth by awakening my passion for the space conquest.

When I was a teenager, between the ages of 13 and 16 (1969-1972), I was indeed fortunate enough to be able to continue my schooling in an Application Class 5 in Delémont (north of Switzerland). We were then 11 students, all boys, to follow a special teaching, revolutionary at the time, of institutional pedagogy. The concept of training based on modern mathematics and the freedom to undertake activities in the classroom, awakened my passion for astronautics.

The Apollo Saturn V Revell

In the midst of the lunar conquest, we had to build a model of the Saturn V rocket of the Apollo program, which is still available on the Revell site. A symbolic, but also constructive moment that allowed me to dream that one day I would see one of these rockets take off. My wish was fulfilled 9 years later when I was able to witness on site the first launch of the American space shuttle Columbia on April 12, 1981. A springboard that allowed me to attend 33 accredited launches on site, until the last launch of « Solar Orbiter » on February 10, 2020, just before the closing of the borders due to the coronavirus pandemic.

RIP. Michel Girardin (1940-2020)

But at a time when the lunar conquest is taking off again with NASA’s Artemis program, I will then be able to satisfy my desire to see the most powerful rocket in the world (SLS, launch planned for the end of 2021 if all goes well) take off, following the example of the famous Saturn V. Or the much-awaited SpaceX’s Starship launcher (393 feet high).

There, on a rocket launch pad, I will have a thought for Michel Girardin who will remain my space guide in aeternam.

Boca Chica : boum ! Dragon-ISS : succès !

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
Le succès total du lancement de Crew Dragon samedi 30 mai 20020, puis son accostage à la Station spatiale internationale (ISS) complètement éclipsé l’échec d’un prototype de Starship qui a explosé lors d’un test d’allumage à Boca Chica (Texas), le jour du décollage de Dragon. Mais SpaceX ne s’en décourage pas tout autant. L’entreprise d’Elon Musk n’en oublie pas les objectifs qu’elle s’est fixée dans le domaine des voyages spatiaux privés. Pour réaliser ses projets ambitieux d’envoyer jusqu’à 100 passagers sur la Lune et sur Mars, l’entreprise privée a beaucoup recours aux prototypes, comme elle l’avait avec ses lanceurs Falcon. Et aujourd’hui, ça vole même avec des astronautes. Qui l’aurait cru ?
Image du haut : Massive explosion of a SpaceX Starship Prototype (SN4) at Boca Chica Texas, USA Youtube

Belle image où l’on devine l’un des 16 petits moteurs Super Draco de Dragon à l’allumage (en bas à gauche). lors de l’arrivée à la Station spatiale internationale (ISS).
L’amarrage a eu lieu à 10h16 EDT (1416 GMT), 16h16 suisse alors que la station spatiale survolait la frontière entre la Chine et la Mongolie sur une distance de 262 miles (421 km).
Photo : NASA TV

« Nous ne comprenons pas vraiment l’hystérie déclenchée par le lancement réussi de la capsule Crew Dragon », a déclaré sur Twitter, le porte-parole de Roscosmos Vladimir Oustimenko, lorsque Crew Dragon Demo-2 a été lancé ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Il répondait à Elon Musk Elon Musk, le fondateur de SpaceX, qui a chambré le chef de l’agence spatiale russe Dmitri Rogozin, qui avait affirmé en 2014 que les astronautes américains pourraient bien avoir besoin d’un « trampoline » pour rejoindre l’ISS. « Le trampoline fonctionne », a plaisanté alors Elon Musk lors d’une conférence de presse au côté de l’administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, après le décollage réussi de la fusée Crew Falcon 9. « C’est une blague entre nous », a ajouté l’entrepreneur de 48 ans alors que les deux hommes s’étaient mis à rire… jaune.

Selon notre confrère média LCI, le lancement réussi de la fusée de SpaceX peut être considéré comme un coup dur pour la Russie qui était jusqu’alors le seul pays à pouvoir envoyer des hommes sur l’ISS depuis le 8 juillet 2011 et l’arrêt du programme de navettes spatiales américaines. Au prix toujours plus élevé de 80 millions de dollars, la place par astronaute, l’agence spatiale russe a profité de cette manne pour peaufiner ses budgets spatiaux humains, bien consciente que le lancement habité de Space est une prouesse technologique des temps modernes.

La NASA, principal client et pourvoyeur 

Le magazine américain Forbes analyse le marché avec circonspection. Au cours du programme Apollo, envoyer Neil Armstrong sur la Lune n’était pas seulement une question de technologie ou de science, il en allait également du triomphe du capitalisme sur le communisme. À l’époque, l’émergence de compagnies spatiales russes, qui construisaient des fusées solides pour des prix raisonnables, a permis de redynamiser le marché. Pendant ce temps, les États-Unis assistent à l’ascension de plusieurs entrepreneurs du secteur spatial, qui ambitionnent de fabriquer des fusées. C’est dans ce contexte qu’Elon Musk fonde SpaceX en 2003. Il est pour cela aidé de l’argent provenant de la vente de Zip2, sa première société, qui lui a rapporté 307 millions de dollars, et de PayPal pour 1,5 milliard de dollars. Le secteur spatial a franchi une autre étape importante en 2004, lorsque SpaceShipOne, un vaisseau spatial créé par l’ingénieur aérospatial Burt Rutan et sa société Scaled Composites, entreprenant avec succès deux vols suborbitaux. SpaceX saute immédiatement sur l’occasion et remporte en 2006 un contrat avec la NASA, qui lui permet d’obtenir 278 millions de dollars pour développer son lanceur Falcon 9 (depuis lancé avec succès en 2010).

L’espace abordable

En 2008, l’entreprise d’Elon Musk signe par ailleurs un contrat distinct de 1,6 milliard de dollars avec la NASA afin d’envoyer des cargaisons à l’ISS, une mission amorcée en 2012 quand la capsule Dragon devient le premier vaisseau spatial privé à s’amarrer à la station spatiale internationale. Par la suite, SpaceX offre de nouveaux services de lancement à d’autres clients commerciaux, comme des entreprises de télécommunications. Les prix sont considérablement plus bas que ceux de ses concurrents, y compris les entreprises russes. Grâce à SpaceX et Nanoracks, l’espace devient plus abordable, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités commerciales. En 2014, la NASA attribue ainsi de nouveaux contrats pour des vols spatiaux avec équipage à deux entreprises : Boeing et SpaceX. Ensemble, ces deux contrats représentent une valeur d’environ 6,8 milliards de dollars. Toutefois, cela ne veut pas dire que la NASA n’intervient pas dans le développement des véhicules spatiaux de l’une ou l’autre société, mais cette collaboration permet d’associer le meilleur de l’expertise gouvernementale avec celle du secteur privé.

Patrick Baudry : « Une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente »

« C’est une ère nouvelle qui commence », s’est enthousiasmé sur la chaîne France Info l’astronaute français Patrick Baudry. On pourra enfin approcher, voire atteindre nos rêves. C’est une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente. La messe est dite, et maintenant nous allons continuer à avancer, et c’est ce dont je rêve depuis 30 ans. » 

La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral.  – Photo : NASA

Patrick Baudry a insisté sur la « grave erreur de l’Europe » de ne pas avoir misé sur les vols habités. « Cela fait 15 ans que je le répète. Cette Europe n’est pas l’Europe dont je rêvais il y a vingt ou trente ans. On a travaillé sur Hermès, qui était un véhicule spatial habité, entre 1986 et 1992. On aurait dû faire ce véhicule spatial habité européen. Tout s’est arrêté, car on a eu affaire à des politiques qui n’ont aucune vision. Où est la vision d’avenir aujourd’hui, quand on parle de l’espace européen ? Je dois avouer, à ma grande honte, que j’ai un peu perdu espoir en l’Europe. C’est bien triste », a conclu l’astronaute français.

Bruno Stanek : « SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe »

Mais l’analyse la plus pertinente est celle du Dr Bruno Stanek, ex-présentateur de la chaîne TV Suisse alémanique SRF, qui avait vu en SpaceX un pionnier, comme il s’était expliqué sur monde blog : « SpaceX a réussi à atteindre le sommet de tous les développeurs de fusées en moins d’une décennie, tandis que les anciens dirigeants, malgré tout le soutien du gouvernement, semblent n’avoir fait aucun progrès technologique au cours de la même décennie. SpaceX a démontré sa capacité à franchir les premières étapes coûteuses et a offert la perspective de lancer des fusées à coût abordable sur une base régulière. Leur technologie, qui démontre qu’un moteur de Methane-LOX sous-congelé peut atteindre l’orbite terrestre en une seule étape, devient possible. Cela rend les percées encore plus faciles : les deuxièmes étages – construits comme des orbiteurs, rendant les carénages de charge utile obsolètes – peuvent être ravitaillés en orbite terrestre et peuvent voler vers la Lune ou vers Mars avec juste plus ou moins de carburant. Choisir du méthane plutôt que du kérosène, c’est produire du CH4 à partir de CO2 et de H2O sur Mars pour le vol de retour. Construire leur propre complexe de lancement à Boca Chica (Sud du Texas) les rend indépendants des installations gouvernementales et militaires – alors que la plupart e ceux-ci lancent des fusées super lourdes. De quoi avez-vous besoin de plus ? Et ils ont d’autres idées exclusives qui ne sont pas faciles à copier. SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe. »

Prévisualiser(ouvre un nouvel onglet)

Boca Chica: BOOM!
Dragon-ISS: SUCCESS!

Visualisation approximative de la taille des installations de construction Starhoppers à Boca Chica. Photo : Teslarati

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
The complete success of Crew Dragon’s launch on Saturday, May 30, 20020, and its subsequent docking with the International Space Station (ISS) completely overshadowed the failure of a prototype Starship that exploded during an ignition test in Boca Chica, Texas, on the day of Dragon’s liftoff. But SpaceX doesn’t get discouraged as much. Elon Musk’s company does not forget the objectives it has set for itself in the field of private space travel. To achieve its ambitious plans to send up to 100 passengers to the Moon and Mars, the private company relies heavily on prototypes, as it did with its Falcon launchers. And today, it even flies with astronauts. Who would have thought?

« We don’t really understand the hysteria triggered by the successful launch of the Crew Dragon capsule, » said Roscosmos spokesman Vladimir Oustimenko on Twitter when Crew Dragon Demo-2 was launched this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 pm (local time), 9:22 pm (Swiss time) from the historic launch pad 39A at Cape Canaveral. He was responding to SpaceX founder Elon Musk, who had been laughed the head of the Russian space agency Dmitri Rogozin, who had said in 2014 that American astronauts may well need a « trampoline » to reach the ISS. « The trampoline works, » Musk joked at a press conference with NASA Administrator Jim Bridenstine after the successful launch of the Crew Falcon 9 rocket, « It’s a joke between us, » the 48-year-old entrepreneur added as the two men laughed… yellow.

Les astronautes dragons Doug Hurley et Bob Behnken ont flotté dans le module Harmony de la station spatiale pour rejoindre le commandant Chris Cassidy et les ingénieurs de vol russes Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner. – Dragon astronauts Doug Hurley and Bob Behnken floated in the Space Station’s Harmony module to join Commander Chris Cassidy and Russian flight engineers Anatoly Ivanishin and Ivan Vagner. – Photo : NASA TV

According to our media colleague LCI, the successful launch of the SpaceX rocket can be seen as a blow to Russia, which until then had been the only country able to send men on the ISS since July 8, 2011 and the end of the U.S. space shuttle program. At the ever-increasing price of 80 million dollars per astronaut, the Russian space agency has taken advantage of this opportunity to fine-tune its human space budgets, well aware that the manned launch of Space is a technological feat of modern times.

NASA, the main customer and provider 

The American magazine Forbes analyzes the market with caution. During the Apollo program, sending Neil Armstrong to the moon was not only a question of technology or science, it was also about the triumph of capitalism over communism. At the time, the emergence of Russian space companies, which built solid rockets at reasonable prices, helped to revitalize the market. Meanwhile, the United States witnessed the rise of several space entrepreneurs with ambitions to build rockets. It is in this context that Elon Musk founded SpaceX in 2003. He was helped by money from the sale of Zip2, his first company, which brought him $307 million, and PayPal for $1.5 billion. Another milestone in the space industry came in 2004, when SpaceShipOne, a spacecraft created by aerospace engineer Burt Rutan and his company Scaled Composites, successfully undertook two suborbital flights. SpaceX immediately jumped at the opportunity and in 2006 won a contract with NASA, which enabled it to obtain $278 million to develop its Falcon 9 launcher (since successfully launched in 2010).

Affordable space

In 2008, Musk’s company also signed a separate $1.6 billion contract with NASA to send cargo to the ISS, a mission that begins in 2012 when the Dragon capsule becomes the first privately owned spacecraft to dock to the international space station. Subsequently, SpaceX offers new launch services to other commercial customers, such as telecommunications companies. Prices are considerably lower than those of its competitors, including Russian companies. Thanks to SpaceX and Nanoracks, space is becoming more affordable, paving the way for new commercial opportunities. In 2014, NASA is awarding new contracts for manned space flights to two companies: Boeing and SpaceX. Together, these two contracts are worth approximately $6.8 billion. However, this does not mean that NASA is not involved in the development of either company’s space vehicles, but this collaboration allows the best of government expertise to be combined with that of the private sector.

Patrick Baudry: « A perfect technical success, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket.

« It’s a new era that is beginning, » French astronaut Patrick Baudry enthused on the France Info channel. We will finally be able to approach, even reach our dreams. It’s a perfect technical achievement, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket. The mass is said, and now we will continue to move forward, and this is what I have been dreaming of for 30 years. » 

Patrick Baudry insisted on Europe’s « serious mistake » for not having opted for manned flights. « I have been saying this for 15 years. This Europe is not the Europe I dreamed of twenty or thirty years ago. We worked on Hermes, which was a manned space vehicle, between 1986 and 1992. We should have made this European manned space vehicle. Everything came to a standstill, because we were dealing with politicians who had no vision. Where is the vision of the future today, when we talk about European space? I must confess, to my great shame, that I have somewhat lost hope in Europe. It is very sad », concluded the French astronaut.

Bruno Stanek : « SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

But the most relevant analysis is that of Dr Bruno Stanek, former presenter of the Swiss German-speaking TV channel SRF, who saw SpaceX as a pioneer, as he explained on his blog
Dr. Bruno Stanek : « SpaceX has succeeded in rising to the top of all rocket developers within less than a decade, while the ancient leaders, despite all government support, seem to have made no technological progress within the same decade. SpaceX has demonstrated the ability to land the expensive first stages and offered the prospect to launch for a fraction of the cost on a regular basis. Their technology of a sub-frozen methane-LOX-engine is progressed to the point, where reaching Earth orbit on a single stage becomes feasible. This makes further breakthroughs much easier: second stages are built like orbiters, make payload fairing’s obsolete, can be refueled in Earth orbit and can fly to either the Moon or Mars with just more or less fuel. Choosing Methane instead of Kerosene let’s them produce CH4 from  CO2 and H2O on Mars for the return flight. Building their own launch complex in Boca Chica (South Texas) makes them independent from government and military facilities – and most limits launching super-heavy rockets. What do you need more? And they have additional proprietary ideas that are not easy to copy. SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

Docking took place at 10:16 a.m. EDT (1416 GMT), 4:16 p.m. Swiss time as the space station crossed the border between China and Mongolia over a distance of 262 miles.