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Artemis s’encorde

[Cape Canaveral, November 13, 2022, rke, English below] – Encordés, des employés de la NASA colmatent avec une bâche le « tuyau à essence » d’hydrogène du réservoir d’Artemis. Problème ?

Derrière-moi, en bas à gauche, en tout, tout petit, les employés de la NASA s’affairent autour du “tuyau d’essence” du réservoir d’Artemis Behind me, bottom left, very, very small, NASA employees are working around the “fuel line” of the Artemis tank.
– Photo taken by : Derek Newsomehttp://www.spacescout.info

Comme à l’accoutumée, nous avons pu nous rendre sur le Pas de tir 39B pour installer nos équipements photo. Inutile que je m’attarde sur ce trip particulier réservé à quelque deux cents photographes afin de capturer le plus près possible, les moments forts du décollage. Inspection de notre matériel par la police du centre spatial, fouille avec un chien, montée dans le bus et cap sur le pas de tir. Sur le chemin d’une dizaine de kilomètres qui mène vers la fusée, nous avons été surpris par le passage d’un étage Falcon 9 récupéré. Impressionnant de voir ce bout de fusée tout noirci. Après cette petite attraction, notre escapade nous a menés sur les 5 points de vue d’Artemis – ce qui est rarissime – dont un tout proche de la fusée, sur le site proprement, puis un autre en face de la fusée sur la route gravillonnée qui la mène au sommet d’une sorte de bosse. Un strapontin qui offre deux sorties de flammes au décollage de l’engin spatial.

Décollage mercredi 16 novembre à 1h04 locale, 7h04 suisse

Pour ma part, j’ai choisi le même endroit que lors de la première tentative de lancement, le 28 août dernier, c’est-à-dire de profil d’Artemis, mais très proche quand même avec un dégagement de palmiers. J’aurais pu aller ailleurs, mais j’ai préféré miser sur l’expérience vécue précédemment. Donc, au même endroit. Inutile de préciser également que j’ai toujours des doutes au sujet de mes réglages d’appareil photo, sachant que le décolla est prévu en pleine nuit, à 1h04 locale, 7h04 suisse, ce mercredi 16 novembre 2022. Je doute que mon boîtier se bloque à la cadence des images et redoute surtout un mauvais tour de la météo, un coup de vent, par exemple.

Le Pas de tir 39B semble être un petit coin de paradis qui écarte les pires conditions météo

Artemis semble en parfait état 

Décidément, le Pas de tir 39B semble être un petit coin de paradis. Un peu bousculée par la tempête Nicole passée dans le coin jeudi dernier 10 novembre 2022, Artemis était entourée de gros cumulus noirs, épargnée par un coin de ciel clair. Comme si ce site évite les pires conditions. Au premier coup d’œil, si proche d’elle, Artemis semble en parfait état. Mais, l’engin est tellement grand, 98 m de haut, qu’on se laisse accaparer par son gigantisme. En me concentrant sur le pied de la fusée, j’ai remarqué une activité du personnel d’entretien qui s’affairait, semble-t-il à poser une bâche sur le dispositif de conduit d’hydrogène, le « tuyau à essence » du véhicule. On pouvait même voir deux employés attachés comme à une corde d’alpinisme, essayant de gravir l’« escabeau » de ce système. Du coup, j’ai eu un doute : y aurait-il eu des casses après la tempête ? Sans m’en faire outre mesure, je fais confiance à la NASA qui, très transparente dans ses envois d’informations, saura nous rassurer. Comme je l’ai dit précédemment et il y a bien longtemps, Artemis partira ce mercredi 16 novembre. Et à l’heure pile, même avec une fenêtre prévue de deux heures. Promis ! D’ailleurs, du côté météo, il y a 90% de chances… de beau.

Artemis Ropes Up

[Cape Canaveral, November 13, 2022, rke,] Roped up, NASA employees plug the hydrogen “fuel line” of the Artemis tank with a tarp. Problem?

As usual, we were able to go to the 39B launch pad to set up our photo equipment. There is no need for me to dwell on this trip reserved for some two hundred photographers in order to capture as close as possible the highlights of the launch. Inspection of our equipment by the space center police, search with a dog, boarding the bus and heading for the launch pad. On the ten-kilometer-long road leading to the rocket, we were surprised by the passage of a recovered Falcon 9 stage. It was impressive to see this blackened piece of rocket. After this small attraction, our escapade led us on the 5 viewpoints of Artemis – which is rare – of which one very close to the rocket, on the site itself, then another in front of the rocket on the graveled road which leads it to the top of a kind of hump. A folding seat which offers two exits of flames to the takeoff of the spacecraft.

Liftoff on Wednesday, November 16 at 1:04 a.m. Local Time

For my part, I chose the same place as during the first launch attempt, last August 28, i.e., in a profile of Artemis, but very close to it with a palm tree clearing. I could have gone somewhere else, but I preferred to rely on the previous experience. So, in the same place. I still have doubts about my camera settings, knowing that the takeoff is scheduled in the middle of the night, at 1:04 a.m. local time, this Wednesday, November 16, 2022. I doubt that my camera will be blocked at the rate of the images, and I am especially afraid of a bad turn of the weather, a gust of wind, for example.

The PAD 39B point seems to be a small corner of paradise that avoids the worst weather conditions

Artemis seems to be in perfect condition

The PAD 39B range seems to be a little corner of paradise. A little shaken by the storm Nicole who passed through the area last Thursday, November 10, 2022, Artemis was surrounded by large black cumulus clouds, spared by a patch of clear sky. As if this site avoids the worst conditions. At first glance, so close to it, Artemis seems in perfect condition. But the machine is so big, 98 m high, that we let ourselves be overwhelmed by its gigantism. Focusing on the foot of the rocket, I noticed some activity of the maintenance staff who were apparently busy putting a tarp over the hydrogen conduit device, the “fuel pump” of the vehicle. Two employees could even be seen attached as if to a mountaineering rope, trying to climb the “stepladder” of this system. This made me wonder if there was any breakage after the storm. Without worrying too much about it, I trust NASA, which is very transparent in its sending of information, to reassure us. As I said before and a long time ago, Artemis will leave this Wednesday, November 16. And right on time, even with a two-hour window. I promise! By the way, as far as the weather is concerned, there is a 90% chance… of good weather.

Entre « Ciel & Espace », la Lune

[Cape Canaveral, August 31, 2022, rke, English below] – En attendant notre retour sur le pas de tir pour réarmer nos objectifs, on piaffe d’impatience pour voir enfin s’envoler Artemis, samedi 3 septembre.

Émilie Martin & Philippe Henarejos.

L’annonce du report du lancement à samedi 3 septembre 2022 à 14h17 locale, 20h 17 suisse, nous a soulagés. D’une part parce qu’on a eu le temps de prendre un sacré coup de repos dont on avait fort besoin, d’autre part parce qu’on a pu se préparer encore mieux pour le lancement. On a aussi reçu de la NASA nos instructions pour aller soit, retirer nos appareils à photos sur le pas de tir pour ceux qui ne peuvent pas rester, soit pour y réaliser les ajustements nécessaires : changement de piles, contrôle de l’optique, stabilisation, etc. Je dois dire que je me réjouis de voir si tout mon équipement a tenu le coup après 6 jours sur place, soleil tapant ou averses en trombe. On doit se rendre sur place ce vendredi matin, un jour avant le lancement. Cela veut dire que je prolonge mon séjour d’une semaine, en raison des vols de retour, soit jusqu’au 9 septembre

Un p’tit tour, pas autour de la tour, mais du VAB

En attendant, on en a profité pour entreprendre une balade en bus depuis le centre des visiteurs du Kennedy Space Center. J’ai profité de cette escapade pour faire un peu le guide du coin. En fait, je n’ai jamais compté, mais cela doit faire une centaine de fois que je me rends sur les lieux. Et là, ma foi, je ne m’en lasse jamais. Il était intéressant de voir, avant un lancement, ce que les visiteurs peuvent voir avec le bus. Il n’y a pas de long trajet comme rarement jusque sur le pas de tir de SpaceX. Le bus contourne le gros bâtiment des véhicules (VAB) et s’arrête un moment pour distinguer très nettement Artemis à travers les vitres. Mais suffisant pour réaliser des photos. Cela vaut quand même le coup de faire le tour qui mène au bâtiment de Saturn 5. Là où est couchée la célèbre fusée lunaire, la vraie.

Une autre est exposée à Houston et la dernière a été modifiée dans les années septante pour lancer le laboratoire Skylab, le 14 mai 1973. En fait, c’est le troisième étage de cette Saturne 5 qui avait été vidé pour y installer un coin d’habitation. De ces trois engins restants (Apollo 18, 19, 20), il fallait bien en utiliser un à bon escient.

Le plein d’énergie sur la Lune

Parmi mes collègues, j’ai la chance de pourvoir partager les moments cruciaux de ce décollage avec Philippe Henarejos, rédacteur en chef et Émilie Martin, éditorialiste de « Ciel & Espace ». Il s’agit d’un magazine bimestriel de l’Association française d’astronomie consacré aux sciences de l’Univers et de son exploration totale, édité par l’Association française d’astronomie. Cette revue va tellement explorer loin qu’elle a décidé de « faire le plein d’énergie sur la Lune », d’où sa présence à la NASA. 

Émilie Martin à l’action pour photographier Atlantis.

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« Ciel & Espace » in a bridge between the Earth and the Universe

[Cape Canaveral, August 31, 2022, rke] – While waiting for our return on the launching pad to reset our camera, we are impatient to see Artemis take off on Saturday, September 3rd.

Regardez, sur l’échelle, sur le réservoir orange. Un employé répare la fusée qui n’as pas décollé. Mais non ! Je plaisante, il s’agit du réservoir de la navette Atlantis qui a subi des dégâts ! Look, on the ladder, on the orange tank. An employee is repairing the rocket that didn’t take off. No, it didn’t! I’m just kidding, it’s the tank from the damaged shuttle Atlantis!

The announcement of the postponement of the launch to Saturday, September 3, 2022, at 2:17 p.m. local time, 8:17 p.m. Swiss time, has relieved us. On the one hand, because we had the time to take a big rest which we needed, on the other hand, because we could prepare ourselves even better for the launch. We also received our instructions from NASA to either take our cameras to the launch pad for those who can’t stay, or to make the necessary adjustments: changing batteries, checking the optics, stabilization, etc. I have to say I’m looking forward to seeing if all my equipment has held up after 6 days on the site, blazing sun or pouring rain. We must get there this Friday morning, one day before the launch. This means that I extend my stay of one week, because of the return flights, until September 9th

A little tour, not around the tower, but around the VAB

In the meantime, we took the opportunity to take a bus ride from the Kennedy Space Center visitor center. I took advantage of this escapade to make a little the guide of the corner. In fact, I never counted, but that must make a hundred times that I go on the places. And there, my goodness, I never get tired of it. It was interesting to see, before a launch, what the visitors can see with the bus. There is no long ride like rarely to the SpaceX launch pad. The bus goes around the big vehicle building (VAB) and stops for a moment to see Artemis very clearly through the windows. But enough to take pictures. It is still worthwhile to take the tour that leads to the Saturn 5 building. Where the famous lunar rocket is lying, the real one.

Another one is exposed in Houston and the last one was modified in the seventies to launch the Skylab laboratory, on May 14, 1973. In fact, it is the third stage of this Saturn 5 that was emptied to install a living area. Of these three remaining spacecrafts (Apollo 18, 19, 20), it was necessary to use one of them well.

Full of Energy on the Moon

Among my colleagues, I have the chance to share the crucial moments of this takeoff with Philippe Henarejos, editor in chief and Émilie Martin, editorialist of “Ciel & Espace“. This is a bimonthly magazine dedicated to the sciences of the universe and its total exploration, published by the French Association of Astronomy. This magazine goes so far to explore that it has decided to “go to the Moon,” hence its presence at NASA.