Archives de catégorie : NASA

La sonde Solar Orbiter fonce à 245 000 km/h vers le Soleil

[Cape Canaveral, February 13, 2020, rke. English below] – En route vers l’astre du jour depuis le 10 février 2020, la sonde spatiale européenne – et un peu américaine – Solar Orbiter fonce donc vers le Soleil. Quatre instituts et quatorze entreprises helvétiques sont impliqués dans la réalisation de trois instruments. Un télescope mis au point par la FHNW et deux capteurs d’images de l’Observatoire astronomique PMOD/WRC de Davos.

Epilogue. Le pas de tir SLC 41 deux heures après le départ. Tout est propre. On prend notre attirail et on part. – Photo : rke

Ça y est, elle est partie, par une nuit douce, sous un ciel limpide et un clair de Lune éclatant. La fusée Atlas V 421 (version courte) à un moteur (RD-180) flanqué de deux boosters, s’est élevée lentement et majestueusement de son pas de tir SLC 41, de Cap Canaveral. Un décollage soft et une trajectoire idéale direction sud-est, embarquant un satellite composé de dix instruments. Il faut dire que ce lancement n’a pas suscité un grand intérêt ici à Cap Canaveral, preuve en sont les titres dans les journaux du coin qui ont fait une petite « une » de l’événement.

Le Bernois Thomas Zurbuchen médaillé de leadership de la NASA

Thomas Zurbuchen que j’ai photographié en plein lors d’une lors d’une intervention télévisée
le 9 février 2020. – Photo : rke

En tant que petit Suisse au pays du grand Oncle Sam, je peux dire que j’ai de la chance. D’abord, parce que Thomas Zurbuchen est un Helvète. Depuis quatre ans, il exerce la fonction d’administrateur associé à la « Direction des missions scientifiques » au siège de la NASA à Washington. Au cours de sa carrière, le Bernois a écrit ou co-écrit plus de 200 articles dans des revues sur les phénomènes solaires et héliosphériques. Il a obtenu son doctorat et sa maîtrise en physique à l’Université de Berne et reçu de nombreux prix de la NASA pour ses réalisations au sol. De plus, il a été intronisé membre de l’Académie internationale d’astronautique et a reçu une médaille de leadership de la NASA ainsi que le Prix Heinrich-Greinacher 2018, la plus importante reconnaissance scientifique de l’UNIBE.
Thomas Zurbuchen veille à ce que les missions scientifiques de la NASA établissent des partenariats entre les disciplines et avec l’industrie ou d’autres nations afin de susciter de nouvelles interrogations et de faire progresser les frontières de la connaissance et de l’exploration. Il apporte à l’équipe de scientifiques et d’ingénieurs de classe mondiale de la NASA une grande richesse en matière de recherche scientifique, d’expérience en ingénierie et de connaissances pratiques. Thomas Zurbuchen définit ainsi la stratégie scientifique de la l’administration spatiale américaine et inspire les équipes à la mettre en œuvre.

D’un institut à l’autre
Ensuite, parce que parmi les 10 instruments du satellite, 3 sont de conception suisse. Tout d’abord le télescope STIX (Spectrometer/Telescope for Imaging X-rays) a été conçu et réalisé sous la direction de Säm Krucker de la Haute école spécialisée du Nord-ouest de la Suisse (FHNW) en collaboration avec des partenaires de Pologne, France, République tchèque, Allemagne, Autriche, Irlande et Italie. Sur mandat de la FHNW, l’Institut Paul Scherrer (PSI) a développé les détecteurs à pixels de 10 mm de côté, nécessaires pour mesurer l’énergie des rayons X, et l’Université de Berne (UNIBE) a également joué son rôle dans le partenariat avec la FHNW.
Mais la Suisse a aussi mis au point deux autres instruments : le EUI (Extreme Ultraviolet Image) et le SPICE (Spectral Imaging of the Coronal Environment), sous la houlette de la professeure Louise Harra, directrice de l’Observatoire PMOD/WRC de Davos.

Les pays engagés. – Graphique : ESA

Entreprises suisses impliquées sur le télescope STIX
Almatech SA, Lausanne – Art of Technology AG, Zurich – Syderal Swiss SA, Neuchâtel – maxon Motor SA, Sachseln – SWSTech AG, Frauenfeld –  Createch AG, Langenthal – CNC Dynamix AG, Büron – Ernst Hänni AG, Volketswil – Heinz Baumgartner AG, Urdorf – Hasler AG, Vogelsang – Niklaus SA, Meyrin – REMOTEC GmbH, Wädenswil – Ateleris GmbH AG, Brugg – KOEGL Space, Dielsdorf

Quelques liens / A few links

Solar Orbiter Probe Speeds at 245,000 km/h Towards the Sun

[Cape Canaveral, February 13, 2020, rke.] – On its way to the star of the day since February 9, 2020, the European – and somewhat American – space probe Solar Orbiter is heading towards the Sun. Four institutes and fourteen Swiss companies are involved in the realization of three instruments. A telescope developed by the FHNW and two image sensors from the PMOD/WRC Astronomical Observatory in Davos.

Epilogue. SLC 41 PAD two hours after launch. All clear. Let’s grab our gear and get out of here. – Photo: rke

It’s done, it’s gone on a mild night, under a clear sky and bright moonlight. The single-engine Atlas V 421 (short version) rocket (RD-180), flanked by two boosters, slowly and majestically rose from its launch pad SLC 41 at Cape Canaveral. A soft take-off and an ideal trajectory in a south-eastern direction, carrying a satellite composed of ten instruments. It must be said that this launch did not generate much interest here at Cape Canaveral, as evidenced by the headlines in the local newspapers that made a small « front page » of the event.

Thomas Zurbuchen from Berne, Switzerland,
NASA Leadership Medalist
As a little Swiss boy in the land of the great Uncle Sam, I can say I’m lucky. First of all, because Thomas Zurbuchen is a Swiss. For the past four years, he has been an Associate Administrator in the « Science Mission Directorate » at NASA headquarters in Washington. In the course of his career, the Berner has written or co-authored more than 200 articles in journals on solar and heliospheric phenomena. He received his PhD and MSc in Physics from the University of Bern and has received numerous NASA awards for his achievements on the ground. In addition, he was inducted as a Fellow of the International Academy of Astronautics and received a NASA Leadership Medal and the Heinrich Greinacher Prize 2018, UNIBE’s highest scientific recognition.
Dr. Zurbuchen ensures that NASA science missions build partnerships across disciplines and with industry and other nations to generate new questions and advance the frontiers of knowledge and exploration. He brings a wealth of scientific research, engineering experience, and practical knowledge to NASA’s world-class team of scientists and engineers. Zurbuchen defines the U.S. Space Administration’s science strategy and inspires teams to implement it.

From Institute to Institute
Secondly, because of the 10 instruments on the satellite, 3 are of Swiss design. Firstly, the STIX (Spectrometer/Telescope for Imaging X-rays) telescope was designed and built under the direction of Säm Krucker of the University of Applied Sciences Northwestern Switzerland (FHNW) in collaboration with partners from Poland, France, Czech Republic, Germany, Austria, Ireland and Italy. On behalf of the FHNW, the Paul Scherrer Institute (PSI) developed the 10 mm-sided pixel detectors needed to measure X-ray energy, and the University of Bern (UNIBE) also played its part in the partnership with the FHNW.
But Switzerland has also developed two other instruments: the EUI (Extreme Ultraviolet Image) and the SPICE (Spectral Imaging of the Coronal Environment), under the leadership of Professor Louise Harra, Director of the PMOD/WRC Observatory in Davos.

Little coverage for the launch of the Solar Orbiter in the Florida Today of February 11, 2020.

Décollage de Solar Orbiter : Mon Canon est resté sourd, mais pas la radio « RFJ-RJB-RTN »

[Cape Canaveral, February 10, 2020, rke. English below] Avec une précision tout helvétique, la fusée Atlas V a envoyé la sonde européenne (et un peu américaine) en direction de notre astre du jour à l’heure pile, dimanche 9 février 2020 à 23h03 (10 février 2020 à 5h03, Suisse). Grande « première spatiale » une interview quasi directe avec un œil rivé sur l’objectif.

Photo du haut : 3,2,1…
Allumage ! Ma seule et unique photo, tout proche d’Atlas.

Juste à côté de mon appareil à photo, celui de mon collègue Don Hladiuk. – Photo : Don Hladiuk.

Feu ! Une étincelle, un clic, et… stop. Non, ce n’est pas la fusée qui s’est arrêtée de décoller, mais mon Canon 40D, illustre dinosaure comme moi, puisqu’il a 15 ans ! Le boîtier, évidemment, pas moi, dans le début de ma soixantaine. Du coup, j’ai obtenu une belle image de l’allumage des deux moteurs, puis plus rien. Pourquoi ? Parce que le capteur de mon appareil, trop ancien, n’a pas réussi à digérer les images qu’il recevait des déclenchements que j’avais programmés. Cet escargot électronique a préféré ne pas enregistrer les images plutôt que de s’enrayer. Le vilain. Donc, lorsque nous sommes retournés sur le pas de tir, une heure et demie après le décollage, pour repérer notre matériel, j’ai pu constater qu’il n’y avait pas d’image. Donc, juste une, celle de l’allumage. De coup, je me suis retourné vers mes collègues pour voir ce qu’ils avaient pu capter et là, j’ai été époustouflé. Cela me rend jaloux de ne pas pouvoir faire des images autant belles qu’eux. Mais, dans le fond, cela n’est pas grave, car cela confirme que mon boîtier doit être changé par un plus moderne qui tient le coup des rafales… Cette déconvenue ne m’a pas dérangé pour autant, car j’avais la possibilité de photographier la fusée du centre de presse à 5 miles (3 km), là où j’ai l’habitude, ce qui m’a mieux réussi.

Tout en bas, la fusée, tout en haut la Lune sous les nuages. – Photo : rke

Jean-Michel Probst au casque, moi-même au front
Avant de partir in extremis de Suisse pour Cap Canaveral, notre radio supra-régionale (RFJ, RJB, RTN), m’a contacté pour donner mes impressions, ce que je n’ai évidemment pas refusé. Dès lors, avec et grâce à mon collègue journaliste Jean-Michel Probst, animateur de cette chaîne de radios, s’est mis au turbin pour m’interviewer sur les ondes en quasi direct. Or, comme le lancement a eu lieu à 5h03 (heure suisse), l’antenne n’était pas encore ouverte pour l’actualité, ce qui nous a obligé à réaliser du semi-direct. Du coup, grâce à mon tout récent smartphone (dont je ne citerai pas la marque, parce qu’on donne déjà trop de sous, mais pas de soucis, au constructeur de ce matériel), on a réalisé un tournage en 4K, diffusé sur le site internet de RFJ. L’opération s’est bien déroulée : j’avais installé mon Natel sur un trépied solide et Jean-Michel, en studio, me donnait les consignes par téléphone dans mes écouteurs.

La Lune, côté américain, que j’ai prise au téléobjectif. – Photo : rke

Un œil au loin, une oreille en ligne
Une demi-heure avant le lancement, on a procédé au même genre d’interview, mais cette fois seulement avec le son, par FaceTime. Puis en dernière minute je me suis installé sur un léger monticule à côté du centre de presse, en face de la fusée. Alors que j’ai à peine eu le temps de procéder aux réglages, j’ai commenté le lancement en direct (enfin presque), l’œil en même temps fixé sur le viseur de mon objectif. Une petite prouesse qui a nécessité, à la fois, de se concentrer sur le sujet et de bien réfléchir à ce que je dis.

Sur FaceBook… peu avant le lancement…

Être là
Vu les circonstances, mes photos ne sont pas trop vilaines. Je profite de l’occasion dans cette news présenter celles de mes collègues, qui, finalement étaient présents comme moi sur site. Et c’est ça l’important.

… et sur RFJ lors de La Matinale du 10 février 2020.

SOlAR ORBITER TAKEOFF: MY CANON WENT DEAF, BUT THE RADIO « RFJ-RJB-RTN » DIDN’t

Photo at the top: 3,2,1… Ignition! My one and only photo, very close to Atlas. Photo : rke

[Cape Canaveral, February 10, 2020, rke. English below] With Swiss precision, the Atlas V rocket sent the European (and somewhat American) probe towards our star of the day at exactly the right time, Sunday, February 9, 2020, at 23:03 (February 10, 2020, at 5:03, Switzerland). A great « space premiere » – an almost direct interview with an eye on the objective.

Fire! A spark, a click, and… stop. No, it’s not the rocket that stopped taking off, but my Canon 40D, an illustrious dinosaur like me, since it’s 15 years old! The case, obviously, not me, in my early sixties. As a result, I got a nice picture of the ignition of both engines, then nothing. Why is that? Because the sensor of my camera, too old, couldn’t digest the images it received from the triggers I had programmed. This electronic snail preferred not to record the images rather than stop. The naughty one. So, when we went back to the launch pad, an hour and a half after takeoff, to check our equipment, I could see that there was no image. So, just one, the one of the ignitions. Suddenly, I turned to my colleagues to see what they had captured and I was amazed. It makes me jealous that I can’t make images as beautiful as they are. But, basically, it doesn’t matter, because it confirms that my camera body needs to be replaced by a more modern one that can withstand the gusts of wind… This disappointment didn’t bother me though, because I had the opportunity to photograph the rocket from the press center 5 miles (3 km) away, where I’m used to, which worked out better for me.

La photo que j’ai réalisée en même temps que je donnait l’interview. – Photo : rke

Jean-Michel Probst at the helmet, myself at the front
Before leaving Switzerland in extremis for Cape Canaveral, our supra-regional broadcasting station (RFJ, RJB, RTN) contacted me to give my impressions, which I obviously did not refuse. From then on, with and thanks to my journalist colleague Jean-Michel Probst, host of this radio station, set to work to interview me on the airwaves almost live. However, as the launch took place at 5.03 a.m. (Swiss time), the airwaves were not yet open for news, so we had to go semi-direct. As a result, thanks to my brand-new smartphone (which I won’t mention, because we already give too much money, but no worries, to the manufacturer of this equipment), we made a 4K shoot, broadcast on RFJ’s website. I’d set up my handy on a sturdy tripod and Jean-Michel was in the studio giving me instructions over the phone in my headphones.

Et l’image de mon collègue Jacques van Oene.

One Eye in the Distance, One Ear in Line
Half an hour before the launch, we did the same kind of interview, but this time only with sound, by FaceTime. Then at the last minute I sat on a light mound next to the press center, in front of the rocket. While I barely had time to adjust, I commented the launch live (well, almost), my eye fixed on the viewfinder of my lens at the same time. A small feat that required both concentration on the subject and careful thought about what I was saying.

Being There
Under the circumstances, my pictures aren’t too bad. I take the opportunity in this news to present those of my colleagues, who, finally, were present like me on site. And that’s the important thing.

About  » RFJ-RJB-RTN « 
Since 2008, BNJ FM has been granted a radio license for the Jura Arc and brings together the programs RJB, RTN and RFJ with a mandate to offer a regional public service in the three regions concerned. BNJ FM therefore gives priority to local information and reflects the concerns and interests of the inhabitants of the Jura Arc. It offers generalist pop-rock music programming and its radio stations can be received in FM, DAB+, on the web and via mobile applications.

www.rfj.ch

K-9 Inspection – l’odeur de ma banane n’a pas échappé au nez du toutou du policier

J’ai posé mon Canon à côté du gros support-photo de la NASA (à gauche en blanc). C’est un peu en pente, mais on verra. – Photo : rke

[Cape Canaveral, February 9, 2020, rke. English below] – C’est dorénavant devenu un classique du genre, pour ne pas dire une routine : le Remote Camera. Comme je l’ai déjà expliqué lors de mes précédentes News, le pose des appareils photo à distance est un véritable parcours du combattant où l’on doit s’armer de patience.

Après les 2 badges nécessaires pour accéder au centre de presse (proche du VAB), celui de l’état et de la mission (le vert pour les étranges), les cars nous attendent à une heure fixée préalablement par email, uniquement aux heureux accrédités. Donc, après la fouille traditionnelle de la « K-9 Inspection », on a droit à la traditionnelle tournée du toutou qui renifle la moindre odeur suspecte. J’avais oublié par mégarde de sortir un fruit (une banane un peu ratatinée) de mon sac à dos et le chien s’est arrêté quelques secondes à cet endroit. Son maître a bien vu qu’il ne doit pas s’attarder, car je pense que l’animal doit éviter ce genre de victuaille. Mais je me suis quand même senti un embarrassé. Pourtant, j’avais laissé le chocolat à l’hôtel. Il faut dire qu’on se méfie de nous, même après avoir passé les étapes administratives précédentes. Comme d’habitude, les reporters et journalistes étrangers sont souvent mis de côté, mais pas toujours, du moins à la NASA. Mais cette fois-ci, les « verts » (Canadiens et Européens), seulement eux, ont dû monter dans le premier car.

The official photographer of the European Space Agency was there. – Photo: rke

Trois quarts d’heure de réglages
À 10h ce matin du dimanche 9 février 2020, le ciel est limpide, parsemé de quelques cumulus et d’un aigle qui survole les alentours. On part donc sur le fameux pas de tir SLC 41, à 5km de là, celui-là même qui a lancé la capsule privée Starliner de Boeing, en décembre dernier. On nous donne ¾ d’heure pour déposer et régler notre matériel. Je transpire, car je dois me concentrer sur les réglages de mon appareil à photo, lequel est posé sur mon tripode légèrement incliné sur un monticule, directement en face de la fusée, à une cinquantaine de mètres. Les deux fois précédentes, j’ai quasiment loupé toutes mes images. Je suis donc sur l’expectative. Mais, après tout, comme je suis le seul Helvète sur site, même des photos floues me conviendront. Je me tiens les pouces.

Un selfie pour les réglages…

La pose : 13 heures avant le décollage
Il nous a donc fallu deux heures et demie aller-retour pour installer notre matériel, de jour, soit 13 heures avant le lancement qui aura lieu encore fois de nuit avec une fusée Atlas. Retour rechercher nos images très tôt lundi matin, environ une heure et demie après le décollage.

K-9 INSPECTION – MY BANANA’s SMELL DIDN’t ESCAPE THE DOGGIE’s NOSE

[Cape Canaveral, February 9, 2020, rke] – It has now become a classic of its kind, if not a routine: the Remote Camera. As I’ve already explained in my previous news, remote camera installation is a real obstacle course where you have to be patient.

I didn’t dare take the policeman with his dog. Forbidden! Photo: rke

After the 2 badges needed to access the press center (close to the VAB), the one for the state and the mission (the green one for the strange ones), the buses are waiting for us at a time previously fixed by email, only to the lucky ones accredited. So, after the traditional search of the « K-9 Inspection », we are entitled to the traditional tour of the doggie sniffing the slightest suspicious smell. I had inadvertently forgotten to take a fruit (a slightly shriveled banana) out of my backpack and the dog stopped for a few seconds at that spot. His master saw that he shouldn’t linger, because I think the animal should avoid this kind of food. But I still felt embarrassed. Yet I had left the chocolate at the hotel. It has to be said that people are suspicious of us, even after having gone through the previous administrative steps. As usual, foreign reporters and journalists are often put aside, but not always, at least at NASA. But this time, only the « greens » (Canadians and Europeans) had to get on the first bus.

Three Quarters of an Hour of Adjustment
At 10 a.m. this morning of Sunday, February 9, 2020, the sky is clear, dotted with a few cumulus clouds and an eagle flying over the surrounding area. We leave on the famous SLC 41 launch pad, 3 miles away, the same one that launched Boeing’s private Starliner capsule last December. We are given ¾ time to drop off and pay for our equipment. I’m sweating because I have to concentrate on adjusting my camera, which is on my tripod, slightly tilted on a mound directly in front of the rocket, about 50 meters away. The two previous times, I almost missed all my pictures. So I’m on the waiting list. But, after all, as I’m the only Swiss on site, even blurry pictures will suit me. I’m holding my thumbs.

Atlas V with its exit from the flames. Photo : rke

The Exposure: 13 Hours Before Takeoff
So it took us two and a half hours round trip to set up our equipment, during the day, 13 hours before the launch, which will take place again at night with an Atlas rocket. Return to get our images very early Monday morning, about an hour and a half after liftoff.

Solar Orbiter parée au décollage

[Cape Canaveral, February 8, 2020, rke. English below] – La sonde spatiale Solar Orbiter est parée au lancement ce lundi 10 février 2020 à 23h03 (locale), 5h03 heure suisse, de Cap Canaveral. Parmi une dizaine de journalistes étrangers (dont 3 Européens et 4 Canadiens), je suis le seul reporter suisse accrédité officiellement par la NASA sur le site de l’US Air Force… et de la tour de lancement pour y poser mon appareil photo.

À gauche : la tour ULA de laquelle est sortie la fusée Atlas V (58,3 m de haut) au milieu et derrière moi le pas de tir SLC 41.
On the left: the ULA tower from which the Atlas V rocket (58.3 m high) came out in the middle and behind me the SLC 41 launch pad.
Photo taken by : Jacques van Oene

Le Soleil, on l’aime, mais il est un peu fou. A 150 millions de km de nous terriens (93 millions de miles), cette grosse marmite née il y a 5 milliards d’années crache des flammes qui forment une couronne aussi chaude que son centre. Je précise. Au cœur du Soleil, il règne une température de 15 millions de degrés C. (27 millions de degrés F.). On ne s’en serait pas douté. À sa surface : 5’982 degrés C. (10’800 degrés F.). Quoi, (seulement) ? Le pire : les crachats que notre astre nous envoie et qui forment une couronne (protubérances) dégagent une température de 45 millions de degrés C. (80 millions de degrés F.). Eh oui, aussi chaud qu’au milieu de l’astre. C’est pourquoi les astronomes (et les autres) veulent en savoir plus et y envoyer des sondes spatiales. Mais pas seulement à cause de ça.

Du « vent » à la « tempête »
Pour eux, il faut « ouvrir une fenêtre » sur l’intérieur de la couronne du Soleil, source du vent solaire, qui baigne l’ensemble du Système solaire et dont l’interaction avec notre planète gouverne la météorologie de l’espace. Car ce fameux « vent solaire » évolue alors en une « tempête solaire » qui, outre les aurores boréales, peut également provoquer des perturbations au niveau des satellites de communication, du GPS, des avions ou des réseaux électriques.

Au sommet, la sonde Solar Orbiter. – Photo : rke

Circuits électriques coupés
La plus grande tempête solaire connue de l’humanité, dite « événement de Carrington », a eu lieu en 1859. Le réseau des télégraphes aux États-Unis a alors été détruit, des agents ont reçu des décharges, du papier a brûlé dans les stations, et la lumière boréale a été visible à des latitudes inédites (jusqu’en Amérique centrale). En 1989 au Québec, la modification du champ magnétique de la Terre a créé un courant électrique à très grande échelle qui, par effet domino, fit disjoncter les circuits électriques, provoquant un gigantesque black-out. Les éruptions peuvent également perturber les radars dans l’espace aérien (comme en 2015 dans le ciel scandinave), les fréquences radio, et endommager des satellites.

Élaborer des modèles pour affiner les prédictions
Donc, allons-y voir sur place. Solar Orbiter va s’approcher à 42 millions de kilomètres du Soleil, soit moins d’un tiers de la distance Soleil-Terre. C’est à la fois loin et proche.

En observant ces régions directement liées aux sources des vents, les mesures du satellite européen et américain vont permettre d’élaborer des modèles pour affiner les prédictions. Car une ne tempête solaire peut nous arriver dessus en un jour ou deux !!!

SOlAR ORBITER READY FOR TAKE-OFF

[Cape Canaveral, February 8, 2020, rke] – The Solar Orbiter spacecraft is ready for launch on Monday, February 10, 2020 at 11:03 p.m. (local), 5:03 a.m. Swiss time, from Cape Canaveral. Among a dozen foreign journalists (including 3 Europeans and 4 Canadians), I am the only Swiss reporter officially accredited by NASA on the site of the US Air Force… and of the launch tower to put my camera there.

Rollout of Atlas V on US Air Force Base SLC 41. – Photo : rle

We love the Sun, but it’s a bit crazy. At 150 million km from us earthlings (93 million miles), this big cauldron born 5 billion years ago spits out flames that form a crown as hot as its center. Let me be more specific. At the heart of the Sun, the temperature is 15 million degrees C. (27 million degrees F.). We wouldn’t have guessed it. At its surface: 5,982 degrees C. (10,800 degrees F.). What, (only)? Worst of all: the spit that our star sends us, which forms a crown (protrusions), gives off a temperature of 45 million degrees C (45 million degrees F.). (80 million degrees F.). Yes, as hot as in the middle of the star. That’s why astronomers (and others) want to know more and send space probes there. But not only because of that.

From « wind » to « storm »…
For them, it is necessary to « open a window » on the interior of the Sun’s corona, the source of the solar wind, which bathes the entire Solar System and whose interaction with our planet governs space weather. This famous « solar wind » then evolves into a « solar storm » which, in addition to the aurora borealis, can also cause disruptions to communication satellites, GPS, aircraft or power grids.

Electrical Circuits Cut Off
The largest solar storm known to mankind, known as the « Carrington Event », occurred in 1859. The telegraph network in the United States was destroyed, agents received discharges, paper was burned at stations, and boreal light was visible at unprecedented latitudes (as far away as Central America). In 1989 in Quebec, the modification of the Earth’s magnetic field created a very large-scale electric current which, through a domino effect, caused the electrical circuits to break, resulting in a gigantic blackout. Flares can also disrupt radar in airspace (as in 2015 in Scandinavian skies), radio frequencies, and damage satellites.

Developing Models to Refine Predictions
So, let’s go there. Solar Orbiter will be approaching 42 million kilometers from the Sun, less than a third of the distance between the Sun and Earth. That’s both far and near.

By observing these regions directly linked to wind sources, measurements from the European and American satellites will enable us to develop models to refine the predictions. Because a solar storm can hit us in a day or two!!!

Tout à droite au fond la tour de lancement et Atlas V. On se prépare. At the far right is the launch tower and Atlas V. Let’s get ready.
– Photo : rke

Pourquoi Solar Orbiter n’est pas lancé de Kourou ?

[Cape Canaveral, February 7, 2020, rke. English below] – Après un mois et demi, me voilà de retour à Cap Canaveral pour mon 33e trip accrédité. Pour le lancement de la sonde européenne (et un peu américaine), Solar Orbiter prévu ce dimanche 9 février 2020 à 23h03 (locale) ou lundi 10 février à 05h03 en Suisse.

NASA/ESA, main dans la main. Me revoici au site de presse du KSC. Photo taken by : Rob v. Mackelenbergh

Good deal ! Il y a déjà vingt ans, alors qu’elle s’intéressait à notre Soleil pour mieux connaître sa couronne, l’administration américaine s’est demandé comment concevoir un satellite qui puisse tourner autour des pôles de cette fournaise à 42 millions de km, soit 1/3 de la distance qui nous sépare du Soleil. Dès lors, construire un engin rien que pour une expérience (SoloHI de l’US Naval Research), cela aurait coûté un saladier. Du coup, la NASA s’est tournée vers l’Agence spatiale européenne (ESA) pour lui proposer une collaboration scientifique. L’affaire a été conclue en réalisant une bonne opération : l’ESA se débrouille de trouver 9 autres expériences scientifiques et de récolter leurs données transmises, à condition que la NASA s’occupe du lancement.

Mon départ de Zurich le 6 février 2020. – Photo : rke

ULA, société privée obtient le contrat
Encore fallait-il trouver une fusée adéquate. Suite à un concours, c’est l’entreprise United Launch Alliance (ULA), qui a obtenu le contrat et pas SpaceX, qui, à l’époque n’était pas aussi avancé, ni Arianespace puisque les lancements on lieu de Kourou en Guyane française. Voilà pourquoi, une fusée américaine (privée) envoie ce satellite à 90% européen depuis Cap Canaveral. Finalement, avec les retards, Solar Orbiter s’en va rejoindre la sonde américaine Parker Solar Probe qui elle est partie le 12 août 2018 s’approche à 5,9 millions de km de notre astre.

La météo de l’espace
Objectif de la mission : comprendre comment le soleil contrôle son milieu magnétique (héliosphère) afin mieux appréhender ses perturbations sur notre environnement. Faire la connexion avec ce qui est ressenti sur Terre et affiner ce qu’on appelle la météorologie de l’espace. Et bien d’autres choses dont je vous parlerai tout au long de ce trip.

J’ai mon accréditation,.

Airbus & participation suisse
Le maître d’œuvre de la mission est Airbus Defence and Space à Stevenage, au Royaume-Uni. Elle s’inscrit dans la lignée de missions telles que Ulysses (1990-2009) et SOHO (1995-présent) et fournira également des ensembles de données complémentaires à la sonde solaire Parker de la NASA, qui permettront de tirer des deux missions plus de données scientifiques que chacune d’entre elles ne pourrait le faire seule.

Trois instituts suisses et 14 firmes industrielles (Romandie 3, Suisse alémanique 11) sont impliqués dans la réalisation de 3 instruments.

Why Solar Orbiter will not be launched from kourou?

 [Cape Canaveral, February 7, 2020, rke] – After a month and a half, I am back in Cape Canaveral for my 33rd accredited trip. For the launch of the European (and slightly American probe), Solar Orbiter is scheduled for this Sunday, February 9, 2020, at 23:03 (local time) or Monday, February 10 at 05:03 in Switzerland.

Avant mon départ pour la Floride, en Valais, Sion. Before I left for Florida, in Valais, Sion (Swiss Alpes)

Good deal! Twenty years ago, when NASA was already interested in us to learn more about its crown, it wondered how to design a satellite that could rotate around the poles of this 42 million km furnace, or 1/3 of the distance separating us from the Sun. From then on, building a device just for an experiment (SoloHI from US Naval Research) would have cost a fortune. So, NASA turned to the European Space Agency (ESA) to offer scientific collaboration. The deal was concluded with a good operation: ESA manages to find 9 other scientific experiments and collect their transmitted data, provided that NASA takes care of the launch.

It’s a model of the Solar Orbiter.

ULA, a Private Company, Obtains the Contract
We still had to find a suitable rocket. Following a competition, it was the United Launch Alliance (ULA), which won the contract, not SpaceX, which at the time was not as advanced, nor Arianespace, since launches take place from Kourou in French Guiana. That is why an American rocket (private) sends this satellite 90% European from Cape Canaveral. Finally, with the delays, Solar Orbiter is going to join the American probe Parker Solar Probe which it is, left on August 12, 2018, approaches 5.9 million km from our star.

Space Weather
Mission objectives: to understand how the sun controls its magnetic environment (heliosphere) in order to better apprehend its disturbances on our environment. Make the connection with what is felt on Earth and refine what is called space weather. And many other things that I will tell you about throughout this trip.

Airbus & Swiss Participation
Solar Orbiter is an ESA mission with strong NASA participation. The prime contractor is Airbus Defence and Space in Stevenage, UK. It follows in the legacy of missions such as Ulysses (1990-2009) and SOHO (1995-present) and will also provide complementary dataset

3 Swiss institutes and 14 industrial firms (French-speaking Switzerland 3, German-speaking Switzerland 11) are involved in the realization of 3 instruments.

LA NASA CHOISIRA SA MISS-LUNE

Courrendlin (Jura-Switzerland), January 4 2020, rke
English below

Je voudrais commencer cette année vingt par vous parler d’une femme que j’ai rencontrée le 19 décembre 2019 à Cap Canaveral, plus précisément lors d’une conférence de presse en plein air devant le célèbre bâtiment d’assemble des véhicules, le fameux VAB dont j’ai conquis le toit pour voir quatre lancements. Rencontré, cela veut dire qu’elle – et sa collègue Nicole Mann – étaient en face de nous pour répondre aux questions des reporters dans une ambiance plutôt bon-enfant, c’est-à-dire sans gêne. Je me sentais dans mon élément.

Suni Williams lors de la conférence de presse du 19 décembre 2019. Photo : rke

Cette super dame s’appelle donc Sunita (dit Suni) Williams. 54 ans le 19 septembre. Cette capitaine retirée de l’US Navy a déjà cumulé 321 jours 17h et 15 minutes dans l’espace, avec la navette spatiale américaine (STS-116) et avec des Soyouz vers la Station spatiale internationale (ISS)… Bref, en tout, 7 missions sur orbite. Rien que ça ! D’ailleurs, elle a été choisie pour voler dans une prochaine mission avec la capsule CST-100 Starliner de Boeing, le troisième lancement commercial opérationnel (USCV-2) qui devrait avoir lieu quand les deux premiers auront réussi… probablement l’année prochaine. Car, après ce qui s’est passé lors du premier vol test du 20 décembre 2019, on ne sait pas encore quand la mission réelle avec astronautes aura lieu.

Les 12 candidates. De haut en bas, de gauche à droite : Stephanie Wilson, Jessica Meir, Kristina Koch, Kathleen Rubins, Sunita Williams, Megan McArthur, Shannon Walker, Tracy Caldwell Dyson, Jeanette Epps, Anne McClain, Nicole Mann, Serena Aunon-Chancellor. Photos : Robert Markowitz & James Blair / NASA

Toutes très jolies… et humbles
Par rapport aux onze autres femmes potentielles, au passage toutes très jolies, à poser le prochain pied sur la Lune, Suni me semble la plus mature. Non pas par son expérience, mais par sa nature. Elle pourrait être la grande sœur de ces candidates, car elle donne l’impression de savoir s’occuper avec soin de son entourage. Le choix de ces super nanas, c’est un peu comme une élection de Miss. Elles sont toutes capables, entreprenantes, et, ce qui me plaît le plus, humbles. Oh, ce n’est pas comme certains politiciens (pas tous, évidemment) qui aiment se montrer et se pavaner. Non, elles, sont censées, toutes empruntes d’un certain humour, intelligentes, évidemment, et respectueuses. Je suis sûr qu’elles donneraient leur vie pour sauver un équipage en cas de détresse, même masculin. Sa collègue, Nicole Mann, une autre diplômée de l’académie navale US, est pilote de F/A18 (wouah !). Elle a dirigé le corps d’astronautes dans le développement de l’engin spatial Orion, du système de lancement spatial (SLS) et des systèmes d’exploration au sol (EGS). Elle s’entraîne actuellement en vue de l’essai en vol de l’équipage du vaisseau spatial Starliner de Boeing, le premier vol avec équipage de ce véhicule. Quelle nana ! Elle aussi est une candidate possible pour poser le prochain pied sur la Lune.

Conférence de presse devant le VAB le 19 décembre 2019. – Photo : rke

La plus longue virée spatiale d’une femme
Et puis, il faut aussi compter sur Christina Koch. Cette astronaute américaine a passé le 29 décembre 2019, son 289e jour dans l’espace samedi, battant ainsi le record mondial de l’astronaute retraitée Peggy Whitson pour la plus longue virée spatiale établie par une femme. Puis, Koch a participé à quatre sorties dans l’espace, se joignant à l’astronaute Jessica Meir pour la première excursion entièrement féminine de l’histoire en octobre. Elle prévoit retourner deux autres fois à l’extérieur en janvier, toujours en compagnie de Jessica Meir, pour terminer l’installation de nouvelles batteries de panneaux solaires de l’ISS. Lorsque Koch reviendra sur Terre le 6 février, son séjour dans l’espace aura duré 328 jours, soit 12 jours de moins que le record américain de vol en solitaire établi par l’astronaute à la retraite Mark Kelly en 2016. Le record de tous les temps – 438 jours – a été établi par le cosmonaute Valery Polyakov en 1995. Whitson détient toujours le record américain du temps total passé dans l’espace – près de 666 jours – en cinq vols.

Artemis 3 : Meir et Koch favorites
La NASA a donc comme plan de renvoyer des humains sur la Lune en 2024, avec la mission Artemis 3. Deux astronautes marcheront sur le sol sélène, pour la première fois depuis 1972, et une femme en fera partie. Qui plus est, cette dame sera l’une des 12 membres actuelles du corps des astronautes. Jessica Meir et Christina Koch, quadragénaires recrutées en même temps en 2013, apparaissent comme parmi les candidates naturelles. Mais la procédure de sélection interne par la NASA pour cette mission historique est pour l’instant tenue secrète. Ces 12 super-dames ont toutes leur chance.

NASA astronaut Christina Koch works with an experiment on the International Space Station in this Dec. 22 photo. Photo : NASA

Pas de bise… pour l’instant
Mon astronaute féminine préférée est Suni. Non pas parce que je l’ai croisée l’autre jour sur site, mais parce qu’elle a baptisé la capsule Starliner de Boeing : Calypso, du nom du célèbre navire océanographique du commandant Cousteau. Je n’ai pas fait de bise à Suni, mais le cœur y était. J’essaierai la prochaine fois que je la rencontre. Avant qu’elle aille sur la Lune ?

Ces douze prétendantes sont toutes censées, empruntes d’un certain humour, intelligentes (évidemment) et respectueuses

NASA Must Choose Its Miss-Moon

I’d like to begin this year’s 20 by telling you about a woman I met on 19 December last year at Cape Canaveral, more precisely at an open-air press conference in front of the famous vehicle assembly building, the famous VAB, whose roof I conquered to see four launches. We met her, which means that she – and her colleague Nicole Mann – was in front of us to answer reporters’ questions in a rather childlike atmosphere, that is to say without embarrassment. I felt in my element.

Open-air press conference on 19 December 2019 in front of the VAB. – Photo : rke

So, this super lady’s name is Sunita (known as Suni) Williams. 54 years old on September 19. This retired captain of the US Navy has already accumulated 321 days 17 hours and 15 minutes in space, with the US Space Shuttle (STS-116) and with Soyuz to the International Space Station (ISS)… In short, 7 missions in all. That’s all there is to it! In fact, it has been chosen to fly on an upcoming mission with Boeing’s CST-100 Starliner capsule, the third operational commercial launch (USCV-2) that should take place when the first two are successful… probably next year. Because, after what happened during the first test flight on December 20, 2019, it is not yet known when the actual astronaut mission will take place.

All very pretty… and modest…
Of the eleven other potential women, by the way all very pretty, to set the next foot on the Moon, Suni seems to me the most advanced. Not by experience, but by character. She could be the big sister of these candidates because she gives the impression that she knows how to take care of those around her. The choice of these super chicks is a bit like a miss election. They’re all talented, enterprising and, what I like most, modest. Oh, it’s not like some politicians (not all of them, obviously) who like to show off and strut around. No, they’re supposed to be, all with a certain sense of humor, intelligent, obviously, and respectful. I’m sure they would give their lives to save a crew in case of distress, even a male one. Her colleague, Nicole Mann, another graduate of the US Naval Academy, is an F/A18 pilot (Wow!). She completed Astronaut Candidate training in July 2015.  She has served as the T-38 Safety and Training Officer and most recently completed a tour as the assistant to the Chief for Exploration. She led the astronaut corps in the development of the Orion spacecraft, Space Launch System (SLS), and Exploration Ground Systems (EGS). She is currently training for the crew flight test of Boeing’s Starliner spacecraft, the first crewed flight for that vehicle.

En bleu, assis, mon collègue photographe Rob van Mackelenbergh.
Sitting in blue is my colleague photographer Rob van Mackelenbergh.
– Photo : rke

A woman’s longest spacewalk
And then there’s Christina Koch. Launched to the International Space Station in March, the astronaut marks her 289th day in space Saturday, breaking retired astronaut Peggy Whitson’s world record for the longest single spaceflight by a female. Along the way, Koch has participated in four spacewalks, joining astronaut Jessica Meir for history’s first all-female excursions in October. She plans to venture back outside twice more in January, again teaming up with Meir, to complete installation of new solar array batteries. When Koch returns to Earth Feb. 6, her time in space will stand at 328 days, just 12 shy of retired astronaut Mark Kelly’s U.S. single-flight record, set in 2016. The all-time record — 438 days — was set by cosmonaut Valery Polyakov in 1995. Whitson still holds the U.S. record for total time in space — nearly 666 days — over five flights.

Artemis 3: Favorite Meir and Koch
NASA’s plan is to send humans back to the Moon in 2024 with the Artemis 3 mission. Two astronauts will walk on the Moon for the first time since 1972, and one woman will be part of the mission. What’s more, this lady will be one of the 12 current members of the astronaut corps. Jessica Meir and Christina Koch, both in their forties and recruited at the same time in 2013, are among the natural candidates. But NASA’s internal selection process for this historic mission is currently being kept secret. These 12 super ladies all have their chance.

These twelve candidates are all sensible, humorous, intelligent
(of course) and respectful.

No hugs… yet.
My favorite female astronaut is Suni. Not because I ran into her the other day on the site, but because she named Boeing’s Starliner capsule Calypso after Commander Cousteau’s famous oceanographic ship. I didn’t give Suni a kiss, but my heart was in it. I’ll try next time I meet her. Before she goes to the moon?

2020 : l’envol, entre pélicans et fusées habitées

Back to Switzerland from Cape Canaveral.

Retour de la tour de lancement de SLS de son pas de tir SLC-39B à sa halle d’assemblage VAB. Photo prise le 19 décembre 2019 lors de son roll-in avec, en fond, le pas de tir SLC-39A de SpaceX. – Photo : rke

En ce vendredi 27 décembre 2019, me voilà enfin de au bercail. Cette année écoulée, je totalise donc 4 press-trip aux USA où j’ai pu assister à 6 lancements. Voir ma liste : cliquez ici

L’envol de pélicans, photo que j’ai prise sur la plage du Canaveral National Seashore, une aire protégée américaine située sur les bords de l’océan Atlantique, en Floride. Créée le 3 janvier 1975, elle protège 233,35 km² dans les comtés de Brevard et Volusia. Grâce au centre spatial. Sinon, il y aurait des hôtels. – Photo : rke
The Gateway will serve as orbital outpost to support human and scientific exploration of the Moon. As a command and service modulein lunar orbit, the Gateway can be evolved to support longer duration lunar missions, and exploration farther into the solar system. American companies will regularly deliver supplies like oxygen, fuel and food to the Gateway for NASA. La passerelle servira d’avant-poste orbital pour appuyer l’exploration humaine et scientifique de la Lune. En tant que module de commande et de service en orbite lunaire, la passerelle peut être modifiée pour soutenir des missions lunaires de plus longue durée et l’exploration lointaine dans le système solaire. Des entreprises livreront régulièrement à ce Gateway des fournitures telles que de l’oxygène, du carburant et de la nourriture pour le compte de la NASA. – Image de synthèse : NASA

La décennie 20 est à nos portes, une étape importante dans le domaine spatial. D’abord avec le programme Artemis de reconquête de la Lune dont le calendrier de d’y poser un homme – et une femme – fin 2024 (exigé par Trump) est difficilement tenable, mais pas impossible. Dans les coulisses du centre spatial, on y croit. C’est en tous cas l’impression que j’en ai eu ce 19 décembre 2019 lors de la conférence de presse en plein air. Le test de l’étage principal de la fusée (Space Launch System SLS) n’est pas au programme avant 2021. Avec sa hauteur de 65 mètres, la première partie de cette fusée est le plus haut étage de que la NASA ait construit depuis les Saturn V des missions Apollo. Le SLS mesure (pour sa version habitable avec la capsule habitable Orion), 98 m alors que Saturn V mesurait 111 m. Cette grosse fusée reprend les mêmes principes que l’ex. programme lunaire Ares abandonné par la présidence Obama.

Entre Soyouz et Boeing

En revanche, cela devrait bouger davantage cette année du côté des vols habités avec la reprise des lancements de Cap Canaveral. Et non plus du Kazakhstan, après huit ans d’embarquement des astronautes américains dans des Soyouz russes par l’agence Roscosmos. D’une part, Boeing est un peu dans l’expectative pour savoir si sa capsule Starliner CST-100 est à relancer à vide, suite à sa mauvaise mise en orbite pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS). Mais suite à son succès du retour sur terre – sur coussins d’air – il y a de fortes chances que United Launch Alliance (ULA) envisage quand même un lancement habité. Affaire à suivre ces prochaines semaines.
D’autre part, SpaceX doit aussi miser sur une année 2020 prudente, plutôt que trépidante, avant d’envoyer les astronautes de la NASA dans la capsule Dragon. Un autre essai, suite à celui avorté en mars 2019 (explosion), doit d’abord confirmer que l’engin spatial est sûr en cas de pépin pour qu’il puisse revenir sur Terre indépendamment de la fusée… si elle explose.

Conférence de presse en plein air peu avant la lancement de Starliner de Boeing, le 19 décembre 2019. Open-air press conference shortly before the launch of Boeing’s Starliner on 19 December 2019.
– Photo : rke

Starship : patience et rêve

Bref, l’année 2020 sera une année tremplin pour la reprise des vols habités. Mais, question de réalisme technique, stratégique et sécuritaire, je vois les missions humaines plutôt reprendre en 2021. Quoi qu’il en soit, c’est bien la décennie 20 qui promet d’être haletante avec les missions privées. D’abord SpaceX avec sa toute grosse fusée Starship de 118 m (!) de haut (ex. BFR, Big Falcon Rocket) mais qui encore besoin d’importants essais moteurs et structurels de son 1er étage (qui en comprend 2). D’ailleurs, les tests ont lieu depuis Boca Chica, au sud du Texas. Quant aux vols de touristes avec cette big fusée, je les vois plutôt vers la fin de cette décennie. Quant à la colonisation de la planète Mars, les écueils sont tellement grands, que l’objectif reste utopique. Mais, on peut rêver.

Virgin Galactic et Blue Origin

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building. Photograph taken on December 19, 2019 during its roll-in with the SpaceX SLC-39A launch pad in the background. . Photo : rke

Enfin, l’entreprise Virgin Galactic, discrète ses derniers temps, envisage des vols touristiques avec son avion parabolique aéroporté SpaceShipTwo, soit 8 personnes promises à 110 km d’altitude (mais réellement à 80 km) pour 5 minutes d’apesanteur. Donc pas de vol en orbite. Et encore Blue Origin. La société spatiale du patron d’Amazon Jeff Bezos a réalisé le mercredi 11 décembre 2019 son douzième vol d’essai de sa fusée pour touristes (18 m de haut). Le test s’est toutefois déroulé sans passager, repoussant sans doute à fin 2020 les premiers vols commerciaux, eux aussi paraboliques.

2020: take-off, between pelicans and manned rockets

On this Friday, December 27, 2019, I am finally back home in Switzerland. This past year, I’ve had 4 press-trips in the USA where I’ve been able to attend 6 launches. See my list : click here.

The flight of pelicans, a photo I took on the beach of the Canaveral National Seashore, an American protected area located on the shores of the Atlantic Ocean, in Florida. Created on January 3, 1975, it protects 233.35 km² in the counties of Brevard and Volusia. Thanks to the space center. Otherwise, there’d be hotels. – Photo: rke

The twenties are at our doorstep. It represents an important step in the space field. First with the Artemis program of reconquest of the Moon, whose schedule to land a man – and a woman – at the end of 2024 (required by Trump) is difficult to maintain, but not impossible. Behind the scenes at the space centre, people believe in it. At least that’s the impression I got on December 19, 2019 during the press conference in the open air (see photos). The test of the main stage of the rocket (Space Launch System SLS) is not scheduled before 2021. With its height of 213 feet, the first part of this rocket is the highest stage that NASA has built since the Saturn V for the Apollo missions. Let us recall that the SLS will measure (for its inhabitable version with the Orion habitable capsule), 322 feet whereas Saturn V measured 364 feet. This big rocket, which already dates from 2011, is based on the same principles as the former Ares lunar program, abandoned by the Obama presidency.

Between Soyuz and Boeing

La tour du pas de tir SLC-39B transportée par les quatre crawleurs.Regardez la grandeur de la 4×4, au milieu de l’image en bas. The tower of the SLC-39B launch pad carried by the four crawlers.look at the size of the 4×4, in the middle of the picture below. – Photo : rke

On the other hand, it should move more this year on the side of manned flights with the resumption of launches from Cape Canaveral. And no more Kazakhstan, after eight years of boarding American astronauts in Russian Soyuz by the Roscosmos agency. On the one hand, Boeing is a little expectant to know if its Starliner CST-100 capsule is to be re-launched empty, following its poor placing in orbit to reach the International Space Station (ISS). But following its successful return to earth – on air cushions – there is a good chance that the United Launch Alliance (ULA) will still consider a manned launch. To be continued in the coming weeks.
On the other hand, SpaceX must also bet on a cautious, rather than hectic, 2020 before sending NASA astronauts in the Dragon capsule. Another test, following the one aborted in March 2019 (explosion), must first confirm that the spacecraft is safe in case of a glitch so that it can return to Earth independently of the rocket… if it explodes.

Miami Airport : mon retour le 27 décembre 2019.

Starship: between being patient and dreaming

Back of the SLS launch tower from its SLC-39B launch pad to its VAB assembly building.
– Photo : rlke

n short, the year 2020 will be a springboard year for the resumption of human spaceflight. But, a matter of technical, strategic and security realism, I see human missions rather resume in 2021. In any case, the 1920s promise to be a breathtaking decade for private missions. First, SpaceX with its very big Starship rocket, 387 feet (!) high (e.g. BFR, Big Falcon Rocket) but which still needs important engine and structural tests of its first stage (which includes two stages). Moreover, the tests are taking place from Boca Chica, in South Texas. As for tourist flights with this big rocket, I see them rather towards the end of this decade. As for the colonization of the planet Mars, the pitfalls are so great, that the objective remains utopian. But we can dream.

Virgin Galactic & Blue Origin

Miami at night from my seat 34A in the Boeing 777 300-ER of Swiss International Airlines.
– Photo : rke
Landing at Zuriche on 28 December 2019. Duration of the flight: 8h15! From Miami to Zurich. – Photo : rke

Finally, the Virgin Galactic company, discreetly in its last days, is considering tourist flights with its parabolic airborne SpaceShipTwo, that is to say 8 people promised at an altitude of 68 miles (but really 50 miles) for 5 minutes of weightlessness. So no flight in orbit.
And again Blue Origin. The space company of Amazon boss Jeff Bezos realized on Wednesday, December 11, 2019 his twelfth test flight of his rocket for tourists (59 feet high). The test, however, took place without passengers, postponing the first commercial flights, also parabolic, until the end of 2020.