Tempête lunaire

[Cape Canaveral, November 7, 2022, rke, English below] – En Floride, la tempête Nicole obstrue l’éclipse de Lune (début à 4h09, mardi 8 novembre 2022) et fige la fusée lunaire Artemis sur son pas de tir. Et le trip-fusée de la NASA sur fond de Lune tombe à l’eau.
[Image du haut : halo lunaire du 5 novembre 2022. Photo prise sur le pont de Titusville avec un téléobjectif de 400 mm]

Pied de nez à nous ! Ce lundi 7 novembre, 13h50, la NASA nous informe que l’opportunité, pour une poignée de reporters, de suivre l’éclipse totale de Lune aux côtés d’Artemis du mardi 8 novembre est annulée. La raison ? La tempête tropicale Nicole qui s’approche. Pourtant, rien ne semble pour le moment, à 12h15 (locale) venir perturber la quiétude. Ciel bleu, température un peu frisquette, 28 degrés C. C’est le calme avant la tempête.

Image prise depuis le pont de Titusville le 5 novembre 2022 avec un téléobjectif de 400 mm
Image prise depuis le pont de Titusville le 5 novembre 2022 avec un téléobjectif de 400 mm.

Des vents à 210 à 250 km/h

Le Kennedy Space Center est en mode Hurcon IV. Les tempêtes de catégorie 4 peuvent causer des « dommages catastrophiques » avec leurs vents de 130 à 156 mph (210 à 250 km/h). Elles peuvent peut causer de graves dommages aux maisons bien construites, notamment en endommageant la majeure partie du toit et des murs extérieurs. « La plupart des arbres seront cassés ou déracinés et les poteaux électriques abattus », explique le National Hurricane Center. Donc pas question de se balader au pied de la fusée. La tempête, qui peut se transformer en ouragan, se dirige vers le sud-est de la Floride et risque de bifurquer à droite pour remonter jusqu’au centre spatial. Vu la tournure que prend cette tempête, il est possible que la fusée Artemis et les alentours subissent des dégâts. Un retour au bercail est un peu tard en ce moment – il faut 10 heures environ pour acheminer Artemis jusqu’au VAB – mais si cela devait être le cas, les dates potentielles de lancement du 14, 16 ou 19 novembre risqueraient d’être compromises.

Photo prise par Philippe Henarejos le 5 novembre 2022 sur le pont de Titusville où on me voit photographier la Lune avec, en bas au fond, Artemis illuminée.
Photo prise par Philippe Henarejos le 5 novembre 2022 sur le pont de Titusville où on me voit photographier la Lune avec, en bas au fond, Artemis illuminée.

Durée : 1 heure et 25 minutes

Cela dit, la Terre va quand même poser son ombre sur la Lune ce mardi 8 novembre, de surcroît le jour des élections des Midterms. Il s’agira de la deuxième éclipse totale de Lune en 2022, après celle du mois du 16 mai. Le phénomène devrait durer une heure et vingt-cinq minutes, selon l’Institut français de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE). L’éclipse devrait commencer en Europe à 11h16, pour être maximum à 11h59 et finir à 12h41. Durant cette période, la Lune se trouvera dans le cône d’ombre projetée par la Terre et prendra une teinte rouge cuivrée. 

Visible au mieux au Texas

Aux USA, elle aura lieu tôt le matin du jour du scrutin. La moitié environ des 48 États contigus bénéficieront d’un ciel généralement dégagé, ce qui constituera une toile de fond parfaite pour observer l’éclipse totale de Lune qui aura lieu tôt le matin du jour du scrutin. 

« Une large crête de haute pression canadienne centrée sur le centre de l’Ontario qui s’étendra vers le sud-est dans le nord-est, l’Atlantique moyen, la vallée de l’Ohio et du Tennessee et l’est des États des Grands Lacs, assurant de bonnes conditions d’observation pour le spectacle lunaire de mardi matin. Cette région du pays aura les meilleures chances de voir l’éclipse. Boston, New York, Baltimore, Columbus et Nashville devraient toutes bénéficier de belles vues. Le temps clair pourrait s’étendre jusqu’à la côte du golfe du Mexique et au sud du Texas, ce qui permettrait à des villes comme Shreveport, Houston et Austin de bénéficier également d’une bonne visibilité. Une autre région particulièrement prometteuse est celle de l’Arizona et du Colorado », souligne notre confrère Jo Rao de Space.com.

Moon Storm

[Cape Canaveral, November 7, 2022, rke] – In Florida, storm Nicole obstructs the lunar eclipse (beginning at 4:09 a.m., Tuesday, November 8, 2022) and freezes the Artemis lunar rocket on its launch pad. And NASA’s rocket trip against the backdrop of the Moon falls through.

Photo taken from Titusville bridge.

This Monday, November 7, NASA has just informed us that the opportunity for a handful of reporters to follow the total lunar eclipse on Tuesday, November 8, has been canceled. The reason? Tropical Storm Nicole is approaching. However, at 12:15 p.m. (local time), nothing seems to disturb the quietude. Blue sky, temperature a little chilly, 28 degrees C. It is the calm before the storm. The Kennedy Space Center is in Hurcon IV mode.

Winds at 130-156 Mph

Category 4 storms can cause « catastrophic damage » with their 130-156 mph winds. It can cause severe damage to well-constructed homes, including damaging most of the roof and exterior walls. « Most trees will be snapped or uprooted, and power poles downed,” the National Hurricane Center, said.

So, no way to walk around the foot of the rocket. The storm, which may turn into a hurricane, is heading southeast of Florida and may veer to the right and back up to the space center. With the way this storm is shaping up, damage to the Artemis rocket and the surrounding area is possible. A return home is a bit late at this point – it takes about 10 hours to get Artemis to the VAB – but if that were to be the case, the potential dates of launch for Nov. 14, 16 or 19 could be compromised. 

Best Seen in Texas

This will be the second total lunar eclipse in 2022, after the one in May. The phenomenon should last one hour and twenty-five minutes. About half of the 48 contiguous states will enjoy mainly clear skies, providing a perfect backdrop for viewing the total eclipse of the moon that will take place early on Election Day morning. “A large ridge of Canadian high pressure centered over central Ontario which will ridge southeast into the Northeast, middle Atlantic, Ohio and Tennessee River Valley and eastern Great Lakes states ensuring good viewing conditions for Tuesday morning’s moon show. This region of the country will have the best viewing odds for the eclipse. Boston, New York, Baltimore, Columbus and Nashville all should enjoy fine views. Clear weather could extend all the way down to the Gulf Coast and southern Texas, allowing places like Shreveport, Houston and Austin fine views as well. Another area that looks particularly promising is across much of Arizona as well Colorado”, says Space.com‘s Jo Rao. « The moon begins to dim, but the effect is quite subtle, » NASA wrote (opens in new tab) in an eclipse timeline. More striking will be the partial eclipse phase, which will begin at 4:09 a.m. EST and last just over an hour. This is when the moon enters the Earth’s umbra, or darker portion of the Earth’s shadow. If you didn’t notice the penumbral eclipse, you should be able to see this with your unaided eye.

« To the naked eye, as the moon moves into the umbra, it looks like a bite is being taken out of the lunar disk, » NASA wrote in its guide.

Artemis attend l’éclipse totale de Lune

[Cape Canaveral, November 4, 2022, rke, English below] – Flash-back ! Seul reporter Suisse accrédité aux pieds d’Artemis, je suis sur site depuis le 4 novembre 2022, ayant assisté au roll-out (sortie de garage) de la fusée lunaire, attendant l’éclipse totale de Lune du 8 novembre – non visible en Europe – et le lancement, lundi 14 novembre.

Bonjour à toutes et tous qui me lisent sur ce blog. Depuis mon retour en Suisse le 9 septembre, me revoilà de retour sur le « Pas de tir » 39B, voilà donc déjà près de deux mois.

Buts de ma mission : 1. Voir la sortie d’Artemis de son garage le 4 novembre ­– c’est fait ! 2. Assister à l’éclipse totale de Lune le 8 novembre, sur site, avec la fusée lunaire en fond, j’ai les 2 badges officiels pour y être. 3. Poser mes appareils photo aux pieds de la fusée et assister à son lancement prévu le 14, 16 ou 19 novembre. 4. Booster l’écriture du livre sur la fabrique d’outils de coupe jurassienne Louis Bélet SA, dont je suis mandaté. 5. Être en ligne avec la conférence de presse de la sortie du livre sur mon ancien professeur d’école primaire Michel Girardin, prévue le 9 novembre. Quel boulot !

Dilemme de départ

Ma décision de revenir aux USA a été un peu complexe à prendre. Pour le lancement, étant donné que le 14 novembre est un lundi, je devais être à la NASA, à l’Office des badges (premier passage obligé), au plus tard vendredi 11 novembre à midi, au plus tard. Comme l’éclipse totale de Lune – non visible en Europe – a lieu le 8 novembre, il m’aurait fallu être badgé le 4 novembre au plus tard, jour de la sortie d’Artemis de son hangar. Dilemme : comme j’ai déjà assisté de nuit à ce genre de « roulement » de fusée en mai dernier, je ne savais pas trop si j’allais partir avant ou juste avant le lancement. Finalement après mûre réflexion et après avoir appris que mon collègue rédacteur en chef de Ciel & EspacePhilippe Henarejos serait à la sortie d’Artemis, je me suis décidé à y aller au plus vite.

Tiens, on me reconnaît ici !

Démarche express, car deux jours avant mon départ de Zurich, je n’avais pas encore de vol direct Zurich-Miami dans le collimateur. Ce qui fut vite acté grâce à l’agence Kuoni voyage, j’ai pu embarquer le 2 novembre avec le vol LX64 dont j’ai pris l’habitude et le pli. Après une nuit d’hôtel à Miami Airport, j’ai réceptionné le lendemain ma voiture Ford Fusion hybride, et foncé jeudi 3 novembre à ce fameux premier poste des badges avant qu’il ne ferme à 14h30. J’y suis arrivé à midi pile et on m’a reconnu ! « Ah, vous revenez m’a demandé la réceptionniste ? ». Ben oui, évidemment. Dans ma tête, je me disais : « bigre, j’ai bien fait de m’y prendre à ce moment-là ».

Salle de presse vide : que pour nous !

Du coup, tout s’est accéléré. Il m’a fallu alors m’installer et poser mes bagages à l’hôtel, puis partir au deuxième poste de badges (le PIDS), avant d’être escorté en auto – que pour les étrangers – jusque sur le site de presse. Là, avec Philippe Henarejos, on a pu constater que la salle était totalement vide. On nous a fait savoir que nous étions les deux seuls journalistes étrangers accrédités parmi seulement une trentaine d’Américains, pour cette sortie, dont on ne cache pas une certaine fierté (voir photos).

« roll-out » bien huilée
La fusée aurait dû montrer le bout de son nez le lendemain 4 novembre à minuit une. Elle est finalement sortie plus rapidement. Voici un extrait de la News de Philippe Henarejos sur Ciel & Espace :« La procédure du « roll-out », la 3e, est désormais bien huilée. Si bien que la fusée a fait mouvement dès 23 h 20, ce 3 novembre, avec environ 40 minutes d’avance sur l’heure initialement prévue. Ce ballet devient également habituel : seulement une trentaine de journalistes, dont deux non-Américains (Roland J. Keller, de Suisse, et votre serviteur) avaient fait le déplacement pour y assister. Le crawler, l’énorme tracteur à chenilles qui transporte la fusée, sa table de lancement et sa tour, a d’abord parcouru une cinquantaine de mètres en dehors du VAB avant d’observer un arrêt de plus de 30 minutes, le temps de rétracter la passerelle d’accès à la capsule Orion, tout en haut de la fusée. Puis le convoi s’est élancé à 1,5 km/h en direction du pas de tir 39B distant d’environ 5 km. »

Dans une salle de presse vide. Rien que pour nous !

Artemis awaits the total eclipse of the Moon

[Cape Canaveral, November 4, 2022, rke] – Flashback! As the only Swiss reporter accredited at the feet of Artemis, I have been on site since November 4, 2022, having attended the roll-out of the lunar rocket, waiting for the total lunar eclipse of November 8 – not visible in Europe – and the launch on Monday, November 14.

3rd Roll-Out -Artemis I

Hello to all of you who read this blog. Since my return to Switzerland on September 9, I am back on the « launch pad » 39B, almost two months ago.

My mission’s goals: 1. to see the Artemis coming out of its garage on November 4th – it’s done! 2. To attend the total lunar eclipse on November 8, on site, with the lunar rocket in the background, I have the 2 official badges to be there. 3. Put my cameras at the feet of the rocket and attend its launch on November 14, 16 or 19. 4. Boost the writing of the book on the Jura cutting tool factory Louis Bélet SA, for which I am commissioned. 5. Be in line with the press conference for the release of the book on my former elementary school teacher Michel Girardin, scheduled for November 9. What a job!

Departure dilemma

My decision to return to the US was a bit complex to make. For the launch, since November 14 is a Monday, I had to be at NASA, at the Badge Office (the first obligatory passage), no later than Friday November 11 at noon. As the total lunar eclipse – not visible in Europe – takes place on November 8, I should have been badged on November 4 at the latest, the day Artemis left its hangar. Dilemma: as I already attended at night this kind of rocket « rolling » last May, I was not sure if I would leave before or just before the launch. Finally, after much reflection and after having learned that my colleague editor of Ciel & EspacePhilippe Henarejos, would be at the exit of Artemis, I decided to go as soon as possible.

I am recognized here!

I did it quickly, because two days before my departure from Zurich, I still didn’t have a direct flight from Zurich to Miami in my sights. But thanks to the Kuoni travel agency, I was able to board the flight LX64 on November 2nd. After a night in a hotel at Miami Airport, I received my Ford Fusion hybrid car the next day, and went to the famous first check-in desk before it closed at 2:30 pm on Thursday November 3rd. I arrived there at noon sharp and was recognized! « Ah, you’re coming back, » the receptionist asked me. Well yes, of course. In my head, I was thinking: « Wow, I was right to do it at that time ».

Empty press room: only for us!

Then everything accelerated. I then had to settle in and put my luggage down at the hotel, then go to the second badge station (the PIDS), before being escorted by car – only for foreigners – to the press site. There, with Philippe Henarejos, we could see that the room was completely empty. We were informed that we were the only two foreign journalists accredited among only thirty or so Americans for this outing, of which we do not hide a certain pride (see photos).

« A well-oiled « roll-out
The rocket should have shown its nose the next day, November 4, at midnight one. It finally came out faster. Here is an excerpt from Philippe Henarejos’ News on Ciel & Espace: »The « roll-out » procedure, the 3rd, is now well oiled. So, well that the rocket made its move at 11:20 p.m. on November 3, about 40 minutes ahead of the initially scheduled time. This ballet is also becoming usual: only about thirty journalists, including two non-Americans (Roland J. Keller, from Switzerland, and yours truly) had made the trip to attend. The crawler, the huge, tracked tractor that carries the rocket, its launch table and its tower, first travelled about 50 meters outside the VAB before stopping for more than 30 minutes to retract the access bridge to the Orion capsule at the top of the rocket. Then the convoy took off at 1.5 km/h towards launch pad 39B, about 5 km away (3 miles).