Zurich – Miami sans masques à l’ère presque post-Covid

Un test antigénique, rapide, très rapide. Photo : rke

[Cap Canaveral, May 16, 2022. rke. English below] – Pour la première fois, j’ai réussi à décrocher un sourire à un douanier suisse en passant dans un portique à rayons X. J’ai apprécié passer un test Covid antigénique et adoré cocher les cases d’un formulaire américain. Cap au pays de l’Oncle Sam pour couvrir mon 34e lancement, celui de la capsule américaine Starliner de Boeing (OFT-2) aux pieds de la fusée Atlas 5.

Retourner aux USA, deux ans et trois mois après la pandémie, quelle angoisse. Petit rappel. Lors de mon premier trip pour le lancement de la sonde européenne Solar Orbiter à Cap Caveral, en février 2019, je suis rentré des USA deux jours avant la fermeture des pays due aux restrictions sanitaires. Quel bol ! Mais l’attente a été longue avant d’y retourner… aux USA. Il a fallu que l’épidémie se résorbe et que les conditions soient moins sévères, comme en ce moment.

C’est une occasion de vous décrire les étapes à franchir pour voyager en avion de nos jours. Les modalités, les avantages et les inconvénients.

Toujours ces vaccins, les trois !

La première démarche consiste à bien se renseigner. Les USA exigent les 3 vaccins Covid. Et toc ! La question est de savoir comment les Américains peuvent-ils contrôler notre PassCovid alors qu’il n’est valable qu’en Suisse. Le fameux QR code helvétique est un labyrinthe inconnu chez l’Oncle Sam. En lieu et place, le Département américain de la santé et des ressources humaines (U.S. Department of Health and Human Ressources) demande de remplir un formulaire de 5 pages baptisé CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Lien du CDC : cliquez ici

Si l’on est positif au Covid, on ne part pas de Suisse, car c’est indiqué comme tel sur le formulaire. Donc à quoi sert-il de le signaler aux douaniers US puisqu’on n’y va pas ? C’est la logique américaine…

Mais ce document n’est pas austère. Il y a deux sections à cocher. L’une si le test de 1 jour avant le départ est négatif, ou positif. L’autre si l’on a les 3 vaccins, ou pas. Si c’est positif, dans les deux cas, il y a la possibilité de répondre à des exceptions. Évidemment, c’est un peu biaisé. Si l’on est positif, on ne part pas, donc pas besoin de montrer le formulaire aux douanes. Disons que c’est la logique américaine.

Une fois parvenu au débarquement, pas celui de Normandie, mais de la douane US, il suffit de présenter le CDC. Et gare à celui qui dit qu’il est négatif au lieu de positif ! Mais de toute façon, peu importe puisqu’au Check-in de l’aéroport de départ, il est demandé le certificat Covid de 3 doses. Pas de boost, pas de décollage !

L’antigénique adoré

Deuxième contrainte : le fameux test avant le départ. Soit l’antigénique (24 heures avant) ou le PCR, 72 heures. Le plus simple est de choisir la première variante. Le test peut être réalisé à l’aéroport de Zurich quelques heures avant le départ, mais ce n’est pas forcément la bonne solution. Pour ma part, j’ai préféré passer une nuit avant à l’hôtel et me faire tester à ce moment-là. En principe, il est possible de passer au centre de diagnostics de l’aéroport sans rendez-vous, mais il est quand même conseillé de s’inscrire au préalable, ce qui facilite les démarches une fois sur place. C’est l’entreprise FlyEnder qui s’occupe de ces tests.

Voici le lien FlyEnder : www.enderdiagnostics.com

Je dois reconnaître que la procédure est parfaitement rodée et que le passage au test rapide est… rapide, sans désagrément grâce à un coton-tige pris dans la bouche et à peine entré dans le nez.

Check-in : fini les bornes

Une fois ces deux formulaires en main, le CDC et le test Covid, vient le Check-in. À Zurich, il n’est plus possible, à la sortie du train du hall de gare de l’aéroport, d’enregistrer personnellement ses bagages sur les diverses consoles munies d’écran pour la simple et bonne raison qu’elles ont disparu. Dommage, car on s’y était accoutumé. Néanmoins, cela est possible de déposer ses bagages au desk du tapis roulant pour ceux qui auraient préalablement réalisé le Check-in, en ligne. De là, on est un peu désemparé, car on ne sait pas où aller s’enregistrer. En tous, ce n’est pas mis en évidence. J’ai donc dû me rendre au 1er étage du Terminal 1 pour enfin repérer les comptoirs (pour ne plus dire Desks) d’enregistrement de la compagnie Swiss.

Au départ de Zurich. Photo : rke

Au scanner, plus de souliers

Vient le passage redouté au contrôle des personnes, à la fouille humaine. Depuis la pandémie, qui je le rappelle n’est pas résorbée, je me suis méfié davantage de ce moment. Mais rien n’a changé : défilement des personnes dans une allée en serpentin, dépose de tous les objets corporels dans des bacs en plastique, puis passage au portail-scanner. « Mais non, pas besoin d’enlever les souliers ! » me lance le douanier de l’autre côté de l’entrée. Ah, chouette ! Je les laisse…

Bip, Bip. On me demande de repasser le portail, et Bip, Bip à nouveau. Quelle angoisse. Je me sens gêné pour les autres passagers et mes affaires qui défilent à l’infini du tapis roulant. Et encore Bip, Bip ! Cette fois, je suis fichu. On va me garder à Zurich. Mais non, je plaisante !

Dès lors, le douanier regarde mes chaussures et ne demande, en Suisse allemand :

  • Vous avez quoi comme souliers ?
  • Ben, des normaux, lui dis-je ?
  • N’avez-vous pas par hasard une paire avec un embout de sécurité en métal ?
  • Heu, ah oui, il me semble. Marchez dessus, vous verrez bien !

Le douanier s’exécute et pose son pied sur le bout du mien et, effectivement, je ne pensais plus que j’avais des chaussures de sécurité. Du coup, j’ai réussi à faire sourire un douanier !

Le tampon bleu américain

Reste encore à passer au contrôle des passeports où, comme de coutume, le service de sécurité américain doit timbrer le billet d’avion d’un tampon bleu. C’est juste avant l’entrée du portique d’embarquement. Et là encore, je réussis à décrocher un sourire de l’hôtesse qui m’a souhaité un agréable voyage. Bizarre, car d’habitude, c’est la méfiance qui prédomine.

Ah, encore une chose. Plus de masques dans l’aéroport ni dans les avions, sauf pour les irréductibles.

Au bout du compte, le début de ce voyage est plus agréable que la période d’avant Covid. Comme quoi, la pandémie a eu du bon. On dirait que tout un chacun est devenu plus conciliant et les contrôleurs plus empathiques. Bigre, ferait-il bon voyager à nouveau ?

À l’arrivée à Miami. Photo : rke

Le comble…

Pour le fin mot de l’histoire, notre vol Swiss LX64 (Boeing 777-300) a atterri à Miami avec trois heures de retard, dû à un problème technique à un moteur au décollage de Zurich. Le comble : le douanier ne m’a même pas demandé ma feuille Covid CDC !

Mais allez, passez ! Me voilà en Amérique.

Zurich – Miami without masks in the almost post-Covid era

From Zurich, a beautiful Emirates A380. Photo : rke

[Cape Canaveral, May 16, 2022] – For the first time, I managed to get a smile out of a Swiss customs officer as I passed through an X-ray portal. I enjoyed taking a Covid antigen test and loved checking off the boxes on an American form. Heading to Uncle Sam’s country to cover my 34th launch, that of Boeing’s American Starliner capsule (OFT-2) at the feet of the Atlas 5 rocket.

Going back to the USA, two years and three months after the pandemic, what anguish. A little reminder. On my first trip to the launch of the European Solar Orbiter probe at Cape Caveral in February 2019, I returned from the US two days before the countries shutdown due to health restrictions. What a stroke of luck! But it was a long wait to get back… to the US. It took the outbreak to subside and the conditions to be less severe, as they are right now.

This is an opportunity to describe to you the steps to take to travel by plane nowadays. The modalities, the advantages and the disadvantages.

Always those vaccines, all three!

The first step is to be well informed. The USA requires the 3 Covid vaccines. And that’s it! The question is how the Americans can control our Covid Pass when it is only valid in Switzerland. The famous Swiss QR code is an unknown labyrinth in Uncle Sam. Instead, the U.S. Department of Health and Human Resources asks you to fill out a 5-page form called CDC (Centers for Disease Control and Prevention).

But this document is not austere. There are two sections to check off. One if the test of 1 day before departure is negative or positive. The other one if you have the 3 vaccines, or not. If it is positive, in both cases, there is the possibility to answer exceptions. Obviously, it is a bit biased. If you are positive, you don’t leave, so you don’t have to show the form to customs. Let’s say that’s the American logic.

Once you arrive at the landing, not the one in Normandy, but at the US customs, you just have to show the CDC. And beware of the one who says it is negative instead of positive! But anyway, it doesn’t matter because at the check-in of the departure airport, the Covid certificate of 3 doses is required. No boost, no take-off!

The Beloved Antigen

On arrival in Miami with more than 3 hours of delay. Photo : rke

Second constraint: the famous test before departure. Either the antigenic (24 hours before) or the PCR, 72 hours. The easiest way is to choose the first variant. The test can be done at the airport in Zurich a few hours before departure, but this is not necessarily the best solution. For my part, I preferred to spend one night in a hotel before and to be tested at that time. In principle, it is possible to go to the diagnostic center at the airport without an appointment, but it is still advisable to register beforehand, which makes it easier once you are there. The company FlyEnder is in charge of these tests.

I have to admit that the procedure is perfectly worked out and that the passage to the quick test is… fast, without any inconvenience thanks to a cotton swab taken in the mouth and barely entered the nose.

Check-in: no more terminals

Once these two forms in hand, the CDC and the Covid test, comes the check-in. In Zurich, it is no longer possible to personally check in your luggage at the various consoles with screens when you leave the train at the airport station, for the simple reason that they have disappeared. It’s a pity, because we were used to it. Nevertheless, it is possible to drop off your luggage at the conveyor belt desk for those who have previously checked in online. From there, we are a bit confused, because we don’t know where to check in. In all, it is not highlighted. So I had to go to the 1st floor of Terminal 1 to finally find the check-in counters (not to say desks) of the Swiss company.

At the Scanner, No More Shoes

Then came the dreaded human search. Since the pandemic, which I remind you is not over, I have been more wary of this moment. But nothing has changed: people are paraded down a serpentine aisle, all body objects are deposited in plastic bins, and then they pass through the portal scanner. « But no, you don’t have to take off your shoes », says the customs officer on the other side of the entrance. Oh, great! I leave them…

Beep, beep. They ask me to go back through the gate, and Beep, Beep again. What anguish. I feel embarrassed for the other passengers and my things that scroll to the infinity of the conveyor belt. And again Beep, beep! This time, I’m done for. They’re going to keep me in Zurich. But no, I’m kidding!

From then on, the customs officer looks at my shoes and asks, in Swiss German:

⁃ What kind of shoes do you have?

⁃ Well, normal ones, I tell him?

⁃ Do you by any chance have a pair with a metal safety toe cap?

⁃ Uh, ah yes, I think so. Step on it, you’ll see!

The customs officer complies and puts his foot on the toe of mine and indeed, I didn’t think I had safety shoes anymore. As a result, I managed to make a customs officer smile!

The American Blue Stamp

I still have to go through passport control where, as usual, the American security service has to stamp the plane ticket with a blue stamp. It is just before the entrance of the boarding gate. And there again, I managed to get a smile from the stewardess who wished me a pleasant trip. Strange, because usually, it’s mistrust that prevails.

Ah, one more thing. No more masks in the airport or on the planes, except for the diehards.

In the end, the beginning of this trip is more pleasant than the period before Covid. So the pandemic has had its benefits. It seems that everyone has become more accommodating and the controllers more empathetic. Boy, would it be nice to travel again?

The last straw…

To make a long story short, our Swiss flight LX64 (Boeing 777-300) landed in Miami three hours late, due to a technical problem with an engine on takeoff from Zurich. To top it all off, the customs officer didn’t even ask me for my Covid CDC sheet!

But come on, pass! Here I am in America.

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