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Bons baisers du cosmos

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke. English below]
L’espace, il l’aime Matthias Maurer. L’astronaute allemand de l’Agence spatiale européenne (ESA) est prêt pour sa première mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Il s’est présenté à la presse ce jeudi 9 septembre 2021 à Cologne (D) au Centre européen des astronautes, European Astronaut Centre (EAC), du DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt). Exigences sanitaires obligent, j’ai dû le suivre en ligne. Évidemment.

En conférence de presse à Cologne, Matthias Maurer avec, en haut, sur l’écran le nouveau directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher. – Photo : ESA / DLR

Âgé de 51 ans, le Sarrois, originaire de Saint-Wendel (Land, Sarre, entre Metz et Luxembourg), ira pour la première fois dans l’espace lors de la mission « Cosmis Kiss ». Celle-ci devrait être lancée avec la capsule Dragon Crew-3 (3e équipage) de SpaceX depuis le pas de tir 39A du Kennedy Space Center (Floride). Spécialiste des matériaux titulaire d’un doctorat, l’Allemand est paré au décollage dont le lancement est prévu le 31 octobre 2021 au plus tôt. Il volera avec les astronautes de la NASA Raja Chari, Thomas H. Marshburn et Kayla Barron.

100 expériences dans l’ISS
Matthias Maurer fait partie du corps des astronautes de l’ESA depuis juillet 2015. Il est aguerri, car il a été formé au Centre des astronautes de l’ESA à Cologne, au Johnson Space Center de la NASA à Houston, dans le cockpit du Crew Dragon de SpaceX en Californie, ainsi qu’avec les autres partenaires de l’ISS en Russie, au Japon et au Canada. « Je suis fasciné par la technologie, la science et la coopération au sein d’équipes internationales, et c’est exactement ce que sera mon travail pendant les six mois passés dans l’espace. Je participerai à plus de 100 expériences et j’espère que les résultats obtenus contribueront à des progrès pour notre vie quotidienne dans l’espace, mais aussi ici sur Terre », a-t-il déclaré lors de la conférence.

Vue de la conférence de presse. – Photo : Bernhard L. von Weyhe / ESA

Sa force mentale
Une mission spatiale n’est pas facile, c’est évident, mais l’Allemand est confiant « Une grande partie de ma force mentale vient de l’excitation de ce qui m’attend maintenant. Pour moi, le rêve de toute une vie va bientôt se réaliser – avec une équipe fantastique sur laquelle je peux compter aveuglément à tout moment. » Beaucoup de choses seront uniques, dit-il : « Cela commence par le voyage fougueux à bord d’une fusée qui m’accélère à plus de 28’000 kilomètres par heure en moins de dix minutes. J’arriverai à la station spatiale et effectuerai ma première orbite dans l’espace en seulement 90 minutes, où je pourrai m’imprégner de la beauté de la Terre depuis notre fenêtre dans l’espace, la Coupole. Une activité extravéhiculaire aura lieu, nous l’espérons, et sera également un moment fort. »

Cosmic Kiss
Cosmic = espace
Kiss = bisou
K(iss) = ISS
pour International Space Station

36 expériences proviennent d’Allemagne
L’Agence spatiale allemande (DLR), basée à Bonn, est chargée de sélectionner et de coordonner les expériences et les contributions des universités et collèges allemands ainsi que de l’industrie. Les scientifiques du DLR mènent également leurs propres expériences. Le centre de contrôle Columbus de l’ESA, basé au centre d’opérations spatiales allemand du DLR à Oberpfaffenhofen, est responsable de la planification et de la réalisation des expériences qui se déroulent dans le module européen Columbus sur l’ISS. De là, les données des expériences sont envoyées aux centres nationaux de contrôle des utilisateurs et, de là, aux scientifiques et aux partenaires industriels participants. 36 expériences de la mission Cosmic Kiss proviennent d’Allemagne. Ils comprennent la recherche fondamentale ainsi que des tests scientifiques et technologiques orientés vers les applications dans les domaines des sciences de la vie et des matériaux, de la physique, de la biologie, de la médecine, de l’intelligence artificielle ou de l’observation de la Terre. En outre, un vaste programme pour les jeunes scientifiques est à l’ordre du jour de Matthias Maurer.

« Cosmic Kiss », le plein d’amour pour l’espace
La mission de Matthias Maurer s’appelle « Cosmic Kiss ». Le nom de la mission est une sorte de déclaration d’amour pour l’espace, pour la station spatiale en tant que lien entre l’humanité et le cosmos, et pour ce que les gens y font et y feront à l’avenir. En même temps, il représente la valeur de l’exploration de l’espace en partenariat et la nécessité de traiter notre planète avec respect et durabilité. Au centre du logo de la mission figure donc également l’ISS, qui est reliée à la Terre et à la Lune par un battement de cœur humain. Le battement de cœur est censé symboliser la passion et la curiosité qui poussent les gens à explorer l’espace, ainsi que les expériences scientifiques que la station spatiale rend possibles. Pour le logo, Matthias Maurer s’est inspiré du disque céleste Nebra (la plus ancienne représentation connue du ciel nocturne) et des supports de données des sondes spatiales Pioneer et Voyager (avec les connaissances recueillies sur l’humanité). Ils représentent la fascination de l’humanité pour l’espace et le désir d’en savoir plus sur l’origine de la vie, l’univers et la place que nous y occupons. L’emblème comprend également divers éléments cosmiques tels que la Terre, la Lune, l’astérisme des Pléiades et Mars.

La Luna de l’ESA
Matthias Maurer est l’un des sept astronautes actifs de l’Agence spatiale européenne (ESA). La Lune et Mars ont une signification particulière pour lui. Avant le début de son entraînement à la mission en avril 2020, il était chef de projet pour le développement de la future installation de simulation lunaire Luna de l’ESA, un projet conjoint de l’ESA et du DLR, à Cologne. Il a également participé à plusieurs exercices géologiques de terrain liés à la future exploration lunaire. En 2016, il a fait partie de l’équipage de la mission analogue NEEMO 21 de la NASA, pour laquelle il a passé un total de 16 jours sous l’eau à tester des stratégies et des outils d’exploration pour les futures missions sur Mars.

« Cosmic Kiss »

Les quatre astronautes de la mission Dragon Crew-3. – Photo : NASA / ESA

[Courrendlin, Switzerland, September 9, 2021, rke]
Space, he loves it Matthias Maurer. The German astronaut of the European Space Agency (ESA) is ready for his first mission on board the International Space Station (ISS). He presented himself to the press on Thursday, September 9, 2021, in Cologne (D) at the European Astronaut Centre (EAC) of the German Aerospace Center (DLR). Because corona mode, I had to follow it online. Of course, I did.

The 51-year-old from Saint-Wendel (Saarland, between Metz and Luxembourg) will go into space for the first time on the « Cosmis Kiss » mission. The mission is scheduled to be launched with SpaceX’s Dragon Crew-3 capsule (3rd crew) from launch pad 39A at the Kennedy Space Center (Florida). A materials scientist with a doctorate, the German is ready for takeoff, with launch scheduled for October 31, 2021 at the earliest. He will fly with NASA astronauts Raja Chari, Thomas H. Marshburn and Kayla Barron.

Matthias Maurer. – Photo : ESA /NASA

100 Experiments on the ISS
Matthias Maurer has been a member of the ESA astronaut corps since July 2015. He is seasoned, having trained at the ESA Astronaut Center in Cologne, NASA’s Johnson Space Center in Houston, in the cockpit of SpaceX’s Crew Dragon in California, as well as with the other ISS partners in Russia, Japan and Canada. « I’m fascinated by technology, science and working with international teams, and that’s exactly what my job will be during my six months in space. I will be involved in more than 100 experiments and hope that the results will contribute to advances for our daily lives in space, but also here on Earth, » he said at the conference.

Matthias in training. – Photo : ESA

His Mental Strength
A space mission is not easy, that’s obvious, but the German is confident: « A big part of my mental strength comes from the excitement of what is ahead of me now. For me, the dream of a lifetime is about to come true – with a fantastic team that I can count on blindly at all times. » Many things will be unique, he says: « It starts with the fiery journey aboard a rocket that accelerates me to over 28,000 kilometers per hour in less than ten minutes. I’ll arrive at the space station and complete my first orbit in space in just 90 minutes, where I’ll be able to soak up the beauty of Earth from our window in space, the Cupola. An extravehicular activity will hopefully take place and will also be a highlight. »

36 Experiments Come from Germany
The German Space Agency (DLR), based in Bonn, is responsible for selecting and coordinating experiments and contributions from German universities and colleges as well as industry. DLR scientists also conduct their own experiments. ESA’s Columbus Control Center, based at DLR’s German Space Operations Center in Oberpfaffenhofen, is responsible for the planning and execution of experiments that take place in the European Columbus module on the ISS. From there, the experiment data are sent to the national user control centers and from there to the participating scientists and industrial partners. Thirty-six experiments of the Cosmic Kiss mission come from Germany. They include basic research as well as application-oriented scientific and technological tests in the fields of life and material sciences, physics, biology, medicine, artificial intelligence or Earth observation. In addition, an extensive program for young scientists is on Matthias Maurer’s agenda.

« Cosmic Kiss », the Love of Space
Matthias Maurer’s mission is called « Cosmic Kiss ». The name of the mission is a kind of declaration of love for space, for the space station as a link between mankind and the cosmos, and for what people do and will do there in the future. At the same time, it represents the value of exploring space in partnership and the need to treat our planet with respect and sustainability. At the center of the mission logo, therefore, is also the ISS, which is connected to the Earth and the Moon by a human heartbeat. The heartbeat is meant to symbolize the passion and curiosity that drives people to explore space, as well as the scientific experiments that the space station makes possible. For the logo, Matthias Maurer was inspired by the Nebra celestial disk (the oldest known representation of the night sky) and the data carriers of the Pioneer and Voyager space probes (with the knowledge gathered about humanity). They represent humanity’s fascination with space and the desire to learn more about the origin of life, the universe and our place in it. The emblem also includes various cosmic elements such as the Earth, the Moon, the Pleiades asterism and Mars.

The ESA Luna
Matthias Maurer is one of the seven active astronauts of the European Space Agency (ESA). The Moon and Mars have a special meaning for him. Prior to the start of his mission training in April 2020, he was project manager for the development of the future ESA lunar simulation facility Luna, a joint project of ESA and DLR, in Cologne. He also participated in several geological field exercises related to future lunar exploration. In 2016, he was part of the crew of NASA’s NEEMO 21 analog mission, for which he spent a total of 16 days underwater testing exploration strategies and tools for future Mars missions.

Février 2020 : la Suisse met le cap sur le Soleil

Cape Canaveral, December 25, 2019, rke. English below
Eh oui, je suis encore en Floride, mais plus pour longtemps.
J’ai profité de ces derniers moments de calme pour refaire mon blog : www.rkeusa.blospot.com, lequel reste actif en tant qu’archives, et de rafraîchir la mise en page de celui-ci à l’adresse dédiée : www.presstripamerica.com

Le décollage de Solar Orbiter est prévu le 5 février à 23h27 (locale), soit le 6 février à 5h27 (heure suisse) du pas de tir SLC-41. Le même site que mon dernier trip sur place !

C’est sur cette même tour de lancement (derrière moi), que sera lancée la sonde Solar orbiter. J’espère être là pour poser mon appareil à photo. It is on this same launch tower (behind me) that the Solar Orbiter probe will be launched. I hope to be there to put my remote camera. – Photo : Gerard van de Haar

C’est une occasion pour moi de faire un petit bilan de mes News. J’en ai publié 382, la première datant du 30 mai 2011 : la voici. En tout, USA+Amérique du Sud, je totalise 32 lancements accrédités.. de fusées. Au début, je ne publiais qu’en français, mais par la suite j’ai vite compris que je devais traduire mes textes. Le but du blog est de raconter mes aventures, sur place, de façon originale, sans contrefaçons. Du vécu, avec un peu d’humour et des infos. Mes articles sont destinés aussi bien aux profanes qu’aux spécialistes et, bien entendu, surtout aussi pour mes archives. De plus, c’est un moyen essentiel (mais pas le seul) pour justifier mes accréditations.

Solar Orbiter : présence argovienne

Mon appareil photo à distance a
cette fois (vol CST-100 Starliner) subi des dégâts. Mais pas grave. C’est juste de la saleté.

Au passage, je vous signale l’un des prochains décollages de Floride. La fusée Atlas 5 de United Alliance (AV–087), Solar Orbiter lancera l’engin spatial Solar Orbiter pour la NASA et l’Agence spatiale européenne. Construit par Airbus Défense et Espace, Solar Orbiter, ou SolO, voyagera à l’intérieur de l’orbite de Mercure pour étudier comment le soleil crée et contrôle l’héliosphère, la vaste bulle de particules chargées soufflées par le vent solaire dans le milieu interstellaire. La fusée volera dans la configuration du modèle 411 avec un carénage de quatre mètres, un propulseur à poudre et un étage supérieur Centaur monomoteur.

La FHNW dans le coup

C’était mon emplacement.
Photo : rke
Les pays engagés dans Solar Orbiter.

En collaboration avec le professeur Samuel Krucker, la Haute école spécialisée du Nord-Ouest de la Suisse (Fachhochschule Nordwestschweiz,  FHNW) de Windisch (Argovie), participe en effet à la réalisation d’un instrument de mesure des rayons X du spectromètre STIX (Spectrometer/Telescope for Imain X-Rays). Pays engagés (matériel) : Suisse, Pologne, Allemagne, République tchèque, France. L’instrument fournira de l’information quantitative sur le moment, l’emplacement, l’intensité et les spectres des électrons accélérés ainsi que des plasmas thermiques à haute température, principalement associés aux éruptions et/ou aux microéruptions.

Joyeuses fête de fin d’année de la part de Carleton Bailie, reporter à Aviation Week. – Photo : rke











Le décollage de Solar Orbiter est prévu le 5 février à 23h27 (locale), soit le 6 février à 5h27 (heure suisse) du pas de tir SLC-41. Le même site que mon dernier trip sur place ! Pour ce lancement, je suis déjà accrédité officiellement. Ce serait alors mon 33e. J’espère pouvoir y être, mais ce n’est pas sûr. Tout dépend de mon budget.

Nouvelle vision cosmique

Solar Orbiter est une mission dédiée à la physique solaire et héliosphérique. Elle a été sélectionnée comme première mission de classe moyenne du programme Vision cosmique 2015-2025 de l’ESA. Ce programme expose les grandes questions scientifiques auxquelles il faut répondre concernant le développement des planètes et l’émergence de la vie, le fonctionnement du système solaire, les origines de l’Univers et la physique fondamentale à l’œuvre dans l’Univers.

https://sci.esa.int/solar-orbiter
http://www.fhnw.ch

Au pied de la tour du site SLC-41. On le voit en haut : la fusée Atlas V est partie. – Photo : rke

FEBRUARY 2020 : SWITZERLAND SETS COURSE FOR THE SUN

Cape Canaveral, December 25, 2019, rke
Yeah, I’m still in Florida, but not for long. I took advantage of these last calm moments to redo my blog: www.rkeusa.blospot.com, which remains active as an archive, and to refresh the layout of this one at the dedicated address : www.presstripamerica.com

Solar Orbiter is scheduled to take off on February 5 at 23:27 (ET) from launch pad SLC-41. The same as my last trip there!

Solar Orbiter en salle d’intégration. Solar Orbiter in the embedding room. – Photo : ESA

It is an opportunity for me to do a little review of my news. I have published 382 of them, the first one dated May 30, 2011. In all, USA+South America, I total 32 accredited launches… of rockets. At the beginning, I published only in French, but afterwards I quickly understood that I had to translate my texts. The purpose of the blog is to tell my adventures, on the spot, in an original way, without forgeries. Real-life experiences, with a bit of humor and information. My articles are intended for laymen as well as specialists and, of course, especially for my archives. Moreover, it is an essential means (but not the only one) to justify my accreditation.

Will I be able to come back at the next launch?
– Photo : Gerard van de Haar

Built by Airbus Defense and Space

I would also like to take this opportunity to inform you of one of the upcoming takeoffs from Florida. A United Launch Alliance Atlas 5 rocket, designated AV-087, will launch the Solar Orbiter spacecraft for NASA and the European Space Agency. Built by Airbus Defense and Space, Solar Orbiter, or SolO, will travel inside the orbit of Mercury to study how the sun creates and controls the heliosphere, the vast bubble of charged particles blown by the solar wind into the interstellar medium. The rocket will fly in the 411-vehicle configuration with a four-meter fairing, one solid rocket booster and a single-engine centaur upper stage.

A highly Swiss school of engineering in the spotlight

Together with Prof. Samuel Krucker, the University of Applied Sciences Northwestern Switzerland (Fachhochschule Nordwestschweiz, FHNW) in Windisch (Aargau) is participating in the development of an X-ray measuring instrument for the STIX spectrometer (Spectrometer/Telescope for Imaging X-Rays).

Switzerland collaborating countries (hardware): Switzerland, Poland, Germany, Czech Republic, France STIX provides imaging spectroscopy of solar thermal and nonthermal X-ray emission. STIX will provide quantitative information on the timing, location, intensity, and spectra of accelerated electrons as well as of high temperature thermal plasma, mostly associated with flares and/or microflares.

Solar Orbiter is scheduled to take off on February 5 at 23:27 (ET) from launch pad SLC-41. The same as my last trip there! For this launch, I am already officially accredited. This would then be my 33rd. I hope to be there, but it’s not safe. It all dépends on my budget.

New Cosmic Vision

Solar Orbiter is a mission dedicated to solar and heliospheric physics. It was selected as the first medium-class mission of ESA’s Cosmic Vision 2015-2025 Program. The program outlines key scientific questions which need to be answered about the development of planets and the emergence of life, how the Solar System works, the origins of the Universe, and the fundamental physics at work in the Universe.

Dans l’attente du prochain lancement d’Atlas V. Awaiting the next launch of Atlas V. Photo : rke