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Le Nil, d’en haut à bout portant

[Cape Canaveral, June 8, 2022. rke. English below] – Elon Musk envoie le satellite de TV et d’Internet Nilesat 301 qui arrose en permanence la même zone terrestre de diffusion. Celle de l’Afrique australe et des pays du bassin du Nil. Émotions lors du décollage à Cap Canaveral.

Photo du haut : NASA / Visible Earth

Liftoff: June 8, 2022, at 5:04 p.m.

La Patrick Space Force Base, vous connaissez ? C’est le nouveau nom donné en décembre 2019 à cette base de l’US Air Force Space Command (AFSPC), au nord de Cocoa Beach. Autrement dit une base aérienne qui tire dorénavant son nom du domaine spatial de l’United States Space Force. Que de sigles !

Enfin, tout cela pour vous dire que vous pouvez vous y rendre en longeant la route 401 du port Cruise Terminal et à un moment donné, stop ! Premier poste de police, en général assez conciliante, qui vous demande où vous allez. De coutume, cela passe assez facilement. Un peu plus loin, à droite, vous pouvez parquer au musée Sands Space History Center, dont je vous ai parlé dans ma précédente News. L’endroit s’appelle Rocket Launch View Point et vous pouvez y rester, c’est un endroit officiel (voir carte). 

Si l’idée vous vient quand même de continuer la route jusqu’au deuxième poste de contrôle, vous ne passez plus, sauf, dûment accrédité. Et encore… C’est l’entrée de la Space Force. Tiens, ce nom me plaît bien. On ne passe plus là, mais, juste avant cette entrée, il est possible pour tout un chacun, à gauche de la route, de pouvoir assister, comme je l’ai expliqué précédemment, à un lancement, meilleur endroit pour voir partir une fusée du pas de tir SLC-40, propriété de SpaceX. Mais attention, que de ce pas de tir là. Les autres sites PAD 39A (Falcon) et PAD 39B (Artemis) sont plus visibles depuis Titusville.

La TV égyptienne couvre le lacement sur un littoral public

Je me suis donc réinstallé là, au même endroit que lors du lancement de SpaceX Transporter 5, en y plantant mon trépied une heure auparavant, le temps de tout sortir et d’entreprendre les réglages de mes appareils. Première chose qui m’a étonné : la présence de la TV égyptienne, laquelle était à cet endroit précis et non pas, comme de coutume, sur le site un peu plus loin réservé à la presse où l’on s’y rend, escorté. C’est quand même dommage que SpaceX n’ait pas envisagé ou autorisé une accréditation pour ces reporters qui se sont déplacés exprès depuis leur pays voir assister et retransmettre le décollage d’un de leur satellite. J’ose penser qu’il s’agit encore d’un coup de Musk, car j’imagine que cette TV égyptienne n’était pas en règle dans ses attributions d’accréditation. Hélas, je n’ai pas pu interroger les reporters égyptiens, car je m’étais installé trop loin d’eux, au bord de ce mini littoral, pour être sûr de pouvoir surveiller mon matériel.

Un ado venu de New York :

« Dites, les flammes qui sortent de la fusée, ce n’est quand même pas dangereux pour nous ? »

On est loin, mais on est bien

Je commence à m’accoutumer à ces événements et je me fais moins de soucis quant aux ajustements nécessaires pour obtenir de bonnes images, je dis bonnes, étant entendu nettes et claires. Le reste, question cadrage n’est pas important. Si loin, à 15 km à vue d’aigle, le but est de pointer la fusée en mode horizontal pour avoir, lors du décollage un champ large afin mieux capter la sortie des flammes de la fusée. Je me sens fier, car au moins 5 personnes sont venues vers moi pour avoir des renseignements :

  • Elle est où la fusée ? 
  • Là au fond, derrière les arbres au milieu de la lagune. On y voit la pointe…
  • Et le premier étage où il revient ? Ah, pour cette fois, ce ne sera pas sur terre, mais sur une barge en mer, en raison de la trajectoire.
  • Merci, vous êtes citoyen de la Floride ?
  • Non, non, je viens spécialement de Suisse…
  • Oh, la Suisse !

Du coup, deux jeunes ados s’approchent de moi et me demandent :

  • Au départ de la fusée, on doit faire attention à cause des flammes ?
  • Oh, que non, on est trop, trop loin, et même sur place, sur le pas de tir, ce sont des gouttelettes d’eau acidulée qui retombent au décollage.

L’heure du décollage arrive. J’ai l’air d’un pro avec ma casquette vissée sur la tête de travers (pas la tête, mais la casquette) et tout mon matériel. La plupart des personnes agglutinées sur cette sorte de plage sont encore inattentives au moment où Falcon 9 s’arrache du sol. J’ai déjà l’œil fixé sur mes objectifs et ce n’est que lorsque la fusée monte d’une dizaine de mètres que nous la repérons. Cette fois, ça y est, elle part !

Ambiance dans ma vidéo tournée avec mon smartphone :

Décollage : 8 juin 2022 à 17h04

La fusée Falcon 9 décolle à l’heure prévue ce mercredi 8 juin 2022, à 17h04 locale (23h04 suisse) avec à son bord Nilesat 301, un satellite égyptien de 4,1 tonnes. Il fournira des services de diffusion de télévision ultra HD et une connectivité Internet sur l’Égypte et d’autres parties de l’Afrique et du Moyen-Orient. 

Pour une meilleure communication avec les peuples africains
Propriété de l’opérateur égyptien Nilesat, largement contrôlé par le gouvernement de ce pays, ce nouveau satellite à une position d’exploitation sur une orbite géostationnaire circulaire, ou GEO, à plus de 22’000 miles (près de 36’000 kilomètres) au-dessus de l’équateur à 7 degrés de longitude ouest, où il fournira des services de télédiffusion et d’Internet. Les satellites géostationnaires sont généralement de grande taille et offrent une plus grande capacité de communication qu’un seul engin en orbite basse. En orbite géostationnaire, ils suivent le rythme de rotation de la Terre, ce qui permet à une antenne au sol de pointer au même endroit dans le ciel pour assurer une liaison continue avec le satellite.
Le processus de fabrication de Nilesat 301 a duré près de deux ans et demi. Le nouveau satellite sera l’alternative au Nilesat 201, qui expire en 2028, car il possède de nombreux avantages technologiques modernes qui lui permettent de continuer à être compétitif dans la zone de diffusion. Le Nilesat 301 comprend 38 chaînes, contre 26 chaînes pour le Nilesat 201. Le satellite étend sa couverture aux pays de l’Afrique australe et aux pays du bassin du Nil, dans le but de parvenir à une meilleure communication avec les peuples du continent africain.Il peut donc fournir des services Internet à large bande pour couvrir l’Égypte, de nouveaux projets d’infrastructure, des projets de nouvelles communautés urbaines et des champs pétroliers de la Méditerranée orientale, notamment le champ de Zohr.
Nilesat 301 est fabriqué à l’aide d’une technologie avancée qui lui permet d’identifier et de traiter lui-même toute source d’interférence, afin d’assurer une sécurité totale aux chaînes de télévision qui y opèrent.

The Nile, seen from the top at close range

[Cape Canaveral, June 8, 2022. rke] – Elon Musk is sending the Nilesat 301 TV and Internet satellite to continuously scan the same terrestrial broadcasting area. That of southern Africa and the countries of the Nile Basin. Emotions during the takeoff at Cape Canaveral.

Top Main Photo : NASA / Visible Earth

Waiting for take-off.

Do you know the Patrick Space Force Base? This is the new name given in December 2019 to this base of the US Air Force Space Command (AFSPC), north of Cocoa Beach. In other words, an air base that now takes its name from the space domain of the United States Space Force. So many acronyms!

Well, all this to tell you that you can get there by following the 401 road from the port Cruise Terminal and at a certain point, stop! The first police station, usually quite conciliatory, who ask you where you are going. Usually, it is quite easy to pass. A little further, on the right, you can park at the Sands Space History Center Museum, which I mentioned in my previous news. The place is called Rocket Launch Viewpoint and you can stay there, it is an official place (see map). 

If the idea comes to you to continue the road until the second checkpoint, you will not pass anymore, except if you are duly accredited. And again… This is the entrance of the Space Force. I like this name. You don’t pass there anymore, but, just before this entrance, it is possible for everyone, on the left side of the road, to attend, as I explained before, a launch, the best place to see a rocket leaving from the SLC-40 launch pad, property of SpaceX. But be careful, only from this launch pad. The other sites PAD 39A (Falcon) and PAD 39B (Artemis) are more visible from Titusville.

The Egyptian TV Covers the Launch on a Public Shoreline

I set up my tripod there, in the same place as during the SpaceX Transporter 5 launch, an hour before, just enough time to get everything out and start adjusting my cameras. The first thing that surprised me was the presence of the Egyptian TV, which was there and not, as usual, on the site a little further away reserved for the press, where one goes, escorted. It is a pity that SpaceX did not consider or authorize accreditation for these reporters who came on purpose from their country to see and broadcast the launch of one of their satellites. I dare to think that it is still a Musk’s trick, because I imagine that this Egyptian TV was not in order in its accreditation attributions. Alas, I was unable to interview the Egyptian reporters, as I had set myself up too far away from them, on the edge of this mini coastline, to be sure I could monitor my equipment.

A teenager from New York:

 » Hey, the flames coming out of the rocket, isn’t it still dangerous for us? »

We are far, but we are well

I’m getting used to these events and I’m less worried about the adjustments needed to get good images, I say well, being understood sharp and clear. The rest, in terms of framing, is not important. So far away, at 15 km from the eagle’s eye view, the goal is to point the rocket in horizontal mode to have at the time of the takeoff, a wide field to better capture the exit of the rocket’s flames. I feel proud, because at least 5 people came to me to have information:

  • Where is the rocket? 
  • There in the background, behind the trees in the middle of the lagoon. You can see the tip…
  • And the second floor where it returns? Ah, for this time, it will not be on land, but on a barge at sea, because of the trajectory.
  • Thank you, are you a citizen of Florida?
  • No, no, I’m from Switzerland especially…
  • Oh, Switzerland!

    So, two young teenagers come up to me and ask:
  • When the rocket leaves, should we be careful because of the flames?
  • Oh, no, we are too, too far away, and even on the launch pad, it is droplets of acidulous water which fall at the takeoff.

The hour of the takeoff arrives. I look like a pro with my cap screwed on the head (not the head, but the cap) and all my equipment. Most of the people on this sort of beach are still inattentive as Falcon 9 lifts off. I already have my eye on my lenses, and it is only when the rocket rises about ten meters that we spot it. This time, it is there, it leaves!

Atmosphere in my video shot with my smartphone: see above

Liftoff: June 8, 2022, at 5:04 p.m.

The Falcon 9 rocket lifts off on time this Wednesday, June 8, 2022, at 5:04 p.m. local time with Nilesat 301, an Egyptian satellite of 4.1 tons. It will provide ultra-HD television broadcasting services and Internet connectivity over Egypt and other parts of Africa and the Middle East.

For a Better Communication With the African People
Owned by the Egyptian operator Nilesat, largely controlled by Egypt’s government, the new satellite is destined for an operating position in a circular geostationary orbit, or GEO, more than 22’000 miles over the equator at 7 degrees west longitude, where it will provide TV broadcast and internet services. Geostationary satellites are typically large and carry more communications capacity than a single LEO telecom spacecraft. In geostationary orbit, they orbit in lockstep with Earth’s rotation, allowing an antenna on the ground to point at the same place in the sky for a continuous link with the satellite. The manufacturing process of Nilesat 301 took nearly two and a half years. And the new satellite will be the alternative to the “Nilesat 201,” which expires in 2028, as it has many modern technological advantages that enable it to continue competing in the broadcasting area.
The Nilesat 301 includes 38 channels, compared to 26 channels in “Nilesat 201.” The satellite expands its coverage to include the countries of southern Africa and the Nile Basin countries, with the aim of achieving greater communication with the peoples of the African continent.
The new satellite can provide broadband internet services to cover Egypt, new infrastructure projects, new urban community projects, and oil fields in the eastern Mediterranean, especially the Zohr Field. Nilesat 301 is manufactured using advanced technology that enables it to identify and treat any source of interference on its own, to provide complete security for the television channels operating on it.

Florida Today, June 9, 2022.

Shooting intime avec Artemis

[Cape Canaveral, June 7, 2022. rke. English below] – Rendez-vous exclusif. Triés sur le volet, une vingtaine de photographes seulement avons eu la chance d’assister à un lever de soleil aux pieds d’Artemis.

Parvenue sur son pas de tir PAD 39B, mardi 7 juin 2022 à 8h20 (locale), 14h20 (suisse), la fusée lunaire Artemis – qui a mis près de 8h à parcourir 4,2 miles (6,75 km) – va pouvoir entamer une deuxième répétition générale. Il s’agit de contrôler le remplissage des réservoirs d’hydrogène et d’oxygène liquide et de s’assurer qu’il n’y ait pas de fuites dans les tuyaux, de valves qui se bouchent ou autres soucis. Ce que les ingénieurs appellent Wet Dress Rehearsal (WDR) Test.

Un test stop-and-go !

Pendant cette phase générale, lorsque les ingénieurs atteignent un point juste avant l’allumage des moteurs RS-25 de la fusée, le jour du lancement, ils reviennent au temps T-10 minutes, puis reprennent le compte à rebours après une pause. L’équipe arrête ensuite délibérément le compte à rebours environ 10 secondes avant le décollage simulé pour démontrer l’arrêt d’un lancement et la vidange des propergols de l’engin. Parfois appelés « scrub », les contrôleurs peuvent ainsi décider de ne pas procéder au décollage si un problème technique ou météorologique survient pendant ou avant le compte à rebours. La démonstration de la capacité à retirer ces propergols permettra aux équipes de se préparer à divers scénarios du vrai décollage. Une phase importante qui mérite d’être simulée et c’est pour cette raison que les préparatifs prennent autant de temps.

Du rodage comme une nouvelle auto

À chaque occasion du réglage, ou plutôt du rodage, c’est un peu comme une voiture neuve, la NASA doit fignoler ces ajustements qui ne sont jamais réussis du premier coup, comme lors des premiers tests de remplissage de la navette spatiale Columbia qui s’était envolée, après 5 tentatives de mise au point, le 12 avril 1981, avec à son bord John Young et Bob Crippen.

À l’époque, où j’ai eu l’occasion d’assister au décollage, une poignée de photographes était alors désignée pour assister à ce qui est appelé le « sunrise photo opportunity », autrement dit une séance photo au lever de soleil sur le pas de tir. Or, encore fallait-il non seulement être accrédité par la NASA et par la mission, en l’occurrence, la sortie d’Artemis I de son hangar. Sans compter que, en tant qu’étranger, il faut avoir un VISA de travail de type I, agréé par le consulat de l’Ambassade US en Suisse. Un sacré parcours du combattant pour assister, non seulement à la sortie d’Artemis de son habger (VAB), mais l’arrivée sur son pas de tir.

Coup de chance pour ceux accrédités à la bonne mission

C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de ces accréditations et surtout de celles-ci, pour Artemis, car elles n’étaient pas garanties à tout reporter américain. Mais comme j’ai eu le fin nez de m’inscrire à un autre lancement, NASA SpaceX CRS-25, sorte de camion de transport (j’en reparlerai plus tard), la NASA a considéré que les autorisations pour assister à la sortie d’Artemis et de son arrivée sur le pas de tir, seraient incluses dans cet autre lancement. Du coup, je me suis retrouvé dans le contingent américain, où nous étions seulement une vingtaine de reporters à assister à ce lever de soleil de fusée.

En ce mardi 7 juin 2022, me voilà donc convoqué à me présenter sur le parking des PIDs (inscriptions à la mission) afin de me faire escorter jusqu’au site de presse (en face du VAB). Comme je suis le seul étranger, j’ai toujours le badge No1. À 5h du matin, une jeune employée du Kennedy Space Center me prend en charge jusqu’au car où nous embarquons, une fois n’est pas coutume, sans être contrôlé par la police avec des chiens renifleurs. Quel bonheur !

Face à Artemis, nous ne sommes pas autant émerveillés que devant une belle fille. Néanmoins, nous avons rarement été aussi longtemps admiratifs de la stature d’un tel véhicule. Cela crée quand même une relation intime

1h27 de shooting

Le bus longe la route en parallèle à celle utilisée par le crawler (tracteur à chenilles qui porte Artemis), puis bifurque à gauche et de nouveau à droite, puis tout droit jusqu’au pied de la fusée. Un chemin qui n’est pas habituel, mais que j’ai eu l’occasion de prendre plusieurs fois lors de la visite de la tour de lancement où nous sommes montés jusqu’au sommet, puis lors de la visite des tranchées de flammes et d’autres aventures.

Là, nous devons déposer notre matériel bien en face de la fusée, respectueusement alignés et obéissant comme il se doit. Il fait encore nuit à 5h31 du matin, mais le soleil se lève vite en Floride. Il y a tellement d’humidité qu’elle s’incruste entre la lentille de protection et l’objectif de mon appareil à photo ce qui me gêne passablement. Les moustiques nous ont repérés et n’hésitent pas à nous attaquer, surtout lorsqu’on doit se concentrer sur nos réglages. À 5h56, les premiers rayons lumineux font leur apparition, mais à 6h21 une légère nappe de brouillard vient se poser devant la fusée. Heureusement, nous avons pu nous accoutumer à prendre des photos auparavant. Évidemment, une telle fusée haute de 98 mètres, la plus grande jamais vue depuis Saturn 5, nous ne sommes pas autant émerveillés que devant une belle fille. Néanmoins, nous avons rarement été aussi longtemps admiratifs de la stature du véhicule. Cela crée quand même une relation intime.

À 6h48, le ciel est déjà tout éclairé et nous voilà repartis vers le VAB, comblés d’avoir vécu ces 1h27 minutes de shooting exclusif.

Intimate shooting with Artemis

[Cape Canaveral, June 7, 2022. rke. English below] – Exclusive appointment. Selected, only twenty photographers had the chance to attend a sunrise at the feet of Artemis.

Reached its launch pad 39B, Tuesday June 7, 2022, at 8:20 a.m., the Artemis lunar rocket –which took nearly 8 hours to travel 4.2 miles – will be able to begin a second dress rehearsal. This involves checking the filling of the hydrogen and liquid oxygen tanks and making sure there are no leaks in the hoses, clogged valves or other concerns. This is what engineers call the Wet Dress Rehearsal (WDR) Test.

A stop-and-go test!

During the wet dress rehearsal, once launch controllers reach the point just before the rocket’s RS-25 engines will ignite on launch day, they will recycle back to the T-10 minute point, and then resume the countdown once more after a hold. The team will then deliberately halt the countdown at about 10 seconds before the simulated liftoff to demonstrate stopping a launch and draining the propellants from the rocket. Sometimes called a “scrub,” launch controllers may decide not to proceed with launch if a technical or weather issue arises during or prior to the countdown, so demonstrating the ability to remove propellants will ensure teams are prepared for various launch day scenarios. An important phase that deserves to be simulated and that’s why the preparations take so long.

Break-in like a new car

On each occasion of the adjustment, or rather of the running-in, it is a little bit like a new car, NASA has to fine-tune these adjustments which are never successful at the first time, as during the first tests of filling of the space shuttle Columbia which flew away, after 5 attempts of adjustment, on April 12, 1981, with on-board John Young and Bob Crippen.

At the time, when I had the opportunity to attend the launch, a handful of photographers were designated to attend what is called the « sunrise photo opportunity, » in other words, a photo session at sunrise on the launch pad. But not only did they have to be accredited by NASA and by the mission, in this case, the exit of Artemis I from its hangar. Not to mention that, as a foreigner, one must have a Type I work VISA, approved by the US Embassy Consulate in Switzerland. It was quite an obstacle course to witness not only the exit of the Artemis from its home (VAB), but also its arrival on the firing range.

A stroke of luck for those accredited to the right mission

Therefore I insist on the importance of these accreditation, and especially of these, for Artemis, as they were not guaranteed to any American reporter. But as I had the sense to register for another launch, NASA SpaceX CRS-25, a kind of transport truck (I’ll talk about it later), NASA considered that the authorizations to attend the exit of Artemis and its arrival on the launch pad, would be included in this other launch. As a result, I found myself in the American contingent, where we were only about twenty reporters to attend this rocket sunrise.

On this Tuesday, June 7, 2022, I was summoned to the PID parking lot (mission registration) to be escorted to the press site (in front of the VAB). As I am the only foreigner, I still have the No1 badge. At 5 a.m., a young employee of the Kennedy Space Center takes me to the bus where we board, for once, without being controlled by the police with sniffer dogs. What happiness!

In front of Artemis, we are not as amazed as the sight of a beautiful girl. Nevertheless, we have rarely been so long in awe of the stature of such a vehicle. This creates an intimate relationship

1h27 of Shooting

The bus goes along the road parallel to the one used by the crawler (the tracked tractor that carries Artemis), then turns left and right again, then straight on to the foot of the rocket. An unusual path, but one that I have had the opportunity to take several times during the visit to the launch tower where we climbed to the top, then during the visit to the flame trenches and other adventures.

There, we have to deposit our material well in front of the rocket, respectfully aligned and obedient as it should be. It’s still dark at 5:31 a.m., but the sun is coming up fast in Florida. There is so much humidity that it gets between the protective lens and my camera lens which is quite annoying. The mosquitoes spotted us and do not hesitate to attack us, especially when we have to concentrate on our adjustments. At 5h56, the first luminous rays make their appearance, but at 6h21 a light sheet of fog comes to land in front of the rocket. Fortunately, we could get used to take pictures before. Obviously, such a 321-foot-high rocket, the biggest ever seen since Saturn 5, we are not as amazed as in front of a beautiful girl. Nevertheless, we have rarely been so long in awe of the stature of the vehicle. It still creates an intimate relationship.

At 6:48 am, the sky is already all lit up and here we are, heading back to the VAB, happy to have lived these 1h27 minutes of exclusive shooting.

Artemis remontre son nez ce lundi de Pentecôte

[Cape Canaveral, June 3, 2022. rke. English below] – La fusée lunaire Artemis (SLS) sort de son hangar (VAB) pour la 2e fois – une procédure importante, mais usuelle – ce lundi de Pentecôte 6 juin 2022 à 0h01 (locale), 06h01 (suisse). Sous nos yeux et nos objectifs, tout proches. 

Derrière moi, le pas de tir 39B que je connais bien, d’où sera arrivée, mais seulement arrivée, la fusée lunaire Artemis. On la verra, de très près, mais on n’osera pas la toucher. – Behind me, the launch pad 39B that I know well, from where the Artemis lunar rocket will arrive, but only arrive. We will see it, very close, but we will not dare to touch it.

Ben, dans mon malheur, cela a toujours été ainsi, comme on dit en bon vieux français, je « retombe sur mes pattes », comme un chat. Je traduis pour les Américains du coin, enfin pour les autres aussi, il s’agit de dire que j’arrive toujours à me sortir de mes ennuis, souvent très bien. C’est encore le cas cette fois, puisque, suite à la panne de ma de voiture du 30 mai 2022 où j’ai loupé l’avion, j’ai reçu le jour même de nouvelles accréditations :

Derrière moi, le fameux bâtiment VAB (160 m de haut) dans lequel sortira Artemis. On l’attend.
  1. La sortie de son hangar (VAB), lundi 6 juin 2022 à 0h01 (locale), 06h01 (suisse), de la nouvelle grosse fusée de la NASA, SLS Artemis 1. (J’en parle ci-après)
  2. Lancement de la mission Nielsat (satellite géostationnaire égyptien) du pas de tir SLC-40, mercredi 8 juin 2022 à 17h03 (locale), 23h03 (suisse)
  3. Lancement de la mission cargo (camion de l’espace) de SpaceX CRS SpX-25 du pas de tir historique LC-39A avec une fusée Falcon 9 (Block 5), vendredi 10 juin 2022 à 10h22 (locale), 16h22 (suisse)

Semaine du 6 au 12 novembre 2022 très chargée

À nouveau 3 importantes activités en une semaine et, ce qui met Cap Canaveral et son centre spatial en effervescence. Dès lors, pour Artemis+SpaceX CRS SpX-25, je me suis hâté d’aller chercher sur place mon premier badge vert foncé de la NASA, le second, celui de la mission viendra quelques heures avant. Autant dire d’emblée que je suis comblé, et, croyez-le, je souhaiterais que tous les fans de l’espace, et il y en de nombreux dans le Jura, le Jura bernois, en Suisse romande et en Suisse alémanique (Est de la Suisse), puissent être aussi à ma place.

En plus, preuve que tout le monde spatial est en verve, la NASA invite les médias à son siège à Washington, mardi 7 juin 2022 à 8h45 (locale), 14h45 (suisse), à une conférence de presse avec les astronautes de l’équipage SpaceX Dragon Crew-2, celui avec l’astronaute français Thomas Pesquet, qui aux USA a gagné en notoriété, comme Claude Nicollier, notre astronaute helvétique l’avait fait en son temps lors de ses 4 missions spatiales, dont la dernière pour la réparation du télescope Hubble (l’engin était devenu myope), en décembre 1999. Que le temps passe !

Vous pensez bien que je ne peux m’y rendre en si peu de temps (un jour aller-retour), surtout que le prix de l’essence vient de réaugmenter à 4,75 dollars le gallon (1,25 franc suisse le litre)

À propos des nouveaux scaphandres

En plus, l’Administration américaine a dévoilé ce 1er juin 2022 qu’elle va déléguer le développement des nouveaux scaphandres, qui datent d’une quarantaine d’années, aux entreprises Collins Aerospace et une autre plus connue, Axiome Space. Ces combinaisons seront plus souples, plus protectrices des micrométéorites et des poussières lunaires et seront utilisées aussi bien sur la Lune que sur les stations spatiales pour des sorties dans l’espace. Rien à voir avec les combis utilisées par SpaceX seulement pour rester à l’intérieur des cabines spatiales, ni celles, de couleur bleu foncé de la NASA avec Boeing Starliner, très souples, très souples. 

  • J’ai remis à jour ma liste de trips : j’en suis à mon 36e lancement sur site ! Cliquez ici

Du vécu !
Ci-après mes différents trips sur place sur l’évolution d’Orion à d’Artemis (F+E)

Artemis Shows its Nose This Monday

[Cape Canaveral, June 3, 2022] – The Artemis lunar rocket (SLS) is coming out of its hangar (VAB) for the second time – an important but usual procedure – this Whit Monday (Holiday in Switzerland), June 6, 2022, at 12:01 a.m. Under our eyes or our lenses, very close.

Well, in my misfortune, it has always been like that, as we say in good old French, I « land on my feet », like a cat. I translate for the Americans around here, well for the others too, it is to say that I always manage to get out of my troubles, often very well. It is still the case this time, since, following the breakdown of my car on May 30, 2022, when I missed the plane, I received the same day new accreditation:

  1. The exit from its hangar (VAB), Monday, June 6, 2022, at 12:01 a.m. of the big new rocket of NASA, SLS Artemis 1. (I talk about it below)
  2. Launch of the Nielsat mission (Egyptian geostationary satellite) from launch pad SLC-40, Wednesday, June 8, 2022, at 17:03 (local), 23:03 (Swiss)
  3. Launch of the SpaceX CRS SpX-25 cargo mission (space truck) from the historic LC-39A launch pad with a Falcon 9 (Block 5) rocket, Friday, June 10, 2022, at 10:22 a.m. (local), 4:22 p.m. (Swiss)

Busy week of November 6-12, 2022

Vue de l’intérieur du News Center du KSC ù l’on voit le PAD 39B où sera installée Artemis. View from inside the KSC News Center showing PAD 39B where Artemis will be installed.

Again 3 important activities in one week, which puts Cape Canaveral and its space center in effervescence. So, for Artemis+SpaceX CRS SpX-25, I hurried to get my first dark green NASA badge, the second one, the one of the missions will come a few hours before. I can say right away that I am very happy, and believe me, I wish that all the space fans, and there are many of them in the Jura, the Bernese Jura, in the French-speaking part of Switzerland and in the German-speaking part of Switzerland (East of Switzerland), could also be in my place.

Moreover, as a proof that the whole space world is in a frenzy, NASA invites the media at its headquarters in Washington, Tuesday, June 7, 2022, at 8:45 a.m. (local), 2:45 p.m. (Swiss), to a press conference with the astronauts of the SpaceX Dragon Crew-2, the one with the French astronaut Thomas Pesquet, who has gained notoriety in the USA, as Claude Nicollier, our Swiss astronaut had done in his time during his 4-space missions, including the last one for the repair of the Hubble telescope (the spacecraft had become myopic), in December 1999. How time flies!

You can imagine that I can’t get there in such a short time (one-day round trip), especially since the price of gasoline has just increased to 4.75 dollars a gallon (1.25 Swiss francs a liter)

Regarding the new suits

In addition, the U.S. Administration announced on June 1, 2022, that it will delegate the development of the new suits, which are about 40 years old, to the companies Collins Aerospace and another better known, Axiome Space.. These suits will be more flexible, more protective of micrometeorites and lunar dust and will be used on the Moon as well as on space stations for spacewalks. Nothing to do with the suits used by SpaceX only to stay inside the space cabins, nor the dark blue ones used by NASA with Boeing Starliner, very soft. 

  • I’ve updated my trip list: I’m on my 36th site launch! Click here

Selfie surprise de Suni & Mike 

[Cap Canaveral, May 30, 2022. rke. English below] – J’ai sympathisé avec un astronaute, Michael (Mike) Fincke, qui a volé deux fois en Soyouz et une fois en navette spatiale ainsi que sa collègue Suni Williams (deux fois en navette et une fois en Soyouz) et qui m’ont demandé d’être pris en selfie.

Comme je le disais dans ma précédente News, la capsule Starliner de 11 m3, de Boeing, a réussi son arrimage à la Station spatiale internationale (ISS), le 20 mai 2022 à 18h28 (locale), 2h28 le 21 mai (suisse), puis son atterrissage le 25 mai à 18h47 (locale), 0h47 le 26 mai, Boeing peut être rassurée quant à son avenir pour transporter des astronautes.

Suni Williams, Roland J. Keller et Mike Finsk. – Photo : Ken Kremer

Après 3 lancements réalisés en une semaine (Starlink-Starliner-Transporter), le centre spatial se prépare au lancement d’une Falcon 9 de SpaceX, laquelle embarque un module de ravitaillement à la Station spatiale internationale (ISS). Ce sera la 167e mission de SpaceX, la 159e d’un Falcon 9. 

Le décollage st prévu le 9 juin et malheureusement je ne pourrai pas rester plus longtemps pour y assister.

Moulante la combinaison des astronautes de Starliner.

Starliner : avec un équipage courant septembre

Le décollage de la capsule Starliner de Boeing avec équipage st programmé courant septembre. Les deux astronautes sont Michael Fincke et Barry Wilmore. Le 18 mai dernier, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de fraterniser, si je puis dire, avec Michael Fincke et sa collègue Sunita (Suni) Williams. « Oh, mais venez, on fait un selfie », m’a-t-elle proposé. Ce que, évidemment, je n’ai pas refusé et surpris de savoir, après coup, que Michael Fincke parle français.

La photo a été prise par l’expérimenté et fidèle reporter du centre spatial, Ken Kremer. Par la suite, on a assisté à la pré-conférence de presse de Starliner, juste avant le décollage. Sur la photo du haut, on me reconnait de dos.

Je boucle ainsi ce périple de 15 jours aux USA (je suis parti le 16 mai) et rentre en Suisse, comblé, espérant pouvoir revenir pour le lancement de la mission lunaire (à vide) SLS prévue fin août, début septembre.

Michael and Suni’s SUN SHINE Surprise Selfie 

[Cape Canaveral, May 30, 2022. rke] – I befriended an astronaut, Michael Fincke, who flew twice in Soyuz and once in the space shuttle as well as his colleague Sunita (Suni) Williams (twice in the shuttle and once in Soyuz) and who asked me to be taken in selfie.

Les drapeaux sont en berne aux USA.

As I said in my previous news, the Starliner capsule of 11 m3, from Boeing, succeeded in its docking to the International Space Station (ISS), on May 20, 2022, at 6:28 p.m. (local), 2:28 a.m. on May 21 (Swiss), then its landing on May 25 at 6:47 p.m. (local), 0:47 a.m. on May 26, Boeing can be reassured as for its future to transport astronauts.

After three launches in one week (Starlink-Starliner-Transporter), the space center is preparing for the launch of a SpaceX Falcon 9, which will carry a resupply module to the International Space Station (ISS). This will be SpaceX’s 167th mission, the 159th for a Falcon 9. 

Liftoff is scheduled for June 9 and unfortunately, I won’t be able to stay longer.

Je profite ici de remercier Jean-Michel Probst de la radio inter-régionale RFJ et international RFJ pour m’avoir donner l’occasion de faire rêver les auditeurs et téléspectateurs.

Starliner : with a crew during September 2022

The Boeing Starliner crewed capsule is scheduled to lift off in September. The two astronauts are Michael Fincke and Barry Wilmore. On May 18, I had the opportunity to fraternize, if I may say so, with Michael Fincke and his colleague Suni Williams. « Oh, but come on, let’s take a selfie, » she offered. What, obviously, I did not refuse and surprised to know, afterwards, that Michael Fincke speaks French.

The photo was taken by the experimented and faithful reporter of the space center, Ken Kremer. Afterwards, we attended the Starliner prelaunch press conference, just before liftoff. On the top picture, I can be recognized from behind.

I thus complete these 15-day trip to the USA (I left on May 16) and return to Switzerland, fulfilled, hoping to be able to come back for the launch of the lunar mission (empty) SLS planned at the end of August, beginning of September.