Retour sur la Lune : lentement, trop lentement ? 

[Cape Canaveral, June 5, 2022. rke. English below] – La fusée Artemis I est sortie pour la deuxième fois de son hangar à 0h15 (locale), 6h15 (suisse) lundi 6 juin 2022, dans le but de terminer l’exercice de ravitaillement en carburant du Wet Dress Rehearsal (WDR) et la démonstration du compte à rebours inachevée en avril dernier. Tout proche de nous.

D’abord, extrêmement lentement, Artemis est sortie de son gigantesque hangar à 0h15 (locale), lundi 6 juin 2022, puis elle a enfin pris son rythme de croisière pour atteindre 1,6 km/h jusqu’à son pas de tir PAD 39B à 4,2 miles (6,75 km) de là.

Tiré d’une vidéo, j’explique le déroulement des opérations.

L’attente a été longue pour nous photographes. Nous étions juste un peu gênés par le temps très lourd et surtout humide. J’avais de la peine à réaliser les réglages sur mes objectifs. Je me suis installé au bout du parking à une centaine de mètres du VAB comme d’autres, mais nous avions tout loisir, et c’est vraiment bien de pouvoir nous balader aux abords du centre News Center. Il m’a fallu un bon moment pour avoir les bons régales, mais, en fin de compte, voici ce que cela donne. Nous sommes restés trois heures où j’ai quand même été gêné par les moustiques.

La soeur jumelle d’Apollon

La NASA vit des moments cruciaux avec le programme Artemis, issu de la déesse de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements. Elle est la fille de Zeus et de Léto, la sœur jumelle d’Apollon. D’où le programme Apollo. Cela reste en famille. L’administration spatiale américaine veut retourner sur la Lune non plus par enjeu politico-stratégique et technologique (USA vs URSS) dans les années soixante-septante, mais par esprit scientifique à très long terme afin d’encore mieux comprendre notre satellite naturel et économique, pour en exploiter les ressources. Depuis la découverte dans les échantillons lunaires de l’hélium 3, un isotope de l’hélium inexistant sur Terre, certains y voient une solution à nos problèmes imminents de pénurie énergétique.

Pour ma part, je suis un tombé sous le charme de cette sœur jumelle d’Apollon, la fusée donc, qui va me rappeler le programme Apollo que j’ai vécu depuis Apollo 11 (j’avais 13 ans en 1969). Mais que la route est longue pour retourner sur cette Lune, au pôle Sud. La NASA a mis 7 ans, date du premier homme dans l’espace John Glenn, le 20 février 1962, pour envoyer 6 équipages vers la Lune. J’attends depuis le 8 juillet 2011, date du dernier vol de la navette spatiale Atlantis, pour qu’elle y retourne. Mais qu’est-ce que c’est long.

Issu du programme Constellation

Le programme Artemis, issu d’une autre intention, le programme Constellation, du début des années 2000, a pris un retard si important qu’on se demande comment une si grande Amérique met autant de temps pour retourner sur la Lune, à notre époque high-tech ou un smartphone est 193’000 fois plus puissant qu’un ancien ordinateur de module lunaire (LEM)

L’échéance de 2024 que le président Trump avait suggérée ne sera pas tenue. Au mieux, ce sera en 2025 qu’une femme et un homme fouleront la Lune.

La fusée Artemis, d’un nom un peu trop fade à mon avis, Space Launch System (SLS), est bien là. Le véhicule a déjà subi une batterie de tests en avril dernier pour contrôler le remplissage des ergols (2,6 millions de litres) de la fusée, mais en raison d’un problème de pressurisation du réservoir, à cause d’une vanne récalcitrante, l’engin avait dû retourner dans son hangar. Cette fois, il ressort et je suis là pour voir la fusée sortir et la photographier sur son site. Puis aura lieu le fameux « Wet Dress Rehearsal », une répétition générale simulant les étapes précédent un véritable lancement, dont les dates potentielles sont prévues ci-dessous, entre le 26 juillet et le 23 décembre 2022.

La NASA veut retourner durablement sur la Lune non seulement comme tremplin pour aller sur Mars mais pour mieux en exploiter les ressources, notamment l’helium-3 très rare sur la Terre, qui pourrait aboutir à la production de l’équivalent de 1’000 ans de ressources en énergie

Les 6 possibilités de lancement d’Artemis (2022)

Les périodes ci-dessous indiquent les possibilités de lancement d’Artemis I, jusqu’à la fin de 2022. Les planificateurs de la mission affinent les périodes sur la base d’une analyse actualisée environ deux mois avant leur début et sont susceptibles de changer.

  • 26 juillet au 10 août : 13 possibilités de lancement. Pas de disponibilité de lancement les 1er, 2 et 6 août
  • 23 août au 6 septembre (préliminaire) : 12 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement les 30 et 31 août et le 1er septembre
  • 20 septembre – 4 octobre (préliminaire) : 14 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement le 29 septembre
  • 17 octobre – 31 octobre (préliminaire) : 1 possibilité de lancement. Pas de possibilité de lancement les 24, 25, 26 et 28 octobre 
  • 12 novembre – 27 novembre (préliminaire) : 12 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement les 20, 21 et 26 novembre 
  • 9 décembre – 23 décembre (préliminaire) : 11 possibilités de lancement. Pas de possibilité de lancement les 10, 14, 18 et 23 décembre

Return to the Moon: slowly, too slowly? 

[Cape Canaveral, June 5, 2022. rke] – Artemis I emerged from its hangar for the second time at 12:15 a.m. local time Monday, June 6, 2022, in an effort to complete the Wet Dress Rehearsal (WDR) refueling exercise and countdown demonstration incomplete last April. Near us.

Initially extremely slow, Artemis emerged from its massive hangar at 12:15 a.m. (local) on Monday, June 6, 2022, and then finally picked up speed to reach 1 mph to its PAD 39B launch pad 4.2 miles away.

The wait was long for us photographers. We were just a little embarrassed by the very heavy and humid weather. I had trouble adjusting the settings on my lenses. I settled at the end of the parking lot, about a hundred meters from the VAB like others, but we had all the time in the world, and it’s really good, to be able to walk around the News Center. It took me a while to get the right treats, but in the end, this is what it looks like. We stayed for three hours where I was still bothered by mosquitoes.

Apollo’s twin sister

NASA is going through crucial moments with the Artemis program, born from the goddess of the wilderness, hunting and childbirth. She is the daughter of Zeus and Leto, the twin sister of Apollo. Hence the Apollo program. It stays in the family. The American space administration wants to return to the Moon not by politico-strategic and technological stake (USA vs. USSR) in the sixties and seventies, but by scientific spirit in the very long term in order to better understand our natural and economic satellite, to exploit its resources. Since the discovery in lunar samples of helium 3, an isotope of helium that does not exist on Earth, some see it as a solution to our imminent problems of energy shortage.

For my part, I fell under the spell of this twin sister of Apollo, the rocket, which will remind me of the Apollo program that I have lived since Apollo 11 (I Was 13 Years Old in 1969). But how long the road is to return to this Moon, to the South Pole. NASA took 7 years, from the date of the first man in space John Glenn, on February 20, 1962, to send 6 crews to the Moon. I’ve been waiting since July 8, 2011, the date of the last flight of the space shuttle Atlantis, to return. But what a long time.

From the Constellation program

The Artemis program, born from another intention, the Constellation program, in the early 2000s, is so far behind schedule that one wonders how such a great America can take so long to return to the Moon, in our high-tech age where a smartphone is 193,000 times more powerful than an ancient lunar module computer (LEM)

The 2024 deadline that President Trump had suggested will not be met. At best, it will be in 2025 that a woman and a man will step on the Moon.

The Artemis rocket, with a name that is a little too bland, in my opinion, Space Launch System (SLS), is here. The vehicle already underwent a battery of tests last April to check the filling of the rocket’s propellants (2.6 million liters), but due to a problem with the pressurization of the tank, because of a recalcitrant valve, the vehicle had to return to its hangar. This time, it comes out and I am there to see the rocket going out and to photograph it on its site. Then will take place the famous « Wet Dress Rehearsal », a dress rehearsal simulating the steps before a real launch, whose potential dates are scheduled below, between July 26 and December 23, 2022.

NASA wants to return to the Moon for a long time, not only as a springboard to go to Mars, but also to better exploit its resources, in particular helium-3, which is very rare on Earth, and which could lead to the production of the equivalent of 1,000 years of energy resources

Artemis’ 6 Launch Opportunities (2022)

The periods below show launch availability through the end of 2022. Mission planners refine the periods based on updated analysis approximately two months before they begin and are subject to change.

  • July 26 – August 10: 13 launch opportunities. No launch availability on August 1, 2, and 6  
  • August 23 – September 6 (preliminary): 12 launch opportunities. No launch availability on August 30, 31, and Sept. 1 
  • September 20 – October 4 (preliminary): 14 launch opportunities. No launch availability on Sept. 29 
  • October 17 – October 31 (preliminary): 1 launch opportunities. No launch availability on October 24, 25, 26, and 28 
  • November 12 – November 27 (preliminary): 12 launch opportunities. No launch availability on November 20, 21, and 26 
  • December 9 – December 23 (preliminary): 11 launch opportunities. No launch availability on December 10, 14, 18, and 23 

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