9 réussites pour la NASA ! L’URSS « à skis » sur Mars en 1971

Avec Perseverance, la NASA réussit à poser 9 sondes sur la planète rouge. Mais ce sont les Russes qui, en 1971, ont été les premiers sur Mars en posant un robot muni de skis !

[Courrendlin, Switzerland, February 18, 2021. English Below]
Le plus grand et le plus avancé des rovers que la NASA a envoyés vers un autre monde a atterri sur Mars jeudi 18 février 2021, après un voyage de 203 jours et une traversée de 472 millions de kilomètres. La confirmation de l’atterrissage réussi a été annoncée au centre de contrôle de la mission du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, en Californie du Sud, à 21h55 (heure suisse), à l’heure pile !

Photo du haut : le cratère Jezero où s’est posé Perseverance.
C’était une mer il y quelques milliards d’années… Il faudra voir.
Photo : NASA TV

Perseverance. Voilà un mot qui en français est le même qu’en anglais, sauf que dans la langue Shakespeare, il n’y a pas d’accent aigu. Cette géniale idée émane d’un jeune collégien de l’État de Virginie qui a été sélectionné parmi 28’000 autres candidats-idées américaines soumises à la NASA. Endurance, Tenacity, Vision ou encore Courage étaient les autres noms proposés, mais c’est Alexander Mather qui a gagné le concours.

PropM, le premier robot posé sur Mars par l’URSS en 1971. Mais il n’a pas réussi à avancer.
Photo : Roscosmos

Avant : 4 atterrisseurs, 4 robots
De la persévérance il en a fallu aux ingénieurs de la NASA pour arriver à poser cette neuvième mission sur la planète rouge, après les 8 atterrissages réussis, dont 4 sondes fixes (Viking 1 et 2, 1976 ; Phoenix, 2007 ; Insight, 2018) et 4 robots (Pathfinder, 1996 ; Spirit puis Opportunity, 2003 ; Curiosity, 2012).

Mars 3 : Stop après 20 secondes
Seuls les Russes ont réussi pour la première fois en 1971 à se poser sur la planète rouge avec Mars 3. Mais cet atterrisseur – premier engin de fabrication humaine à avoir réussi à se poser en douceur sur Mars – a été victime d’une panne seulement 20 secondes après avoir déployé ses instruments lui donnant juste le temps de transmettre une image sombre et floue de la planète, et l’empêchant ainsi de fournir des informations scientifiques. Mais Mars 3 avait quand même pu transmettre 60 photos qui ont révélé des sommets dépassant les 22 km. Les instruments de la sonde ont indiqué la présence d’atomes d’hydrogène et d’oxygène dans la couche supérieure de l’atmosphère tout en indiquant une température à la surface, oscillant entre −110 °C et + 13 °C. Des résultats surprenants à l’époque.

Les différents sites avec réussites et échecs. – Dessin : NASA

Un robot russe sur la planète rouge
Mars 3 emportait un petit robot-marcheur baptisé PROP-M de 4,5 kg et relié à l’atterrisseur par un câble pour les télécommunications. Il pouvait se déplacer à l’aide d’une paire de « skis » dans la limite fixée par la longueur du câble à savoir 15 mètres. Le rover emportait un foret dynamique et un densimètre à radiation. Le corps du robot avait la forme d’une boîte trapue avec une saillie en son centre. Les deux skis étaient fixés sur le côté et maintenaient le corps légèrement au-dessus du sol. Sur le devant du corps se situaient des barres qui permettaient de détecter des obstacles. Le robot devait être placé sur le sol par un bras, se déplacer dans le champ de la caméra et faire des mesures tous les 1,5 mètre. Les traces laissées dans le sol par le robot auraient permis de déterminer les caractéristiques mécaniques de celui-ci.

Photo ci-dessous : j’étais au lancement de MRL Curiosity en 2011

Succès européens avec Mars Express et ExoMars en orbite
Les atterrisseurs européens Beagle (2003) et Schiaparelli (2016) n’ont pas eu de chances, de même que celui de la NASA avec Mars Polar Lander (1999-2000), tous écrasés.
Les sondes en orbite ont eu plus de chances. Pour l’ESA, Mars Express (2003), ExoMars et Trace Gaz Orbiter (2016) qui continuent d’envoyer de précieuses infos de la surface du la planète rouge. De même que les satellites américains Mars Global Surveyor (1996), Mars Odyssey (2001), Mars Reconnaissance Orbiter (2005) et Maven (2013). Seul, Mars Climate Orbiter (1998-1999) fut un échec.

Écoutez-moi en français sur RFJ – Ben oui, depuis Courrendlin. Photo : Jean-Michel Probst

9 success for NASA – The USSR « skied » on Mars in 1971

With Perseverance, NASA succeeds in landing 9 probes on the Red Planet. But it was the Russians who were the first to succeed in 1971 with the Mars 3 probe carrying a robot on skis!

Members of NASA’s Perseverance Mars rover team watch in mission control as the first images arrive moments after the spacecraft successfully touched down on Mars, Thursday, Feb. 18, 2021, at NASA’s Jet Propulsion Laboratory in Pasadena, California. A key objective for Perseverance’s mission on Mars is astrobiology, including the search for signs of ancient microbial life. The rover will characterize the planet’s geology and past climate, pave the way for human exploration of the Red Planet, and be the first mission to collect and cache Martian rock and regolith. Photo Credit: (NASA/Bill Ingalls)

Les membres de l’équipe du rover Perseverance Mars de la NASA observent au centre de contrôle de mission l’arrivée des premières images quelques instants après l’atterrissage réussi du vaisseau spatial sur Mars, le jeudi 18 février 2021, au Jet Propulsion Laboratory de la NASA à Pasadena, en Californie. L’astrobiologie est un objectif clé de la mission Perseverance sur Mars, y compris la recherche de signes de vie microbienne ancienne. Le rover caractérisera la géologie de la planète et son climat passé, ouvrira la voie à l’exploration humaine de la planète rouge et sera la première mission à collecter et à mettre en cache de la roche et de la régolite martiennes. Crédit photo : (NASA/Bill Ingalls)

[Courrendlin, Switzerland, February 18, 2021]
The largest, most advanced rover NASA has sent to another world touched down on Mars Thursday, after a 203-day journey traversing 293 million miles (472 million kilometers). Confirmation of the successful touchdown was announced in mission control at NASA’s Jet Propulsion Laboratory in Southern California at 3:55 p.m. EST (12:55 p.m. PST).

Perseverance. This is a word that in French is the same as in English, except that in Molière language there is an acute accent. This genius idea came from a young college student in the State of Virginia who was selected from among 28,000 other American idea candidates submitted to NASA. Endurance, Tenacity, Vision or Courage were the other names proposed, but it was Alexander Mather who won the competition.

Before : 4 landers, 4 robots
It took perseverance on the part of NASA engineers to land this ninth mission to the Red Planet, after eight successful landings, including four fixed probes (Viking 1 and 2, 1976; Phoenix, 2007; Insight, 2018) and four robots (Pathfinder, 1996; Spirit then Opportunity, 2003; Curiosity, 2012).

The URSS Probe

March 3: Stop after 20 seconds
Only the Russians succeeded for the first time in 1971 in landing on the Red Planet with Mars 3. But the lander – the first man-made craft to make a soft landing on Mars – failed just 20 seconds after deploying its instruments, giving it just enough time to transmit a dark and blurred image of the planet, preventing it from providing scientific information. But Mars 3 was still able to transmit 60 photos that revealed peaks of more than 22 km. The probe’s instruments indicated the presence of hydrogen and oxygen atoms in the upper layer of the atmosphere, while also indicating a surface temperature ranging from -110°C to +13°C. Surprising results at the time.

A Russian Robot on the Red Planet
Mars 3 carried a small walking robot called PROP-M weighing 4.5 kg and is connected to the lander by a cable for telecommunications. It could move around with a pair of « skis » within the limit set by the length of the cable, i.e. 15 meters. The rover carried a dynamic drill and a radiation densitometer. The body of the rover was shaped like a stocky box with a protrusion in the center, with the two skis attached to the side and keeping the body slightly above the ground. On the front of the body were bars that allowed the robot to detect obstacles. The robot had to be placed on the ground by an arm, move in the field of the camera and take measurements every 1.5 meters. The traces left in the ground by the robot would have made it possible to determine its mechanical characteristics.

European success with Mars Express and ExoMars in orbit
The European landers Beagle (2003) and Schiaparelli (2016) had no chance, as well as NASA’s Mars Polar Lander (1999-2000), all crashed.
The probes in orbit had more chances. For ESA, Mars Express (2003), ExoMars and Trace Gas Orbiter (2016) continue to send valuable information from the surface of the Red Planet. As well as the American satellites Mars Global Surveyor (1996), Mars Odyssey (2001), Mars Reconnaissance Orbiter (2005) and Maven (2013). Only Mars Climate Orbiter (1998-1999) was a failure.

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