Artemis nous offre un refuge

[Cape Canaveral, November 15, 2022, rke, English below] – Artemis attend son heure sur son Pas de tir 39B et nous avons un lieu de refuge en cas de pépins. Décollage ce mercredi 16 novembre à 1h04 (locale), 7h04 (suisse). 

Ça grouille de monde. À l’heure où je vous écris ces lignes, 5h20 avant le décollage, tout se passe bien. Bien ? Cela veut dire un réservoir d’hydrogène rempli, celui d’oxygène presque plein. L’ambiance au centre de presse, cela ne se ressent pas sur l’image dans cette News, devient de plus en plus fébrile. On est loin du décollage, mais on a dû venir sur ce fameux site bien avant, de peur d’être bloqué dans la circulation. À 18h du soir, ce mardi 15 novembre, le temps est très humide. Le ciel est couvert d’une épaisse couche de nuages, mais aucun vent. Je me suis approché du bord de la lagune pour pose mes appareils photo, mais je me fais ravager par les moustiques. Je vais prendre un peu de recul sur un léger monticule, non pas pour avoir de la hauteur, mais pour obtenir une meilleure connexion. Car je dois intervenir en direct ce mercredi 16 novembre au journal de 7h du matin sur la radio supra-régionale RFJ, qui, je le signale pour nos amis américains, a la plus grande audience dans le nord de la Suisse. Je suis donc très occupé à préparer tout ça.

Sur nos gardes !

Cependant, sachez, et je l’ai mentionné dans la précédente tentative de décollage, on doit être sur nos gardes en cas de pépin. Artemis est pile-poil en face de nous, à 3 miles (5 km). C’est peu. Pas âmes qui vivent avant. Bon, sauf les oiseaux qui, eux, peuvent se permettre de titiller en vol la fusée. Le message que nous a transmis la NASA est le suivant : « Pendant le lancement d’Artemis I, votre lieu de refuge dans le cas improbable d’une anomalie sera le bâtiment principal du site de presse. Nous demandons à chacun de se trouver à l’intérieur de l’espace qui lui a été assigné dans les 5 minutes suivant l’annonce de la mise à l’abri. La menace sur le site de presse pourrait être le chlorure d’hydrogène et la mise à l’abri devrait durer moins de 30 minutes maximum. »

De l’incertitude à la confiance

Comme l’explique Philippe Henarejos, rédacteur du magazine Ciel & Espace, « après le passage de l’ouragan Nicole, de légers dommages ont été constatés, notamment sur un matériau de jonction aérodynamique entre la tour d’abandon de mission et la capsule Orion. Mais cela ne constitue pas une menace telle que le décollage doive être repoussé. Une autre incertitude concernait une connexion électrique dans le mât ombilical de queue (au bas de la fusée) qui a été abîmée par l’ouragan. Mais rien de grave pour reporter un décollage.

La cause de la fuite d’hydrogène lors de la précédente tentative n’a jamais été clairement identifiée. Par précaution, le joint sur lequel une entaille avait été repérée a été remplacé. Jeremy Parson, responsable du segment sol d’Artemis, a avoué que c’était le remplissage de l’hydrogène qui l’inquiétait le plus. D’après ce qu’on vit en ces heures, pas de quoi s’inquiéter. D’après mon pronostic, Artemis partira ce jour et à l’heure ! Puisque je vous le dis et redis… 

Artemis offers us a safe

[Cape Canaveral, November 15, 2022, rke] – Artemis is waiting for its time on its launch pad 39B and we have a place of refuge in case of glitches. Takeoff this Wednesday, November 16 at 1:04 a.m. (local), 7:04 a.m. (Swiss). 

It’s full of people. At the time of writing, 5h20 before takeoff, everything is going well. Good? That means a full tank of hydrogen and an almost full tank of oxygen. The atmosphere in the press center, that is not felt on the picture in this news, becomes more and more feverish. We are far from the takeoff, but we had to come on this famous site well before, for fear to be blocked in the traffic. At 6 p.m. of the evening, this Tuesday, November 15th, the weather is very wet. The sky is covered with a thick layer of clouds, but no wind. I approached the edge of the lagoon to put my cameras, but I am ravaged by mosquitoes. I’m going to take a step back on a slight mound, not to get some height, but to get a better connection. Because I have to appear live this Wednesday, November 16, on the 7 a.m. news on the supra-regional radio station RFJ, which, I should point out for our American friends, has the largest audience in northern Switzerland. So I’m very busy preparing for this.

On our guard!

However, you should know, and I mentioned this in the previous attempt to take off, that we have to be on our guard in case of a glitch. Artemis is right in front of us, at 3 miles (5 km). That’s not much. No souls living before. Well, except for the birds that can afford to tickle the rocket in flight. The message we got from NASA was: « During the Artemis I launch, your sheltering facility in the unlikely event of an anomaly will be the main press site building. We are asking everyone to be inside their assigned spaces within 5 minutes after an announcement to seek shelter. The threat at the press site could be hydrochloride and sheltering is expected to last less than 30 minutes max. »

From Uncertainty to Hope

As Philippe Henarejos, editor of Ciel & Espace, magazine, explains, « After Hurricane Nicole, slight damage was noted, particularly to an aerodynamic junction material between the mission abort the tower and the Orion capsule. But this did not pose such a threat that liftoff had to be postponed. Another uncertainty involved an electrical connection in the tail umbilical mast (at the bottom of the rocket) that was damaged by the hurricane. But nothing serious to postpone liftoff.

The cause of the hydrogen leak during the previous attempt was never clearly identified. As a precaution, the gasket on which a cut had been found was replaced. Jeremy Parson, Artemis ground segment manager, admitted that he was most concerned about the hydrogen filling. From what we’re experiencing in these hours, nothing to worry about. My prediction is that Artemis will leave today and on time! I’ll say it again…

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