« Ambassadeur-rédacteur » des ingénieurs suisses

[Cape Canaveral, August 28, 2022, rke, English below] – « Ambassadeur-rédacteur » des ingénieurs suisses sur le site d’Artemis de la NASA, je ne passe pas inaperçu. Cela me gêne un peu.

Photo taken by : Jacques van Oene.

Depuis quelques années, je couvre divers lancements (voir ma liste, cliquez ici) accrédité en tant que journaliste en mon nom propre, évidemment, mais aussi celui de l’association Swiss Engineering. Pour ceux qui ne la connaissent pas, surtout outre-Atlantique, il s’agit d’un regroupement d’ingénieur.e.s et d’architectes qui représente près du 10% des quelques 130’000 ingénieur.e.s de Suisse. Cette association, dont le président actuel est Giovanni Crupi, édite un magazine mensuel en allemand et en français, dont je suis rédacteur en chef romand depuis plus de 14 ans.

On doit batailler pour avoir une place assise

Après avoir visité ce dimanche 28 août l’Operations and Checkout Building (O&C), le Bâtiment des opérations et des contrôles (O&C) où sont installées les capsules Orion (dont je vous raconterai mon aventure avec Thomas Pesquet ultérieurement), me voici revenu dans le centre de presse névralgique du moment où grouille un monde fou. On doit presque batailler pour avoir une place assise. Pour ce décollage, toujours prévu ce lundi 29 août à 8h33 locale (14h33) suisse, j’ai dû partir à minuit, soit 8 heures avant pour être sûr de ne pas tomber dans des bouchons. Il faut dire qu’avec ma casquette vissée sur la tête au nom de Swiss Engineering, je ne passe pas inaperçu. Cela me gêne un peu, disais-je, car j’aime bien passer incognito, c’est plus simple.

Le double langage d’Artemis

Sur ce site tant convoité des médias, mes collègues européens ne manquent pas d’être présents. Tout d’abord, le magazine Ciel & Espace représenté par les attachant.es reporters Emilie Martin et Philippe Henarejos. Il y a aussi l’AFP, puis TF1 et d’autres. « Moi, je suis de France Télévision, me signale avec une pointe d’arrogance au fil d’une discussion le journaliste de cette chaîne »

« Et vous ? », me demande-t-il ? 

  • Du magazine Swiss Engineering, comme c’est mentionné sur ma casquette
  • Ah, ça monte le niveau ! Vous pourriez quand même, en tant que Romand, prévoir de traduire en français le Presskit de la mission !

Du coup, je tombe des nues. Ce n’est quand même pas ma tâche de m’occuper de ce problème. Ma réponse est immédiate :

  • On est aux USA, tout est et reste en anglais !

Je me suis retenu de lui donner une réponse oralement, alors la voici par écrit : « Monsieur le journaliste de France Television, apprenez l’anglais ! »

S’il venait à lire ce blog, ce qui m’étonnerait, qu’il ne se vexe pas : je comprends nos chers voisins francophones qui veulent préserver leur langue. La nôtre, la mienne.

Artemis, elle, n’en a que faire. Elle part dans dix heures, à 8h33 (locale), 14h33 (suisse).

« Ambassador-editor » for Swiss engineers

Photo taken by : Jacques van Oene.

[Cape Canaveral, August 28, 2022, rke] – As « ambassador-editor » for Swiss engineers on NASA’s Artemis site, I don’t go unnoticed. This makes me a little uncomfortable.

For the past few years, I have been covering various launches (see my list, click here) accredited as a journalist on my own behalf, of course, but also on behalf of the Swiss Engineering Association. For those who don’t know it, especially on the other side of the Atlantic, it is a group of engineers and architects that represents about 10% of the 130’000 engineers in Switzerland. This association, whose current president is Giovanni Crupi, publishes a monthly magazine in German and French, of which I have been editor-in-chief in French-speaking Switzerland for over 14 years.

We Have to Fight to Get a Seat

After visiting the Operations and Checkout Building (O&C) on Sunday, August 28, where the Orion capsules are installed (I will tell you about my adventure with Thomas Pesquet later), I am back in the nerve center of the moment where a crazy crowd is swarming. We almost must fight to get a seat. For this takeoff, still planned for Monday, August 29 at 8:33 a.m. local time (2:33 p.m.), I had to leave at midnight, 8 hours before to be sure not to run into traffic. It must be said that with my cap screwed on my head with the name of Swiss Engineering, I don’t go unnoticed. This bothers me a little, as I like to be incognito, it’s easier.

The Double Language of Artemis

On this site so coveted by the media, my European colleagues are not missing. First, the magazine Ciel & Espace represented by the endearing reporters Emilie Martin and Philippe Henarejos. There is also the AFP, then TF1 and others. « Me, I am from France Television, says to me with a point of arrogance during a discussion the journalist of this channel ».

« And you? » he asks me. 

⁃ From Swiss Engineering magazines, as it says on my cap.

⁃ Ah, that raises the bar! You could still, as a French-speaking person, plan to translate the mission’s Press Kit into French!

So, I’m stunned. It’s not my job to deal with this problem. My answer is immediate:

⁃ This is the USA; everything is and remains in English!

I held back from giving him an oral response, so here it is in writing: « Mr. France Television reporter, learn English! »

If he were to read this blog, which would surprise me, don’t let him get offended: I understand our dear French-speaking neighbors who want to preserve their language. Ours, mine.

Artemis, on the other hand, doesn’t care. She leaves in ten hours, at 8:33 a.m. (local), 2:33 p.m. (Swiss).

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