Archives de catégorie : Artemis

Coup de blues ! 

[Cape Canaveral, August 29, 2022, rke, English below] – Des éclairs sporadiques menaçants et un retard de remplissage d’une heure font douter d’un décollage à l’heure prévue. Pas de panique, la fenêtre de lancement est de deux heures.

On est prêts.

Sept heures avant le lancement, vers 1h30, je viens d’arriver au centre de presse. Comme les places assises sont toutes occupées, déjà !, je m’installe sur une chaise de fortune dans un coin de la salle de presse. Le temps de sortir mon matériel photo, j’en profite pour réaliser une vue de nuit des alentours. Au loin, Artemis est tellement bien éclairée de ses projecteurs, qu’on la distingue avec netteté. Elle semble plus proche qu’elle ne l’est en réalité. Ce seul objet de convoitise nous rend fébriles. On piaffe d’impatience de voir ce lancement. Le climat est lourd, l’humidité me colle aux basquettes.

Quelques éclairs viennent semer le doute sur l’issue du compte à rebours. Il y a plus de 20 % de chances que la foudre frappe le Centre spatial Kennedy, dépassant ainsi l’une des contraintes météorologiques pour le remplissage. Il doit y avoir moins de 20 % de chance d’avoir des éclairs dans un rayon de 8 km autour de l’aire de lancement pour que le remplissage du réservoir de la fusée lunaire SLS puisse commencer. La crainte ne dure que quelques minutes : feu vert pour le remplissage.

La menace de foudre ayant diminué, la NASA a commencé à refroidir la ligne de transfert d’oxygène liquide sur la plateforme 39B. Cela conditionne thermiquement les systèmes au sol pour le chargement de l’oxydant cryogénique dans l’étage central de la fusée lunaire Artemis 1. Le compte à rebours vient de partir. Les orages menaçants s’estompent, notre moral remonte. Puis, silence. On écoute le commentateur de la NASA qui nous informe que l’opération de remplissage du réservoir a pris environ une heure de retard ce matin. Le lancement n’est donc pas forcément assuré pour ce lundi 29 août, 8h33 (locale), 14h33 (suisse). Mais la fébrilité reprend, on y croit !

Blues! 

[Cape Canaveral, August 29, 2022, rke, Français below] – Sporadic lightning strikes and a one-hour delay in filling the spacecraft are putting a question mark over whether the launch will take place on time. Don’t panic, the launch window is two hours.

Seven hours before the launch, around 1:30 a.m., I just arrived at the press center. As the seats are all occupied, I settle on a makeshift chair in a corner of the press room. The time to take out my photographic equipment, I take advantage of it to make a night view of the surroundings. In the distance, Artemis is so well lit by its projectors that we distinguish it with clearness. It seems closer than it is in reality. This only object of covetousness makes us feverish. One piaffe of impatience to see this launching. The climate is heavy, the humidity sticks to me to the sneakers.

Some lightning comes to sow the doubt on the outcome of the countdown. There is more than a 20% chance that lightning will strike the Kennedy Space Center, exceeding one of the weather constraints for the fill. There must be less than a 20 percent chance of lightning within a five-mile radius of the launch pad for the SLS moon rocket’s tank filling to begin. The fear lasts only a few minutes: green light for filling.

With the lightning threat diminished, NASA began cooling the liquid oxygen transfer line on pad 39B. This thermally conditions the ground systems for loading the cryogenic oxidizer into the center stage of the Artemis 1 lunar rocket. The countdown has just begun. The threatening storms fade, our spirits rise. Then, silence. We listen to the NASA commentator who informs us that the tank filling operation was delayed by about an hour this morning. The launch is thus not necessarily assured for this Monday, August 29, 8:33 a.m. (local), 2:33 p.m. (Swiss). But the feverishness starts again, we believe in it!

With the threat of lightning diminished, NASA has started chilldown of the liquid oxygen transfer line at pad 39B. This thermally conditions the ground systems for loading of cryogenic oxidizer into the core stage of the Artemis 1 moon rocket.

La nuit est très humide et orageuse. Quelques éclaires viennent illuminer 

« Ambassadeur-rédacteur » des ingénieurs suisses

[Cape Canaveral, August 28, 2022, rke, English below] – « Ambassadeur-rédacteur » des ingénieurs suisses sur le site d’Artemis de la NASA, je ne passe pas inaperçu. Cela me gêne un peu.

Photo taken by : Jacques van Oene.

Depuis quelques années, je couvre divers lancements (voir ma liste, cliquez ici) accrédité en tant que journaliste en mon nom propre, évidemment, mais aussi celui de l’association Swiss Engineering. Pour ceux qui ne la connaissent pas, surtout outre-Atlantique, il s’agit d’un regroupement d’ingénieur.e.s et d’architectes qui représente près du 10% des quelques 130’000 ingénieur.e.s de Suisse. Cette association, dont le président actuel est Giovanni Crupi, édite un magazine mensuel en allemand et en français, dont je suis rédacteur en chef romand depuis plus de 14 ans.

On doit batailler pour avoir une place assise

Après avoir visité ce dimanche 28 août l’Operations and Checkout Building (O&C), le Bâtiment des opérations et des contrôles (O&C) où sont installées les capsules Orion (dont je vous raconterai mon aventure avec Thomas Pesquet ultérieurement), me voici revenu dans le centre de presse névralgique du moment où grouille un monde fou. On doit presque batailler pour avoir une place assise. Pour ce décollage, toujours prévu ce lundi 29 août à 8h33 locale (14h33) suisse, j’ai dû partir à minuit, soit 8 heures avant pour être sûr de ne pas tomber dans des bouchons. Il faut dire qu’avec ma casquette vissée sur la tête au nom de Swiss Engineering, je ne passe pas inaperçu. Cela me gêne un peu, disais-je, car j’aime bien passer incognito, c’est plus simple.

Le double langage d’Artemis

Sur ce site tant convoité des médias, mes collègues européens ne manquent pas d’être présents. Tout d’abord, le magazine Ciel & Espace représenté par les attachant.es reporters Emilie Martin et Philippe Henarejos. Il y a aussi l’AFP, puis TF1 et d’autres. « Moi, je suis de France Télévision, me signale avec une pointe d’arrogance au fil d’une discussion le journaliste de cette chaîne »

« Et vous ? », me demande-t-il ? 

  • Du magazine Swiss Engineering, comme c’est mentionné sur ma casquette
  • Ah, ça monte le niveau ! Vous pourriez quand même, en tant que Romand, prévoir de traduire en français le Presskit de la mission !

Du coup, je tombe des nues. Ce n’est quand même pas ma tâche de m’occuper de ce problème. Ma réponse est immédiate :

  • On est aux USA, tout est et reste en anglais !

Je me suis retenu de lui donner une réponse oralement, alors la voici par écrit : « Monsieur le journaliste de France Television, apprenez l’anglais ! »

S’il venait à lire ce blog, ce qui m’étonnerait, qu’il ne se vexe pas : je comprends nos chers voisins francophones qui veulent préserver leur langue. La nôtre, la mienne.

Artemis, elle, n’en a que faire. Elle part dans dix heures, à 8h33 (locale), 14h33 (suisse).

« Ambassador-editor » for Swiss engineers

Photo taken by : Jacques van Oene.

[Cape Canaveral, August 28, 2022, rke] – As « ambassador-editor » for Swiss engineers on NASA’s Artemis site, I don’t go unnoticed. This makes me a little uncomfortable.

For the past few years, I have been covering various launches (see my list, click here) accredited as a journalist on my own behalf, of course, but also on behalf of the Swiss Engineering Association. For those who don’t know it, especially on the other side of the Atlantic, it is a group of engineers and architects that represents about 10% of the 130’000 engineers in Switzerland. This association, whose current president is Giovanni Crupi, publishes a monthly magazine in German and French, of which I have been editor-in-chief in French-speaking Switzerland for over 14 years.

We Have to Fight to Get a Seat

After visiting the Operations and Checkout Building (O&C) on Sunday, August 28, where the Orion capsules are installed (I will tell you about my adventure with Thomas Pesquet later), I am back in the nerve center of the moment where a crazy crowd is swarming. We almost must fight to get a seat. For this takeoff, still planned for Monday, August 29 at 8:33 a.m. local time (2:33 p.m.), I had to leave at midnight, 8 hours before to be sure not to run into traffic. It must be said that with my cap screwed on my head with the name of Swiss Engineering, I don’t go unnoticed. This bothers me a little, as I like to be incognito, it’s easier.

The Double Language of Artemis

On this site so coveted by the media, my European colleagues are not missing. First, the magazine Ciel & Espace represented by the endearing reporters Emilie Martin and Philippe Henarejos. There is also the AFP, then TF1 and others. « Me, I am from France Television, says to me with a point of arrogance during a discussion the journalist of this channel ».

« And you? » he asks me. 

⁃ From Swiss Engineering magazines, as it says on my cap.

⁃ Ah, that raises the bar! You could still, as a French-speaking person, plan to translate the mission’s Press Kit into French!

So, I’m stunned. It’s not my job to deal with this problem. My answer is immediate:

⁃ This is the USA; everything is and remains in English!

I held back from giving him an oral response, so here it is in writing: « Mr. France Television reporter, learn English! »

If he were to read this blog, which would surprise me, don’t let him get offended: I understand our dear French-speaking neighbors who want to preserve their language. Ours, mine.

Artemis, on the other hand, doesn’t care. She leaves in ten hours, at 8:33 a.m. (local), 2:33 p.m. (Swiss).

Soucis de shoots d’Artemis

[Cape Canaveral, August 27, 2022, rke, english below] – J’angoisse pour des soucis de réglages photos sur le site d’Artemis, mais je me réjouis de visiter, ce dimanche 28 août 2022, les antres du building où sont montées les futures capsules d’Orion… habitables.

J’installe ma caméra ici.

Quelque deux cents photographes avons le privilège de poser notre équipement photo autour d’Artemis, ce samedi 27 août 2022. Ce jour-là nous est réservé à l’extérieur du pas de tir, la pose de nos équipements photo. 

À quelque deux cents mètres, La fusée est tellement imposante qu’on a presque l’impression de la toucher. Pour nous, la NASA avait prévu 4 sites, on n’en a eu droit qu’à 3, ce qui est déjà énorme. Je peux être heureux de pouvoir fixer un seul trépied sur l’un de ces endroits-là, mais quand je vois mes collègues américains débarquer avec quatre, voire 6 appareils photo sous les bras, il faut dire que je suis un peu jaloux. Résidents américains, ils peuvent aisément emmener tout le matériel dont ils ont envie, eux. Pas nous, qui venons d’outre-Atlantique, question de poids à transporter dans les airs. Il faut dire que je suis comblé d’être le seul Helvète en ce moment sur place, mais mon gros souci est de pouvoir réussir mes images, comme je l’avais fait en avril 2018 le lancement de CRS-14 avec l’expérience du CSEM.

L’image bloque

Malheureusement, par la suite, j’ai loupé mes photos lors de quatre autres lancements. Problème : mon boîtier se bloquait à chaque fois à la première image et je ne sais pas pourquoi, même avec des réglages identiques. Du coup, je me suis équipé cette fois avec un Canon 5D Mark 3, sachant que je prends des risques, puisque, si par malheur la fusée explose, mon appareil s’envolera avec et l’assurance ne couvre pas les dégâts, dans ce cas-là. Pour la petite histoire, nous fixons sur nos appareils (où l’on accroche le flash d’habitude) un petit boîtier, MIOPS, un trigger, plus précisément, qui permet de déclencher les images aux sons. Encore faut-il en régler la sensibilité correctement.

J’ai posé mon attirail sur le deuxième site (sur les trois prévus), comme on le voit sur la photo ci-contre. Je pense que mon choix est le bon. De toute façon, là ou ailleurs, l’important est de réussir les images.

Douche orageuse sur le site

Ce samedi 27 août après-midi, un surprenant orage est venu doucher le centre spatial, ce qui m’angoisse encore davantage. Je doute qu’avec un sac en plastique posé sur mon appareil photo suffira à retenir la pluie qui s’est abattue d’un coup sur le site. D’autant plus que mon trépied, malgré qu’il soit solide, est placé en hauteur, ce qui le déstabilise un peu. Cela m’angoisse. Je préfère ne m’as y penser. On verra lundi, après le décollage, si la fusée s’envole. Rendez-vous compte, on pose nos appareils, déjà deux jours avant le lancement : encore faut-il que les piles tiennent ! Mais ça, c’est valable pour tous-tes les photographes engagé.e.s sur place. Qui vivra verra, comme on dit. Alors, je vis.

Ce dimanche 28 août, la NASA nous invite à visiter le centre opérationnel d’Orion, la capsule conique d’Artemis II et III, avec son module de service européen ! Je vais oublier mes soucis de réglages photographiques.

Artemis shooting troubles

[Cape Canaveral, August 27, 2022, rke] – I’m worried about the Artemis site, but I’m looking forward to visit, this Sunday, August 28, 2022, the building where the future Orion capsules are assembled… habitable.

Selfie taken by Ken Kremer : http://www.spaceupclose.com

Some two hundred photographers have the privilege to put our photo equipment around Artemis, this Saturday, August 27, 2022. This day is reserved to us outside the launching pad, the pose of our photo equipment. 

At about two hundred meters, the rocket is so imposing that we almost have the impression to touch it. For us, NASA had planned 4 sites, we were allowed only 3, which is already enormous. I can be happy to be able to fix a single tripod on one of these places, but when I see my American colleagues landing with four, even six cameras under their arms, I must say that I am a little jealous. American residents can easily bring all the equipment they want. Not us, who come from across the Atlantic, because of the weight to carry in the air. It must be said that I am fulfilled to be the only Swiss at this time on the site, but my big concern is to be able to succeed my images, as I had done in April 2018 the launch of CRS-14 with an experiment of the CSEM.

The Image Blocks

Unfortunately, after that, I missed my pictures on four other launches. Problem: my box blocked each time at the first image, and I don’t know why, even with identical settings. So, this time, I equipped myself with a Canon 5D Mark 3, knowing that I take risks, since, if by misfortune the rocket explodes, my camera will fly away with it and the insurance doesn’t cover the damage, in this case. For the record, we attach to our cameras (where we usually hang the flash) a small box, MIOPS, a trigger, to be precise, which allows us to trigger the images with sounds. But we still must set the sensitivity correctly.

I put my equipment on the second site (out of the three planned), as you can see on the picture opposite. I think my choice is the right one. In any case, there or elsewhere, the important thing is to get the images right.

Stormy Shower on the Site

This Saturday afternoon, August 27, a surprising thunderstorm came to shower the space center, which makes me even more anxious. I doubt that a plastic bag on my camera will be enough to hold back the rain that fell suddenly on the site. Especially since my tripod, although it is solid, is placed in height, which destabilizes it a little. This makes me anxious. I prefer not to think about it. We will see Monday, after the takeoff, if the rocket takes off. You can imagine, we already put our devices two days before the launch: the batteries still must hold! But this is valid for all the photographers hired on the site. Who will live will see. So, I live.

This Sunday, August 28, NASA invites us to visit the Orion operations center, the conical capsule of Artemis II and III, with its European service module! I’ll forget my worries about photographic settings.

Photos d’Artemis : l’humidité qui me dérange 

[Cape Canaveral, August 26, 2022, rke, english below] – L’humidité brouille mes objectifs, juste avant de poser mon équipement photo aux pieds de la fusée SLS.

Je ne sais pas si vous remarquez, mais l’herbe sur le terrain du site du News Center du Kennedy Space Center (KSC), est verdoyante. Voir l’image ci-dessus. Pourtant il fait 32 degrés Celsius, 90 degrés F., et je supporte assez bien cette chaleur. Le taux d’humidité est tellement, haut, en Floride, qu’il atteint, en ce moment, 70%. À tel point que, en sortant de notre salle de presse où l’air est conditionné à l’extrême, de la buée se forme sur mes objectifs. Ce ne sont pas des blagues, j’en ai même les mains m’ouates. Cela même fait penser que je dois préparer mon équipement photo pour demain samedi 27 août. Je suis intégré dans le groupe C parmi les quelques centaines de photographes autorisés. En fait, c’est un chiffre que j’estime, car le staff qui s’occupe de nous n’a pas été en mesure de me préciser le nombre exact. Une chose est certaine, je suis et reste le seul suisse à poser mon matériel photo sur les pas de tir de fusées.

Lancement d'Artemis. L’humidité brouille mes objectifs, juste avant de poser mon équipement photo aux pieds de la fusée SLS.
Au coeur de la NASA : peu de monde en ce moment, mais ça va bouger ! Le masque n’est pas obligatoire, mais recommandé.

Je dois donc me lever à 4h du matin (locale), ce samedi 27 août, le temps de déjeuner, puis d’avaler les 30 miles jusqu’au premier office de presse. Je précise que j’ai déjà mes deux badges officiels, celui de l’État et de la mission, mais je dois à nouveau montrer « patte blanche », si je puis dire, pour monter dans le premier bus. Embarquement obligatoire pour les reporters étrangers, les autres, américains, peuvent utiliser leur voiture. Mais tout le monde, y compris les employés du centre, doit s’arrêter au poste de contrôle principal. Là, un garde sort de sa bicoque pour scruter les badges. La méfiance est absolue au pays de l’Oncle Sam, cela n’a pas changé, mais parfois, selon l’humeur du garde, le contrôle est moins strict.

Une fois arrivé sur site, un autre bus nous attend : celui qui nous amène sur le pas de tir 39B. Là, nos affaires sont inspectées par un chien renifleur. Mais ça, c’est une autre histoire, à suivre…

Une chose est certaine, je suis et reste le seul suisse à poser mon matériel photo sur les pas de tir de fusées

Ça va partir !

Les météorologistes prédisent que les orages et éclaires autour du centre spatial vont s’estomper d’ici peu, ce qui augure un décollage fort probable ce lundi 8h33 locale, 14h33 suisse. 70% de chances qu’Artemis soit lancée. Il va falloir tout de même que je protège mon équipement en fonction d’une grosse averse.

Falcon 9 décolle tout près ce samedi 

Autre souci photographique : un lancement – encore un – est prévu sur le pas de tir SLC 40, assez loin d’Artemis quand même, avec une fusée Falcon 9 à 22h locale. Problème : comme nos appareils seront installés sur le pas de tir 39 B, vers Artemis nos déclencheurs-son risquent de s’activer inutilement et user les piles. Réponse de la NASA : vous n’avez qu’à régler vos appareils en conséquence. Nous voilà avertis !

Artemis photos: the humidity that bothers me 

[Cape Canaveral, August 26, 2022, rke] – Moisture is clouding my lenses, just before I set my camera equipment down at the feet of the SLS rocket.

Dans l’attente du décollage, les préparatifs d’une TV américaine, avec Artemis en arrière plan.

I don’t know if you notice, but the grass on the Kennedy Space Center (KSC) News Center site is green. See the image above. Yet it’s 32 degrees Celsius, 90 degrees F., and I’m handling the heat well. The humidity is so high in Florida that it is currently at 70%. So much so, that when I leave our press room where the air is conditioned to the extreme, I get fog on my lenses. I’m not kidding, my hands are even getting wet. It even makes me think that I must prepare my camera equipment for tomorrow, Saturday, August 27. I’m in group C among the few hundred authorized photographers. In fact, it is a number that I estimate, because the staff who takes care of us was not able to specify me the exact number. One thing is certain, I am and remain the only Swiss to put my photographic equipment on the rocket launching pads.

So, I must get up at 4a.m. (local time), this Saturday, August 27th, the time to have breakfast, then to swallow the 30 miles to the first press office. I specify that I already have my two official badges, the one of the State and the one of the missions, but I must again show « white patina », if I can say so, to get on the first bus. Boarding is mandatory for foreign reporters, the others, Americans, can use their cars. But everyone, including the center’s employees, must stop at the main checkpoint. There, a guard comes out of his shack to check the badges. Mistrust is absolute in Uncle Sam’s country, that hasn’t changed, but sometimes, depending on the guard’s mood, the control is less strict.

Once arrived on site, another bus is waiting for us: the one that brings us to the shooting range 39B. There, our stuff is inspected by a sniffer dog. But that’s another story, to be continued…

One thing is certain, I am and remain the only Swiss to put my photographic equipment on the rocket launching pads

It’s going to start!

The meteorologists predict that the storms and lightning around the space center will fade away soon, which means that the launch is very likely to take place this Monday at 8:33 a.m. local time, 2:33 p.m. Swiss time. Seventy percent of chances that Artemis will be launched. I’ll have to protect my equipment against a heavy rainfall.

Falcon 9 Takes Off Close This Saturday 

Another photographic concern: a launch – another one – is scheduled on the SLC 40 launch pad, quite far from Artemis anyway, with a Falcon 9 rocket at 10 p.m. local time. Problem: as our cameras will be installed on launch pad 39 B, towards Artemis, our sound triggers may be activated unnecessarily and wear out the batteries. NASA’s answer: you just must adjust your devices accordingly. We are notified!

Et si Artemis explose ? On file !

[Cape Canaveral, August 25, 2022, rke, english below]. En cas d’explosion d’Artemis – ça peut arriver – on a 5 minutes pour filer se protéger dans un bâtiment. Ça va chauffer !

Un orage vient de doucher notre possibilité de nous rendre sur le pas de tir poser nos premiers appareils, ceux au pied de la tour de lancement. Un coup de frais bienvenu vu le chaud hyper humide. Finalement, tout s’est décanté une heure plus tard.

Notre vue depuis le site de presse.

On a une autre possibilité d’y aller samedi et ce sera mon tour. Les journalistes commencent à arriver en nombre, la plupart des TV ont planté leurs tentes. Nous avons reçu des consignes strictes pour le jour du lancement prévu ce lundi 29 août à 14h33 en Suisse. La NASA nous met en garde que, au cas où une improbable anomalie survient, c’est-à-dire si la fusée explose – c’est déjà arrivé – on nous demande de nous réfugier, dans les 5 minutes, à l’intérieur de l’espace qui nous est assigné. Pas dans l’espace là-haut, mais l’espace de vide. « La menace sur le site de presse pourrait être le chlorure d’hydrogène et la mise à l’abri devrait durer moins de 30 minutes maximum », mais bon. Si je fais le calcul, on a intérêt à nous réfugier le plus vite possible. Car si la fusée explose, des débris peuvent nous toucher plus vite que les 5 minutes !

Bill Nelson qui a volé avec la navette spatiale américaine Columbia STS 61C en janvier 1986.

Bon, tout va bien. On a reçu la visite de Bill Nelson, le patron de la NASA tout à fait accessible pour tout un chacun. Mais comme mes collègues se sont « un peu » rué sur lui, j’ai préféré le prendre en photo. À l’écart, c’est plus discret.

« La menace sur le site de presse pourrait être le chlorure d’hydrogène et la mise à l’abri devrait durer moins de 30 minutes maximum »

NASA

What is happened if Artemis explodes? Let’s go!

[Cape Canaveral, August 25, 2022, rke]. In case of Artemis explosion – it can happen – we have 5 minutes to run and protect ourselves in a building. It’s going to get hot!

A thunderstorm has just showered our possibility to go to the launch pad to put our first devices, those at the foot of the launch tower. A welcome breath of fresh air considering the hot and humid weather. Finally, everything settled down an hour later.

In the background… Artemis will leave

« The threat at the press site could be hydrogen chloride and the sheltering should last less than 30 minutes maximum. »

NASA

We have another possibility to go on Saturday and it will be my turn. The journalists begin to arrive in number, the majority of the TV set up their tents. We received strict instructions for the day of the launch scheduled for Monday August 29 at 2:33 pm in Switzerland. NASA warns us that, in case of an improbable anomaly, i.e. if the rocket explodes – it already happened – we are asked to take refuge, within 5 minutes, inside the space assigned to us. Not in the space up there, but the space of vacuum. « The threat at the press site could be hydrogen chloride and the sheltering should last less than 30 minutes maximum, » but oh well. If I do the math, we better take cover as soon as possible. Because if the rocket explodes, debris can hit us faster than 5 minutes!

Well, everything is fine. We received the visit of Bill Nelson, the boss of the NASA quite accessible for everyone. But as my colleagues have « a little » rushed on him, I preferred to take his picture. On the sidelines, it’s more discreet.

La Suisse suffoque, la Floride supporte

Vol Swiss LX 64, 23 août 2022. Dites au pilote : « La prochaine fois, tourner à droite ! »

[Cape Canaveral, August 25, 2022, rke, English below]. Mais où sont passés les ouragans ? En volant sur la Floride, mardi 29 août, je me suis méfié d’un éventuel typhon qu’on aurait dû éviter. Mais rien ! 

Lorsque le pilote nous a annoncé une température de 29 degrés C. à notre arrivée, je me suis étonné. Avec nos 35 degrés C. en Suisse, j’ai pu me rassurer. D’après le National Hurricane Center, pas de tempête en vue. Il paraît que l’eau n’est pas assez chaude sur la Méditerranée pour voir un cyclone se former. Décidément, c’est le monde à l’envers. La Suisse suffoque, la Floride supporte.  

Cette mission, dont le décollage toujours prévu lundi 29 août 2022 à 8h33 (locale), est la suite du Programme Apollo ; Artemis étant la sœur jumelle d’Apollon. Il s’agit d’envoyer la capsule Orion (en partie européenne, le module de service) autour de la Lune sur une orbite elliptique élastique et de la faire revenir sur la Terre un mois plus tard. Cette fois, pas d’astronautes, c’est prévu seulement en 2024. D’où mon intérêt d’être là quand même, car c’est la mission la plus périlleuse que la NASA entreprend depuis décembre 1972Donc historique !

Je viens d’arriver au cœur de la NASA sur le site de presse tant convoité, mes deux badges autour du cou.

En face de nous, même à 5 km, Artemis est si grande (98 m) qu’on a presque l’impression de la toucher. Reporters et photographes sont impatients de planter nos appareils à deux endroits bien contrôlés, à l’intérieur du pas de tir, autrement dit au pied de la fusée, puis à l’extérieur, soit autour de l’engin.

Et déjà, nous venons de recevoir des consignes très strictes pour ce lancement ! À suivre dans une prochaine News.

Switzerland suffocating, Florida enduring

Satellite image from 7:19 am EDT Aug 25. – National Hurricane Center Miami, Florida

[Cape Canaveral, August 25, 2022, rke]. But what happened to the hurricanes? Flying over Florida on Tuesday, August 29, I was wary of a possible typhoon that we should have avoided. But nothing! 

When the pilot announced a temperature of 84 F. upon arrival, I was surprised. With our 95 F. in Switzerland, I was reassured. According to the National Hurricane Center, there is no storm in sight. It seems that the water is not warm enough on the Mediterranean to see a cyclone forming. The world is definitely upside down. Switzerland suffocates, Florida endures.  

Miami Beach.

This mission, whose takeoff is still planned on Monday, August 29, 2022, at 8:33 a.m. (local), is the continuation of the Apollo Program; Artemis being the twin sister of Apollo. It is a question of sending the Orion capsule (partly European, the service module) around the Moon on an elastic elliptic orbit and to make it return on the Earth one month later. This time, no astronauts, it is planned only in 2024. Hence my interest in being there anyway, as this is the most perilous mission NASA has undertaken since December 1972. So historic!

I just arrived at the heart of NASA at the coveted press site, my two badges around my neck.

In front of us, even at 5 km, Artemis is so big (321 feet) that we almost feel like touching it. Reporters and photographers are impatient to plant our cameras in two well-controlled places, inside the launch pad, in other words, at the foot of the rocket, then outside, around the spacecraft.

And already, we have just received very strict instructions for this launch! To be continued in a next News.

De la Lune à la Terre pour un béton écologique

[Cape Canaveral, June 12, 2022. rke. English below] – Le camion de l’espace de SpaceX/NASA CRS-25 doit amener des expériences scientifiques sur orbite à 450 km d’altitude en vue d’obtenir une cartographie de poussières minérales et fournir une alternative de béton écologique pour la fabrication de structures sur Terre, comme sur la Lune avec le projet Artemis.

Photo du haut : ma photo d’un lever de soleil sur le pas de tir 39B avec la fusée Artemis I.

Le 14 janvier 2022, de forts vents saisonniers ont transporté de la poussière du nord-ouest de l’Afrique au-dessus des îles Canaries, entraînant une baisse de la visibilité et de la qualité de l’air. EMIT mesure la composition minérale de la poussière dans les régions arides de la Terre, créant ainsi une carte qui pourrait permettre de mieux comprendre comment la poussière affecte les personnes et les communautés.
On Jan. 14, 2022, strong seasonal winds carried dust from northwest Africa over the Canary Islands, causing visibility to drop and air quality to decline. EMIT measures the mineral composition of dust in Earth’s arid regions, creating a map that could improve understanding of how dust affects people and communities. © : NASA

Une capsule Dragon devait décoller de Cap Canaveral (SLC-40) vers la Station internationale (ISS) ce vendredi 10 juin, mais cette mission CRS-25 (ou SpX-25) est reportée dès le 28 juin. Je dis « dès » car la date dépend de la réparation du cargo qui transporte le matériel, autrement dit la capsule Dragon de SpaceX chapeautée par la NASA. Je ne peux évidemment pas rester aussi longtemps pour assister au décollage, bien que je sois dûment accrédité. Toutefois, c’est grâce à cette accréditation que j’ai pu assister au rollout (à la sortie) d’Artemis et à son lever de soleil sur son pas de tir.

Pourquoi ce retard ? Le problème concerne le carburant, de l’hydrazine, utilisé pour les petits propulseurs Draco de la capsule. Un sujet qui préoccupe les ingénieurs puisque, le 26 décembre 2019, le même problème est survenu lors d’un essai au sol avec la version habitée. Face aux niveaux anormalement élevés de vapeur d’hydrazine, la NASA et SpaceX ont décidé de décharger le carburant et l’oxydant de la zone affectée pour pouvoir passer à des inspections et des tests approfondis. Donc, nous attendons…

Cicatrisation des plaies…


This image shows skin samples cultured in the Suture in Space hardware prior to flight. This European Space Agency (ESA) investigation examines the behavior of sutures and wound healing in microgravity. Cette image montre des échantillons de peau cultivés dans le matériel Suture in Space avant le vol. Cette initiative de l’Agence spatiale européenne (ESA) examine le comportement des sutures et la cicatrisation des plaies en microgravité. © : University of Florence

Cette 25e mission de services de réapprovisionnement en fret transporte des recherches scientifiques et des démonstrations technologiques. Elles comprennent des études sur le système immunitaire, la cicatrisation des plaies, des biomarqueurs sans cellules, ainsi que la cartographie de la composition de la poussière terrestre et l’essai d’une alternative au béton.

Cartographier la poussière de la Terre

Le projet EMIT (Earth Surface Mineral Dust Source Investigation), développé par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA en Californie, utilise la technologie de spectroscopie d’imagerie de la NASA pour mesurer la composition minérale de la poussière dans les régions arides de la Terre. La poussière minérale soufflée dans l’air peut parcourir d’importantes distances et avoir un impact sur le climat de la Terre, la météo, la végétation, etc. Par exemple, la poussière contenant des minéraux sombres qui absorbent la lumière du soleil peut réchauffer une région, tandis que la poussière minérale de couleur claire peut la refroidir. La poussière soufflée affecte également la qualité de l’air, les conditions de surface telles que le taux de fonte des neiges, et la santé du phytoplancton dans l’océan. L’enquête recueille des images pendant un an afin de générer des cartes de la composition minérale des régions de la Terre qui produisent de la poussière. Ces cartes pourraient nous aider à mieux comprendre les effets de la poussière minérale sur les populations humaines actuelles et futures.

Mélange d’eau et de protéine appelée albumine de sérum bovin 

La recherche sur les biopolymères pour les capacités in situ examine comment la microgravité affecte le processus de création d’un béton alternatif fabriqué à partir d’un matériau organique et de matériaux sur place telle que la poussière lunaire ou martienne, appelé composite biopolymère-sol (BPC). L’utilisation des ressources disponibles sur le lieu de la construction permet d’augmenter la masse du matériau de construction et, par conséquent, la quantité de blindage. « Les astronautes sur la Lune et sur Mars auront besoin d’habitats offrant une protection contre les rayonnements, mais le transport de grandes quantités de matériaux de construction conventionnels depuis la Terre est impossible d’un point de vue logistique et financier », a déclaré Laywood Fayne, membre de l’équipe. « Notre équipe d’étudiants, dirigée par Michael Lepech du Blume Earthquake Engineering Center de l’université de Stanford, étudie un moyen de convertir le régolithe de ces environnements en un matériau ressemblant à du béton en y mélangeant de l’eau et une protéine appelée albumine de sérum bovin. »

Moins de carbone pour le béton

Ce matériau durcit à mesure que l’eau s’évapore, un processus affecté par la gravité, explique James Wall, codirecteur de l’équipe. « Notre projet consiste à fabriquer six briques en microgravité pour les comparer aux briques fabriquées sur Terre à 1G et à moins de 1G », explique Wall. « Nous étudierons le nombre et les orientations des ponts protéiques, la résistance à la compression et la porosité. Nos conclusions pourraient aider à déterminer comment ces briques pourraient se former sur la Lune et sur Mars. »

Les BPC pourraient également offrir une alternative de béton écologique pour la fabrication de structures sur Terre. En 2018, la production de béton représentait 8% des émissions mondiales de carbone. Le matériau BPC n’a aucune émission de carbone et peut être fabriqué à partir de ressources locales et facilement disponibles, ce qui simplifie également les chaînes d’approvisionnement. Cette expérience s’inscrit dans le cadre du programme SPOCS (Student Payload Opportunity With Citizen Science) de la NASA, qui offre aux étudiants inscrits dans des établissements d’enseignement supérieur la possibilité de concevoir et de construire une expérience à destination et en provenance de la Station spatiale internationale.

Moon to Earth for green concrete

[Cape Canaveral, June 12, 2022] – The SpaceX/NASA CRS-25 space truck is set to take scientific experiments into orbit at an altitude of 450 km, to obtain maps of the effects of mineral dust on people and to provide an environmentally friendly concrete alternative for making structures on Earth, such as on the Moon with the Artemis project.

Top photo: Sunrise on launch pad 39B.

Flight hardware for the Biopolymer Research for In-Situ Capabilities, an investigation of how microgravity affects the process of creating a concrete alternative made with an organic material and on-site materials such as lunar or Martian dust. Each module makes two bricks, for a total of six bricks made in space. Matériel de vol pour la recherche sur les biopolymères pour les capacités in situ, une étude sur la façon dont la microgravité affecte le processus de création d’une alternative en béton faite avec un matériau organique et des matériaux sur place tels que la poussière lunaire ou martienne. Chaque module fabrique deux briques, soit un total de six briques fabriquées dans l’espace.© : James Wall

A Dragon capsule was supposed to lift off from Cape Canaveral (SLC-40) to the International Space Station (ISS) this Friday, June 10, but this CRS-25 (or SpX-25) mission has been postponed until June 28. I say « as early as » because the date depends on the repair of the cargo ship carrying the hardware, otherwise the SpaceX Dragon capsule chartered by NASA. I obviously cannot stay that long to witness the liftoff, although I am duly accredited. However, it is thanks to this accreditation that I was able to attend the rollout of Artemis and its sunrise on its launch pad.

Why this delay? The problem concerns the fuel, hydrazine, used for the small Draco thrusters of the capsule. A subject that worries the engineers since, on December 26, 2019, the same problem occurred during a ground test with the manned version. Faced with abnormally high levels of hydrazine vapor, NASA and SpaceX decided to unload the fuel and oxidizer from the affected area so that they could move on to thorough inspections and testing. So, we’re waiting…

Wound healing…

This 25th cargo resupply service mission carries scientific research and technology demonstrations. They include studies of the immune system, wound healing, cell-free biomarkers, as well as mapping the composition of earth dust and testing an alternative to concrete.

Mapping Earth’s Dust

The Earth Surface Mineral Dust Source Investigation (EMIT), developed by NASA’s Jet Propulsion Laboratory in California, employs NASA imaging spectroscopy technology to measure the mineral composition of dust in Earth’s arid regions. Mineral dust blown into the air can travel significant distances and have impact Earth’s climate, weather, vegetation, and more. For example, dust containing dark minerals that absorb sunlight can warm an area, while light-colored mineral dust can cool it. Blowing dust also affects air quality, surface conditions such as the rate of snow melt, and phytoplankton health in the ocean. The investigation collects images for one year to generate maps of the mineral composition in the regions on Earth that produce dust. Such mapping could advance our understanding of the effects of mineral dust on human populations now and in the future.

A Mixture of Water and a Protein Called Bovine Serum Albumin

Biopolymer Research for In-Situ Capabilities looks at how microgravity affects the process of creating a concrete alternative made with an organic material and on-site materials such as lunar or Martian dust, known as a biopolymer soil composite (BPC). Using resources available where construction takes place makes it possible to increase the mass of the construction material and, therefore, the amount of shielding. »

Astronauts on the Moon and Mars will need habitats that provide radiation shielding but transporting large amounts of conventional construction materials from Earth is logistically and financially infeasible,” said team member Laywood Fayne. “Our student team, led by Michael Lepech from the Blume Earthquake Engineering Center at Stanford University, is studying a way to convert regolith in these environments into a concrete-like material by mixing in water and a protein known as bovine serum albumin.”

Less Carbon for Concrete

This material hardens as the water evaporates, a process affected by gravity, explains team co-lead James Wall. “Our project consists of making six bricks in microgravity to compare to bricks made on Earth at 1 g and less than 1 g,” Wall says. “We will investigate the number and orientations of protein bridges, compressive strength, and porosity. Our conclusions could help determine how these bricks might form on the Moon and Mars.”

BPCs also could offer an environmentally friendly concrete alternative for making structures on Earth. In 2018, concrete production represented 8% of global carbon emissions. BPC material has zero carbon emissions and can be made from local, readily available resources, which also simplifies supply chains. This experiment is a part of NASA’s Student Payload Opportunity with Citizen Science (SPOCS) program, which provides students enrolled in institutions of higher learning the opportunity to design and build an experiment to fly to and return from the International Space Station.

Quelques unes de mes images d’Artemis sur son pas de tir PAD 39B prises du Canaveral National Seashore.

  • Mes photos de mon trip de juin 2022 / NASA-SpaceX-Artemis sur Flickr:
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