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Boca Chica : boum ! Dragon-ISS : succès !

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
Le succès total du lancement de Crew Dragon samedi 30 mai 20020, puis son accostage à la Station spatiale internationale (ISS) complètement éclipsé l’échec d’un prototype de Starship qui a explosé lors d’un test d’allumage à Boca Chica (Texas), le jour du décollage de Dragon. Mais SpaceX ne s’en décourage pas tout autant. L’entreprise d’Elon Musk n’en oublie pas les objectifs qu’elle s’est fixée dans le domaine des voyages spatiaux privés. Pour réaliser ses projets ambitieux d’envoyer jusqu’à 100 passagers sur la Lune et sur Mars, l’entreprise privée a beaucoup recours aux prototypes, comme elle l’avait avec ses lanceurs Falcon. Et aujourd’hui, ça vole même avec des astronautes. Qui l’aurait cru ?
Image du haut : Massive explosion of a SpaceX Starship Prototype (SN4) at Boca Chica Texas, USA Youtube

Belle image où l’on devine l’un des 16 petits moteurs Super Draco de Dragon à l’allumage (en bas à gauche). lors de l’arrivée à la Station spatiale internationale (ISS).
L’amarrage a eu lieu à 10h16 EDT (1416 GMT), 16h16 suisse alors que la station spatiale survolait la frontière entre la Chine et la Mongolie sur une distance de 262 miles (421 km).
Photo : NASA TV

« Nous ne comprenons pas vraiment l’hystérie déclenchée par le lancement réussi de la capsule Crew Dragon », a déclaré sur Twitter, le porte-parole de Roscosmos Vladimir Oustimenko, lorsque Crew Dragon Demo-2 a été lancé ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral. Il répondait à Elon Musk Elon Musk, le fondateur de SpaceX, qui a chambré le chef de l’agence spatiale russe Dmitri Rogozin, qui avait affirmé en 2014 que les astronautes américains pourraient bien avoir besoin d’un « trampoline » pour rejoindre l’ISS. « Le trampoline fonctionne », a plaisanté alors Elon Musk lors d’une conférence de presse au côté de l’administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine, après le décollage réussi de la fusée Crew Falcon 9. « C’est une blague entre nous », a ajouté l’entrepreneur de 48 ans alors que les deux hommes s’étaient mis à rire… jaune.

Selon notre confrère média LCI, le lancement réussi de la fusée de SpaceX peut être considéré comme un coup dur pour la Russie qui était jusqu’alors le seul pays à pouvoir envoyer des hommes sur l’ISS depuis le 8 juillet 2011 et l’arrêt du programme de navettes spatiales américaines. Au prix toujours plus élevé de 80 millions de dollars, la place par astronaute, l’agence spatiale russe a profité de cette manne pour peaufiner ses budgets spatiaux humains, bien consciente que le lancement habité de Space est une prouesse technologique des temps modernes.

La NASA, principal client et pourvoyeur 

Le magazine américain Forbes analyse le marché avec circonspection. Au cours du programme Apollo, envoyer Neil Armstrong sur la Lune n’était pas seulement une question de technologie ou de science, il en allait également du triomphe du capitalisme sur le communisme. À l’époque, l’émergence de compagnies spatiales russes, qui construisaient des fusées solides pour des prix raisonnables, a permis de redynamiser le marché. Pendant ce temps, les États-Unis assistent à l’ascension de plusieurs entrepreneurs du secteur spatial, qui ambitionnent de fabriquer des fusées. C’est dans ce contexte qu’Elon Musk fonde SpaceX en 2003. Il est pour cela aidé de l’argent provenant de la vente de Zip2, sa première société, qui lui a rapporté 307 millions de dollars, et de PayPal pour 1,5 milliard de dollars. Le secteur spatial a franchi une autre étape importante en 2004, lorsque SpaceShipOne, un vaisseau spatial créé par l’ingénieur aérospatial Burt Rutan et sa société Scaled Composites, entreprenant avec succès deux vols suborbitaux. SpaceX saute immédiatement sur l’occasion et remporte en 2006 un contrat avec la NASA, qui lui permet d’obtenir 278 millions de dollars pour développer son lanceur Falcon 9 (depuis lancé avec succès en 2010).

L’espace abordable

En 2008, l’entreprise d’Elon Musk signe par ailleurs un contrat distinct de 1,6 milliard de dollars avec la NASA afin d’envoyer des cargaisons à l’ISS, une mission amorcée en 2012 quand la capsule Dragon devient le premier vaisseau spatial privé à s’amarrer à la station spatiale internationale. Par la suite, SpaceX offre de nouveaux services de lancement à d’autres clients commerciaux, comme des entreprises de télécommunications. Les prix sont considérablement plus bas que ceux de ses concurrents, y compris les entreprises russes. Grâce à SpaceX et Nanoracks, l’espace devient plus abordable, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles opportunités commerciales. En 2014, la NASA attribue ainsi de nouveaux contrats pour des vols spatiaux avec équipage à deux entreprises : Boeing et SpaceX. Ensemble, ces deux contrats représentent une valeur d’environ 6,8 milliards de dollars. Toutefois, cela ne veut pas dire que la NASA n’intervient pas dans le développement des véhicules spatiaux de l’une ou l’autre société, mais cette collaboration permet d’associer le meilleur de l’expertise gouvernementale avec celle du secteur privé.

Patrick Baudry : « Une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente »

« C’est une ère nouvelle qui commence », s’est enthousiasmé sur la chaîne France Info l’astronaute français Patrick Baudry. On pourra enfin approcher, voire atteindre nos rêves. C’est une réussite technique parfaite, avec une fusée qui coûte le cinquième d’une fusée Ariane équivalente. La messe est dite, et maintenant nous allons continuer à avancer, et c’est ce dont je rêve depuis 30 ans. » 

La capsule Crew Dragon Demo-2 de SpaceX a finalement pu décoller ce samedi 30 mai 2020 à 15h22 (locale), 21h22 (suisse) du pas de tir historique 39A de Cap Canaveral.  – Photo : NASA

Patrick Baudry a insisté sur la « grave erreur de l’Europe » de ne pas avoir misé sur les vols habités. « Cela fait 15 ans que je le répète. Cette Europe n’est pas l’Europe dont je rêvais il y a vingt ou trente ans. On a travaillé sur Hermès, qui était un véhicule spatial habité, entre 1986 et 1992. On aurait dû faire ce véhicule spatial habité européen. Tout s’est arrêté, car on a eu affaire à des politiques qui n’ont aucune vision. Où est la vision d’avenir aujourd’hui, quand on parle de l’espace européen ? Je dois avouer, à ma grande honte, que j’ai un peu perdu espoir en l’Europe. C’est bien triste », a conclu l’astronaute français.

Bruno Stanek : « SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe »

Mais l’analyse la plus pertinente est celle du Dr Bruno Stanek, ex-présentateur de la chaîne TV Suisse alémanique SRF, qui avait vu en SpaceX un pionnier, comme il s’était expliqué sur monde blog : « SpaceX a réussi à atteindre le sommet de tous les développeurs de fusées en moins d’une décennie, tandis que les anciens dirigeants, malgré tout le soutien du gouvernement, semblent n’avoir fait aucun progrès technologique au cours de la même décennie. SpaceX a démontré sa capacité à franchir les premières étapes coûteuses et a offert la perspective de lancer des fusées à coût abordable sur une base régulière. Leur technologie, qui démontre qu’un moteur de Methane-LOX sous-congelé peut atteindre l’orbite terrestre en une seule étape, devient possible. Cela rend les percées encore plus faciles : les deuxièmes étages – construits comme des orbiteurs, rendant les carénages de charge utile obsolètes – peuvent être ravitaillés en orbite terrestre et peuvent voler vers la Lune ou vers Mars avec juste plus ou moins de carburant. Choisir du méthane plutôt que du kérosène, c’est produire du CH4 à partir de CO2 et de H2O sur Mars pour le vol de retour. Construire leur propre complexe de lancement à Boca Chica (Sud du Texas) les rend indépendants des installations gouvernementales et militaires – alors que la plupart e ceux-ci lancent des fusées super lourdes. De quoi avez-vous besoin de plus ? Et ils ont d’autres idées exclusives qui ne sont pas faciles à copier. SpaceX a frappé la concurrence totalement non préparée, surtout l’industrie de la fusée en Russie, en Chine et en Europe. »

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Boca Chica: BOOM!
Dragon-ISS: SUCCESS!

Visualisation approximative de la taille des installations de construction Starhoppers à Boca Chica. Photo : Teslarati

[Courrendlin, Switzerland, May 31, 2020, rke]
The complete success of Crew Dragon’s launch on Saturday, May 30, 20020, and its subsequent docking with the International Space Station (ISS) completely overshadowed the failure of a prototype Starship that exploded during an ignition test in Boca Chica, Texas, on the day of Dragon’s liftoff. But SpaceX doesn’t get discouraged as much. Elon Musk’s company does not forget the objectives it has set for itself in the field of private space travel. To achieve its ambitious plans to send up to 100 passengers to the Moon and Mars, the private company relies heavily on prototypes, as it did with its Falcon launchers. And today, it even flies with astronauts. Who would have thought?

« We don’t really understand the hysteria triggered by the successful launch of the Crew Dragon capsule, » said Roscosmos spokesman Vladimir Oustimenko on Twitter when Crew Dragon Demo-2 was launched this Saturday, May 30, 2020 at 3:22 pm (local time), 9:22 pm (Swiss time) from the historic launch pad 39A at Cape Canaveral. He was responding to SpaceX founder Elon Musk, who had been laughed the head of the Russian space agency Dmitri Rogozin, who had said in 2014 that American astronauts may well need a « trampoline » to reach the ISS. « The trampoline works, » Musk joked at a press conference with NASA Administrator Jim Bridenstine after the successful launch of the Crew Falcon 9 rocket, « It’s a joke between us, » the 48-year-old entrepreneur added as the two men laughed… yellow.

Les astronautes dragons Doug Hurley et Bob Behnken ont flotté dans le module Harmony de la station spatiale pour rejoindre le commandant Chris Cassidy et les ingénieurs de vol russes Anatoly Ivanishin et Ivan Vagner. – Dragon astronauts Doug Hurley and Bob Behnken floated in the Space Station’s Harmony module to join Commander Chris Cassidy and Russian flight engineers Anatoly Ivanishin and Ivan Vagner. – Photo : NASA TV

According to our media colleague LCI, the successful launch of the SpaceX rocket can be seen as a blow to Russia, which until then had been the only country able to send men on the ISS since July 8, 2011 and the end of the U.S. space shuttle program. At the ever-increasing price of 80 million dollars per astronaut, the Russian space agency has taken advantage of this opportunity to fine-tune its human space budgets, well aware that the manned launch of Space is a technological feat of modern times.

NASA, the main customer and provider 

The American magazine Forbes analyzes the market with caution. During the Apollo program, sending Neil Armstrong to the moon was not only a question of technology or science, it was also about the triumph of capitalism over communism. At the time, the emergence of Russian space companies, which built solid rockets at reasonable prices, helped to revitalize the market. Meanwhile, the United States witnessed the rise of several space entrepreneurs with ambitions to build rockets. It is in this context that Elon Musk founded SpaceX in 2003. He was helped by money from the sale of Zip2, his first company, which brought him $307 million, and PayPal for $1.5 billion. Another milestone in the space industry came in 2004, when SpaceShipOne, a spacecraft created by aerospace engineer Burt Rutan and his company Scaled Composites, successfully undertook two suborbital flights. SpaceX immediately jumped at the opportunity and in 2006 won a contract with NASA, which enabled it to obtain $278 million to develop its Falcon 9 launcher (since successfully launched in 2010).

Affordable space

In 2008, Musk’s company also signed a separate $1.6 billion contract with NASA to send cargo to the ISS, a mission that begins in 2012 when the Dragon capsule becomes the first privately owned spacecraft to dock to the international space station. Subsequently, SpaceX offers new launch services to other commercial customers, such as telecommunications companies. Prices are considerably lower than those of its competitors, including Russian companies. Thanks to SpaceX and Nanoracks, space is becoming more affordable, paving the way for new commercial opportunities. In 2014, NASA is awarding new contracts for manned space flights to two companies: Boeing and SpaceX. Together, these two contracts are worth approximately $6.8 billion. However, this does not mean that NASA is not involved in the development of either company’s space vehicles, but this collaboration allows the best of government expertise to be combined with that of the private sector.

Patrick Baudry: « A perfect technical success, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket.

« It’s a new era that is beginning, » French astronaut Patrick Baudry enthused on the France Info channel. We will finally be able to approach, even reach our dreams. It’s a perfect technical achievement, with a rocket that costs a fifth of an equivalent Ariane rocket. The mass is said, and now we will continue to move forward, and this is what I have been dreaming of for 30 years. » 

Patrick Baudry insisted on Europe’s « serious mistake » for not having opted for manned flights. « I have been saying this for 15 years. This Europe is not the Europe I dreamed of twenty or thirty years ago. We worked on Hermes, which was a manned space vehicle, between 1986 and 1992. We should have made this European manned space vehicle. Everything came to a standstill, because we were dealing with politicians who had no vision. Where is the vision of the future today, when we talk about European space? I must confess, to my great shame, that I have somewhat lost hope in Europe. It is very sad », concluded the French astronaut.

Bruno Stanek : « SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

But the most relevant analysis is that of Dr Bruno Stanek, former presenter of the Swiss German-speaking TV channel SRF, who saw SpaceX as a pioneer, as he explained on his blog
Dr. Bruno Stanek : « SpaceX has succeeded in rising to the top of all rocket developers within less than a decade, while the ancient leaders, despite all government support, seem to have made no technological progress within the same decade. SpaceX has demonstrated the ability to land the expensive first stages and offered the prospect to launch for a fraction of the cost on a regular basis. Their technology of a sub-frozen methane-LOX-engine is progressed to the point, where reaching Earth orbit on a single stage becomes feasible. This makes further breakthroughs much easier: second stages are built like orbiters, make payload fairing’s obsolete, can be refueled in Earth orbit and can fly to either the Moon or Mars with just more or less fuel. Choosing Methane instead of Kerosene let’s them produce CH4 from  CO2 and H2O on Mars for the return flight. Building their own launch complex in Boca Chica (South Texas) makes them independent from government and military facilities – and most limits launching super-heavy rockets. What do you need more? And they have additional proprietary ideas that are not easy to copy. SpaceX hit the competition totally unprepared, above all the rocket industry in Russia, China and Europe. »

Docking took place at 10:16 a.m. EDT (1416 GMT), 4:16 p.m. Swiss time as the space station crossed the border between China and Mongolia over a distance of 262 miles.

2020 : l’envol, entre pélicans et fusées habitées

Back to Switzerland from Cape Canaveral.

Retour de la tour de lancement de SLS de son pas de tir SLC-39B à sa halle d’assemblage VAB. Photo prise le 19 décembre 2019 lors de son roll-in avec, en fond, le pas de tir SLC-39A de SpaceX. – Photo : rke

En ce vendredi 27 décembre 2019, me voilà enfin de au bercail. Cette année écoulée, je totalise donc 4 press-trip aux USA où j’ai pu assister à 6 lancements. Voir ma liste : cliquez ici

L’envol de pélicans, photo que j’ai prise sur la plage du Canaveral National Seashore, une aire protégée américaine située sur les bords de l’océan Atlantique, en Floride. Créée le 3 janvier 1975, elle protège 233,35 km² dans les comtés de Brevard et Volusia. Grâce au centre spatial. Sinon, il y aurait des hôtels. – Photo : rke
The Gateway will serve as orbital outpost to support human and scientific exploration of the Moon. As a command and service modulein lunar orbit, the Gateway can be evolved to support longer duration lunar missions, and exploration farther into the solar system. American companies will regularly deliver supplies like oxygen, fuel and food to the Gateway for NASA. La passerelle servira d’avant-poste orbital pour appuyer l’exploration humaine et scientifique de la Lune. En tant que module de commande et de service en orbite lunaire, la passerelle peut être modifiée pour soutenir des missions lunaires de plus longue durée et l’exploration lointaine dans le système solaire. Des entreprises livreront régulièrement à ce Gateway des fournitures telles que de l’oxygène, du carburant et de la nourriture pour le compte de la NASA. – Image de synthèse : NASA

La décennie 20 est à nos portes, une étape importante dans le domaine spatial. D’abord avec le programme Artemis de reconquête de la Lune dont le calendrier de d’y poser un homme – et une femme – fin 2024 (exigé par Trump) est difficilement tenable, mais pas impossible. Dans les coulisses du centre spatial, on y croit. C’est en tous cas l’impression que j’en ai eu ce 19 décembre 2019 lors de la conférence de presse en plein air. Le test de l’étage principal de la fusée (Space Launch System SLS) n’est pas au programme avant 2021. Avec sa hauteur de 65 mètres, la première partie de cette fusée est le plus haut étage de que la NASA ait construit depuis les Saturn V des missions Apollo. Le SLS mesure (pour sa version habitable avec la capsule habitable Orion), 98 m alors que Saturn V mesurait 111 m. Cette grosse fusée reprend les mêmes principes que l’ex. programme lunaire Ares abandonné par la présidence Obama.

Entre Soyouz et Boeing

En revanche, cela devrait bouger davantage cette année du côté des vols habités avec la reprise des lancements de Cap Canaveral. Et non plus du Kazakhstan, après huit ans d’embarquement des astronautes américains dans des Soyouz russes par l’agence Roscosmos. D’une part, Boeing est un peu dans l’expectative pour savoir si sa capsule Starliner CST-100 est à relancer à vide, suite à sa mauvaise mise en orbite pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS). Mais suite à son succès du retour sur terre – sur coussins d’air – il y a de fortes chances que United Launch Alliance (ULA) envisage quand même un lancement habité. Affaire à suivre ces prochaines semaines.
D’autre part, SpaceX doit aussi miser sur une année 2020 prudente, plutôt que trépidante, avant d’envoyer les astronautes de la NASA dans la capsule Dragon. Un autre essai, suite à celui avorté en mars 2019 (explosion), doit d’abord confirmer que l’engin spatial est sûr en cas de pépin pour qu’il puisse revenir sur Terre indépendamment de la fusée… si elle explose.

Conférence de presse en plein air peu avant la lancement de Starliner de Boeing, le 19 décembre 2019. Open-air press conference shortly before the launch of Boeing’s Starliner on 19 December 2019.
– Photo : rke

Starship : patience et rêve

Bref, l’année 2020 sera une année tremplin pour la reprise des vols habités. Mais, question de réalisme technique, stratégique et sécuritaire, je vois les missions humaines plutôt reprendre en 2021. Quoi qu’il en soit, c’est bien la décennie 20 qui promet d’être haletante avec les missions privées. D’abord SpaceX avec sa toute grosse fusée Starship de 118 m (!) de haut (ex. BFR, Big Falcon Rocket) mais qui encore besoin d’importants essais moteurs et structurels de son 1er étage (qui en comprend 2). D’ailleurs, les tests ont lieu depuis Boca Chica, au sud du Texas. Quant aux vols de touristes avec cette big fusée, je les vois plutôt vers la fin de cette décennie. Quant à la colonisation de la planète Mars, les écueils sont tellement grands, que l’objectif reste utopique. Mais, on peut rêver.

Virgin Galactic et Blue Origin

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building. Photograph taken on December 19, 2019 during its roll-in with the SpaceX SLC-39A launch pad in the background. . Photo : rke

Enfin, l’entreprise Virgin Galactic, discrète ses derniers temps, envisage des vols touristiques avec son avion parabolique aéroporté SpaceShipTwo, soit 8 personnes promises à 110 km d’altitude (mais réellement à 80 km) pour 5 minutes d’apesanteur. Donc pas de vol en orbite. Et encore Blue Origin. La société spatiale du patron d’Amazon Jeff Bezos a réalisé le mercredi 11 décembre 2019 son douzième vol d’essai de sa fusée pour touristes (18 m de haut). Le test s’est toutefois déroulé sans passager, repoussant sans doute à fin 2020 les premiers vols commerciaux, eux aussi paraboliques.

2020: take-off, between pelicans and manned rockets

On this Friday, December 27, 2019, I am finally back home in Switzerland. This past year, I’ve had 4 press-trips in the USA where I’ve been able to attend 6 launches. See my list : click here.

The flight of pelicans, a photo I took on the beach of the Canaveral National Seashore, an American protected area located on the shores of the Atlantic Ocean, in Florida. Created on January 3, 1975, it protects 233.35 km² in the counties of Brevard and Volusia. Thanks to the space center. Otherwise, there’d be hotels. – Photo: rke

The twenties are at our doorstep. It represents an important step in the space field. First with the Artemis program of reconquest of the Moon, whose schedule to land a man – and a woman – at the end of 2024 (required by Trump) is difficult to maintain, but not impossible. Behind the scenes at the space centre, people believe in it. At least that’s the impression I got on December 19, 2019 during the press conference in the open air (see photos). The test of the main stage of the rocket (Space Launch System SLS) is not scheduled before 2021. With its height of 213 feet, the first part of this rocket is the highest stage that NASA has built since the Saturn V for the Apollo missions. Let us recall that the SLS will measure (for its inhabitable version with the Orion habitable capsule), 322 feet whereas Saturn V measured 364 feet. This big rocket, which already dates from 2011, is based on the same principles as the former Ares lunar program, abandoned by the Obama presidency.

Between Soyuz and Boeing

La tour du pas de tir SLC-39B transportée par les quatre crawleurs.Regardez la grandeur de la 4×4, au milieu de l’image en bas. The tower of the SLC-39B launch pad carried by the four crawlers.look at the size of the 4×4, in the middle of the picture below. – Photo : rke

On the other hand, it should move more this year on the side of manned flights with the resumption of launches from Cape Canaveral. And no more Kazakhstan, after eight years of boarding American astronauts in Russian Soyuz by the Roscosmos agency. On the one hand, Boeing is a little expectant to know if its Starliner CST-100 capsule is to be re-launched empty, following its poor placing in orbit to reach the International Space Station (ISS). But following its successful return to earth – on air cushions – there is a good chance that the United Launch Alliance (ULA) will still consider a manned launch. To be continued in the coming weeks.
On the other hand, SpaceX must also bet on a cautious, rather than hectic, 2020 before sending NASA astronauts in the Dragon capsule. Another test, following the one aborted in March 2019 (explosion), must first confirm that the spacecraft is safe in case of a glitch so that it can return to Earth independently of the rocket… if it explodes.

Miami Airport : mon retour le 27 décembre 2019.

Starship: between being patient and dreaming

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building.
– Photo : rlke

n short, the year 2020 will be a springboard year for the resumption of human spaceflight. But, a matter of technical, strategic and security realism, I see human missions rather resume in 2021. In any case, the 1920s promise to be a breathtaking decade for private missions. First, SpaceX with its very big Starship rocket, 387 feet (!) high (e.g. BFR, Big Falcon Rocket) but which still needs important engine and structural tests of its first stage (which includes two stages). Moreover, the tests are taking place from Boca Chica, in South Texas. As for tourist flights with this big rocket, I see them rather towards the end of this decade. As for the colonization of the planet Mars, the pitfalls are so great, that the objective remains utopian. But we can dream.

Virgin Galactic & Blue Origin

Miami at night from my seat 34A in the Boeing 777 300-ER of Swiss International Airlines.
– Photo : rke
Landing at Zuriche on 28 December 2019. Duration of the flight: 8h15! From Miami to Zurich. – Photo : rke

Finally, the Virgin Galactic company, discreetly in its last days, is considering tourist flights with its parabolic airborne SpaceShipTwo, that is to say 8 people promised at an altitude of 68 miles (but really 50 miles) for 5 minutes of weightlessness. So no flight in orbit.
And again Blue Origin. The space company of Amazon boss Jeff Bezos realized on Wednesday, December 11, 2019 his twelfth test flight of his rocket for tourists (59 feet high). The test, however, took place without passengers, postponing the first commercial flights, also parabolic, until the end of 2020.