Pourquoi Solar Orbiter n’est pas lancé de Kourou ?

[Cape Canaveral, February 7, 2020, rke. English below] – Après un mois et demi, me voilà de retour à Cap Canaveral pour mon 33e trip accrédité. Pour le lancement de la sonde européenne (et un peu américaine), Solar Orbiter prévu ce dimanche 9 février 2020 à 23h03 (locale) ou lundi 10 février à 05h03 en Suisse.

NASA/ESA, main dans la main. Me revoici au site de presse du KSC. Photo taken by : Rob v. Mackelenbergh

Good deal ! Il y a déjà vingt ans, alors qu’elle s’intéressait à notre Soleil pour mieux connaître sa couronne, l’administration américaine s’est demandé comment concevoir un satellite qui puisse tourner autour des pôles de cette fournaise à 42 millions de km, soit 1/3 de la distance qui nous sépare du Soleil. Dès lors, construire un engin rien que pour une expérience (SoloHI de l’US Naval Research), cela aurait coûté un saladier. Du coup, la NASA s’est tournée vers l’Agence spatiale européenne (ESA) pour lui proposer une collaboration scientifique. L’affaire a été conclue en réalisant une bonne opération : l’ESA se débrouille de trouver 9 autres expériences scientifiques et de récolter leurs données transmises, à condition que la NASA s’occupe du lancement.

Mon départ de Zurich le 6 février 2020. – Photo : rke

ULA, société privée obtient le contrat
Encore fallait-il trouver une fusée adéquate. Suite à un concours, c’est l’entreprise United Launch Alliance (ULA), qui a obtenu le contrat et pas SpaceX, qui, à l’époque n’était pas aussi avancé, ni Arianespace puisque les lancements on lieu de Kourou en Guyane française. Voilà pourquoi, une fusée américaine (privée) envoie ce satellite à 90% européen depuis Cap Canaveral. Finalement, avec les retards, Solar Orbiter s’en va rejoindre la sonde américaine Parker Solar Probe qui elle est partie le 12 août 2018 s’approche à 5,9 millions de km de notre astre.

La météo de l’espace
Objectif de la mission : comprendre comment le soleil contrôle son milieu magnétique (héliosphère) afin mieux appréhender ses perturbations sur notre environnement. Faire la connexion avec ce qui est ressenti sur Terre et affiner ce qu’on appelle la météorologie de l’espace. Et bien d’autres choses dont je vous parlerai tout au long de ce trip.

J’ai mon accréditation,.

Airbus & participation suisse
Le maître d’œuvre de la mission est Airbus Defence and Space à Stevenage, au Royaume-Uni. Elle s’inscrit dans la lignée de missions telles que Ulysses (1990-2009) et SOHO (1995-présent) et fournira également des ensembles de données complémentaires à la sonde solaire Parker de la NASA, qui permettront de tirer des deux missions plus de données scientifiques que chacune d’entre elles ne pourrait le faire seule.

Trois instituts suisses et 14 firmes industrielles (Romandie 3, Suisse alémanique 11) sont impliqués dans la réalisation de 3 instruments.

Why Solar Orbiter will not be launched from kourou?

 [Cape Canaveral, February 7, 2020, rke] – After a month and a half, I am back in Cape Canaveral for my 33rd accredited trip. For the launch of the European (and slightly American probe), Solar Orbiter is scheduled for this Sunday, February 9, 2020, at 23:03 (local time) or Monday, February 10 at 05:03 in Switzerland.

Avant mon départ pour la Floride, en Valais, Sion. Before I left for Florida, in Valais, Sion (Swiss Alpes)

Good deal! Twenty years ago, when NASA was already interested in us to learn more about its crown, it wondered how to design a satellite that could rotate around the poles of this 42 million km furnace, or 1/3 of the distance separating us from the Sun. From then on, building a device just for an experiment (SoloHI from US Naval Research) would have cost a fortune. So, NASA turned to the European Space Agency (ESA) to offer scientific collaboration. The deal was concluded with a good operation: ESA manages to find 9 other scientific experiments and collect their transmitted data, provided that NASA takes care of the launch.

It’s a model of the Solar Orbiter.

ULA, a Private Company, Obtains the Contract
We still had to find a suitable rocket. Following a competition, it was the United Launch Alliance (ULA), which won the contract, not SpaceX, which at the time was not as advanced, nor Arianespace, since launches take place from Kourou in French Guiana. That is why an American rocket (private) sends this satellite 90% European from Cape Canaveral. Finally, with the delays, Solar Orbiter is going to join the American probe Parker Solar Probe which it is, left on August 12, 2018, approaches 5.9 million km from our star.

Space Weather
Mission objectives: to understand how the sun controls its magnetic environment (heliosphere) in order to better apprehend its disturbances on our environment. Make the connection with what is felt on Earth and refine what is called space weather. And many other things that I will tell you about throughout this trip.

Airbus & Swiss Participation
Solar Orbiter is an ESA mission with strong NASA participation. The prime contractor is Airbus Defence and Space in Stevenage, UK. It follows in the legacy of missions such as Ulysses (1990-2009) and SOHO (1995-present) and will also provide complementary dataset

3 Swiss institutes and 14 industrial firms (French-speaking Switzerland 3, German-speaking Switzerland 11) are involved in the realization of 3 instruments.