JWST – un télescope sanglé sur un siège suisse

Les campagnes de tests cryogéniques et sous vide du spectrographe proche infrarouge (NIRSpec) de WST ont été entreprises dans les installations de test de l’IABG en Allemagne. – Cette photo montre des ingénieurs de l’IABG soulevant le couvercle d’une caisse de transport contenant NIRSpec. Les ressorts, dans des sacs avec du ruban adhésif rouge, séparent les deux structures de transport APCO et isolent la caisse NIRSpec des vibrations et des chocs pendant le transport. – Le NIRSpec lui-même peut être vu enveloppé dans une isolation multicouche grise semblable à une feuille d’aluminium.

WST’s Near InfraRed Spectrograph (NIRSpec) cryogenic and vacuum test campaigns were undertaken at the IABG test facility in Germany. This shot shows engineers at IABG lifting the cover off a transport crate containing NIRSpec. The springs, in bags with red tape on them, separate the two APCO transport structures and isolate the NIRSpec box from vibrations and shock during transport. NIRSpec itself can be seen wrapped in grey foil-like multilayer insulation. – Photo : EADS Astrium

[Courrendlin, December 22, 2021, rke. English below.]
Après mes 33 lancements sur site au pied des fusées, je suis toujours bloqué en Suisse en raison de la Covid-19, je dois publier mes news au pays. Le lancement du JWST est toujours prévu ce samedi 25 décembre à 13h20 (heure suisse) de Kourou en Guyane française. Le père Noël fera-t-il un cadeau aux astronomes ?

Photo du haut : déploiement des coiffes suisse de RUAG laissant entrevoir le JWST – © ESA

Claude Nicollier (au centre) et Didier Manzoni à sa droite lors du show JWST le 17 décembre 2021 au Musée des transports de Lucerne. – Photo : rke

Interview exclusive (II)
avec Didier Manzoni
directeur de la division Espace d’APCO Technologies à Aigle

À travers son « Centre d’excellence » innovant, APCO Technologies réalise l’ensemble des moyens transversaux, des conteneurs de transport et des équipements de manutention des modules de propulsion ainsi que du composite d’un lanceur.  Qu’en est-il du JWST ? Interview avec Didier Manzoni, directeur d’APCO Technologies à Aigle.

Monsieur Manzoni, comment votre entreprise a-t-elle réussi à avoir le mandat de l’ESA pour ce projet de JWST ?
Comme on livre aussi bien des systèmes pour les satellites que pour les lanceurs, il allait de soi que nous puissions avoir un mandat pour le JWST. Comme c’est une mission de l’ESA et que notre pays y participe grâce au Swiss Space Office (SSO), on a décroché le contrat après avoir répondu à plusieurs appels d’offres.

APCO a fourni un adaptateur et un collier de serrage à très haute résistance utilisés pour sécuriser le JWST

Quel élément précisément de JWST avez-vous monté à Aigle ?
En ce qui concerne les moyens sols, nous avons livré un adaptateur et un collier de serrage à très haute résistance qui ont été utilisés pour sécuriser JWST durant tous ses essais et ses opérations au sol. Nous avons aussi livré des équipements permettant de monter l’instrument NIRSpec et enfin nous avons livré la structure d’interface de ce même instrument NIRspec. Il y aura de l’APCO Technologies en orbite sur JWST.

À Aigle, vous avez des halles de 16’000 m2, c’est très grand. Comment sont acheminés les éléments de satellite ou de lanceur ?
En camion par la route et l’autoroute. Le matériel est logé dans des conteneurs spécifiques escortés par la police. Par exemple, les conteneurs contenant les coiffes d’Ariane peuvent partir sur le Rhin et aller jusqu’à Brême. D’autres conteneurs partent pour Toulouse ou à Friedrichshafen chez Airbus ou à Cannes chez Thales. Le transport final d’un satellite se fait généralement par avion-transport jusqu’à Kourou.

Quelle difficulté pouvez-vous rencontrer lors du transport de l’un de vos satellites ?
On a des spécifications qui indiquent les efforts qui doivent être appliqués pendant le voyage en avion, dans le bateau et sur les routes. On doit s’assurer qu’il n’y aura aucun problème durant toutes les étapes du transport. Soit entre APCO et le maître d’œuvre (Airbus, Thales,…), soit de l’endroit où le satellite est terminé jusqu’à Kourou.

Après JWST, qu’avez-vous dans le pipeline… quels mandats ?
Le plus gros projet actuel, c’est Ariane 6. On a livré tous les moyens sols importants pour Ariane Group et pour le Centre National d’Études Spatiales (CNES). On livre les parties hautes et basses des moteurs auxiliaires.
Pour garantir des cadences de production élevées, nous avons spécialement développé et déployé des compétences « Industrie 4.0 » en investissant dans un tout nouvel atelier de production pour fabriquer des lots importants de sous-ensembles pour le lanceur Ariane 6.Nous avons aussi livré des équipements permettant de monter l’instrument NIRSpec et enfin nous avons livré la structure d’interface

D’autres projets en vue ?
Nous sommes aussi en charge du sous-système structures de plusieurs missions du programme Copernicus et de missions scientifiques ainsi que de projets commerciaux

JWST’s Near InfraRed Spectrograph (NIRSpec).  © Airbus Defence and Space GmbH

NIRSPEC – LE SPECTROGRAPHE PROCHE INFRAROUGE SUR JWST
L’objectif scientifique principal de NIRSpec est de permettre de grands relevés spectroscopiques d’objets astronomiques, avec un accent particulier sur l’étude des galaxies lointaines. Cet objectif a présidé à la conception de ce spectrographe multi-objets, capable de mesurer simultanément les spectres de 200 objets dans un champ de vision de 3,4 minutes d’arc × 3,6 minutes d’arc. NIRSpec comprend également cinq fentes fixes et une unité de champ intégrale qui fournissent les spectres de sources ponctuelles et d’objets étendus, respectivement. Six grilles fournissent une spectroscopie à haute résolution (λ/Δλ=R=1400-3600) et à moyenne résolution (R=500-1300) sur la gamme de longueurs d’onde de 0,7 µm – 5 µm, tandis qu’un prisme permet une spectroscopie à plus basse résolution (R=30-300) sur la gamme de 0,6 µm – 5 µm.

NIRSpec a été construit par l’industrie européenne selon les spécifications de l’ESA et géré par le projet JWST de l’ESA à l’ESTEC, aux Pays-Bas. Le maître d’œuvre est Airbus Defence and Space à Ottobrunn, en Allemagne. Les sous-systèmes du détecteur NIRSpec et du réseau de micro-obturateurs sont fournis par le Goddard Space Flight Center (GSFC) de la NASA.

  • Prochaine News : coordination zurichoise pour MIRI
Mission accomplished. The final taping of the protective cover is applied and the James Webb Space Telescope NIRSpec instrument is in its final flight configuration and ready to go back into the Integrated Science Instrument Module. – From left to right: Ralf Ehrenwinkler (Airbus DS), Frank Merkle (Airbus DS), Kai Hoffmann (Airbus DS), Robert Eder (Airbus DS), Max Speckmaier (Airbus DS) and Maurice te Plate (ESA). – Photo : NASA / C. Gunn

A Telescope Strapped Over a Swiss Seat

Exclusive interview
with Didier Manzoni
Director of the Space Division of APCO Technologies
in Aigle (near Lausanne), West of Switzerland

Through its innovative « Center of Excellence », APCO Technologies produces all the transverse means, transport containers and handling equipment for the propulsion modules and the composite of a launcher. What about the JWST? Interview with Didier Manzoni, director of APCO Technologies in Aigle.

Mr. Manzoni, how did your company manage to get the mandate from ESA for this JWST project?
Since we deliver systems for satellites as well as for launchers, it was obvious that we could get a mandate for the JWST. Since this is an ESA mission and our country is participating through the Swiss Space Office (SSO), we were awarded the contract after having responded to several calls for tender.

What precisely is the JWST component you have assembled in Aigle?
In terms of ground facilities, we delivered an adapter and a very high strength clamp that were used to secure JWST during all its tests and ground operations. We also delivered equipment to mount the NIRSPEC instrument and finally we delivered the interface structure of the same NIRSPEC instrument. There will be APCO Technologies in orbit on JWST.

In Aigle, you have 16’000 m2 halls, it’s very big. How are the satellite or launcher components transported?
By truck via the road and highway. The equipment is housed in specific containers escorted by the police. For example, the containers containing the Ariane covers can leave on the Rhine and go as far as Bremen. Other containers go to Toulouse or to Friedrichshafen at Airbus or to Cannes at Thales. The final transport of a satellite is usually by airlift to Kourou.

What difficulties might you encounter when transporting one of your satellites?
We have specifications that indicate the forces that must be applied during the trip by plane, in the ship and on the roads. We have to make sure that there will be no problems during all stages of the transport. Either between APCO and the prime contractor (Airbus, Thales,…), or from where the satellite is completed to Kourou.

  • Next News : Zurich coordination for MIRI

NIRSPEC
THE NEAR-INFRARED SPECTROGRAPH ON JWST
The primary science goal for NIRSpec is to enable large spectroscopic surveys of astronomical objects with a particular focus on the study of distant galaxies. It has driven the design of this multi-object spectrograph, which is capable of measuring the spectra of up to 200 objects simultaneously in a 3.4 arcminute × 3.6 arcminute field of view. NIRSpec also includes five fixed slits and an integral field unit that provide spectra of point-like sources and of extended objects, respectively. Six gratings provide high-resolution (λ/Δλ=R=1400-3600) and medium-resolution (R=500-1300) spectroscopy over the wavelength range of  0.7 µm – 5 µm, while a prism yields lower-resolution (R=30-300) spectroscopy over the range 0.6 µm – 5 µm.

NIRSpec has been built by European industry to ESA’s specifications and managed by the ESA JWST Project at ESTEC, the Netherlands. The prime contractor is Airbus Defence and Space in Ottobrunn, Germany. The NIRSpec detector and micro-shutter array subsystems are provided by NASA’s Goddard Space Flight Center (GSFC).

Artist rendering of the James Webb Space Telescope Near-InfraRed Spectrograph (NIRSpec) instrument. This figure shows the path followed by light from an astronomical object as it travels through the NIRSpec components and onto the detector.

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